• Une épidémie est, toujours, un phénomène social en même temps qu'un désastre sanitaire. Que nous dit, donc, cette épidémie-ci de la société qui est la nôtre? Que nous révèle-t-elle de son rapport au mal, au tragique et à la mort ? Un virus est-il un message ? Un agent de la providence et de l'histoire ? Est-il l'envoyé d'une Nature épuisée, et qui demanderait grâce ? D'une humanité exsangue, et qui voulait un carême planétaire ? A-t-on bien fait de mettre la planète à l'arrêt ? A-t-on raison d'espérer que, de ce coma où on l'a plongé, notre monde sorte régénéré ? Qu'est-ce que l'hygiénisme ? Que veut dire le Talmud quand il affirme que le meilleur médecin ira en enfer ?  Que penser de ce « pouvoir médical » qui semble, partout, se mettre en place et prendre le relais du Politique tel qu'il s'est défini de Platon à Jacques Lacan ? Et qu'est-ce qui a changé, en nous, depuis l'époque où Paul Claudel, dans L'Annonce faite à Marie, magnifiait le baiser au lépreux ? Ce sont quelques-unes des questions posées dans ce livre de colère et de savoir. L'hommage aux soignants n'y interdit pas la lucidité. 
    Les droits d'auteur seront reversés à l'ADELC (Association pour le Développement de la Librairie de Création).
     

  • La terre a tremblé au Kurdistan.
    Assiste-t-on à l'éclipse de l'Empire américain et au ressac de l'Occident  ?
    Où l'on voit les cinq Rois des empires déchus - perse, turc, chinois, russe, arabe - partir à la reconquête de leur gloire passée.
    Comment Trump enterre, non l'Amérique d'Obama, mais celle de Virgile.
    A quoi pensaient les Iraniens quand ils rebaptisèrent l'ancienne Perse, en 1935, pour lui donner un nom nazi  ?
    Pourquoi le vrai piège est celui, non de Thucydide, mais d'Hérodote.
    L'Empire est-il, comme le pensait Dante, la forme aboutie de la Cité  ?
    Géopolitique ou géophilosophie.
    Jeremy Bentham, mort en 1832, serait-il le véritable maître à penser de Mark Zuckerberg  ?
    Une rencontre avec l'idéologue de Poutine. Ce qui manque à la Chine pour devenir la première puissance mondiale.
    Spengler, Vico, Hegel - ou aucun des trois.
    Qu'il y a un temps pour Josué, et un temps pour Abraham.
    Le Messie se cache-t-il, vraiment, parmi les mendiants de Rome  ?
    Que la terre américaine est, comme l'avait compris Melville, un océan.
    Que le désordre du monde a plus de sens qu'il n'y paraît quand on le voit avec les yeux des penseurs et des poètes.
    Quarante ans après La Barbarie à visage humain, Bernard-Henri Lévy, philosophe et écrivain, propose ici sa lecture des barbaries contemporaines.
     

  • Pourquoi les Juifs sont à jamais glorieux. Où est Ninive aujourd'hui - et que s'y passe-t-il vraiment ? Proust et le Zohar, Claudel et le Livre d'Isaïe. Vivons-nous, ou non, le retour des années 1930 ? Pourquoi il n'est pas demandé de croire, mais de savoir. Comment le Royaume des Hébreux a inspiré l'idée française de République - et quand ce fait a été occulté. Lacan et la Kabbale. Ce qu'Auschwitz eut d'unique. Quand un talmudiste invente la langue française. Pourquoi l'antisionisme est le masque de l'antisémitisme de masse. Alexandre Kojève et le prophète Jonas. A quand un Talmud musulman ? Une conversation avec Romain Gary, une confidence de Michel Foucault. Partir ou rester ? Le sable contre la terre. Solal le fort, et sa couronne de carton. Qu'est-ce qu'un « Peuple Élu »? Quand Louis Althusser jetait les bases de la grande alliance judéo-catholique. Ce que veut dire « être Juif ». Itinéraire personnel, familial, intellectuel, d'un philosophe qui, trente-sept ans après Le Testament de Dieu, donne L'Esprit du Judaïsme.

  • Bernard-Henri Lévy poursuit, ici, la série de ses Questions de principe. Cette fois, c'est le recueil des années 2012-2018 du « Bloc-notes » qu'il donne à lire. Ces textes sont parus, chaque semaine, dans l'hebdomadaire Le Point - et ont été repris, du Corriere della Sera au País, du Wall Street Journal au Guardian ou au Spiegel et à beaucoup d'autres, dans toutes les langues et sur tous les continents.
    Des massacres en Syrie à la guerre d'Ukraine, de l'élection de Trump à celle de Macron, de la montée de l'antisémitisme à la guerre des deux islams, du réveil de l'Iran à la guerre de Libye, ce sont les événements majeurs de notre temps qui se trouvent passés au crible. On y lira aussi des chroniques de livres, des voyages dans l'oeuvre d'écrivains célèbres ou méconnus, des reportages, des portraits pris sur le vif, des réflexions philosophiques. Dans ce tableau d'une époque dans tous ses états, à la façon de l'oeil du cyclone qui reste immobile dans les turbulences du monde, la plume de l'écrivain, à travers ces péripéties, s'enfièvre mais ne tremble pas.

  • Ce volume rassemble des textes écrits par Bernard-Henri Lévy entre 2011 et 2016, et qui témoignent d'une philosophie en acte. Articles, conférences, discours, préfaces, tribunes : toutes ces formes sont mobilisées pour questionner et analyser les turbulences du monde d'aujourd'hui. On retrouve, à travers neuf grands thèmes, les engagements et les personnalités qui sont chers à l'auteur : la philosophie et les maîtres disparus, la politique et les bouleversements internationaux (l'Ukraine, la Syrie, Daech), la religion et « l'esprit du judaïsme », l'art et la littérature. Au fil des pages se dessine en creux le portrait d'un philosophe-artiste engagé, qui réfléchit moins sur son identité que sur celle de son époque et sur les crises qu'elle doit affronter.

  • On se souvient avec effroi des images diffusées en février 2002 montrant le supplice de Daniel Pearl, ce journaliste américain enlevé puis décapité, à Karachi, par une bande de « fous de Dieu ». Hanté par le meurtre barbare du reporter du Wall Street Journal, à la fois juif et ami du monde arabo-musulman, Bernard-Henri Lévy a mené sa propre enquête. Celle-ci l'a conduit de Karachi à Londres, de Sarajevo à Dubaï, de Kandahar à Los Angeles et... Karachi. Il a remis ses pas dans les pas de la victime et de son bourreau. Il a retrouvé les témoins, les acteurs et les lieux. Il s'est plongé dans un monde de fanatismes et de passions sanglantes, de traques interminables, de manipulations périlleuses et de mensonges d'Etat. Il a côtoyé la nébuleuse terroriste dans ses ramifications les plus stupéfiantes, dans ses complicités les moins avouables. A chaque étape de cette immersion dans l'univers des nouveaux « possédés », deux questions : qui a vraiment tué Daniel Pearl ? Quel secret s'apprêtait-il à révéler quand ses assassins l'ont égorgé ? Bernard-Henri Lévy explore ces ténèbres en journaliste, en romancier, en philosophe. Son livre propose un tableau moderne du mal. C'est une descente vers les enfers où couvent, peut-être, nos prochaines apocalypses.

  • Depuis la deuxième guerre d'Irak - et même bien avant... - les Etats-Unis occupent, dans l'imaginaire mondial, une place symbolique qui dépasse largement les notions de puissance, de politique, de géographie. L'Amérique, en vérité, est devenue un concept, une « région de l'âme », une matrice de passions et de phobies dont le déploiement contradictoire n'en finit pas d'infuser nos propres débats. C'est, précisément, cette réalité ontologiquement diverse que Bernard-Henri Lévy a voulu cerner, observer, penser, dans ce livre où le reportage se mêle à la réflexion, et où le pittoresque emprunte à la philosophie de l'histoire. A l'origine, ce livre est né d'une « commande » de l'influent magazine « Atlantic Monthly » : demander à un célèbre intellectuel français de visiter l'Amérique et de donner sens à ce pays-continent en refaisant - en plus vaste - le fameux voyage qu'Alexis Tocqueville avait entrepris au début du XIXème siècle, à partir duquel il avait écrit son désormais classique « De la démocratie en Amérique ». Pendant une année, B.-H. Lévy a ainsi sillonné les Etats-Unis. Plus de vingt mille kilomètres d'est en ouest et du nord au sud, la plupart du temps par la route : de Rikers Island à Chicago, des communautés islamiques de Detroit à une enclave Amish de l'Iowa, l'auteur interroge la nature du patriotisme américain, la coexistence de la liberté comme de la religion, le système pénitenciaire, la « tyrannie de la majorité », le retour en force de l'idéologie... B.-H.L. a rencontré tous les visages de l'Amérique : les illustres, les anonymes, ceux du désert ou des mégapoles. De Sharon Stone à une veuve de mineur du Wisconsin, d'un milliardaire philantrope à Norman Mailer, de Woody Allen à un « homeless » de Californie, d'Hillary Clinton à un contestataire turbulent, de Barack Ohama, la star montante de la politique, à la pensionnaire d'un bordel du Nevada, il écrit la comédie humaine de ce pays-continent. D'où la vitalité prodigieuse de ce « reportage philosophique » qu'on dévore, page après page, avec un enthousiasme qui ne se dément jamais. Un oeil de romancier, et une profondeur de penseur. Les conclusions de ce voyage ? B.-H.L. les tire en chemin, et elles sont souvent contradictoires. A l'heure où la « démocratie en Amérique » est de plus en plus contestée, ce livre atteste, au contraire, de sa prodigieuse vitalité. A cet égard, l'épilogue substantiel de ce livre (une centaine de pages) permet au « philosophe » de reprendre le pas sur le « journaliste » et le final de cet ouvrage conduit son lecteur au coeur des grands débats - des thèses de Fukuyama ou Huntington aux arrières-pensées des « Néo-conservateurs » - dont la complexité, bien souvent, gouverne le destin du monde.

  • Le diable en tete

    Bernard-Henri Lévy

    • Grasset
    • 19 Septembre 1984

    Par la grande porte, l'auteur de la Barbarie à visage humain} entre en littérature avec un livre polyphonique aussi ambitieux que réussi, et destiné à faire date dans l'histoire des lettres modernes. En cinq chapitres organisés selon une passionnante et savante architecture, un demi-siècle y défile en effet - depuis la dernière guerre, le conflit algérien, les années 60, l'aventure gauchiste et maoïste, la décennie 70 enflammée par les bombes des terroristes, jusqu'à aujourd'hui où se clôt ce roman itinérant, cosmopolite et tentaculaire qui éclaire une époque haute en couleurs, en horreurs et, malgré tout, en espérances.

    Ce roman, cependant, est aussi et surtout une très belle histoire aux épisodes innombrables. Bernard-Henri Lévy s'y montre aussi doué pour le roman d'espionnage que pour la grande histoire d'amour, aussi convaincant dans la peinture, de l'intérieur, des vertiges de la sexualité féminine que dans la description minutieuse d'un assassinat politique sur fond de roman familial, aussi percutant dans les bas-fonds du terrorisme international que dans les coulisses d'une banque suisse...

    Oui, tout fascine dans ce livre-fresque : la performance littéraire, la lucidité intellectuelle et politique, la variété des styles et des personnages, la beauté de la prose, et ce n'est pas sans tristesse que l'on quitte le héros principal, Benjamin, dont on a suivi, au fil de pages inoubliables, les aventures et l'étrange duplicité.

  • Le point de départ de ce livre est, en janvier dernier, une conversation de Bernard-Henri Lévy avec celui qui ne va pas tarder à être élu Président de la République et qui, pour l'heure, sollicite son soutien : Nicolas Sarkozy. L'auteur quitte son interlocuteur (dont il brosse, au passage, et en écrivain, un portrait vif et passionnant) avec la double conviction : primo, qu'il n'est pas question, pour lui, de prendre le chemin que prennent, au même moment, certains de ses amis et qu'il votera donc une fois encore, comme il l'a fait toute sa vie, pour ce qu'il est convenu d'appeler la gauche ; mais, secundo, qu'il est difficile de donner tout à fait tort à ce que lui dit le futur Président de l'état d'archaïsme, de décomposition politique et morale, voire d'indigence idéologique, dans lequel se trouve sa famille politique. Quel sens y a-t-il, aujourd'hui, à se réclamer de cette gauche dont Sartre disait déjà, il y a presque cinquante ans, dans sa préface à Aden-Arabie de Paul Nizan, qu'elle était « un grand cadavre à la renverse où les vers se sont mis » ? C'est la première question que pose donc ce livre et à laquelle il répond sur le double registre du récit personnel et de la réflexion théorique. De quoi le progressisme contemporain est-il malade et quels sont les symptômes, les figures, les causes, de cette maladie ? C'est la seconde question qu'il soulève, plus complexe, et qui le conduit à des développements sur, pèle-mêle, l'anti-américanisme, les mythes de l'empire, la question de l'Islam, le retour de l'antidreyfusisme, les illusions de l'anti-libéralisme ou le parfum munichois qui rôde autour de nombre de discussions sur la guerre et sur la paix. A cette seconde question, qui occupe la plus grande partie de l'ouvrage, il répond par une thèse simple, mais paradoxale, et qui fera débat : la gauche, en France et dans le monde, a eu à faire face, au XXème siècle, à une première tentation totalitaire qui tournait autour de l'idée communiste et dont elle est, pour l'essentiel, revenue ; elle connaît aujourd'hui, en ce début du XXIème siècle, une seconde tentation totalitaire qui grandit à la place de la précédente, sur les décombres qu'elle a laissés, et dont le trait le plus singulier est qu'elle puise son inspiration dans une thématique venue plutôt de la droite, quand ce n'est pas de l'extrême-droite, ou du logiciel de ce que l'auteur appela, naguère, « l'Idéologie française ». Pour la gauche, donc, mais à condition de la refonder. Pour la refondation, donc, mais à condition d'en reconnaître, par delà les batailles de clocher, les enjeux véritables et planétaires. Trente ans après La Barbarie à visage humain et L'idéologie française, Bernard-Henri Lévy persiste dans son combat de toujours : celui de la liberté de l'esprit contre toutes les variétés de l'obscurantisme.

  • Manifeste philosophique, écrit dans une langue belle et limpide, ce livre entend poser les bases d'un pessimisme historique de type nouveau. Convoquant auprès de lui les leçons de l'histoire récente, les enseignements du plus lointain passé, des références littéraires autant que métaphysiques, il peut se lire comme une véritable "archéologie du temps présent", acharnée à démontrer cette thèse résolument noire : la vie est une cause perdue et l'homme un Dieu manqué, le bonheur est une idée vieille et la société bonne un rêve meurtrier, le Maître a toujours raison parce qu'il est l'autre nom du monde. Renvoyant dos à dos toutes les versions modernes de l'optimisme, les confrontant à la pesante réalité de "la barbarie à visage humain", il irritera les gais savants qui continuent de croire dans les fables éternelles qui gouvernent le troupeau humain ; il répond pied à pied aux mensonges progressistes qui, à force d'enchanter le monde, le mènent peut-être à la catastrophe ; il n'épargne bien sûr pas le socialisme, cette tradition politique qui s'est tant de fois égarée, qu'elle n'est peut-être plus bonne aujourd'hui qu'à fournir au Nouveau Prince ses nouvelles armes politiques.

  • En finir avec le vertige des bilans, des tables rases et des sombres abandons où se complaît l'époque. Sur les ruines du Politique et de ses idéologies mortifères, risquer les travaux d'une Morale, à hauteur d'Homme et d'Absolu.
    Rendre sa chance à l'espérance et aux quelques valeurs simples qui soutiennent les révoltes et les insurrections de l'heure. Tel est le défi que lance aux idolâtres, aux nihilistes et aux désenchantés le Testament de Dieu. Filant patiemment cette unique et lancinante question : que peuvent être aujourd'hui, en cette fin de Temps qui ne se lasse pas de solder ses monstres à l'état de barbarie, les principes et les fondements d'un antifascisme conséquent ?
    La réponse, Bernard-Henri Lévy est allé la quérir dans le texte biblique. Dans cette Parole immémoriale, gravée au burin d'une Lettre, qu'inventa le peuple de Moïse. Dans ces textes de Mémoire qui, depuis des millénaires, célèbrent les vertus de Droit, de Loi et d'Universalité. Il parie, et démontre, que les prophètes du Livre sont aussi les fondateurs de l'idée neuve de Résistance.
    Qu'elle était là, déjà, de toute éternité, cette éthique d'insoumission à quoi le siècle nous oblige. Que nous avons des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre cet infini recours d'une tradition qui sauvait l'Homme en sauvant Dieu.

    Dieu est mort, disent-ils ? A l'âge de la mort de Dieu, et donc des chambres à gaz et des camps de concentration, on ne dira jamais assez l'urgence d'en appeler au Testament monothéiste.

  • Malraux et Barrès appartiennent-ils à la même légende ? D'où vient l'étrange fidélité de Louis Aragon à ce communisme qui ne lui ressemble guère ? Les maurrassiens ne se recrutent-ils qu'à droite ? André Breton fut-il vraiment le libérateur que l'on prétend ? Que se passait-il dans la tête fasciste de Drieu La Rochelle ? Que reste-t-il de Bataille, de Mauriac, de Barthes ou de Raymond Aron ? Cocteau, Camus, Gide ou Foucault sont-ils encore nos contemporains ?Telles sont, parmi beaucoup d'autres, les questions qui rythment ces Aventures de la liberté. Est-ce une histoire des intellectuels ? Sans doute. Mais c'est surtout la chronique, voire le roman, de la grande famille qu'ils composent et où chacun - ancêtre mythique, bâtard, frères ennemis... - tient, à jamais, le rôle qu'il s'est choisi.De l'affaire Dreyfus au réveil de l'Islam, d'octobre 1917 à mai 1968, de la guerre d'Espagne à la décolonisation ; du sartrisme triomphant à la double mort de Louis Althusser, c'est notre mémoire et ses enjeux qui se récapitulent ici.

  • Précisément à cause de ses curiosités multiples, Bernard-Henri Lévy est, il le sait, fortement contesté sur le terrain de son métier d´origine. Les uns lui reprochent de préférer les média à la méditation. Les autres de n´avoir, depuis la Barbarie à visage humain, jamais produit de concept véritable. Les autres encore de s´être laissé happer par ce qu´un grand poète français appelait « l´universel reportage ». C´est à ces critiques qu´il répond dans ce livre, en livrant ses « secrets de fabrication » comme on retourne ses cartes. Il le fait, selon les cas, de manière indirecte ou frontale. Mais il le fait, toujours, avec franchise et probité. Quel rapport aux textes de la tradition ? Relations avec les contemporains ? Usage de la citation ? Nostalgie, ou non, du Système et de la Totalité ? La notion d´engagement a-t-elle un sens pour un philosophe ? Et faut-il se résigner, vraiment, à ce que la chouette de Minerve ne se lève jamais qu´à la nuit tombée ? C´est à ces questions, et à d´autres du même type, que répond ce livre court, concis, mais qui n´esquive aucune difficulté. Issu d´une Conférence prononcée à l´Ecole Normale Supérieure de la rue d´Ulm au printemps 2009, De la guerre en philosophie rassurera les détracteurs de l´auteur du Siècle de Sartre (Grasset, 2000, 55.000 exemplaires en édition courante) : Bernard-Henri Lévy n´est pas près de déserter le terrain de la pure philosophie.

  • Et si la France n'était pas seulement cette patrie des libertés, des lumières, des droits de l'homme que nous disent les légendes et la bonne conscience officielles ? Et s'il fallait en finir avec la trop commode habitude qui fait toujours chercher ailleurs - à Berlin, à Moscou, par exemple - les sources de la barbarie et des égarements contemporains ? Et s'il était temps, enfin, de regarder aussi chez nous, à nos portes, dans nos mémoires, pour tenter de rendre compte de cette infamie discrète ou parfois brusquement explosive qui, de loin en loin, nous rappelle à la réalité ?
    Telle est la question posée ici par Bernard-Henri Lévy. Et telle l'exigence qui commande à cette enquête, à ce voyage au bout de l'idéologie française. L'" idéologie française " ? Il entend par là une masse, un bloc, comme une hideuse banquise de textes qui cheminent et dérivent, depuis un siècle maintenant, à la surface de notre culture. Une purulente plaie de mots qui, souvent, ont eu le poids des choses et qui, marqués au sceau de nos plus dignes penseurs nationaux, n'ont jamais vraiment cessé de suinter dans nos terres et d'envenimer nos têtes.
    Un ventre fécond, abominablement fertile, quoique obstinément ignoré, et où se sont enfantés, de l'affaire Dreyfus à Vichy et de Vichy jusqu'à nos jours, quelques-uns des plus sombres délires de l'Age où nous vivons. Bref, la matrice de ce qu'il appelle - en construisant son concept et en déduisant ses figures - le fascisme aux couleurs de la France.

  • Dans ce nouveau livre, BHL a choisi de mêler l'autobiographie au reportage. Et il inscrit le tout dans ce que l'on pourrait appeler sa « métaphysique du Mal ». Le reportage, tout d'abord : au cours de l'année 2001, BHL est allé observer de près, cinq « guerres oubliées » : au Burundi, en Angola, au Soudan, au Sri-Lanka, en Colombie. Dans chacun de ces pays, il s'est plongé au coeur de conflits - qui durent, parfois, depuis plus de trente ans, et qui n'ont même plus d'enjeux politiques - dont le sens, s'il a jamais existé, s'est complètement perdu pour les acteurs eux-mêmes. Il a vu, au quotidien, ces « guerres de spectres », dont l'issue est indifférente au reste du monde, et qui n'en continuent pas moins de tuer par milliers, par centaines de milliers. Chacune de ces guerres fait l'objet d'un reportage qui est publié dans Le Monde, à la fin mai. Ces « reportages » - dont on parlera beaucoup lors de leur pré-publication - constituent la seconde partie de cet ouvrage. Quant à la première partie, d'égale importance (150 pages), elle traite, plus précisément, de l'aspect « autobiographique » de cet ouvrage. Car BHL l'avoue : depuis ses aventures au Bangladesh, il y a trente ans, il entretient un rapport étrange, ambigu, avec la guerre. Elle lui fait horreur, certes. Mais il aime l'observer, partager la vie de ses acteurs, s'y perdre, s'y exiler... Pourquoi, alors, ce « goût » ? Au nom de quelle nostalgie ? Au nom de quelle culpabilité ? Au nom de quelle trouble fascination pour le mal et son spectacle ? Ces questions donnent lieu à des développements que BHL avait déjà esquissés - dans Le Diable en tête, dans Le Lys et la cendre - et qui, ici, complètent (avec Comédie) une sorte d'autobiographie éclatée. La confession s'y mêle à la théorie. Le « roman d'une vie » alterne avec l'analyse de l'époque. C'est beau. Pudique. Lucide.

  • Comedie

    Bernard-Henri Lévy

    • Grasset
    • 8 Octobre 1997

    Dans ce livre, écrit à la première personne, Bernard-Henri Lévy a choisi, "au milieu du chemin de sa vie", de faire le point, de se pencher sur lui. Ça se passe à Tanger, en quelques heures. Là, celui qui dit "je" va attendre son vieux maître, un éminent prof de philo, qu'il n'a pas vu depuis trente ans, avec lequel il a un vague rendez-vous et qui, peut-être, ne viendra pas. En chemin, ce "je" va se souvenir, observer, délirer. Il va, dans un désordre apparent - quoique strictement composé en six mouvements - s'interroger sur l'incroyable quantité de hasards qui ont fait sa vie d'écrivain. Sur la non moins considérable quantité de malentendus qui ont tramé son destin, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. Au passage, on croise Romain Gary ou Guy Debord, le cinéma et la politique, l'échec et le succès, l'amour, les femmes, les idées. Ce livre - autobiographique et imaginé -, répond, au fond, à cette question : comment, en ces temps de brouillage généralisé, apparaître tel que l'on est.

  • Ici, Charles Baudelaire sera le héros bien réel d'un roman aussi fidèle aux exigences de la vérité qu'à celles de l'imagination. Il sera, surtout, cet homme misérable surpris à la fin de sa vie, dans une chambre de l'hôtel du Grand-Miroir, à Bruxelles, pendant les quelques jours où, usé par la syphilis, il va perdre une partie de sa raison et l'usage de sa parole...
    Pour le romancier, il y avait là un pari et un mystère: que s'est-il vraiment passé pendant ces jours qui virent, pour la dernière fois, le poète des Fleurs du Mal confronté à sa mémoire? Pourquoi a-t-il choisi de s'égarer ainsi, corps puis âme, en maudissant le monde et le ciel? C'est autour de ce Baudelaire exilé, convaincu de son échec, bientôt aphasique, que Bernard-Henri Lévy a bâti son roman. Sur un mode presque policier, qui conduira le lecteur d'un bordel belge aux cénacles post-romantiques, d'un dîner chez les Hugo aux tourments d'un prêtre défroqué, on suit une enquête dont les témoins sont méthodiquement convoqués; de Jeanne Duval à un disciple ambigu, de Sainte-Beuve à Madame Aupick, d'une logeuse à l'éditeur Poulet-Malassis, ils vont, chacun à leur tour, dans sa langue, et selon la composition à plusieurs voix qui avait déjà fait le style du Diable en tête, nous raconter cette lente agonie.

    Par-delà leurs récits et leurs mensonges, par-delà les péripéties d'une intrigue pathétique ou cocasse, l'auteur retrouve des thèmes qui lui sont chers : le goût du malentendu et de la gloire, l'éloge de l'artifice, l'art comme vengeance, la tragédie propre aux oeuvres inachevées, les ruses de la sainteté et de la chute. Tels sont les enjeux d'un roman qui revendique toutes les libertés - et où il s' agit aussi, dans l'ombre immense de Baudelaire, d'interroger la littérature et son destin.

  • Récidives

    Bernard-Henri Lévy

    Ceux qui aiment (ou n'aiment pas) Bernard-Henri Lévy sont toujours épatés (ou irrités) par l'étendue de sa curiosité. De la philosophie au cinéma, de la littérature à la politique, du grand reportage à l'intervention publique, à quoi, en effet, son nom n'est-il pas attaché ? Et tel est bien le projet de ces Récidives : donner à lire, sous une diversité apparente, la cohérence profonde d'un parcours intellectuel. Et, par delà l'opposition des genres (ici : de la chronique au portrait, de l'oraison funèbre aux carnets intimes, ou à la conférence) l'extrême fidélité d'un homme qui, par dessus tout, goûte le plaisir de vivre et le plaisir de penser. Récidives se compose ainsi de quatorze parties ; « Grands reportages », « Philosophie », « Etre juif », « Chroniques », « Fascisme français », « Théâtre », « Bosnie », « Adieux », « Le désordre du monde », « Musée », « Polémiques », « Israël », « Cinéma » et « Littérature ». Ces titres, pour l'essentiel, rassemblent des textes (souvent inédits ou, pour certains, publiés à l'étranger), et ils disent, au fond, l'itinéraire d'un intellectuel soucieux du monde tel qu'il va. Du journal de tournage d'un film au Mexique (avec portraits d'Alain Delon ou de Lauren Bacall) à une conférence sur la psychanalyse et l'Amendement Accoyer, d'une évocation de Jean-Luc Lagardère à une « Réponse à Regis Debray », d'un reportage à Jenine à une traversée de la vie de Romain Gary, ce volume impressionne par la diversité de ses analyses. C'est le journal de bord d'un écrivain. Le « Carnet de bal » d'un intellectuel engagé.

  • "On ne prend pas conscience comme on veut ! L'autre voie s'offre - l'unique - l'escarpée : aux sources, aux livres anciens, oubliés difficiles, dans une étude dure, laborieuse et sévère." Emmanuel Lévinas
    "Israël étant né à la suite d'un martyre, celui de la Shoah, toute discussion politique, historique ou sociologique risque toujours de raviver la souffrance originelle. Israël, c'est aussi la culture juive, celle qui a enfanté la pensée judéo-chrétienne, celle qui a largement participé à l'histoire de la philosophie, et majoritairement inventé l'introspection. L'Institut d'études lévinassiennes, qui maintient l'exigence d'une tradition intellectuelle du plus haut niveau de pensée et de savoir - a relevé le défi de poser la question d'Israël d'un point de vue philosophique. Il propose dans ce grand débat devenu historique une réflexion croisée de trois des plus éminents penseurs contemporains : Benny Lévy, Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut. Né du souffle philosophique d'Emmanuel Lévinas et destiné à en rappeler l'importance, l'Institut - fondé par les trois intervenants de ce débat et dirigé par Benny Lévy jusqu'à sa mort en 2003 - vit aujourd'hui sous l'impulsion de MM. René Lévy, Laurent Touil Tartour et Patrick Fabre. Il a pour objet de faire revivre la parole, celle qui ne confronte pas les coeurs mais qui se construit de la diversité des pensées et des écoles pour continuer d'actualiser la tradition philosophique dans notre modernité." Patrick Frémeaux
    "D'où vient, inattendu, tellement attendu, ce petit peu de fraternité ? Je réponds sans hésiter : du regard paternel entrevu dans le texte d'Emmanuel Lévinas." Benny Lévy
    "Que s'instaure [...] un espace de pensée menée en commun, voilà qui ressemble à un petit miracle philosophique." Bernard-Henri Lévy
    "Emmanuel Lévinas [...] nous a permis de surmonter nos préjugés mutuels sans pour autant combler la distance qui nous séparait." Alain Finkielkraut

  • La guerre de libération du Bengale avait la vocation des guerres révolutionnaires classiques. Une guerre du peuple s'est engagée, avec les maoïstes en première ligne. Le nationalisme se radicalisait et se combinait à un socialisme diffus. L'agitation menaçait de s'étendre et d'enflammer l'ensemble de la région. Et le processus s'est mystérieusement enrayé ; le Bengale rouge a avorté sous l'effet d'une étrange machination. Révolution avortée, mais exemplaire pourtant... Qu'est-ce qu'une société militaire et quelle est la fonction de son appareil d'Etat ? Qu'est-ce que le colonialisme interne et que devient la vieille « question nationale » ? Pourquoi l'échec des communistes et pourquoi la faillite du marxisme ? Quelle peut être, quelle est, la structure de classe des mouvements nationalitaires aujourd'hui ? Autant de questions politiques qui se sont, cristallisées en un faisceau unique sur la crise du Bangla Desh, qui intéressent en vérité, sous une forme ou sous une autre, l'ensemble des mouvements populaires du tiers monde et qui sont l'objet ici d'une ébauche de traitement théorique.

  • Gary...Et s'il avait vécu plus longtemps, que serait-il devenu ?
    Bernard-Henri Lévy imagine et raconte ce qu'aurait été le destin de cette figure de la littérature française... Dans une uchronie pleine d'humour, il laisse libre cours à sa fantaisie.
    Bernard-Henri Lévy - Gary
    Dans cette nouvelle, Bernard-Henri Lévy s'amuse à imaginer Gary devenant l'intime de Mitterrand et entrant à l'Académie française.
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    Gonzague Saint Bris - Balzac

  • Deux textes en vérité.
    D´abord Hôtel Europe, monologue en cinq actes, dont l'action se déroule le 27 juin 2014, à Sarajevo, en pleine cérémonie de commémoration du déclenchement de la guerre de 1914. Un homme, sans doute un écrivain, est enfermé entre les quatre murs d'une chambre d'hôtel qu'il a connue vingt ans plus tôt et où il est censé préparer le discours qui lui a été commandé pour la circonstance et qui doit porter sur l'Europe, ses valeurs constitutives, son futur et l´état présent de son esprit. Il est seul. Le monde extérieur ne lui parvient qu´à travers l´indistincte clameur qui monte de la rue en fête. Et il a, posé devant lui, un ordinateur où il navigue en quête de vieilles photos, de documents vagues, d´inspiration.
    Ensuite, Nouvelles vues sur l´Europe, un essai philosophico-politique développant ou élucidant les points les plus énigmatiques du texte théâtral. Il y est question de Husserl, de Heidegger, de la montée des populismes et des souverainismes, du malaise (ou de l´impasse...) dans la civilisation d´aujourd'hui ainsi que des progrès, partout, du nihilisme - et puis, aussi, de la façon dont peut et doit se nouer, ici et maintenant, le triple fil, constitutif du génie européen, de l´esprit d´Athènes, de celui de Rome et du génie de Jérusalem. Un diagnostic. Des solutions. Et des raisons de croire et d´espérer.

  • " Aujourd'hui les intellectuels ne sont ni haïs, ni vilipendés, ni même réellement fustigés comme à l'époque de l'affaire Dreyfus, des années 30 ou de la guerre d'Algérie. Et force est de constater, même si leur narcissisme doit en souffrir, qu'ils traversent une crise molle, voilée, comme étoufée."

  • Le jugement dernier

    Bernard-Henri Lévy

    • Grasset
    • 25 Novembre 1992

    Il s'agit de la première pièce de théâtre écrite par Bernard-Henri Lévy. Un seul décor, neuf personnages qui, tous, furent plus ou moins mêlés aux grands drames de ce siècle. Le ton : grinçant, drôle.
    Anatole, Maud et l'énigmatique entreprise qu'ils placent - ou croient placer - sous les auspices conjoints de Mallarmé, Guy Debord, Alexandre Kojève et Pirandello.
    Un "autre" Bernard-Henri Lévy, même s'il demeure fidèle aux thèmes de ses essais et de ses romans. "Le Jugement dernier" joué au Théâtre de l'Atelier à Paris, au mois de novembre avec comme distribution : Gisèle Casadesus, Arielle Dombasle, Jacques François, Pierre Vaneck, notamment.

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