• La vague

    Todd Strasser

    Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d'Histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : " La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action. " En l'espace de quelques jours, l'atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader.
    Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ?
    " Ce best-seller, qui est devenu un manuel d'Histoire en Allemagne et un film, souligne qu'il est facile de se transformer en petit fasciste du jour au lendemain. "Philippe Vallet - France Info

  • Sur les camps des déportées Nouv.

    Le 22 avril 1945, Yvonne Oddon est libérée du camp de Mauthausen. Le 28 juin 1945, elle témoigne au Muséum national d'Histoire naturel. Ce récit, écrit à chaud, saisit par sa rigueur factuelle. Yvonne Oddon décrit sans fard les conditions de vie inhumaines des prisons de la Wehrmacht et des camps de Ravensbrück et Mauthausen.

    Par-delà la souffrance, c'est aussi la vie quotidienne des prisonnières qu'elle tâche de retranscrire, tout particulièrement celle des femmes. En dépit des atrocités, la dignité des prisonnières demeure, des solidarités se nouent, graines de résistance semées au comble de l'horreur. Le désespoir est finalement absent de ce récit car la bibliothécaire est habitée par une autre préoccupation : l'urgence de témoigner.

    /> Née à Gap en 1902, Yvonne Oddon devient bibliothécaire au Musée d'ethnographie du Trocadéro en 1929. Elle participe en 1940 à la fondation du Réseau du musée de l'Homme, l'un des premiers organismes clandestins de résistance dont fut également membre Boris Vildé. Arrêtée en 1941, elle est incarcérée, avant d'être libérée du camp de Mauthausen en avril 1945. Elle effectue par la suite diverses missions, notamment pour l'Unesco, et participera à la création du Conseil International des musées.

  • Une femme écrit au fond d'une forêt. Son corps et le monde partent en morceaux. Avant, elle était psychologue. Elle se souvient qu'elle rendait visite à une femme qui lui ressemblait trait pour trait, et qu'elle tentait de soigner un homme.

  • Édition enrichie de Jacques Body comportant une préface et un dossier sur le roman.

    Une nouvelle guerre, quand la précédente s'achève à peine, et qu'on a juré qu'elle serait la dernière ? Et que la prochaine s'annonce perdue d'avance ? Deux heures pour faire défiler le personnel de l'Iliade, plus près de la tragédie que de l'opérette. La tribu royale, assemblage de belle-mère, de belles-soeurs et de beau-père, est bouleversée par l'arrivée d'une bru un peu trop voyante : la belle Hélène remise en scène en femme fatale.

    La guerre de Troie n'aura pas lieu, créée par Louis Jouvet à la fin de l'année 1935, d'abord brûlante de l'actualité d'avant-guerre, s'est révélée intemporelle. La plus célèbre pièce de Jean Giraudoux a été traduite de pays en pays et reprise de guerre en guerre et de siècle en siècle. La guerre est-elle fatale ? Deux heures d'angoisse éclairées par l'humour, politesse du désespoir.

  • Quand l'un des grands auteurs spirituels d'aujourd'hui s'empare du scandale religieux majeur de notre temps, en sort un livre libérateur. Contre la croyance qui conduit au fanatisme, Adrien Candiard fait appel à la foi qui éclaire la raison. Une brillantissime et salutaire démonstration. Un ouvrage antidote à prescrire sans modération.
    Auteur spirituel aux dizaines de milliers de lecteurs, Adrien Candiard interroge ici le choc entre les cultures en nous montrant pourquoi et comment nous ne comprenons rien à l'islam.
    Le frère dominicain qui vit au Caire, au carrefour des mondes et des civilisations, revient sur le grand scandale religieux de notre temps. Quel Dieu invoquent les fanatiques qui excommunient, persécutent et tuent en son nom ? Que dit de nous, de notre planète, de notre avenir, une telle trahison ? Et, surtout, comment une foi peut-elle être vécue avec passion sans tourner à l'exclusion ?
    Une plaidoirie pour la foi qui émancipe contre la croyance qui enchaîne.
    Un maître-ouvrage qui s'adresse de manière libératrice à tout un chacun.
    Un manifeste, à l'heure de toutes les exacerbations, pour la réconciliation.
    Dominicain vivant à l'Institut dominicain d'études orientales du Caire, Adrien Candiard, qui compte parmi les grandes voix spirituelles d'aujourd'hui, a publé aux Éditions du Cerf Veilleur, où en est la nuit ? Quand tu étais sous le figuier
    , À Philémon
    qui ont tous rencontré un vif succés.

  • Les pêcheurs l'ont surnommée Claire de l'eau. Quand ils l'ont arrachée aux flots et ramenée au village, la jeune naufragée ne se souvenait de rien, sauf de son prénom. Personne ne sait qu'elle a grandi dans la communauté, une société où les couleurs n'existent pas et où les émotions sont interdites. Personne ne peut imaginer qu'elle a été programmée pour être mère porteuse, qu'elle a été inséminée à l'âge de quatorze ans, qu'elle a eu un fils, qu'on le lui a arraché. Depuis, Claire n'a plus jamais été la même, obsédée par cet enfant qu'elle a tenu une seule fois dans ses bras, hantée par ses boucles blondes et ses yeux clairs. Elle fera tout pour retrouver son fils, jusqu'à accepter un terrible sacrifice...

  • La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • En 1963, l'auteur se rend en Chine, d'abord par jeu puis pour suivre des études. Il ignore tout de ce que le pays vient de traverser. Et heureusement, dit-il. Sans cela, il n'aurait pas persévéré dans cette voie. Ses entrevues avec Wen, jeune femme médecin dont il s'éprend, doivent demeurer furtives. Entretenir une relation avec un étranger ne va pas sans danger. Une seule possibilité s'offre à eux : le mariage. Or, pour cela, Wen doit obtenir l'autorisation de la direction de son hôpital, soit du responsable du Parti. Au-delà des obstacles auxquels se heurtent les deux amants, ce récit saisissant et authentique est aussi un roman d'apprentissage. L'auteur devine peu à peu une réalité sociale et politique censée rester cachée, tandis que sa compagne découvre le passé de sa propre famille.

    Reconnu comme un éminent sinologue, Jean François Billeter a su toucher un vaste public sans rien abandonner de sa rigueur et de son exigence intellectuelle. Les éditions Allia ont publié Chine trois fois muette, Leçons sur Tchouang-tseu, Études sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Notes sur Tchouang-tseu et la philosophie, Essai sur l'art chinois de l'écriture et ses fondements, Un paradigme, Lichtenberg et Trois essais sur la traduction, enfin Esquisses.

  • El Patròn a cent quarante ans et il est l'homme le plus puissant du monde. Il règne sans partage, depuis son luxueux palais décoré de son emblème, le scorpion, sur Opium, ce nouveau pays créé au XXIe siècle, entre le Mexique et les États-Unis, entièrement dédié à la culture du pavot et à l'enrichissement des trafiquants de drogue. Quand il mourra, il emportera dans sa tombe ses richesses mais aussi ses serviteurs, sa maisonnée, comme les pharaons et les anciens rois chaldéens. Mais, pour l'heure, El Patròn n'a pas l'intention de mourir. Il veut vivre neuf vies, comme les chats et les démons. C'est à cela que servent les clones, des réservoirs d'organes jeunes et sains, des presque humains que l'on décérèbre à la naissance. El Patròn est si orgueilleux qu'il a exigé que Mattéo, son clone, fasse exception à la règle et grandisse avec son cerveau. Le problème, c'est que, quand on a un cerveau, on s'en sert.

  • La vie de l'esprit en Europe centrale et orientale depuis 1945 : dictionnaire encyclopédique Nouv.

    Faisons véritablement tomber le rideau de fer. Pour que la pensée ne périclite pas à l'Ouest, il faut qu'elle renoue avec la vitalité qu'elle revêt à l'Est. Cette encyclopédie des intellectuels de l'autre Europe révèle un continent inconnu mais insuffle surtout des raisons d'espérer. Un monument.
    Parce qu'elle ne saurait marcher sur un seul pied, l'Europe a besoin de recueillir les interprétations diverses et les compréhensions multiples de ses principes et de ses projets. Or, témoins et acteurs des bouleversements majeurs du xxe siècle, résistants au nazisme, dissidents du communisme, victimes de l'emprise totalitaire et promoteurs de la transition démocratique, les penseurs d'Europe centrale n'en demeurent pas moins les grands oubliés du débat contemporain des idées.
    Pourtant, ces penseurs de l'Est n'ont cessé de vivre avec les penseurs de l'Ouest. Ils ont édifié à partir de leur particularité et de leur expérience une autre conception du monde et de l'histoire, de l'homme et de la cité. Et, en vertu de cet autre humanisme, apte à nourrir l'esprit européen, ils ont beaucoup à nous dire sur notre destin commun.
    Cette encyclopédie des intellectuels de l'autre Europe qui réunit 150 spécialistes veut contribuer à rétablir les ponts rompus par la méconnaissance pour en finir avec les préjugés réciproques et réinstaurer un indispensable dialogue.
    Un monument décisif pour aujourd'hui et pour demain.

  • Exilé à New York pendant la Seconde Guerre mondiale, Alexandre Koyré a publié en 1943 ces réflexions sur la place du mensonge dans les sociétés totalitaires. Le fonctionnement de ces régimes d'un type nouveau repose d'après lui sur la transformation de la vérité. Le jugement moral porté sur le mensonge dans la vie quotidienne, ou sur les plans religieux et philosophique, se trouve remis en cause en période de guerre. Le mensonge devient une arme nécessaire pour vaincre l'ennemi, voire une obligation. Or, c'est bien un climat de guerre que les régimes totalitaires instaurent constamment. Ces régimes fonctionnent comme des sociétés secrètes, pour la survie desquelles le mensonge est indispensable. À la seule différence qu'ils le pratiquent "en plein jour", en plantant une barrière entre la classe gouvernante et la "masse" qu'ils entendent diriger et asservir.

  • Buenos Aires, 1977. La dictature argentine mène sa «?guerre sale?»?: toutes les nuits, des escadrons de la mort abattent des militants ou les emmènent vers une destination inconnue. Professeur de littérature, Gómez tâche de faire profil bas alors que le nombre de disparus grandit autour de lui. Jusqu'au jour où l'un de ses élèves, Estéban, est raflé dans sa salle de classe même. Rongé par l'insomnie et la paranoïa, Gómez passe ses nuits dans des bars interlopes en quête d'aventures avec des hommes de passage. Il va jusqu'à entamer une relation trouble et violente avec un policier qui l'effraie autant qu'il le fascine. Mais son conflit intérieur entre morale et survie va devenir intenable quand un jeune couple de dissidents se réfugie chez lui.Dans 1977, Guillermo Saccomanno nous rappelle que l'Histoire se répète, et que les avertissements du passé sont rarement entendus.Traduit de l'espagnol (Argentine) par Michèle Guillemont.

    Figure majeure de la littérature argentine contemporaine, Guillermo Saccomanno est né à Buenos Aires en 1948. Scénariste de BD dans les années 1970, il passe au roman dans les années 1980. Il développe une oeuvre protéiforme à la grande puissance évocatrice, qui franchit les barrières de genres et qui forme un portrait de l'Argentine transcendant les époques : 1977, L'Employé, Basse saison... Ces trois textes sont traduits en français chez Asphalte et en anglais chez Open Letter Books.

  • Virusland

    Pierre Cassou-Noguès

    Extrapolant les leçons du confinement, Pierre Cassou-Noguès nous offre le plus saisissant mythe contemporain sur ce point de bascule où, contagieusement, la fiction prend le pas sur la réalité. Une leçon de philosophie sur la contamination de l'étrangeté et de la peur, de la machine et de la régulation qui se lit comme un roman.
    La réalité ressemble à un film parce que notre monde se modèle désormais sur la fiction. Telle est, pour Pierre Cassou-Noguès, l'une des leçons de la pandémie et du confinement.
    Virusland ne désigne pas une région du globe, mais une forme de vie qui se propage par contagion. Quitte à muter localement, elle touche indistinctement les régimes politiques, renvoie à une science qui se prétend univoque, modifie nos gestes, nos habitudes, notre rapport aux corps, au " normal ", au moral et à l'immoral. Fondée sur l'image d'une guerre contre un ennemi invisible, elle nourrit un sentiment de peur et d'étrangeté que redoublent la restriction drastique de nos libertés et les appareillages toujours plus complexes de surveillance, de communication et de distraction.
    Recourant aux oeuvres classiques et futuristes, tenant avec humour et profondeur, le journal d'un Robinson contemporain, Pierre Cassou-Noguès interroge le mauvais rêve dans lequel nous avons été plongés pour savoir s'il n'est pas promis à devenir notre quotidien.
    Un exercice époustouflant de philosophie qui se lit comme un roman.

  • Dans une ville grise et jamais nommée, baignée par les pluies acides, vit une armée de travailleurs en col blanc, hommes et femmes, qui sortent tous les matins des bouches du métro pour regagner servilement leur bureau. Parmi eux, un employé, l'employé, est prêt comme les autres à toutes les humiliations pour conserver son travail... jusqu'au jour où il tombe amoureux et commence à rêver de devenir un autre. Le récit glaçant d'une déchéance dans un univers où l'entreprise est une machine à broyer les humains, au sein d'une société autoritaire où la surveillance est omniprésente et où la norme fait loi.

  • La description que donne Kraus du rapport très spécial que l'innocent persécuteur entretient avec le mensonge correspond si exactement au chef de la démocratie la plus puissante du monde qu'elle pourrait presque sembler faite par anticipation pour lui. Lui aussi a compris mieux que personne que la meilleure façon de mentir est d'accuser les autres d'être ceux qui le font, et de le faire en particulier quand ils disent la vérité à son sujet. C'est donc le menteur - que le fait de ne tenir, pour sa part, aucun compte de la vérité ne gêne pas le moins du monde, mais qui sait qu'il peut être important pour ses adversaires de ne pas risquer d'en être soupçonné - qui accuse les autres d'inventer et de diffuser des fake news.« On n'arrive pas à croire à quel point on doit tromper un peuple pour le gouverner », écrivait Adolf Hitler dans une des premières versions - amendée par la suite - de Mein Kampf. Alors qu'aujourd'hui le contexte international offre régulièrement la tentation d'établir des parallèles avec les années 1930, le philosophe Jacques Bouveresse revient aux écrits du fervent opposant autrichien au nazisme Karl Kraus pour le confronter à la période actuelle. Une propagande fondée sur l'émotion et la destruction de l'intellect, consistant à augmenter la tolérance du peuple au mensonge et à la brutalité, à accuser ses adversaires des atrocités qu'on commet soi-même et à faire croire ses électeurs à une revanche sociale qui n'est en réalité rien d'autre qu'une destruction de la démocratie : voilà qui n'est pas sans résonances avec le comportement de certains dirigeants actuels, que ce livre éclaire différemment.

    Né dans le Doubs en 1940, Jacques Bouveresse est un philosophe rationaliste dont les principales influences sont Ludwig Wittgenstein, le cercle de Vienne et la philosophie analytique. Élu au Collège de France en 1995, il en est professeur honoraire depuis 2010. Ses domaines d'étude sont la philosophie de la connaissance, des sciences, des mathématiques, de la logique et du langage ; il s'intéresse également à des auteurs comme Robert Musil et Karl Kraus.

  • Il y a tant d'histoires : réelles, fausses, grandes ou petites... Alors, quelle est la "vraie" histoire ? Prenez Gaspard Boisvert, ex-conseiller du président le plus stupide que les États-Unis aient connu, devenu publicitaire pour Pernod-Ricard ("Un verre, ça va, deux verres, ça va mieux"). Mais il ne s'agit pas vraiment de lui. Il y a bien la grande Histoire, celle de la guerre, avec ses dates, ses tableaux, ses statistiques aléatoires. Mais non, ce n'est pas réellement le sujet. Imaginez alors que Gaspard Boisvert cache un lourd secret, que son grand-père soit Adolf Hitler par exemple et que Patrik Ourednik le découvre. Pas le vrai Ourednik, non, le personnage du livre, lui aussi romancier et obsédé par la fin du monde. Vous me suivez ? Pourtant entre la blague des deux chinois, l'histoire des religions, celle du Viagra, l'hymne maltais, l'étymologie du prénom Adolf, le végétarisme ou l'Apocalypse qui se profile, prenez garde, il n'est pas exclu qu'on soit tout simplement en train de se payer votre tête. Cet anti-roman ironique et jubilatoire se glisse entre les rouages de notre époque pour mieux la déboulonner. En 111 chapitres comme autant de fausses pistes, vous pénétrerez les mystères d'une civilisation : la vôtre.

  • Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité.

    Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.

  • Peut-on parler de « totalitarisme » quand il s'agit de nommer le pouvoir des multinationales tel qu'il s'est construit et imposé depuis le début du xxe siècle ? Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d'une collect ivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renversement pervers . Ce sont les multinationales, aujourd'hui, qui soumettent la délibération des assemblées politiques à d'autres « lois », leurs lois, qu'elles s'assurent de rendre efficaces : la « loi » du marché, la « loi » de la concurrence, la « loi » universelle de l'offre et de la demande. L'entreprise Total est un cas d'école en la matière. Ce livre étudie la façon dont cette pétrolière s'est constituée telle une autorité souveraine de nature privée, imitée en cela par d'autres multinationales. Se présenter comme la « huitième des Sept Soeurs », en référence aux majors du pétrole, et se dire « total » pour bien marquer cette prétention, c'était, au milieu du xxe siècle, chercher à s'imposer à son tour dans un ordre où les sociétés multinationales se développaient indépendamment des États qui les avaient créées, à la manière d'un Frankenstein.

  • Ils s'appellent Klaus Klump et Joseph Walser. L'un est éditeur, l'autre ouvrier. Leur pays est en guerre.
    Gonçalo M. Tavares les surveille, à l'affût des mécanismes de leurs âmes soumises aux vicissitudes de l'Histoire. Et, comme s'il se trouvait devant

  • Comptant parmi les meilleurs savants de sa génération, spécialiste du nazisme et du phénomène guerrier au XXe siècle, Christian Ingrao explique ce que le métier d'historien veut dire au quotidien et dans la cité. Un éloge de la science et de l'engagement.
    Comment appréhender un phénomène aussi singulier et inédit que le nazisme ? Pour répondre à cette question, Christian Ingrao, spécialiste des commandos de la SS du front de l'Est responsables du génocide des Juifs par fusillade en URSS, se confie au philosophe Philippe Petit. Il revient sur ses années de formation et sur la façon dont le phénomène nazi a bouleversé et le monde et sa matière.
    Nourri d'anthropologie sociale, il montre comment la cruauté a pu se produire dans un pays apparemment civilisé et comment des hommes cultivés, ont pu être à l'origine des pires massacres.
    Après avoir expliqué les motifs de ses engagements, Christian Ingrao dévoile ses considérations sur l'Europe, la possibilité de son avenir et la condition de sa réussite, entre menace djihadiste et implosion politique. Un dialogue vif, serré, illuminateur.
    Au terme de ce dialogue où histoire, historiographie et philosophie se répondent, il est un message de Christian Ingrao à retenir : les armes seules n'ont pas vaincu le nazisme, mais " le fait que les Alliés avaient un ou des projets politiques à proposer en lieu et place du nazisme ".

  • "Après avoir évoqué, dans La Corde raide, son adolescence dans une Vienne encore heureuse, la Palestine des premiers kibboutz, la bohème journalistique du Berlin des années 1920, Arthur Koestler fait revivre dans ce volume l'euphorie de son adhésion au communisme, quand les lendemains chantaient en U.R.S.S. ; et que, comme l'annonçait Trotsky « le citoyen moyen de la société sans classe » qui s'édifiait à l'Est allait « s'élever au niveau d'un Aristote, d'un Goethe, d'un Marx ».
    « Les sept ans d'aveuglement qui frappèrent l'Occident de 1932 à 1939 furent un des phénomènes les plus remarquables de l'histoire. Il eût fallu, à des gens élevés dans les traditions de l'Occident, une puissance d'imagination peu commune pour admettre et se représenter la renaissance de la torture médiévale et de l'esclavage antique. Il fallait un effort intellectuel plus grand encore pour croire à la réalité des plans nazis et communistes de conquête du monde par la conspiration et la terreur ». Cette incrédulité devant l'incroyable fut le fait le plus général de cette « Nuit de Sept ans » qu'Arthur Koestler, désormais désillusionné, évoque dans ce troisième tome de son étonnante autobiographie."

  • Depuis 1989, les Églises de l'autre Europe ont accompli un retour fracassant. Quelles sont-elles ? Que disent-elles ? Avec quelles réussites et avec quels risques ? Par le meilleur spécialiste de la question.
    Depuis 1989, les Églises de l'Est ont accompli un spectaculaire retour. Quel a été leur rôle dans l'ébranlement des régimes totalitaires ? Et comment se manifeste leur renaissance inespérée ?
    Aujourd'hui, leur influence explique en grande partie la méfiance des populations d'Europe centrale et orientale à l'égard du projet européen, perçu comme une menace pour leur identité culturelle et spirituelle. De leur côté, les Occidentaux ignorent bien souvent les particularités de ces communautés chrétiennes.
    Trente ans après la chute du Mur de Berlin, Hyacinthe Destivelle propose une présentation synthétique de l'évolution récente et des défis des chrétiens de l'Est : leur inégale vitalité, le réveil des Églises nationales, leurs tensions, mais aussi leurs rapprochements oecuméniques prometteurs.
    Un indispensable manuel de géopolitique religieuse.

  • À l'instar de Stendhal qu'il admirait, André Suarès (1868-1948) est un écrivain pour « happy few » mais aussi l'un des grands esprits du XXe siècle. Ami d'André Gide, il n'a jamais soutenu Staline ; contemporain de Maurras, il n'a jamais versé dans le fascisme. À l'inverse, il a eu à subir les rigueurs du régime de Vichy qui l'a contraint à se cacher lors de la Seconde Guerre mondiale, et s'il est une voix, qui, dès les années 1920 et tout au long des années 1930, s'est élevée contre le fascisme en Italie et le nazisme en Allemagne, ce fut la sienne. Celle d'un prophète dans le désert. Fort d'un courage puisé dans les exemples d'Agrippa d'Aubigné, Chénier ou Hugo et de son seul génie verbal et visionnaire, il a décrit avec une acuité sans faille l'essence du totalitarisme qu'il a cernée comme nul autre en son temps en France. Il a mis en garde contre les dangers mortifères d'une déflagration mondiale qu'il a vue venir et combattu la « Bible des Gorilles » dont l'un des premiers il a dénoncé l'Apocalypse fatale. Il est temps de lire ces textes, en particulier sa Chronique de Caërdal, du nom du héros légendaire qu'il s'était choisi. Publiée entre janvier 1939 et juin 1940 dans la NRF, elle n'a pas été épargnée par la censure. Ces textes inédits en volume, composés dans une langue souveraine, restent d'une actualité brûlante. Édition établie et préfacée par Stéphane Barsacq

  • Vers 1900, toutes les fées ou presque s?étaient penchées sur le berceau du nouveau siècle : découvertes scientifiques prodigieuses, élévation des niveaux de vie, acclimatation progressive de la démocratie et du libéralisme, avancée des libertés, diffusion de l?information et de l?image, irruption de courants artistiques inédits. Dans les pays occidentaux du moins, l?avenir s?annonçait radieux. Au lieu de cela, le déclenchement de la guerre en août 14 a ouvert un cycle qui semble ne s?être clos qu?en 2001 avec la destruction des Twin Towers, et l?humanité a gâché toutes ses chances.

    Vue avec le recul d?une génération, celle-ci n?a pas suivi au 20e siècle une trajectoire linéaire, elle a emprunté toutes les fausses pistes, elle a engendré le totalitarisme, le matérialisme, le génocide, la contre-culture, l?idolâtrie des robots, les désastres écologiques, la dérégulation incontrôlée et toutes sortes d?autres doctrines et de pratiques mettant l?humanisme en péril.
    Certes, rien n?a totalement découragé l?espèce dans sa volonté de progrès et un filet d?espérance a toujours subsisté. L?esprit de recherche n?a pas irrigué la seule science mais
    aussi les lettres et les arts qui n?ont pas été privés de révolutions fécondes : nul doute que la création ait alors connu des succès comparables à ceux des époques passées. Si les Églises et les observances ont perdu du terrain, la spiritualité est demeurée une ressource inépuisable. Quant à l?intelligence, qui a plusieurs fois précipité le monde au bord de l?anéantissement, elle a fait défaut, hélas, en rejetant une autre exigence universelle, la conscience sans laquelle l?être n?est capable ni de dépasser ses perceptions ni de maîtriser l?impact de son action. C?est seulement de la science réunie à la conscience que pourrait venir la rédemption au 21e siècle.

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