• L'un déclare ne rien savoir et invite à mesurer l'abîme séparant la divinité omnisciente et immortelle de l'homme mortel, passant des ténèbres de l'opinion versatile à la lumière du Bien intelligible ; l'autre se dit fils de Dieu et offre une vérité accessible non par la raison mais par la grâce, une sagesse fondée sur l'« amour » (agapê).

    Pourtant, en dépit de ces postures contraires, tout rapproche Socrate et Jésus : leur vie, leur mort, leur sagesse, leur morale, leur enseignement.

    Aujourd'hui encore, leur parole vivante, tournée vers l'universel, nous interroge et nous interpelle. Figures emblématiques de notre culture, ils invitent à outrepasser ce qui fomente des remparts - entre soi et soi, soi et l'autre, soi et l'« Un » ou Dieu. Comme l'exprime l'auteure dans la préface, ils tracent leur sillon en dépassant le « particularisme et [le] sectarisme, terreaux de toutes les violences, [...] qui ressurgissent en Europe et dans le monde ».

    Dans ce livre, Anne Baudart propose un retour au souffle initial via un parcours en miroir. Par cette déambulation parallèle, elle épouse et propage l'élan des deux sages, fait fi des querelles de clocher et réfléchit la spiritualité comme un chemin universaliste, terrain d'entente des hommes. Un message important dans l'univers désenchanté qui est le nôtre.

  • Comment penser l'évolution du monde aujourd'hui ? L'analyse du passé peut-elle nous aider à mieux appréhender ses bouleversements ? En ces temps de tumultes contemporains, les Anciens n'ont jamais été plus modernes.
    Socrate, Platon, Cicéron, saint Augustin : des hommes qui ont pensé et expérimenté, chacun à leur manière, chacun à leur époque, ce qui, aujourd'hui encore, fait que nous vivons les uns avec les autres dans l'espace public de la politique. Revisités de façon éclairante, l'Antiquité grecque et romaine, puis les débuts du christianisme nous permettent de comprendre qui nous sommes, dans nos manques et nos richesses, nous Européens, nous Occidentaux, de comprendre qui nous étions, qui nous devenons, qui nous deviendrons.

  • Anne Bodart a quinze ans. Elle est née à Bruxelles, le 25 juin 1939. La collection Roman, dirigée par Pierre de Lescure et Celia Bertin, ne publie pourtant pas ce nouveau livre comme celui d'une enfant prodige. Il s'agit d'un ouvrage où l'on découvrira toute la fraîcheur de l'adolescence, mais composé avec un métier et une langue extraordinairement sûrs, et animé d'une expérience humaine inattendue. Pourtant, Anne Bodart n'a jamais quitté la maison de ses parents et si elle s'est nourrie de Shakespeare et de Racine, elle partage son temps entre l'école et les longues courses à travers la forêt de Soignes, en Brabant. La vision du monde qui s'exprime dans La Fourmi a fait le coup, est celle d'un auteur qui constate mais ne juge pas. On ne trouve aucune révolte lorsqu'Anne Bodart décrit les hommes, mais la présence de la méchanceté inconsciente, de la crainte des êtres qu'on appelle inférieurs, de la bêtise, du goût de l'impossible. C'est ce qui contribue à donner à ce livre, en même temps que sa simplicité cruelle, la qualité de son humour et de son émotion.

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