• Les auteurs témoignent d'une pratique clinique avec des travailleurs sociaux et tentent d'en tirer les leçons : il s'en dégage à quel point le management est en train de tuer dans l'oeuf ce qui fait la spécificité du travail social.

    Que dit-on à un patient alcoolique qui vient s'écrouler parce qu'il va perdre sa femme ? À une caissière de supermarché qui ne peut plus suivre la cadence ou ne parvient pas à retourner travailler sans « la boule au ventre » ? Aux parents qui viennent consulter avec un adolescent, le casque sur les oreilles, et qui décrivent une addiction aux écrans et des résultats scolaires en chute libre... ? À un éducateur qui doit faire face à un enfant autiste en crise ? Que dit-on à ces jeunes sujets qui se décrivent harcelés sur Facebook ou abandonnés par un copain et incapables de vivre ? ... Dans le séminaire « Pour une clinique du quotidien », un participant tiré au sort est invité à décrire son service et sa mission, à énoncer sa fonction et à parler d'une situation avec laquelle il/elle rencontre une difficulté, est traversé(e) par une question ou un doute. Le postulat de base est qu'il n'y a pas de « bonne réponse » mais qu'il y a néanmoins quelque chose à en dire, que ce quelque chose rend compte d'une rencontre unique entre un intervenant social et un patient et que, de cette rencontre seule, un soulagement, peut-être, surgirait.

     

  • Suite aux attentats de 2015/2016, le gouvernement français conçoit dans l'urgence une réponse inédite pour détourner les jeunes du djihad. Un projet emblématique est alors au coeur de toutes les attentions : le centre de prévention et d'insertion à la citoyenneté (CPIC), vite et mal nommé « centre de déradicalisation ».

    Mais comment « déradicaliser » ? A quels professionnels confier ces jeunes ? Comment les accompagner ?

    L'ouvrage revient sur cette histoire méconnue, sur la base d'une enquête de terrain auprès des équipes du centre. Dans un style narratif axé sur les récits d'expérience, il plonge le lecteur en immersion dans le quotidien des professionnels, et tout particulièrement dans les aspects les plus ambigus et complexes de leur mission.

    Les auteurs proposent une lecture sociologique des désaccords et des conflits qui ont rendu impossibles la conception et la réalisation de ce travail de « déradicalisation ». Car derrière les murs et les grilles, se sont posés les termes d'un débat qui n'est pas clos, et qui constitue peut-être l'une des questions les plus centrales, les plus piégées et les plus mal posées de notre époque : qu'est-ce que la radicalité politico-religieuse et que peut-on faire pour la contrecarrer ?

  • Cette réflexion d'ensemble sur le travail de l'éducateur est devenue un ouvrage de référence pour tous ceux qui s'engagent auprès d'enfants ou d'adultes en difficulté. À partir d'un regard critique sur un demi-siècle d'éducation spécialisée, les auteurs relient dans une même perspective tradition et modernité, pour dresser un large panorama des pratiques éducatives.

    Alors qu'aujourd'hui le terme générique de travail social ou d'intervention sociale a tendance à s'imposer, les auteurs réaffirment la pertinence de distinguer la place de l'éducation spécialisée et d'en définir les enjeux. Plus que jamais les compétences pour accompagner les personnes, enfants, adolescents ou adultes, dans le moindre des actes d'une vie quotidienne, requièrent des éducateurs formés, responsables, conscients de leur action. Maurice Capul et Michel Lemay leur offrent un outil de premier plan auquel ils peuvent recourir pour fonder leurs interventions. À partir d'une synthèse de l'apport des disciplines des sciences de l'homme qui nourrissent le corpus théorique nécessaire à l'exercice des métiers de l'éducation spécialisée, ils recensent l'ensemble des techniques pédagogiques ou soignantes forgées dans la proximité des personnes accompagnées. À la fois théoriciens et praticiens, les deux auteurs échappent à tout enfermement idéologique ou toute querelle de chapelle qui viendraient priver les professionnels d'un accès à des matériaux conceptuels ou des outils pratiques adaptés à leurs métiers. À l'heure où d'inutiles tensions entre champs disciplinaires ou pratiques éducatives et soignantes freinent l'entrée dans cette complexité, l'esprit d'ouverture dont font preuve les auteurs fait à la fois la force et l'originalité de cet ouvrage.

  • Les ados, ça cause !

    Marie Springer

    • Eres
    • 26 Septembre 2019

    Si le titre de cet ouvrage précise que « les ados, ça cause », disons plus précisément que « ça peut causer » si nous - adultes - nous les réinscrivons dans un bain de paroles.

    Cet ouvrage part de l'expérience de l'auteure au sein d'une maison pour enfants à caractère social. L'auteur y parle de rencontres : rencontres avec des adolescents pour la plupart déscolarisés, désengagés dans leur vie mais aussi avec des éducateurs, qui eux-mêmes parlent de leur propre rencontre avec ces adolescents. Le livre témoigne de la portée des effets du signifiant et nous rappelle que notre condition humaine quotidienne est d'être des êtres parlants. Son objectif est de faire entendre aux éducateurs que dans leur quotidien il y a une nécessité « à faire parler un adolescent » dans un espace qui met en scène des mots, une parole où l'équivocité de la langue fait loi.

  •  « Que veut dire aider en tant que travailleur social ? Avoir essayé, est-ce déjà aider ou faut-il impérativement offrir entière satisfaction ? Aider, ce verbe si usuel se révèle complexe à définir alors que le coeur de notre métier est en fait d'une simplicité déconcertante : c'est à chaque fois une rencontre entre quelqu'un qui a besoin d'aide et quelqu'un qui a envie de l'aider. Dans un monde idéal, cette situation pourrait se révéler fructueuse pour les deux parties, chacun se trouvant satisfait par l'interaction avec l'autre.

    La réalité est pourtant plus féroce. Depuis vingt ans, les contraintes budgétaires ont torpillé les services publics avec des moyens constants ou en baisse pour des besoins qui eux deviennent exponentiels. Pour ne pas abandonner, les travailleurs sociaux s'accrochent à l'essence même de leur métier : la rencontre. Certaines sont teintées de violence voire de haine parfois. Elles abîment, déstabilisent et réveillent en nous souvent un sentiment terriblement angoissant de renoncement. Mais nous croisons surtout la route d'individus ordinaires, au sens noble du terme. Ce sont certaines de ces trajectoires de vie bien réelles que j'ai eu envie de partager pour montrer en quoi consiste notre métier d'assistant social. » C. O.

  • L'éducation des enfants, l'accompagnement des parents, la prise en charge d'adolescents, le soin apporté aux personnes âgées mobilisent, comme toute relation humaine, de l'amour (donc de la haine), de l'affection (donc de la détestation), de l'empathie (donc de l'hostilité)... il est temps d'en parler ! Les sentiments, les affects, les émotions animent les premiers liens dans lesquels toute personne se construit, mais aussi tous ceux qui seront noués par la suite. Des aléas de ces premières relations - être mal aimé, trop aimé, insuffisamment aimé - va dépendre, pour une large part, le développement ultérieur du sujet. Puisque la relation est l'outil principal de l'action sociale, l'engagement du professionnel dans une rencontre affectée par les sentiments avec le sujet accompagné est nécessaire. À une époque où l'expertise savante tend à supplanter l'art de la rencontre, les coauteurs, chercheurs en sciences humaines et praticiens du travail social, montrent qu'il est indispensable de prendre en compte cette dimension centrale et d'assumer la responsabilité de cette charge à porter. 

  • L'ouvrage se présente comme une plongée subversive au coeur du travail social, de ses pratiques et de ses enjeux à travers un dialogue imaginaire entre deux professionnels de l'action sociale. Par les questions posées, l'auteur identifie et met au débat les non-dits, les logiques et les motivations enfouies du travail social en se décollant des images d'Épinal qu'il véhicule habituellement. Si elle s'adosse à des théories éprouvées (philosophie, sociologie, psychanalyse), la réflexion ne se présente pas comme un savoir extérieur et distant sur le métier ; elle se fonde plutôt sur une expérience de terrain dont elle révèle les contradictions. Ainsi, au fil des échanges, en travaillant les paradoxes d'une pratique, ce sont les lignes de force d'une éthique professionnelle qui se dessine avec en point de fuite le rapport à l'autre, celui qu'on nomme généralement l'usager.

    Xavier Bouchereau, éducateur spécialisé en AEMO pendant dix ans à Nantes, chef de service en prévention spécialisée puis dans un service d'action éducative intensive en milieu familial, intervenant et auteur de nombreux articles sur le sens de l'engagement professionnel et sur le travail éducatif auprès des populations précarisées.

  • Paul Fustier (1937-2016), professeur de psychologie à l'université de Lyon 2, est une figure emblématique de la clinique des équipes et des institutions, dans le champ du travail social et du soin psychique. Ses analyses de la vie quotidienne des établissements ont été décisives pour penser les pratiques éducatives et soignantes à un triple niveau : institutionnel (la tâche primaire, la crise et le changement), professionnel (le faire équipe), relationnel (le lien d'accompagnement ). On lui doit notamment d'avoir mis l'accent sur l'importance des espaces intersticiels et des pratiques en ricochet, à travers lesquels les enfants, les résidents, les patients et autres usagers des institutions trouvent l'occasion de faire autre chose que d'être seulement et strictement aidés, soignés ou éduqués.

    L'entretien mené avec Paul Fustier, complété par des textes significatifs, donne la mesure de l'émergence et de l'originalité de sa pensée, tout en la contextualisant dans sa trajectoire biographique.

    L'élaboration de cet ouvrage a bénéficié du concours du CNAHES.

  • Emmener des adolescents vivre une aventure extraordinaire à l'étranger, dans des pays qui échappent aux codes occidentaux en vigueur, relève d'un pari à priori fou.

    Surtout lorsque ces séjours intègrent différentes actions appelant au dépassement de soi, en lien avec l'itinérance, la découverte d'un ailleurs, des actions solidaires, l'immersion dans les cultures d'accueil, au sein d'environnements totalement inconnus.

    Surtout lorsque ces adolescents, concentrés de souffrances et de révoltes, sont étiquetés comme « incasables », à la frontière entre la psychiatrie, la délinquance.

    Et pourtant, cette véritable pédagogie du risque produit une transformation profonde de ces adolescents. Un accompagnement devient possible, sur une forme nomade, que les organisateurs de séjours dits de rupture réunis au sein de l'association OSER déclinent diversement, sur la base de concepts communs. La rencontre en est le maître mot, entre l'adulte et l'adolescent, par la différence des cultures, la magie des paysages et de la nature. Et le passage devient bien réel lorsque l'attention est portée et travaillée sur les trois temps primordiaux que sont l'avant, le pendant et l'après.

    Les témoignages collectés dans cet ouvrage vont dans ce sens, qu'ils proviennent de travailleurs sociaux, de chercheurs, d'accompagnateurs, de parents, de formateurs, de jeunes...

    C'est bien dans les différentes explicitations que prend forme l'innovation réelle que constitue ces séjours, bien au-delà des dénominations retenues.

  •  « Une posture éducative s'apprend et s'éprouve. Elle se pense, se formalise, se transmet mais toujours à partir de ce que le terrain laisse affleurer d'essentiel et de nécessairement contradictoire. Elle se construit dans la rencontre avec ce qu'elle draine d'imprévu et d'insaisissable. C'est un art de la banalité et de la modestie dont la clinique sociale guide chaque parole, chaque geste, chaque regard, chaque silence. Elle fait du quotidien partagé avec les personnes, de ces fragments d'histoire dont on ne parle pas, des moments uniques et indispensables à la compréhension du métier. »

    À l'aide de très nombreuses illustrations, l'auteur déplie les multiples facettes la posture éducative. Au fil des pages, il en dévoile toute la complexité mais aussi et surtout la cohérence et donc le professionnalisme. Il n'évite aucune question, n'élude aucun paradoxe. Au contraire, il s'en saisit pour mieux les penser et les réintégrer au coeur des pratiques. C'est une réflexion menée sous les auspices de l'éthique et de la responsabilité : une éthique de la parole qui accepte les silences, une éthique du renoncement qui abandonne la maitrise et le savoir pour mieux s'ouvrir à la vérité du sujet et ne pas sombrer dans la résignation, une éthique de l'implication enfin qui fait de l'engagement subjectif du professionnel le coeur de son métier.

  • La place d'un détenu ne semble jamais la bonne dans l'imaginaire collectif. Face à la même infraction, certains estiment qu'une peine d'emprisonnement ne sera jamais assez longue, quand d'autres l'estimeront inutile. Comment appréhender la réponse carcérale et surtout pour qui : les victimes ou leurs auteurs ? Punir les uns, protéger les autres ? Réinsérer et préparer la sortie ?

    Mais comment vit-on dans une prison ? Quels sont les droits et les devoirs d'un détenu ? d'un surveillant ? de l'administration pénitentiaire ? d'un travailleur social ?

    Charline Olivier introduit le lecteur dans l'univers carcéral et raconte la manière dont elle exerce sa fonction d'assistante sociale dans le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP). Dans un récit à la première personne, elle brosse le portrait de détenus qui demandent son aide. Elle montre comment elle contribue à créer un espace de sécurité psychique propice à la réflexion sur le passage à l'acte délictueux, à maintenir les liens avec les proches et avec l'extérieur de la prison (aide aux démarches administratives, et autres).

  • Depuis 2008, l'ANESM (Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) publie des `Recommandations de bonnes pratiques professionnelles'. Censés refléter les savoirs et les pratiques à l'oeuvre dans ce secteur, ces documents offrent une représentation administrative de la personne humaine qui conduit à une standardisation des approches et à une remise en cause des fondements de la relation éducative, de l'aide sociale et de la clinique, ainsi que du travail collectif de pensée qui s'y déroule. 

    L'enfant et l'adulte en difficulté y sont présentés comme des êtres de besoin, non sexués, sans passé, sans passions, sans conflits psychiques et sans inconscient. Les travailleurs sociaux et les soignants y sont décrits comme des êtres sans subjectivité et les relations entre les uns et les autres, comme des liens fonctionnels sans transfert. Or, la prise en compte du désir inconscient est une ouverture essentielle dans le travail éducatif, social et clinique. Cet ouvrage le montre en mettant en regard le discours officiel des bonnes pratiques et de nombreuses situations rencontrées dans ces lieux de travail.

  • Une pratique de la parole dans le champ de l'aide sociale : quels concepts, quels actes, quelles conséquences, quel pronostic ?

    L'auteur donne une légitimité, conceptuelle et historique, aux pratiques d'aide des services sociaux, dans le respect de l'histoire des « usagers ». La parole est le vecteur fondamental des échanges et des entretiens, et la psychanalyse, comme science fondamentale, reste indépassable pour comprendre les mécanismes en jeu dans la manière dont peut être vécue toute aide sociale.

    En effet, il y a un savoir, une compétence, dans la manière d'user de la parole qui peut rendre un don - matériel, en argent, en démarches administratives - bénéfique ou maléfique ! Cette réédition s'avère salutaire au regard du succès actuel des sciences comportementales et des neurosciences, qui pensent se passer d'une analyse approfondie des effets de la parole, et font fi des effets d'aliénation que toute « aide » produit (qu'elle soit légitime, autorisée par la loi, voulue par un État) ainsi que du malaise que peut rencontrer un acteur social dans sa mission.

  • Loin des espaces médiatiques, des professionnels s'engagent dans l'accompagnement  de personnes vulnérables (du fait de leur âge, de leur santé, de leurs conditions de vie), fragiles, souvent postées aux marges de notre société. Ces professionnels sont désignés sous le vocable de travailleurs sociaux, même s'ils ne forment pas une catégorie homogène et s'ils sont en passe de devenir des « intervenants sociaux ».

    Ce sont justement ces travailleurs de l'ombre, souvent discrets, occupés à tisser des liens avec des enfants ou des adultes défaillants, malades, vieillissants, exclus, en situation de handicap ou en danger, qu'Arlette Durual a souhaité mettre en lumière. De manière sensible, sous la forme de « petites histoires », elle révèle ce qui se joue au quotidien dans ces situations de face à face où il s'agit d'accueillir, de soulager, de prendre soin, d'aider mais aussi de garder espoir, de croire qu'une autre situation est possible, de renforcer le pouvoir d'agir, et/ou de décider, des personnes qui pourraient en être privées.

  • L'accompagnement d'enfants en difficultés, de personnes âgées, en situation de vulnérabilité (handicap, précarité, etc.) confronte chaque professionnel à une rencontre humaine toujours singulière, dans un contexte à chaque fois particulier et complexe.

    Pierre Bonjour propose de les accompagner à leur tour dans des domaines où ils n'osent pas toujours s'aventurer. L'éthique, la morale, la déontologie, la laïcité sont des « grands mots » qui peuvent rebuter et les acteurs sociaux imaginent parfois qu'ils n'ont, de leur place, rien à en dire. Aujourd'hui pourtant, leur quête de repères et, encore plus, de sens montre qu'il est indispensable de multiplier les outils de compréhension pour mieux respecter la personne, qu'il s'agisse d'un usager, d'un résident, d'un élève ou encore d'un patient.
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    A partir de nombreux travaux théoriques toujours ancrés dans des situations concrètes issues de leur quotidien, l'auteur apporte sa contribution pour aider les professionnels des  secteurs social et médico-social, de l'éducation et de la santé, à répondre aux questions fondamentales : dans le travail social, au nom de quoi agissons-nous et pour qui ? Pourquoi le faisons-nous et comment ?

  • Une recherche participative pour penser les effets de la violence conjugale et sociale, sur les femmes et sur leurs enfants, et les pratiques d'accompagnement social qui favorisent à la fois une écoute de ces enfants ainsi que la restauration personnelle et parentale des adultes.

    L'originalité de cette recherche-action est d'aborder la violence conjugale et sociale, du point de vue des professionnelles qui partagent le quotidien des femmes et de leurs enfants dans un centre d'accueil. Par la description vivante et l'analyse de situations concrètes, l'ouvrage est à la fois un saisi « sur le vif », et une réflexion en profondeur sur l'accompagnement professionnel. Les auteurs portent l'attention sur des dimensions insuffisamment pensées dans ces situations : l'impact des diverses violences sur les femmes en tant que mères et la souffrance des enfants.

  • Psychanalystes et travailleurs sociaux peuvent-ils s'associer dans une recherche qui enseignerait les uns et les autres ? Ont-ils seulement un champ commun où viendrait se coaguler l'objet d'un savoir inédit ?

    Il existe bien un cousinage intelligible entre le psychanalyste et le travailleur social, une communauté de destins qui autorise des liens imprévus entre la pratique du divan et celle du terrain. Ces liens, il est possible de les tisser à condition cependant de déchirer les clichés, de ne pas s'imaginer que la clinique psychanalytique vise des profondeurs que d'autres pratiques ne pourraient atteindre, ou que le désir de l'analyste est par essence plus authentique.

  • Les auteurs mettent en valeur la dimension quotidienne de l'accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité, la relation essentielle qui se tisse au jour le jour, en dépit de la technicisation croissante des interventions imposée par les référentiels professionnels. Les temps et les actes a priori banals du quotidien sont en réalité les supports à toute action d'accompagnementéducatif, social ou soignant des personnes en situation de vulnérabilité. Les auteurs ont souhaité dans cet ouvrage revaloriser ces moments dits «ordinaires» en les incluant dans une réflexion sur l'éthique de l'accompagnement, à l'heure où les référentiels professionnels tendent à une technicisation des interventions. Ils s'appuient sur des situations rencontrées, sur des écrits de professionnels en formation et revisitent certains auteurs et concepts. Arlette Durual, assistante sociale de formation initiale, sociologue, est actuellement coordinatrice pédagogique du pôle des formations en travail social à l'ADEA à Bourg-en-Bresse. Patrick Perrard, moniteur-éducateur puis éducateur spécialisé, doctorant en sciences de l'éducation, est actuellement responsable du pôle des formations en travail social à l'ADEA (Bourg-en-Bresse). Il a publié avec Philippe Gaberan, Moniteur-éducateur (érès, 2004, réédité de nombreuses fois) et avec Arlette DurualAMP : aide médico-psychologique (érès, 2008). Il a également collaboré à la revue Reliance.

  • A la tête de Médecins sans frontières pendant douze ans, l'auteur dresse le paysage humanitaire international et décrit les rôles et les obligations de chaque acteur. Il parle des enjeux de ces actions, de la récupération par les politiques, du rôle des médias, etc. Pour lui, il est essentiel de savoir suspendre une action humanitaire lorsqu'elle se retourne contre l'objectif attendu.

  • Cet ouvrage vise une ouverture au traitement des psychoses dans le champ socio-éducatif, sans trahir les concepts issus de la psychanalyse et sans perdre de vue la clinique, de fait, pluridisciplinaire. La psychose n'est finalement qu'une des modalités de structuration de l'être parlant. Joseph Rouzel propose dans cet ouvrage un repérage, à la fois clinique et théorique, indispensable dans la clinique socio-éducative des psychoses. Un ouvrage accessible aux travailleurs sociaux qui ont de plus en plus la charge d'accompagner des personnes psychotiques.  

  • Malgré la gigantesque attention qu'ont reçue les « leaders » et le leadership au cours des dernières années, il a rarement été question des acteurs du monde communautaire et associatif. Pourtant, ces per­sonnes, qui travaillent parfois sans ressources, sans autorité, sans statut, parviennent à exercer une influence majeure sur ceux qui les entourent : elles font évoluer des vies, transforment les possibles et impossibles de ceux avec qui elles agissent, changent le monde ou le préservent... Difficile dans ces conditions de leur dénier le qualificatif de « leader ».

    Le présent ouvrage propose de remédier à cet oubli et de mettre en valeur douze « leaders » du monde communautaire et associatif en s'in­té­ressant à leur parcours, à leur manière d'agir, de diriger, bref, à leur lea­der­ship. Si certains connaissent une relative notoriété, la plupart d'entre eux sont des « leaders » du quotidien, anonymes et pourtant décisifs.

    À travers ces douze portraits, cet ouvrage intéressera les enseignants qui cherchent à utiliser des cas pédagogiques de « leaders » issus du monde communautaire et associatif, mais aussi le lecteur qui veut en connaître davantage sur la question du leadership, en dehors du seul monde politique ou de l'entreprise.

  • L'apparition de la logique managériale dans le secteur de la santé, du médicosocial et du social peut être considérée comme une rupture épistémologique. Elle s'est imposée dans un champ où l'humain est au centre de l'intervention et où la question du sens des pratiques est menacée de dissolution. Mais elle a aussi permis, paradoxalement, des effets d'ouverture, de relance de l'innovation, de redéfinition des missions et du bon usage des ressources en fonction des orientations institutionnelles.

    L'ouvrage met à jour les principales lignes d'opposition entre préoccupations cliniques et managériales : la tentation totalitaire d'un discours managérial se posant en référence dominante et, inversement, sa réduction à la position de mauvais objet par les professionnels du secteur médicosocial, le risque de voir la clinique se poser en victime et donc en bon objet sacrifié, ce qui évite ainsi aux cliniciens de soumettre leurs pratiques à une analyse critique.

    Il s'agit aujourd'hui de construire des logiques corrélatives plutôt qu'exclusives qui reconnaissent les héritages et les légitimités historiques tout en tenant compte des évolutions sur le terrain. Chercheurs, praticiens et personnes qui assument des fonctionsde management en articulation avec des pratiques cliniques proposent une réflexion ouverte qui reflète diverses positions parfois contradictoires, l'objectif étant d'aider le lecteur à fabriquer les outils d'une transition sans renier ses valeurs professionnelles et sans dénier la nécessité de leur transposition dans un monde devenu autre.

    Mise en vente le 22 février 2013

  • Un ouvrage de synthèse permettant de comprendre les enjeux contemporains de l'ingénierie sociale et d'identifier des approches méthodologiques utiles à la définition d'actions collectives. L'auteur positionne l'ingénierie sociale comme une expertise collective de transformation sociale. Elle trouve son sens et sa légitimité davantage dans une dimension politique de production d'espaces et d'actions publiques que dans la mobilisation d'une technologie de la résolution de problèmes sociaux. Cet ouvrage est un guide pratique à l'usage des acteurs qui agissent dans le cadre des politiques éducatives et sociales ou qui s'investissent dans des initiatives associatives ou coopératives de lutte contre les inégalités et les risques sociaux. En abordant ainsi de manière dynamique les fondements et les enjeux de l'ingénierie sociale, il les encourage à renouveler, grâce à la réflexivité, ici et maintenant, les pratiques de l'intervention sociale.

  • Ce livre vise à introduire de nouvelles façons de concevoir, de théoriser et dintervenir sur le social en ce XXIe siècle. En revisitant dune manière créative les postulats de base du travail social, les auteurs proposent des lectures inédites des problèmes sociaux, un regard plus nuancé sur les populations marginalisées, un renouvellement des politiques sociales comme levier de citoyenneté ainsi que des pistes dintervention plus respectueuses des individus.

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