• Le code civil dispose de seulement deux catégories : celle des personnes et celle des choses. En janvier 2015, l'Assemblée nationale reconnaît l'animal comme un « être vivant doué de sensibilité ». Malgré cette modification, les animaux font toujours partie de la catégorie juridique des choses. Légalement, ces êtres existent pour servir l'humain, et non de manière intrinsèque. L'animal, comme l'esclave de la Rome antique, appartient à son maître. Il est « le bien d'un autre ». Face à la division entre les personnes et les choses qui gouverne le droit, quelle est la stratégie des défenseurs des droits des animaux ? Quel type de droits réclament-ils et sur quels fondements ? En deux courts essais, Florence Burgat montre comment la notion de « personne » permet de faire évoluer le statut juridique des animaux, vers un plus grand respect. Nul besoin de ressembler à un humain adulte autonome et responsable pour être juridiquement une personne.

  • Exposition de la totalité du processus par lequel l'animal destiné à la boucherie est préparé et transformé à cette fin. Il n'est question que des animaux dits de boucherie, de charcuterie, de basse-cour et du gibier d'élevage. Le sujet est traité dans une perspective économique, mais une partie de cette étude est réservée aux représentations sociales qui affectent l'alimentation carnée.

  • Nous partageons l´ordinaire de nos vies avec les animaux. Par choix, des chiens et des chats habitent nos maisons ; de fait, insectes, pigeons et rats résident en ville. Il serait aisé d´oublier ceux que nous mangeons, ceux dont nous revêtons la peau, ceux encore sur lesquels ont été testés les produits d´entretien et les médicaments que nous utilisons.
    Nous préférons souvent ignorer qu´il a fallu interrompre une vie pour pouvoir bénéficier des produits finis que nous en tirons. Dailleurs, la mise mort d´animaux est parfois insoupçonnable et contre-intuitive - comment deviner la présence de gélatine de porc dans un sorbet ? - ou reste imperceptible car elle nest qu´une étape dans un processus de fabrication, comme c´est le cas pour toutes les substances testées sur les animaux.
    À travers l´étude de gestes apparemment insignifiants ou de pratiques grande échelle - l´élevage industriel et l´exprimentation animale -, l´auteur nous pousse à nous interroger : que nous apprennent ces pratiques ? Sont-elles justifiables ? justes ? Pourquoi la reconnaissance par le droit du caractère sensible des animaux provoque-t-elle de tels débats ?

    Florence Burgat est philosophe, directrice de recherche à l´INRA, membre des Archives Husserl de Paris (CNRS-ENS). Elle travaille notamment sur la condition animale dans les sociétés industrielles. Elle est l´auteur de plusieurs ouvrages dont Une autre existence. La condition animale, en 2012.

  • « Quelle place la philosophie occidentale a-t-elle ménagé aux animaux ? Ce livre se propose de mettre au jour les impasses auxquelles conduisent tant les conceptions qui opposent que celles qui confondent l'homme et l'animal. Ce point de départ fait d'autant mieux apparaître la rupture qu'opèrent les approches phénoménologiques, mais aussi celles qui à certains égards s'y apparentent. Au vingtième siècle, le regard porté sur le comportement animal devient central, notamment chez Merleau-Ponty et Buytendijk. N'est-il pas en effet la manifestation la plus haute de la vie, puisqu'il en exprime la liberté ? Ce dernier point constitue le noeud d'un débat qui oppose le béhaviorisme et la phénoménologie. Aussi, plusieurs grands théoriciens de la biologie de la première moitié du vingtième siècle comprirent-ils la nécessité d'importer dans le champ de leur discipline des concepts philosophiques, comme le monde, le sujet, le sentiment de soi, l'intentionnalité, la disposition affective, sous peine de manquer à jamais le véritable objet de leur investigation : la spécificité du comportement. Celle-ci aura été prise en vue jusque dans la vulnérabilité de ses structures, conduisant Henry Ey à forger le concept de « psychiatrie animale ». »

    Extrait de: Florence Burgat. « Liberté et inquiétude de la vie animale. » iBooks.

  • Dire qu'un animal se comporte à l´égard de ce qui l´entoure qu´est-ce à dire ? Le comportement est constitué par un type de manifestations qui n´appartient qu´à certains vivants ; il forme un flux continu et spontané qu´une étude segmentée détruit nécessairement. Pourtant, ce sont de brèves séquences comportementales isolées au laboratoire que l´on choisit d´étudier. Mais a-t-on encore affaire à un comportement ? Ne l´a-t-on pas ainsi réduit à l´un des éléments qui le composent : les mécanismes physiologiques, le programme génétique, les opérations cognitives, etc. ? Qu´est-ce qu´un animal empêché de se comporter, qui est-il ? On doit alors s´interroger sur les raisons de la prédominance des études de laboratoire et sur les bénéfices qui peuvent être tirés d´une telle production de connaissances. Car ces méthodes décident notamment des conditions de vie de millions de mammifères et d´oiseaux destinés à la consommation.

    À l´opposé de cette perspective réductionniste, le comportement est compris par les approches phénoménologiques comme l´expression d´une liberté, une relation dialectique avec le milieu. Celles-ci imposent du même coup des conditions d´observation en milieu naturel. Comment, dès lors, élaborer une éthologie plus juste, tant du point de vue de la compréhension du comportement que de celui des besoins, au sens large, des animaux placés sous la domination de l´homme ?

  • Dire qu'un animal se comporte à l'égard de ce qui l'entoure qu'est-ce à dire ? Le comportement est constitué par un type de manifestations qui n'appartient qu'à certains vivants ; il forme un flux continu et spontané qu'une étude segmentée détruit nécessairement. Pourtant, ce sont de brèves séquences comportementales isolées au laboratoire que l'on choisit d'étudier. Mais a-t-on encore affaire à un comportement ? Ne l'a-t-on pas ainsi réduit à l'un des éléments qui le composent : les mécanismes physiologiques, le programme génétique, les opérations cognitives, etc. ? Qu'est-ce qu'un animal empêché de se comporter, qui est-il ? On doit alors s'interroger sur les raisons de la prédominance des études de laboratoire et sur les bénéfices qui peuvent être tirés d'une telle production de connaissances. Car ces méthodes décident notamment des conditions de vie de millions de mammifères et d'oiseaux destinés à la consommation. À l'opposé de cette perspective réductionniste, le comportement est compris par les approches phénoménologiques comme l'expression d'une liberté, une relation dialectique avec le milieu. Celles-ci imposent du même coup des conditions d'observation en milieu naturel. Comment, dès lors, élaborer une éthologie plus juste, tant du point de vue de la compréhension du comportement que de celui des besoins, au sens large, des animaux placés sous la domination de l'homme ?

  • Les systèmes productivistes ont engendré une profonde mutation des conditions de vie des animaux : enfermement, augmentation de la taille du troupeau, réduction de la surface au sol et rupture précoce des liens sociaux. Ce qui caractérise avant tout l'animal, à savoir d'être vivant et sensible, n'a pas pour autant disparu. Comment dès lors escamoter la question de la légitimité des traitements auxquels il est soumis en élevage industriel ? Cet ouvrage collectif fait le point sur les conceptions de l'animal qui sous-tendent un tel système et explore la nature des recherches conduites au titre du bien-être animal. Il apporte en outre un éclairage sur les principales questions juridiques, éthiques et philosophiques qui entourent le statut des animaux.

  • Faut-il faire du droit animalier une discipline à part entière ? Ce qui pourrait être considéré comme un pan du droit environnemental est sur le point aujourd'hui de voler de ses propres ailes, poussé par des sociétés de plus en plus enclines à considérer les animaux dignes de justice.Retracer l'histoire de ce droit animalier, ...

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