• Aussi importante et symbolique aux États-Unis que les notions de liberté et d'égalité en France, la self-reliance renvoie non seulement à la confiance en soi mais aussi à l'autonomie de l'individu. L'âme est active : elle recourt à son propre jugement et dévoile un non-conformisme, aussi farouche que vital. Emerson invite à se fier au présent, "de toujours vivre dans un jour neuf". Cette confiance active en soi opère aussi bien sur le plan affectif que sur le plan pratique. Pétri de formules vivifiantes, cet ouvrage inclassable est une invitation salutaire à compter sur soi. Non par pur individualisme, bien au contraire. Et c'est là que la philosophie peut encore agir.

    Ralph Waldo Emerson (1803-1882) a été l'une des premières grandes figures intellectuelles des États-Unis et a exercé une influence profonde sur la littérature et la philosophie américaines. Son oeuvre offre une synthèse parfaite des besoins, espérances, aspirations et idéaux de l'Amérique du XIXe siècle. Ses conférences et ses essais ont aussi bien marqué ses compatriotes, de Thoreau à Obama, que des esprits aussi différents que Nietzsche, Bergson ou Proust, qui le lisait "avec ivresse".

  • L'histoire s'écrit de plus en plus au prisme de la subjectivité de l'auteur, comme si, pour l'écrire, il fallait révéler l'intériorité de ceux qui la font, mais aussi celle de ceux qui l'écrivent. Ni histoire au sens conventionnel du terme, ni autobiographie, c'est un nouveau genre hybride qui a pris forme en remportant un succès considérable.

    La séparation entre histoire et roman est brouillée par une nouvelle interaction : les enquêtes historiques sont écrites comme des romans, avec des intrigues haletantes dont le héros est souvent l'auteur lui-même, et les romans sont de plus en plus inspirés par l'histoire. Il suffit de penser à des auteurs comme Laurent Binet, Emmanuel Carrère, Javier Cercas, Daniel Mendelsohn, W.G. Sebald, etc.

    /> Cet essor du moi soulève des questions fondamentales sur le rapport entre vérité historique et vérité romanesque ou sur le statut épistémologique de l'écriture à la première personne. Il soulève aussi d'autres questions plus profondes concernant le monde dans lequel nous vivons. L'histoire est affectée par une nouvelle forme de vie axée sur l'individualisme. Ce texte, qui n'est ni un portrait à charge ni un pamphlet, interroge les tenants et les aboutissants de cette mutation dans l'histoire.

  • En dehors de toute idée religieuse, divine ou morale, le sacré de Leiris se tapit dans les choses, les moments et les lieux qui lui inspirent à la fois désir et terreur. Il représente la part de l'illicite, qui trouve ses racines dans l'enfance, et qualifie la chambre parentale par exemple, ou bien le cabinet de toilette, où Leiris formait avec son frère une sorte de société secrète. C'est la quête du merveilleux, blotti dans la vie quotidienne de l'enfant, dans les recoins, espaces ou spectacles ritualisés qui exhalent ce sentiment du sacré. Telles les courses à l'hippodrome d'Auteuil, où le jockey fait aux yeux de l'enfant figure d'idole. Mais ce sentiment s'étend aussi aux mots, à tout ce que pouvaient inspirer à Leiris le prénom Rebecca par exemple ou encore l'exclamation "Baoukta !", cri de guerre de son frère quand ils jouaient aux Peaux-Rouges.Cette conférence invite à une exploration intérieure, à rechercher en soi ce que le profane a de plus sacré. L'on pourrait détourner André Breton, affirmant : "L'esprit qui plonge dans le surréalisme revit avec exaltation la meilleure part de son enfance." Le lecteur le comprendra à la lecture de ce bijou de poésie, tant ce texte a ceci de rare qu'il apparaît en tout point opérant, dans le sens où il nous invite à notre tour à sonder la part du sacré qui déterminait nos jeux, nos craintes et nos désirs d'enfants et qui garde, aujourd'hui encore, toute sa saveur.

  • Comment se fait-il que certains mots nous parlent, voire semblent nous appartenir en propre ? Chaque mot "élu" par un écrivain nous livre ici une vision du monde et de la langue.
    Bien sûr, nous savons tous qu'il n'y a pas de mot parfait - ou alors tous le sont! de même que rien ne manque ni n'est en trop dans une langue. Mais l'idée est de surprendre les écrivains au travail, de saisir comment ils découpent et prélèvent leur langue dans la langue partagée.
    Après ceux consacrés aux « mots manquants » et aux « mots en trop », ce troisième dictionnaire iconoclaste vient clore une grande aventure collective, dont l'ambition est de faire découvrir la littérature contemporaine à partir de ses ateliers secrets.

    Belinda CANNONE, professeure de Littérature à l'Université de Caen, est romancière et essayiste. Elle a publié plusieurs romans (le dernier, Nu intérieur, L'Olivier, 2015) et plusieurs essais dont L'Écriture du désir (Prix de l'essai de l'Académie française, 2001), Le Sentiment d'imposture(Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), La bêtise s'améliore (Stock, 2007), La Tentation de Pénélope (Stock, 2010). Ces derniers livres publiés sont Un Chêne (textes et photos, Le Vistemboir, 2016), S'émerveiller (essai, Stock, 2017) et La Forme du monde (essai, Arthaud, 2019).

    Christian DOUMET est professeur de Littérature à l'université Paris-Sorbonne. Outre des poèmes et ouvrages en prose, il est l'auteur de nombreux essais sur la littérature mais aussi sur l'esthétique musicale, la peinture, qui mêlent réflexion, réel et fiction. Parmi ses dernières publications : La Déraison poétique des philosophes (Stock, 2010), De l'art et du bienfait de ne pas dormir (Fata Morgana, 2012), Notre condition atmosphérique (Fata Morgana, 2014), Paris et autres déambulations, (Fata Morgana, 2016).
    Ces derniers livres publiés sont Aphorismes de la mort vive, Fata Morgana, 2018 ; L'Évanouissement du témoin, éditions Arléa, 2019.

    lls ont déjà dirigé ensemble, aux éditions Thierry Marchaisse, le Dictionnaire des mots manquants et le Dictionnaire des mots en trop.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • S'approprier un lieu pour l'habiter est un acte fondamental de l'homme. Mais ce que nous sommes, il nous faut aussi apprendre à le faire nôtre, en découvrant, exerçant et habitant nos possibilités. Cet espace intérieur est-il essentiellement celui de ma solitude, où nul autre ne peut pénétrer, ou peut-il être celui d'une hospitalité, un vide central où Dieu vient demeurer ?
    Dans la continuité d'une tradition qui remonte à la Bible, nos diverses demeures (chambre, appartement, maison, temple, château...) ont permis de figurer et de décrire l'intériorité humaine. Il s'agit de schèmes variés, tantôt pour explorer, tantôt pour construire notre personnalité, et par là pour penser le jeu de nos forces et de nos désirs, le déploiement de nos pensées et de nos actes, et en dégager des lois, selon une topique, du mot qui signifie la disposition des lieux.
    Une rupture et un renversement marquent cette histoire. La topique chrétienne, largement méconnue, forme un modèle diversifié et approfondi au long des siècles, lequel pose l'identité humaine comme habitable par une autre présence que la nôtre. À partir de la Renaissance, et depuis Montaigne jusqu'à Rousseau et Kant, tout comme dans la poésie et le roman, elle tend à s'effacer, avec son horizon mystique, au profit d'un face-à-face avec moi-même, tout en usant des mêmes schèmes. Ainsi se fondent l'identité moderne et la subjectivité.
    À travers la pensée de nombreux auteurs, de saint Augustin à sainte Thérèse d'Avila, d'Origène à Dante, de Baudelaire à Freud, ce livre décrit et médite, selon une généalogie, un axe oublié de la pensée de l'identité, lourd de questions toujours aiguës.

  • Les figures de la subjectivité sont plurielles. Loin d'en livrer un catalogue, André Pessel étudie les formes que le courant sceptique français des XVIe et XVIIe siècles en a proposées et que l'âge classique a symptomatiquement rejetées du côté des productions de « libertins » ou réduites à des « curiosités » émanant de minores. Refoulés hors de la grande histoire de la philosophie, les penseurs sceptiques ont, pour certains d'entre eux, sans doute les moins prudents, c'est-à-dire politiquement les plus explicites, connu l'expérience de procès, de tortures, pour ne rien dire des bûchers. Il y avait donc dans cette pensée sceptique une menace, un danger, que le refoulement « classique » ne laissa s'inscrire que comme violence ou silence. André Pessel redonne voix à ce silence. Il montre comment, des modalités de la suspension du jugement à la déclinaison des figures de l'ego, les sceptiques ont démystifié le désir de vérité, la croyance en la certitude, la postulation de l'évidence. Il articule cette démystification à une méthode épistémologique qui récuse la recherche d'un point fixe dans l'ordre linéaire de la démonstration et qui change les paradigmes de l'argumentation. Pour les sceptiques, le sujet du savoir est lui-même un facteur de la situation. Cet essai opère ainsi l'exhumation interne à l'histoire philosophique d'un courant subversif, il produit une typologie de la subversion sceptique en traversant les oeuvres des sceptiques athées et chrétiens, de Jean-Pierre Camus et Charron à Gabriel Naudé, de Montaigne à La Mothe Le Vayer.

  • Ce livre aborde, en relation avec le terrorisme et à partir de la psychanalyse, la psychologie collective et individuelle contemporaine, telle qu'elle se révèle notamment dans les cures. Il ne se présente pas comme un ouvrage de géopolitique et ne vise pas à expliquer les causes de la guerre très particulière qui est menée sur notre sol. Ses auteurs, psychanalystes, sont partis de l'effet traumatique de ces événements sur certaines victimes et sur leurs analysants, et cela les a conduit à réinterroger, à partir d'une révision de la notion de traumatisme, les éléments qui peuvent s'y rattacher, à commencer par les formes inquiétantes que prend la pulsion de mort dans notre monde ultra-libéral.

    La réflexion psychanalytique croise, sur ce sujet, celle  des philosophes qui éclairent aujourd'hui la diffusion de guerres très diverses, à commencer par la « guerres des identités » où chacun cherche la reconnaissance de son particularisme sans se soucier d'une hégémonie démocratique qui permettrait d'aller au-delà des différences identitaires. 

    On aura compris qu'il s'agit ici de rendre compte de ce qui apparaît comme un véritable trauma dans la civilisation.

  • À partir de sa position de psychanalyste, Jean-Pierre Lebrun interroge l'évolution de la médecine depuis qu'elle est devenue - pour le bonheur de tous - « scientifique », depuis qu'elle est passée, selon Claude Bernard, d'un « art » de guérir » à une « science » de guérir. Et l'auteur d'ajouter : d'un art de guérir les « malades » à la science de guérir les « maladies ».

    Au cours de ces dernières années, le fossé entre une médecine de la maladie et une médecine du malade s'est incontestablement encore creusé, ce qui n'est peut-être pas sans conséquence sur l'inflation coûteuse de notre science de guérir : à force d'entendre dans le registre du besoin ce qui relève des champs de la demande et du désir, l'organisation de la santé ne peut que s'emballer.

    Paru quelques années avant Un monde sans limite (érès, 1997) qui a marqué un tournant dans le monde analytique lacanien, De la maladie au malade constitue le socle à partir duquel Jean-Pierre Lebrun a développé sa pensée sur l'importance du lien social pour la subjectivité. Dans son importante postface inédite, il propose de nouvelles avancées pour saisir les enjeux du malaise du monde médical dont la logique de rationalité scientifique tend à ne plus laisser de place au sujet singulier.

  • Il est diverses facettes de leur métier que les anthropologues hésitent à évoquer, par gêne, par crainte aussi de dévaloriser l'image de leur discipline. En les dévoilant cependant, le but de l'auteur n'est nullement de « déconstruire » l'anthropologie en pointant ses faiblesses et ses incertitudes, mais au contraire de mesurer sa fécondité à la profondeur de ses apories et de ses failles.
    Le récit des mésaventures d'une anthropologue ordinaire et l'analyse épistémologique se conjuguent ici avec humour pour frayer la voie à une anthropologie de l'anthropologie.

  • Comment les auteurs, psychanalystes, soutiennent-ils leur pratique concrète avec ces patients - enfants aussi bien qu'adultes - pour lesquels Melman avait introduit le terme de nouvelle économie psychique ? Sans doute la clinique contemporaine impose à l'analyste de « savoir y faire ». Non pas de « savoir faire », au sens où elle demanderait un savoir technique descriptible. Mais de se mettre dans la position éthique d'accepter que les réalités cliniques nouvelles puissent le déranger, d'accepter d'inventer sans trop bien savoir ce qu'il invente. À cette seule condition, il pourra « faire avec » : faire avec ce qui, quotidiennement, vient interroger son désir, et sa responsabilité. À partir de leurs assises théoriques et de leur pratique clinique, les auteurs contribuent, chacun, à élaborer l'éthique qui leur permet de se constituer un lieu d'adresse pour ces sujets en mal de parole.

  • Le monde interne des adultes imprègne les interactions qui vont aider le bébé à organiser progressivement son propre monde interne. Le rythme partagé entre le bébé et l'adulte est simultanément dialogue des corps et des comportements et dialogue des psychés, dialogues mutuels, bien que dissymétriques.

    Ainsi le rythme et l'intersubjectivité constituent les fondations de la subjectivité de l'être humain. Victor Guerra s'attache à le montrer, en présentant notamment une grille de onze indicateurs observables d'intersubjectivité chez les bébés, de la naissance jusqu'à leur un an. Ce tableau, élaboré à partir de son expérience clinique, de recherche et de formation, a une valeur inestimable pour les professionnels qui travaillent en périnatalité.

    Victor Guerra développe deux notions qui lui sont propres - l'objet tuteur et le faux self moteur - et propose une réflexion approfondie du complexe de l'archaïque dans l'abord des pathologies contemporaines et des troubles du spectre autistique.

    L'ouvrage est parsemé et nourri d'observations de bébés, de séquences cliniques auprès d'enfants et de leurs parents dans un dialogue vivant avec des artistes, peintres, poètes, écrivains et danseurs.

  • L'enfant connecté

    Collectif

    Le modèle de la connexion impose sa marque sur les relations intersubjectives. Quels sont les repères fondamentaux à garantir à l'enfant pour qu'il puisse, avec les nouveaux outils médiatiques, s'orienter et se développer ? L'enfant, dans sa quête de réponses à l'énigme de l'existence, rencontre un nouvel objet, le médium numérique. Comment d'une part penser avec l'enfant cet outil mais aussi comment penser avec cet objet ? quel usage de cette machine à connecter favoriserait l'élaboration de représentations inédites qui tiendraient le petit d'homme d'aujourd'hui et de demain suffisamment pour qu'il puisse s'y adosser ?

  • Cet ouvrage interroge la fréquence comme la diversité des événements subjectifs mettant en jeu ou en scène souffrance et/ou dimension douloureuse. Qu'est-ce qui cause la souffrance de l'être parlant dont il est aisé de constater la présence quels que soient les temps, les civilisations ? Le contexte d'une époque influence-t-il la subjectivité des sujets qui l'habitent ? La souffrance s'impose de nos jours comme objet de réflexion et de recherche en tant qu'elle vient conjoindre en une expérience intime toute l'actualité du rapport entre corps et social.

  •  

    Du fait des migrations et des déplacements de population, du développement des unions mixtes, nombreux sont les enfants qui sont aujourd'hui confrontés à plusieurs langues dans leur univers quotidien. Ce multilinguisme peut devenir pour eux une richesse mais, dans tous les cas, il génère des difficultés singulières. Entre leur langue maternelle et celle du pays d'accueil, comment  peuvent-ils se repérer  pour saisir leur place et s'essayer à parler ?

    Dans un environnement multilingue, leur malaise peut s'exprimer suivant des modalités complexes où se nouent les enjeux de leur place au sein de la famille, le rapport de la famille à la langue du pays d'accueil ainsi que la tonalité de ce rapport. La précarité de l'intégration des parents ou celle de leur relation intime peut peser sur les enjeux de l'acquisition d'une langue étrangère par l'enfant, dès l'accès à la socialisation à l'école maternelle, puis sur son intérêt pour les apprentissages scolaires de la lecture et de l'écriture.

    Les symptômes de l'enfant, à l'origine d'une demande de consultation, croisent les questions intimes dont l'expression peut emprunter à la langue étrangère des lettres qui n'existent pas dans sa langue maternelle, les difficultés d'acculturation et les problématiques familiales potentiellement masquées par les freins linguistiques ou culturels.

    Cet ouvrage, à partir d'une large gamme d'exemples cliniques et pédagogiques, offre des instruments de compréhension aux praticiens, éducateurs, enseignants, parents, psychanalystes, qui rencontrent dans leur vie professionnelle le multilinguisme, les impasses et les créations qu'il peut générer chez l'enfant.

     

    Mise en vente le 20 août 2015.

  • L'art cinématographique fait lien entre deux pratiques de discours - l'une, la psychanalyse, par l'expérience de la parole de sujet, et l'autre par les images qui bougent et parlent - pour en interpeler une troisième, celle du politique pour faire face au vacarme du monde. Entre cinéma, politique et psychanalyse surgit l'effet de scandale propre au sujet de l'inconscient.

    En se posant comme critiques freudiens de cinéma, les auteurs questionnent la violence intime propre à chacun, le rapport à ses propres pulsions. Comment transformer les violences collectives d'hier et d'aujourd'hui  en mots, en images, alors qu'elles ont trait à l'impensable, encore mal ou non perceptible, au point d'affecter notre intériorité psychique, notre nature d'êtres parlants ? Le cinéma, en questionnant la destructivité suractivée depuis les génocides du XXe siècle, peut-il prémunir les adolescents de la dérive auto-destructrice et meurtrière actuelle ?

    Entre sujet et collectif, entre intime et extrême, les films autour desquels s'articule cet ouvrage ne cessent de nous enseigner et impliquent les spectateurs que nous sommes comme témoins actifs de la violence du monde.

  • Freud (1856-1939), avant d'appartenir, de plein droit, à la Culture, a commencé par faire scandale, au tournant du XXe siècle, s'étant lancé, seul et rationnellement, sur l'invraisemblable voie de l'élucidation de l'énigme du désir ""sexuel"" de l'homme.
    Cette voie périlleuse était réputée mener à la folie. Elle mènera Freud à la découverte de la psychanalyse: expérience éthique irremplaçable pour la reconnaissance de la subjectivité de l'homme moderne.
    On essaie ici de re-parcourir cette voie en indiquant obstacles et difficultés: d'hystérie en refoulement, d'OEdipe en névrose, d'inconscient en psychose, de fantasme en fantasme originaire, de transfert en Sur-Moi, d'éros en pulsion-de-mort de prendre au sérieux les objections majeures faites à Freud de faire le point, enfin, sur la cure analytique
    Patrick Landman, Psychiatre. Psychanalyste. Juriste et la ""technique"" qu'elle met en oeuvre.

  • En s'appuyant sur l'aphorisme de Lacan : « L'insconscient, c'est le social », Marisa Fiumanò explore les difficultés et le dérives de la jouissance dans nos sociétés démocratiques et libérales, égalitaires et individualistes, sexuellement désinhibées mais apathiques, et interroge la place de la psychanalyse. A travers son enquête sur le mal-être d'une époque, elle montre que le gouvernail social est pointé vers une direction - jouir à tout prix - insoutenable  pour l'économie psychique.

    Le psychanalyste ne peut qu'être engagé tant dans le déchiffrage de la contemporanéité que dans le soutien du désir de ses patients. Cette tâche délicate doit tenir compte de la jouissance du corps, de ses demandes pulsionnelles, sans pour autant annuler la subjectivité, boussole psychique qui gouverne nos existences et en empêche la dérive.

    Le psychanalyste, dans l'application de son savoir à la lecture du social, sollicite la collaboration du politicien auquel sont confiées la distribution et la gestion des jouissances. La psychanalyse et la politique, toutes deux aux prises avec un « impossible » comme le soutenait Freud, devraient pouvoir collaborer l'une avec l'autre. Toutes deux ont à faire avec l'insatisfaction structurale qui habite le coeur des hommes et anime le lien social.

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Aujourd'hui, chacun sait qu'il vit dans un monde « complexe » composé de multiples « systèmes ». Mais ces mots de « complexité » et de « systèmes » servent le plus souvent davantage à opacifier les débats qu'à les clarifier. La complexité se confond alors avec le compliqué, réservé aux experts, ou bien elle devient un concept simpliste, un écran de fumée qui nourrit des sentiments d'irresponsabilité et d'impuissance.

    « Penser complexe » est à la portée de tous. Au prix de la remise en question de quelques habitudes paresseuses...

    En laissant ici de côté les débats théoriques des chercheurs en complexité, François Balta met à la portée de tout un chacun des éléments qui lui permettront de repérer si, face à un problème précis, la complexité de la situation est réellement prise en compte.

    L'enjeu est d'importance : nous ne devons pas nous laisser dépouiller de la part de responsabilité, et donc de pouvoir, qui nous appartient dans cette co-construction du monde. Y renoncer, ce serait nous soumettre à des hommes dits providentiels, ou à des mécanismes anonymes, et dans tous les cas, participer à une déshumanisation du monde.

  • Un ouvrage sur la reconnaissance au travail à partir d'une analyse concrète et vivante d'une situation de travail : celle des agents du nucléaire. En ethnologue du monde du travail, l'auteur a partagé la vie et écouté longuement les agents de conduite de centrales nucléaires françaises. Il montre comment ceux-ci explorent des voies multiples pour tenter de faire de leur travail un lieu de construction identitaire ou pour réduire les dangers qu'il fait peser sur leur équilibre. Au-delà de cette recherche, il donne une lecture à portée générale de la volonté d'exister dans et par son travail, des dimensions occultées de l'engagement subjectif et de la nécessité de reconna ître ces éléments comme conditions du développement des personnes et de leurs compétences au travail.

  • Ce recueil sur l'adolescence est l'occasion d'une étude fondamentale, théorique et clinique, des aléas d'une épreuve à double face - dont la dépendance constitue le fil rouge - et des tentatives d'accompagnement auxquelles elle donne lieu. L'adolescence, avec la flambée pulsionnelle qui l'accompagne, confronte les jeunes à des paradoxes multiples : changer en restant le m ême, se détacher de ses parents tout en maintenant le lien, investir l'autre social tout en investissant sa propre personne... Les auteurs invitent à comprendre et écouter les conduites des adolescents - y compris les conduites addictives - comme modalité particulière de mettre en scène l'épreuve de la dépendance et de la séparation d'avec les parents.

  • Entre la recherche clinique et la clinique de la recherche, cet ouvrage explore et décrit une certaine façon d'être chercheur, une conception particulière du travail scientifique dans laquelle l'implication et la distanciation se combinent en permanence. Cet ouvrage rend compte du travail du chercheur. Il décrit les ficelles du métier. Il raconte également une aventure intellectuelle et institutionnelle au sein du laboratoire de changement social : trois générations de chercheurs apportent ici leur contribution à la construction d'une orientation scientifique singulière qui prétend combiner deux postures a priori étrangères l'une à l'autre : une démarche méthodologique d'inspiration clinique, une démarche théorique inscrite dans les sciences sociales.

  • Une étude psychanalytique approfondie des troubles neurologiques de la représentation de soi qui s'appuie sur des observations, illustrées par des autoportraits de patients hémiplégiques. Entre neurologie et psychanalyse, le présent ouvrage est l'oeuvre d'un médecin chercheur dans un service dédié à la réadaptation après hémiplégie par accident vasculaire cérébral. Dans cet espace où la rééducation se base sur une évaluation des capacités et déficits cognitifs de chaque patient, la prise en charge au long cours permet aux réactions narcissiques, aux troubles du schéma corporel et de l'image du corps de déployer toutes leurs facettes.

  • Pour beaucoup, le cancer constitue une expérience qui bouleverse le rapport à soi et aux autres, à la vie et à la mort, au passé et à l'avenir. Résolument intime, cette maladie grave n'en est pas moins inscrite au coeur de notre vie sociale. Aux prises avec une médecine de haute technicité appelant de ses voeux l'humanisation de ses pratiques, l'épreuve du cancer mobilise constamment la subjectivité des soignés comme des soignants.

    Rédigé par des sociologues et des anthropologues, cet ouvrage explore ces manières dont les subjectivités sont mises en jeu, façonnées et reprises, violentées et protégées, isolées et partagées au cours des traitements. Les travaux présentés prennent appui sur de solides enquêtes empiriques menées dans des contextes variés (consultations hospitalières, éducation thérapeutique, essais cliniques, soins palliatifs, associations de patients, etc.). Sont ainsi alimentées des thématiques transversales telles que les ambivalences du principe d'autonomie dans les soins, les élaborations morales des malades, de leurs proches et des professionnels ou encore les enjeux subjectifs des innovations biomédicales.

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