Psychologie / Psychanalyse

  • Après des décennies de commentaires apologétiques et de dénonciations violentes, nous avons bien du mal aujourd'hui à savoir qui était vraiment Sigmund Freud.
    Or, depuis la publication des dernières synthèses de référence, de nouvelles archives ont été ouvertes aux chercheurs, et l'essentiel de la correspondance est désormais accessible. L'occasion était d'autant plus belle d'y revenir qu'il restait beaucoup à dire sur l'homme et son œuvre.
    Le fondateur de la psychanalyse est d'abord un Viennois de la Belle-Epoque, sujet de l'empire austro-hongrois, héritier des Lumières allemandes et juives. Quant à la psychanalyse elle-même, elle est le fruit d'une entreprise collective, d'un cénacle romantique au sein duquel Freud aura donné libre cours à sa fascination pour l'irrationnel, les sciences occultes, transformant volontiers ses amis en ennemis, à la fois Faust et Mephisto. Penseur de la modernité mais conservateur en politique, il n'aura cessé d'agir en contradiction avec son œuvre, toujours au nom de la raison et des Lumières.
    Le voici en son temps, dans sa famille, entouré de ses collections, de ses femmes, de ses enfants, de ses chiens, le voici enfin en proie au pessimisme face à la montée des extrêmes, pris d'hésitations à l'heure de l'exil à Londres, où il finira sa vie.
    Le voici dans notre temps aussi, nourrissant nos interrogations de ses propres doutes, de ses échecs, de ses passions.
    Historienne, directrice de recherches à l'Université de Paris-VII. Elisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée, Dictionnaire de la Psychanalyse (avec Michel Plon).

  • Jacques Lacan continue de faire l'objet des interprétations les plus extravagantes, tantôt idole, tantôt démon. Mais le contexte, lui, a changé : l'époque héroïque de la psychanalyse a pris fin, nous vivons l'éclosion des psychothérapies, mille et une façons d'apaiser les souffrances contemporaines en vertu de pratiques toujours plus réglementées par l'État. Rappeler, dans ces conditions, ce que fut la geste lacanienne, c'est se souvenir d'abord d'une aventure intellectuelle et littéraire qui tint une place fondatrice dans notre modernité : liberté de parole et de mœurs, essor de toutes les émancipations (les femmes, les minorités, les homosexuels), espoir de changer la vie, l'école, la famille, le désir. Car si Lacan se situa à contre-courant de bien des espérances de l'après-68, il en épousa les paradoxes, au point que ses jeux de langage et de mots résonnent aujourd'hui comme autant d'injonctions de réinstituer la société.
    Retour sur sa vie, son œuvre, ce qu'elle fut, ce qu'il en reste, avec pour guide sa meilleure spécialiste.
    Historienne, directrice de recherches à l'Université de Paris-VII, Élisabeth Roudinesco est l'auteur de nombreux livres qui ont fait date.

  • La Guerre des étoiles, Titanic, l'imaginaire des contes et légendes, le rêve, le comportement des animaux : c'est en s'immergeant dans l'univers mental des adolescents d'aujourd'hui que la meilleure spécialiste française de la psychanalyse et de son histoire donne corps à une réalité que l'on ne voit pas mais qui n'en détermine pas moins nos manières de vivre.
    Une grande réussite pédagogique.
    Historienne, Élisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en France, Jacques Lacan, Dictionnaire de la psychanalyse et Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Prix Décembre, 2014).
    Retrouvez la vidéo de la conférence au Collège des Bernardins : De la barbarie extrême à la cruauté ordinaire, le mal entre exception et banalité en cliquant ici

  • Pourquoi consacrer tant de temps à la cure par la parole quand les médicaments, parce qu'ils agissent directement sur les symptômes des maladies nerveuses et mentales, donnent les résultats plus rapides ? Les théoriciens du cerveau machine n'ont-ils pas en outre réduit en cendre les chimériques constructions freudiennes ? Dans ces conditions, la psychanalyse a-t-elle un avenir ?
    C'est à ces trois questions qu'Elisabeth Roudinesco répond dans cet essai combatif, informé, résolument critique des prétentions contemporaines à convertir la science en religion et à regarder l'homme comme un automate.
    Les médicaments ? Chacun sait que la France fait grande consommation de psychotropes pour soigner l'angoisse, la dépression, la folie, les névroses, et on ne saurait nier leur efficacité. Faut-il pour autant réduire la pensée à un neurone et confondre le désir avec une sécrétion chimique ?
    Historienne, directeur de recherches à l'université de Paris-VII, vice-présidente de la Société internationale d'histoire le la psychiatrie et de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco a publié ses derniers livres chez Fayard. Notamment : Jacques Lacan, Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée (1993), Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol. (rééd.1994), Généalogies (1994), et, avec Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse (1997).

  • Que signifie être juif et qu'est-ce qu'un antisémite ? Pourquoi faut-il que, périodiquement, l'énigme attachée à l'identité des fondateurs du premier monothéisme soit l'objet de telles passions ?Pour bien distinguer, d'abord, l'antijudaïsme médiéval (persécuteur) de l'antijudaïsme des Lumières (émancipateur) quand d'aucuns, aujourd'hui, prétendent identifier le second au premier : tous antisémites, affirment-ils, de Voltaire à Hitler. Pour passer ensuite en revue les grandes étapes de la constitution de l'antisémitisme en Europe. Puis, pour assister, entre Vienne et Paris, à la naissance de l'idée sioniste et à sa réception dans les pays arabes et au sein de la diaspora. Une idée, trois légitimités.« Juif universel » contre « Juif de territoire », tel est désormais le couple autour duquel s'organisele débat, auquel Freud et Jung apportent une contribution décisive. Le voici bientôt relancé après la création de l'Etat d'Israël (1948) et le procès Eichmann (1961), tandis que gagne souterrainement l'idée que le génocide serait pure invention des Juifs.Et pour finir, ceci : comment expliquer la multiplication, depuis dix ans, des procès intellectuels et littéraires en antisémitisme ?

  • Un brûlot est publié, qui dénonce " l'affabulation freudienne ". Sigmund Freud serait un homme cupide, menteur, phallocrate, homophobe, incestueux, pervers, fasciste, persécuteur de son peuple (les Juifs), un pseudo-savant dont il conviendrait de dénoncer enfin les méfaits. Et pourquoi ne pas l'écrire si cela est vrai ?
    Mais le brûlot est truffé d'erreurs, il véhicule de fort anciennes rumeurs (et de bien méchantes légendes), il n'établit rien. Et " l'affabulation freudienne " apparaît bientôt pour ce qu'elle est : la pure affabulation de l'auteur du brûlot.
    Voici les pièces du dossier.
    Historienne, directrice de recherches à l'université de Paris-VII, Elisabeth Roudinesco est l'auteur de nombreux livres qui ont fait date. A sa propre analyse, elle a joint les contributions de Guillaume Mazeau, Christian Godin, Franck Lelièvre, Pierre Delion et Roland Gori.

  • La chasse aux charlatans est ouverte.
    Depuis que l'Etat a entrepris de contrôler le traitement de la santé psychique en France, les psychiatres, les psychanalystes, les psychologues et les psychothérapeutes s'accusent mutuellement d'être responsables du sentiment d'insécurité qui gagne la cité. Et c'est en vain que la puissance publique cherche à mettre tout le monde d'accord et à rassurer l'opinion en multipliant les procédures d'expertise fondées sur des principes prétendument scientifiques.
    Bref, les professionnels sont en émoi et les patients ne savent plus à quel saint se vouer. Quant à l'Etat, courant après le charlatan un gourdin à la main, il peine à différencier médecines parallèles, sectes, psychothérapies et nouvelles thérapies, au risque de passer bientôt pour un fauteur de troubles.
    Comment en est-on arrivé là et comment en sortir ? Comment concilier le principe de liberté en vertu duquel nous revendiquons de choisir qui nous soigne, et le principe de sécurité au nom duquel nous exigeons d'être protégés des imposteurs ?

  • Est réputé pervers, depuis l'apparition du mot au Moyen Âge, celui qui jouit du mal et de la destruction (de soi ou de l'autre). Mais si l'expérience de la perversion est universelle, chaque époque la considère et la traite à sa façon. L'histoire des pervers en Occident est ici racontée à travers ses grandes figures emblématiques, depuis le Moyen Âge (Gilles de Rais, les mystiques, les flagellants) jusqu'à nos jours (le nazisme au XXe siècle, les types complémentaires du pédophile et du terroriste aujourd'hui), en passant par le XVIIIe siècle (Sade) et le XIXe (l'enfant masturbateur, l'homosexuel( le), la femme hystérique). Notre époque, qui croit de moins en moins à l'émancipation par l'exercice de la liberté humaine, et pas davantage au fait que chacun d'entre nous recèle sa part obscure, feint de supposer que la science nous permettra bientôt d'en finir avec la perversion. Mais qui ne voit qu'en prétendant éradiquer le mal, dans un geste d'abolition définitive, nous prenons le risque de détruire l'idée d'une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation ? « Un ouvrage dense, très référencé, dont l'écriture, précise, va à l'essentiel. » Sophie Aouillé, L'Humanité. « Un livre passionnant, clair et documenté. » Hubert Prolongeau, Le Journal du Dimanche. « Le récit, bref et passionnant, de l'Occident confronté à sa part obscure. » Charlie Hebdo. « Une histoire démente de la transgression, un essai passionnant. » Jean-Marie Durand, Les Inrockuptibles. « Il est des ouvrages d'experts qui savent être accessibles à tous, éclairants ... tout en faisant oeuvre utile en ces temps où les questions les plus complexes font face à des réponses simplistes. La Part obscure de nous-mêmes de l'historienne Élisabeth Roudinesco est de ceux-là. » Jacques Lindecker, Le Pays. « De toute urgence, il faut lire Roudinesco. » Catherine Clément,Le Magazine littéraire.

  • " Nous voulons croire, ici et maintenant, qu'au-delà de l'angoisse mortifère, sous laquelle s'obstine à se dire notre société en crise, une représentation de l'avenir rend possible une nouvelle espérance ", écrivent Alain Badiou et Elisabeth Roudinesco.
    Avec Lacan, penseur du désordre, l'historienne et le philosophe réinterrogent ici, pour notre temps, la question cruciale des relations entre révolution politique et révolution subjective.

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