Littérature générale

  • Entre 1962 et 1965, Yo Savy écrit dans la revue médicale Le Caducée, dans laquelle elle signe "La Lettre du mois".

    Au fil de ces 49 lettres, il sera question de voyages, de jardins, d'amour, de mode, de littérature ou encore de la prise du tabac. De cette correspondance imaginaire, elle est tour à tour l'auteur, la destinataire... ou aucun des deux ! Dotée d'un sens imparable du détail, elle brouille fiction et réalité, saisit des moments du présent (ou de siècles passés) qu'elle rapporte avec style et légèreté, les égrenant comme des cartes postales surannées et pleines de fantaisie, tel un enfant éparpillant les babioles excentriques découvertes dans une malle au trésor. Yo Savy transfigure ces instants quotidiens, réels ou fantasmés, comme elle les aurait peints : en fragments colorés.

    Yo Savy (1911-2003), née Yvonne Serre, est une peintre française. Elle est la fille du modèle Jeanne Chastagnier et de Marcel Duchamp. Ignorant l'identité de son père biologique, sa mère lui présente Marcel Duchamp en 1966.

    Si elle refusait de s'affilier publiquement à Marcel Duchamp, celui-ci signe un texte dans le catalogue de l'exposition qui lui est consacrée à la Bodley Gallery (New York, 1967). Une rétrospective de son oeuvre est organisée en 1983, à la Kunsthalle de Berne.

  • " Comme Mario Levi, Dimitris Stefanakis peut écrire qu'il a essayé de saisir " l'âme d'un monde englouti depuis très longtemps "... Comme lui, il y a merveilleusement réussi, et son roman, généreux, est aussi une formidable invitation au voyage. "​ La Vie

    Symphonie historique, érotique,
    Jours d'Alexandrie nous immerge dans la première moitié du XXe siècle. Où qu'ils soient, ses multiples personnages gardent un lien viscéral avec Alexandrie, Babel des temps modernes.

    Trois figures emblématiques en sont les chefs d'orchestre : Antonis Hàramis, le Grec issu des milieux pauvres d'Athènes, devenu l'industriel du tabac le plus riche d'Égypte, Élias Khoùri, le " Libanais " manipulateur et polyglotte, et Yvette Santon, sa complice, une femme libre d'origine française...

    Chronique de trois générations, chacune épouse une période de l'histoire mondiale, jusqu'à l'accession au pouvoir de Nasser avec les nationalisations qui s'ensuivent...

    Dimitris Stefanàkis est né en Grèce en 1961. Ses traductions – Bellow, Updike ou Mérimée –, comme ses romans ont enthousiasmé les lecteurs. De
    Jours d'Alexandrie, il écrit :

    " Au cours des premières décennies du XXe siècle, alors qu'ils s'adonnaient aux plaisirs terrestres et spirituels, les Alexandrins ont réussi à ériger une cité occidentale au cœur de l'Orient, à mener une vie hors des "normes', ensemencée par tous les courants de l'avant-garde européenne.

    J'ai tenté de mettre en exergue ce miracle d'un quotidien inscrit dans un univers multiracial harmonieux au cours d'une période qui commence à l'aube de la Première Guerre et se termine au début des années soixante. Alexandrie est ainsi le kaléidoscope où l'on observe la montée et la chute du fascisme et du nazisme, le déclin des empires navals, l'émergence du chauvinisme et certainement la genèse des problèmes qui secouent encore le Proche-Orient.

    On voyage de Constantinople à Marseille, en passant par Smyrne, Athènes, Paris, Berlin, Munich, car il était indispensable d'explorer l'histoire du XXe siècle, Alexandrie figurant le tableau vivant du siècle dernier. Ce fut la patrie perdue d'esprits internationalistes de toutes origines, le parfum extatique de la Méditerranée.

    J'ai souhaité transmettre une atmosphère pour que le lecteur perçoive quelques vignettes et, peut-être, l'âme d'un monde englouti depuis très longtemps. "

    Ce livre a reçu le Prix Méditerranée étranger 2011.

  • Vilaines pensées

    Iegor Gran

    "En ce siècle où règne l'hygiénisme, je dédie ce livre aux microbes rescapés.' Ainsi commence ce recueil d'une centaines de chroniques sarcastiques, provocantes, improbables, voire d'anticipation, dans lesquelles Iegor Gran se délecte à transformer la vacuité du quotidien et l'impuissance du verbe politique en autant de mini-bombes jubilatoires. De cette déferlante, personne ne sortira indemne. Les poncifs de l'économie, du sport, de l'écologie, de la parité, de la lutte contre le tabagisme, des élections sont recyclés ici en un matériau littéraire corrosif. Sans oublier les faits divers, de DSK à Oscar Pistorius, où se révèlent tout le pathétique, le grotesque et l'absurde de notre temps. On s'amuse autant que l'on s'effraie de se reconnaître parfois dans le portrait d'un ridicule. Et l'on se surprend à admirer la fiction dans le miroir de la réalité.

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