Les éditions de la Pleine Lune

  • Félicitations à Nicole Houde qui a reçu le 21 mars 2013 le Prix Hervé-Foulon du livre oublié pour son roman, La Maison du remous, paru originellement en 1986. Il est des oeuvres qui traversent le temps, et celle de Nicole Houde en est une. Lauréate de plusieurs prix littéraires, elle poursuit depuis la parution de son premier livre en 1983, une oeuvre d'une impeccable exigence et d'une remarquable unité de ton. Tous ses livres sont parus aux Éditions de la Pleine Lune.

    La présente réédition est accompagnée d'une préface de Robert Lalonde, qui écrit : « Ainsi entre-t-on dans la maison du remous où, comme dans la casa des Buendia de Cent ans de solitude, de Garcia Marquez, le temps tourne sur lui-même, où tout recommence sans cesse, puisqu'à mesure on a tout oublié. [...] Le cri de Laetitia, entendu pour la première fois il y a plus de vingt-cinq ans, résonne toujours, déchire l'oreille, serre le coeur. »
    Laetitia vit dans une famille où règnent ignorance, pauvreté et violence. Enfant gavée de silence, elle cherche sa langue propre, celle qui pourrait nommer ses désirs.

  • Shirley Patry donne ici, dans une éblouissante prose poétique, une méditation sur le fleuve et les lieux qui ont façonné son regard sur le monde. La « terre dont nous avons hérité nous habite comme une démesure », écrit-elle. Tel un miroir de ce que nous sommes, le fleuve, dans le mouvement impétueux de ses marées, la folle débâcle des banquises ou l'éclatement des pierres sur la grève, nous révèle notre fragilité et fortifie notre foi en la vie. « Du fleuve, j'ai appris la Terre et que chez moi, d'un pas, j'accoste au bout. »

  • Martine, volontaire de la Compagnie des jeunes Canadiens, débarque dans un village paisible de la baie des Chaleurs pour travailler à l'implantation d'une coopérative. Toute la vie des villageois est bientôt bouleversée par sa présence. Quand la Crise d'octobre éclate quelques mois plus tard, le village entier est « sur le bord de chavirer ». Certains se liguent alors contre l'étrangère, à la conduite scandaleuse, qui parle de changement social. Leur vengeance sera terrible, mais God Comeau, l'idiot du village, veille sur sa fiancée.

    Ce midi, j'ai reçu une lettre anonyme m'intimant de déguerpir. Au bureau de poste, sont affichées des photographies de Charles Gagnon et de Pierre Vallières, découpées dans un journal. Peu après, Suzy est venue me raconter l'incident survenu au début de l'après-midi chez Paul : des policiers ont fouillé son automobile pendant qu'il pêchait en mer. Madeleine a dû subir cette humiliation devant le voisinage. « Voisinage », ce mot se charge de contrariétés. Quand je sors, des femmes écartent leurs rideaux pour m'épier. Cette impression m'étouffe : des dizaines d'yeux s'agglutinent à ma peau, oui, c'est cela, leur angoisse s'agrippe à moi, je les menace. Tous les insoumis du Québec semblent s'être concentrés en moi.

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