Littérature générale

  • Le couteau, c'est le sabre ; celui du général Yamada Otôzo qui commande au Mandchoukouo l'armée d'occupation japonaise en 1944, face à l'armée russe.
    La langue, c'est le goût de la cuisine porté à son paroxysme comme une oeuvre d'art par Chen, cuisnier chinois génial dont le champ de bataille est un simple billot de bois sur lequel il est né.
    Chen risque sa vie en cuisine et les multiples recettes qu'il invente sont autant de recettes de survie.
    Un hymne à cet univers mystérieux du cuisinier-artiste et du général-gourmet, un moyen de prouver qu'il y a d'autres manières de faire la guerre qu'avec des fusils et des sabres. Éloge de la langue aussi, "le plus parfait des organes", celle que l'on cherche à se couper mutuellement, sous la torture ou dans des jeux érotiques.

    "Le Couteau et la langue" a reçu en 2017 le prix Honbul. Il est le premier titre de l'auteur publié en français.

  • Vous croisez au bord d'une falaise une jolie fille ? Ne lui tendez pas la main ! On pourrait croire que vous l'avez poussée.
    Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s'entraîner sur la plus haute falaise d'Europe, il a d'abord remarqué l'écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l'écharpe comme on lance une bouée. Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l'inconnue. A son cou, l'écharpe rouge. C'est la version de Jamal.
    Le croyez-vous ?
    Un jeu de piste ludique et vertigineux impossible à oublier.2016, Prix du talent littéraire normand

  • Un livre puissant et bouleversant, nécessaire à notre époque troublée

    Libraire à Acapulco, au Mexique, Lydia mène une vie calme avec son mari journaliste Sebastián et leur famille, malgré les tensions causées dans la ville par les puissants cartels de la drogue. Jusqu'au jour où Sebastián, s'apprêtant à révéler dans la presse l'identité du chef du principal cartel, apprend à Lydia que celui-ci n'est autre que Javier, un client érudit et délicat avec qui elle s'est liée dans sa librairie... La parution de son article, quelques jours plus tard, bouleverse leur destin à tous.

    Contrainte de prendre la fuite avec son fils de huit ans, Luca, Lydia se sait suivie par les hommes de Javier. Ils vont alors rejoindre le flot de migrants en provenance du sud du continent, en route vers les États-Unis, devront voyager clandestinement à bord de la redoutable
    Bestia, le train qui fonce vers le nord, seront dépouillés par des policiers corrompus, et menacés par les tueurs du cartel...

    Porté par une écriture électrique,
    American Dirt raconte l'épopée de ces femmes et de ces hommes qui ont pour seul bagage une farouche volonté d'avancer vers la frontière américaine. Un récit marqué par la force et l'instinct de survie de Lydia, le courage de Luca, ainsi que leur amitié avec Rebeca et Soledad, deux sœurs honduriennes, fragiles lucioles dans les longues nuits de marche...

    Hymne poignant aux rêves de milliers de migrants qui risquent chaque jour leur vie,
    American Dirt est aussi le roman de l'amour d'une mère et de son fils qui, au cœur des situations tragiques, ne perdent jamais espoir. Un roman nécessaire à notre époque troublée.

  • " D'emblée tout y est : une intrigue tordue et pourtant parfaitement crédible qui mêle complot politique et perversité. C'est le premier roman d'un auteur inconnu qui ne devrait pas le rester longtemps. " Le Monde des Livres
    "
    On ne sortait des Suicides qu'à la retraite, par démission, via une dépression ou en finissant soi-même avec son arme de service dans la bouche. De ces options, toutes étaient souhaitées à Guérin, dans un ordre variable. Mais celle que personne n'avait envisagée était qu'il s'y sente comme un poisson dans l'eau. C'était arrivé.
    Résultat, le lieutenant Guérin – flanqué de son stagiaire, Lambert – avait ajouté à la haine de ses collègues la répulsion viscérale qu'inspirent les pervers, lorsque, plongeant dans ce qui répugne à tous, ils semblent s'y régaler. "

    Ailleurs en France, au bord d'une rivière, John Nichols, un Franco-Américain installé dans un tipi, est convoqué à la gendarmerie de Saint-Céré. Là, on lui apprend la mort de son ami américain, Alan Mustgrave, intervenue alors qu'il s'écorchait en direct sur une scène du Paris underground, fort cotée pour ses spectacles sado-maso.

    Soif de pouvoir, suicide, torture... On rit pourtant, jaune ou noir, c'est selon. L'auteur ne nous laisse aucun répit, et nous dépeint, en prime, de magnifiques personnages.

    Ce roman a reçu le Prix Michel Lebrun 2009 et le Grand Prix du Jury Sang d'Encre 2009.

  • Il a fallu deux ans à Maïssa Bey pour traduire en mots cette part muette de sa vie : son père mort sous la torture en 1957 pendant la guerre dIndépendance, alors quelle avait sept ans. Le récit de Maïssa Bey est splendide dans sa sobriété, la force de son évocation et labsence inouïe de haine. Une leçon magistrale, qui la confirmée dans son rôle décrivain tout en mettant en avant son souci constant dhumanité.

  • Préface de Lynda Thalie, lu par Nina Bochelert
    Samia est encore toute petite lorsqu'elle comprend qu'elle n'est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d'une fille est une véritable punition d'Allah.
    Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu'on daigne s'adresser à elle, ce n'est jamais pour la porter aux nues.
    Elle n'a que seize ans lorsqu'on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s'installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l'aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n'importe quelle circonstance.
    Battue et violée à répétition, Samia ne peut s'appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n'en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l'Algérie a basculé dans l'intégrisme religieux; l'usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.
    Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n'a désormais qu'une seule idée en tête: fuir vers la liberté; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu'un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie.
    Mais sa route est jonchée de milliers d'obstacles et de dangers mortels...

  • Hiscoutine, 1370

    Le bourreau Louis Ruest et sa jeune épouse Jehanne d'Augignac se sont installés dans leur existence de couple marié et s'efforcent, autant que possible, de s'y habituer. Si le partage de leur lit se fait aussi aisément que celui de leur toit, le partage d'idées et d'émois est pour sa part ainsi dire inexistant. Les communications de Louis s'en tiennent au strict minimum. Il s'absente des jours durant pour se vouer à toutes sortes de travaux. Et Jehanne, emprisonnée par son statut de maîtresse de maison, souffre en silence de cette incompréhension mutuelle, car elle aime son époux de tout son être, ne souhaitant que son bonheur qui est aussi le sien.

    Or, voilà qu'avec la période des nombreuses festivités hivernales survient une série d'événements dont le dessein semble être de mettre la solidité de leur union à rude épreuve. En outre, l'arrivée dans leur domaine d'une personne que nul n'attendait donne le signal au dévoilement d'aveux qui risquent de fissurer une cellule familiale déjà fragile.

    Louis s'instituera alors en juge de qui dépendra le sort des siens. Choisira-t-il l'option qu'il connaît si bien, soit celle de repousser leur amour, de les faire condamner, de leur donner la mort et, ainsi de se condamner lui-même au néant, ou sera-t-il prêt à pardonner, à naître vraiment, pour vivre enfin? La réponse viendra par l'aveu bouleversant d'un secret longuement gardé, dans lequel réside pour Louis un terrifiant remède possédant le pouvoir soit de le guérir soit de le tuer.

  • " Les Observations sur la torture de Pietro Verri sont un document fascinant. " Libération

    En 1630, le duché de Milan connaît une grave crise de succession. Pour contrôler les rouages de l'État et se concilier les bonnes grâces de la population, le Sénat va utiliser la terreur suscitée par l'épidémie de peste qui ravage la région et flatter les peurs et superstitions les plus ancestrales. Ainsi sera érigée la Colonne Infâme, afin de remémorer le procès des " propagateurs de peste', les sieurs Piazza et Mora, torturés, tenaillés, roués et égorgés pour avoir oint les murs de la cité avec des substances pestifères...

    Un siècle plus tard, alors qu'il travaille à son
    Histoire de l'État de Mantoue, Pietro Verri prend conscience de l'ignominie que célèbre la Colonne Infâme. En 1776, lorsque, par la voix du Sénat, Milan refuse d'abolir l'usage de la torture, il s'attelle à la rédaction de ses
    Observations ; outre la relation historique des faits qui ont conduit à l'érection du monument, il démonte les témoignages, met au jour les obscurités de la procédure et fait de son ouvrage un vibrant plaidoyer contre la torture.

    " Car si la raison parvient à établir que la torture est injuste, dangereuse et cruelle, cette récompense me sera plus chère que la gloire d'avoir composé un volume. J'aurais ainsi défendu les plus faibles et les plus infortunés de mes frères humains. "

  • Appelé pendant la guerre d'Algérie, Edgar Grion y fait son service comme sous-lieutenant. Lors de ses permissions, il se lie d'amitié avec la famille Lénan, des propriétaires terriens du sud d'Alger dont il partage le quotidien, mais pas les opinions. Membre du Parti communiste, il essaye tant bien que mal de garder sa liberté de jugement et d'action dans ce conflit où le manichéisme fait loi.
    Libéré de l'armée, il rentre chez lui, en Bretagne, où il renoue avec sa soeur aînée, qui porte la honte d'une famille ayant collaboré avec les Allemands. Alors que l'Algérie brûle et que les Lénan sont pris dans l'engrenage de la violence, Edgar réalise qu'il aime leur fille Fanny, qu'il a connue encore adolescente. Il décide de repartir à Alger, sans savoir que les autorités militaires sont à sa recherche.
    Un roman sur cette énigme qu'est « la prise de possession de l'homme par l'histoire », où l'on croise Germaine Tillion et Mouloud Feraoun et où la guerre d'Algérie ramène par des chemins inattendus à des chapitres oubliés de la seconde guerre mondiale.

  • L'amour... L'amour est une notion complexe rencontrée, expérimentée, arpentée, vécue et ressentie par la plupart des humains vivant sur cette Terre. L'amour serait donc une notion commune, connue par tous mais pourtant tellement étrangère à chacun.

    Chaque personne a finalement sa propre définition de l'amour, sa propre vision du concept. Certains sont dans une vision cartésienne, d'autres y ajoutent un peu d'ésotérisme. Pendant que d'autres encore l'idéalisent à un point où ils ne vivent même plus dans la réalité. Il existe autant de façon de vivre l'amour qu'il y a d'humains sur cette Terre.

    Dans cet ouvrage, vous y trouverez ma vision, mes histoires, mes expériences, mes ressentis qui me sont propres. Il est question ici d'une histoire plus importante que les autres. D'une histoire où la raison m'a échappé et la folie m'a guetté. Qui n'a jamais connu une histoire destructrice ?

    Peut-être qu'à travers cet ouvrage, vous y trouverez des similitudes avec votre vécu... Peut-être que grâce à cet ouvrage, vous ne vous sentirez plus seul(e). Peut-être que grâce à vous, je ne me sentirai plus seule non plus. 

  • Alors que Laura cherche à faire le deuil de la perte de son enfant, ni sa liaison avec un amant parisien attentionné, ni son divorce avec le père de Raphaël ne lui permettent de sortir de la dépression dans laquelle elle verse peu à peu. Elle fait la rencontre d'un artiste d'origine cubaine, Pablo Cano, qui fabrique d'étranges marionnettes et souhaite l'aider dans sa détresse.  Se trouvant confrontée à une autre réalité, Laura progresse et guérit. Puis, elle aide à son tour le frère de Pablo, Sancho, qui s'est échappé d'un camp cubain. Malgré ses blessures, elle apprendra à découvrir ce que dissimulent sa froideur et sa pudeur. 

  • Nobody really knows who these men are- men in black dropped off by a helicopter on the outskirts of a small Afghan village; wading through swamps in Croatia, intent on killing a war criminal; who ensure the protection of a Canadian General in Rwanda; who subdue hostage takers in Peru; and who prove, on-site, the Serbian disarmament lies told by President Milosevic.

    DENIS MORISSET was part of the initial sixteen-member Joint Task Force 2 (JTF 2) unit from 1993-2001. His extensive and rigorous training and hardships will make more than one reader realize that his being alive today is nothing short of a miracle. Seven members of his unit have not lived to tell the tale.
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    Canada, for good reason, will never render justice to these anonymous combatants whose only medals of bravery are the numerous scars still visible on their bullet-proof vests.

    Unlike the British SAS and the United States' Delta Force, this special Canadian intervention unit was, according to David Rudd of the Canadian Institute of Strategic Studies, trained "to infiltrate into dangerous areas behind enemy lines, look for key targets and take them out. They don't go out to arrest people. They don't go out there to hand out food parcels. They go out to kill targets."

  • There is nothing peaceful about Samia Shariff's account. Life has not been easy for this Algerian woman, who was born in France. The third child in a Muslim family whose father is a prosperous and respected businessman, Samia was not welcome in a clan where the birth of a daughter was considered a punishment from Allah!

    A powerful, at times almost unbearable narrative, Veil of Fear draws us into a world of men who justify most of their actions towards women by means of an abusive interpretation of the Koran and its teaching. Thus, from the time of her birth, Samia lives in fear. In fear of her mother, of her father, of the husband she was forced to marry at the age of 16, of the fundamentalists who constantly threaten her, of the obstetricians who want to put her to sleep, of what might happen to her children, of fleeing towards the unknown, of choosing freedom over assured wealth and, above all, of making her daughters live through the same torments she has experienced. Humiliated, beaten, raped, harassed, she had the intelligence and courage to break out of the infernal circle in which a woman depends on the totalitarian power of a man, from generation to generation. Thus, in November 2001, using false passports for herself and her five children, she crossed the Atlantic Ocean and took refuge in Canada, where she was finally able to start a real life as a mother and woman.

    In a style that is both simple and effective, Samia recounts her life, her trials and, above all, her victories. For several decades she was the instrument of a completely incredible belief system that granted her no rights whatsoever, not even the right to love or even live in peace. In this respect, she is now the spokeswoman for millions of other women who have stories that are similar and possibly even worse, to tell us. In her own words, Samia says, "I lost everything I had in order to obtain what I never had: peace and love."

  • L'esclavage repose sur l'arbitraire. Marie-Josèphe-Angélique n'y fait pas exception. Née au Portugal, elle échoue à Montréal. En 1734, elle est accusée d'avoir mis le feu à la maison de sa maîtresse et d'avoir causé le brasier qui a rasé une quarantaine de maisons de la rue Saint-Paul. Carlos Taveira dresse un portrait réaliste des classes sociales en Nouvelle-France. Fusionnant habilement l'histoire et l'imaginaire, il raconte, dans une langue splendide, une époque mal connue. L'auteur agite la fatalité collée à la peau de l'esclave noire dont le monde intérieur fascine, car elle réussit à discipliner ses frayeurs et ses colères. Le roman raconte un pan refoulé de l'histoire du Canada, donnant la parole aux nombreuses femmes imaginaires qui, à l'intérieur de l'esclave, défient les juges. 11 provoque l'indignation. Une écriture efficace et un souffle puissant donnent une voix à une damnée de la Terre.

  • Les victimes des sectes ne parlent pas, c'est bien connu. On ne sait pas toutefois si c'est la peur de la damnation éternelle, la honte ou quelque chantage des plus humains qui les en empêchent. Au Québec, en 1993, aucun livre n'avait encore été publié à ce sujet.


    Voici l'histoire complète de Gabrielle Lavallée, l'une des victimes de la secte de Moïse (Roch Thériault). On se souviendra de cette «famille», dont les activités se sont déroulées entre 1977 et 1989, au Québec et en Ontario.

    L'auteure nous raconte, dans un style très vivant, ses origines, ses études, ses voyages, ses multiples expériences de la vie et, enfin, en 1977, sa rencontre avec Thériault où tout a commencé.
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    Madame Lavallée, une infirmière licenciée, première de classe, choisit de se donner corps et âme à une recherche spirituelle devant lui permettre d'atteindre le but de sa quête. En plus de détourner sa spiritualité, d'exploiter son innocence et sa pureté, Roch Thériault lui aura massacré son rêve pendant douze ans.

  • Dans ce second tome d'une série, Le Maître des peines, qui en comptera trois, Louis Ruest, toujours exécuteur de la cité de Caen, découvre que sa vengeance contre son père, enfin assouvie, ne lui apporte pas la paix qu'il avait tant espérée. Au contraire, elle le laisse avec une impression de vide et une existence qui, selon lui, n'a plus aucun sens.

    Il est toutefois loin de se douter que son élan destructeur est sur le point d'avoir des répercussions qui se feront sentir jusqu'aux trônes de deux rois. Sa réputation a fait de lui un personnage diabolique digne des fables et il est devenu un instrument convoité des puissants. Ainsi, Louis est-il invité à la cour du roi de Navarre et promis à un brillant avenir pour un roturier, ce qui aura pour conséquence d'éveiller jalousies et intrigues de cour.

    Pourtant, celui qu'on appelle « monstre » demeure suffisamment humain pour susciter aussi l'amour, depuis celui d'une veuve de haut rang jusqu'à celui d'une servante. Mais c'est l'amour pur d'une enfant, Jehanne, qui est destiné à lui donner un nouveau jardin et à changer sa vie.

    Et c'est ainsi qu'en compagnie des personnages attachants d'une nouvelle famille, et après avoir tant côtoyé la mort, Louis entreprend sa lente remontée parmi les vivants.

  • Paris, 1340. À sept ans, Louis Ruest, fils unique de l'un des boulangers les plus estimés de cette ville florissante, travaille avec beaucoup d'acharnement afin de pouvoir réaliser sa plus grande ambition, celle de devenir à son tour l'un des meilleurs boulangers de sa profession. Tourmenté et assoiffé d'amour, s'il s'efforce de faire ses preuves en dépit de ses écarts de conduite, Louis est surtout désireux d'être apprécié par Firmin, son père, qui s'obstine malheureusement à ne voir en lui qu'un indigne successeur.

    Dans un Royaume de France pris en tenaille, au Nord par les débuts de la Guerre de cent ans, au Midi par des navires qui accostent silencieusement en amenant avec eux le bacille de la peste noire, qui s'apprête à provoquer la pire épidémie de l'histoire occidentale, c'est pourtant par l'oeuvre d'un seul homme, celle de son propre paternel, que la mort sans pitié se présente à Louis. Heureusement, un moine le sauvera in extremis et le ramènera au monastère de Saint-Germain-des-Prés afin d'y être soigné. Après une longue convalescence, le jeune homme prend d'abord goût à cet environnement serein et songe à prononcer ses voeux. Or, dans ces lieux pourtant paisibles, un désir sournois et implacable s'insinue lentement en lui, celui de retrouver son père et de lui faire payer chacun des coups que sa mère Adélie et lui ont reçus, chacun des mots cruels qu'il leur a lancés. Survivre et se venger devient alors la règle, et ce, même si pour retrouver son père, il devra renoncer à son âme. C'est ainsi qu'un destin hors du commun l'amènera à devenir l'un des exécuteurs les plus redoutés du Royaume, un redoutable fonctionnaire de la justice humaine.

  • Pendant longtemps, sous son voile, Samia a tremblé de peur, comme des millions de femmes dans sa situation à travers le monde. Jusqu'à ce qu'elle prenne une décision qui a changé sa vie. Fuir l'Algérie, contre vents et marées, contre traditions et soumission. Se sauver, elle et ses cinq enfants, dont ses deux filles, qui auraient à subir sûrement le même sort, si elles restaient sous l'emprise de leur famille.

  • Figure de proue du mouvement démocrate kurde, Mehdi Zana a passé onze années consécutives dans les geôles turques. De 1980 à 1991, il note les interrogatoires, les tortures quotidiennes, les transferts, les révoltes, les répressions violentes, le sadisme des geôliers et la solidarité des détenus dans les diverses prisons - notamment la redoutable prison n° 5 - où il est incarcéré. L'épouvante nous est contée dans une langue simple, noble, qui confère grandeur et dignité à ce témoignage. Le talent est évident. On est loin de la langue de bois des textes militants. L'auteur, en outre, expose clairement le problème des Kurdes de Turquie, tel qu'il fut traité, ou escamoté, de Mustafa Kemal à nos jours.

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