• Tomber amoureux, enceinte, malade ; être successivement embryon, foetus, bébé, enfant, adolescent, adulte, parent, grand-parent, vieillard ; se séparer, déménager, migrer, vieillir, traverser un deuil, une épreuve existentielle, être saisi par une révélation esthétique... Toutes ces crises successives, ces passages ponctuent et sculptent nos vies. Sylvain Missonnier envisage ces mutations à travers le prisme des métamorphoses qui mobilisent les virtualités les plus fécondes de notre être mais au prix d'une commémoration, parfois vertigineuse, de notre fragilité humaine. Entre errances labyrinthiques et purges cathartiques, la condition humaine trouve dans ces métamorphoses silencieuses souvent, bruyantes parfois, la véritable signature de sa créativité indissociable de sa précarité. A partir d'expériences personnelles, professionnelles et en écho avec la littérature et le cinéma,  l'auteur explore plusieurs figures de la métamorphose et tente d'en extraire les prémices d'une clinique des processus de mutation.

  • Après les interrogations produites par les mouvements LGBTI, les personnes qui se pensaient « normales » se sont découvertes « hétérosexuelles » dans les années 1990. Aujourd'hui, de nombreux et nombreuses hétéros interrogent tout à la fois les identités sexuelles (les bisexualités, l'asexualité, le libertinage, le triolisme, le candaulisme, le bdsm...), les identités de genre (cisgenre, bigenre, non-genre, genre fluide, travesti, hétéroqueer...) et les dispositions sexuelles comme le polyamour qui tendent à dépasser la prison du couple homme/femme traditionnel.       
    Ce livre fait le point sur ces termes qui sont tout à la fois des notions, des concepts et/ou des identités socio-sexuelles. Qu'elles concernent le genre et/ou les sexualités, elles ont en commun d'essayer de se distinguer de l'hétéronorme qui devient aujourd'hui un corset trop étroit pour de nombreuses personnes.

  • Faire équipe

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    • Eres
    • 8 Octobre 2019

    L'équipe n'est pas un  groupe comme les autres. Si elle évoque spontanément le sport, elle concerne en fait une grande variété de situations collectives et de domaines d'activités. Elle est souvent confondue avec le groupe ou le collectif de travail alors que des distinctions s'imposent aussi bien théoriquement que dans la pratique. Une équipe n'existe pas d'emblée, elle est à construire et, une fois construite, à réguler de l'intérieur et/ou à l'aide d'intervenants extérieurs.

    Cet ouvrage traite ces multiples aspects et tente de répondre à deux questions centrales pour la fabrique d'une équipe : comment s'articulent le rapport à l'activité et la « chimie » groupale ? Comment se combinent l'accomplissement de la tâche primaire et les liens qui se nouent entre les membres d'une équipe ?

    Les auteurs, psychosociologues, psychanalystes, entraîneurs et praticiens du social, en dévoilent les processus à travers des terrains aussi variés que les institutions de soin, la navigation aérienne ou l'équipe de France de handball.

    Les textes de cet ouvrage sont issus du n°14 de la Nouvelle revue de psychosociologie

  • Le jeu est sur le devant de la scène depuis plus d'une décennie avec l'invasion des jeux vidéo, des jeux télévisés, des jeux de rôle grandeur nature, des jeux d'énigmes en groupe... La culture du jeu s'est introduite dans l'univers sérieux des adultes jusqu'à leur lieu de travail.

    Entre liberté et contrainte, illusion et réalité, l'usage des serious games favorise t-il la créativité en entreprise ? Quelles sont les conséquences du jeu sur le travail, l'équipe et la santé lorsque celui-ci devient obligatoire dans un dispositif de formation managériale ? La compétition fait-elle partie du jeu ? Sous couvert du jeu, les conflits éthiques peuvent-ils être gommés ?

    A partir d'une enquête approfondie dans le cadre de la formation de managers, Lydia Martin explore à la fois le dispositif, le rôle des formateurs et l'expérience des utilisateurs. Elle analyse le jeu à ces différents niveaux pour comprendre les enjeux qui le sous-tendent, mais aussi les conditions qui favorisent l'attitude ludique comme celles qui sollicitent l'anesthésie de la pensée et de la responsabilité dans l'exercice du métier de manager.

     

  • L'éden infernal

    Jacques Ascher

    « S'il fallait qualifier cet ouvrage, je dirais qu'il est comme un long cri pour déchirer le rideau d'inhumanité auquel nous sommes en train de nous acclimater chaque jour davantage. Donc un livre `engagé' d'un praticien, psychiatre et psychanalyste bien connu à Lille, où il exerce depuis plus de quarante ans.

    La conviction issue des Lumières, amenant à croire que le progrès des sciences et des techniques devait nécessairement déboucher sur une émancipation de la raison débarrassée de contraintes obscurantistes, fut pulvérisée à Auschwitz.

    Eden infernal plutôt que Fabrique du bonheur ou Pensée positive : quel pessimisme ! diront certains en oubliant que derrière les mots d'ordre optimistes à tout-va qui nous inondent, c'est déjà la machine à faire naître les monstres qui opère. Et Jacques Ascher de rappeler à bon escient la phrase célèbre de Gramsci : `L'ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour. Dans ce clair-obscur, les monstres apparaissent'.

    Refuser tout héritage, faire table rase du passé, mépriser les modèles et les filiations, rompre systématiquement avec le père : ce geste `moderne' qui nous englue dans le présent, mène aux pires des catastrophes, à la fois humaines, politiques, économiques.

    La façon dont l'ouvrage est charpenté, les références de lecture qu'il ne fait souvent qu'évoquer, tout cela demande qu'on le lise comme d'une traite, d'un seul souffle, pour en éponger la force d'expérience clinique autant que l'intensité avec laquelle l'auteur s'est laissé atteindre par ce qu'il a rencontré : non seulement les patients mais tout autant le monde autour d'eux.

    Rien n'y est démontré, il ne s'agit pas pour l'auteur d'argumenter, de prouver, encore moins de convaincre mais d'abord et bien plus de faire entendre ce à quoi il a été sensible, bref de `transmettre'. Et c'est sans doute ce que Pierre Delion avait dû percevoir lorsqu'il insista pour que Jacques Ascher écrive ce qui fut au départ une conférence dans le service de pédopsychiatrie qu'il dirigeait. 

    Jacques Ascher a relevé le défi et tenu le pari. Nous voilà en prise directe sur l'écorchure, parfois même la colère, d'un homme expérimenté qui ne renonce pas à tenir sa place généalogique.

    L'auteur a fait dans ce livre son travail pour se faire entendre. Au lecteur désormais de prendre acte de cette transmission et d'en soutenir la hauteur. » Jean-Pierre Lebrun, extrait de sa préface

  • Après avoir exercé une dizaine d'années comme psychologue clinicienne dans un service d'accueil téléphonique, l'auteure a conçu et expérimenté un dispositif d'entretien clinique à distance via internet qui s'approche le plus possible du cadre classique. Son but n'est pas de remplacer la consultation dans le bureau du psychologue, mais d'augmenter les possibilités d'une écoute clinique, dans des situations où, pour diverses raisons, elle est limitée.

    Comment adapter la consultation d'un psychologue à la relation assistée par ordinateur, tout en préservant la dimension symbolique de l'échange dans un espace tiers ? Qu'en est-il de la place du corps et du regard en visioconsultation ? Comment travailler avec la réalité psychique à distance, sans tomber dans le piège d'une relation en miroir ? Qu'en est-il des processus transféro-contre-transférentiels apparaissant dans ce cadre ?

    Lise Haddouk présente ici la méthodologie et les spécificités de ces entretiens qui allient les apports des nouvelles technologies à ceux de la théorie psychodynamique. Son travail s'inscrit dans le champ de la cyberpsychologie (psychologie du numérique) à la frontière de la psychologie cognitivo-comportementale, des neurosciences et de la psychologie sociale qu'elle enrichit en intégrant l'apport de la psychologie clinique d'inspiration psychanalytique.

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