• Dans ce dialogue empli de sagesse, Caton est désigné comme l'avocat de la vieillesse contre quatre chefs d'accusation : elle empêcherait de briller dans la vie publique, affaiblirait le corps, interdirait les plaisirs et ferait sentir l'approche de la mort. Pour Caton au contraire, la vieillesse est l'âge le plus propice aux oeuvres accomplies de l'esprit, le corps étant délivré de la servitude des sens. Elle prépare l'âme à la libération totale procurée par la mort. Caton suggère une attitude exemplaire et loue l'expérience. Celui qui n'attend que de lui-même n'a rien à craindre des lois de la nature : "La faiblesse convient à l'enfance ; la fierté à la jeunesse ; la gravité à l'âge mûr ; la maturité à la vieillesse : ce sont autant de fruits naturels qu'il faut cueillir avec le temps."

    Né en 106 av. J.-C., mort en l'an 43, Cicéron put très jeune démontrer ses talents d'orateur, devenir grand avocat de Rome et connaître la gloire, lors du procès qui conduisit à la condamnation de Caius Verrès, gouverneur concussionnaire de la Sicile. Consul, il écrivit des oeuvres de philosphie politique (De oratore, De re publica et De legibus) et un Brutus. Défenseur d'un idéal de formation universelle, il est souvent placé à l'origine de l'humanisme tel que conçu à la Renaissance.

  • Je dois mourir. Si c'est tout de suite, je vais à la mort ; si c'est dans un moment, pour l'instant, je déjeune, puisque l'heure est venue de le faire, ensuite je mourrai. (I,i)

  • Spécialiste du stoïcisme et de Marc Aurèle, Pierre Hadot a développé une vision originale de la philosophie antique entendue non comme un système mais comme un exercice préparatoire à la sagesse, un exercice spirituel. D'où notamment le titre de l'un de ses ouvrages « la philosophie comme manière de vivre ». On en trouvera ici l'illustration à travers des textes de diverses époques, souvent rares et parfois inédits, qui soulignent l'articulation existant entre le discours philosophique et sa mise en oeuvre pratique. Des modèles de bonheur proposés par les philosophes antiques aux écrits de Marc Aurèle en passant par la figure du sage dans l'Antiquité gréco-latine, ce recueil ouvre à l'homme d'aujourd'hui les chemins grâce auxquels, selon le mot de l'auteur, une philosophie toute orientée vers une forme de praxis lui permet de mieux réussir son engagement dans l'existence.

    Après des études religieuses Pierre Hadot (1922-2010) a orienté ses recherches vers les philosophies de l'antiquité. Ses travaux originaux, sur le stoïcisme et Marc Aurèle ont assuré sa renommée et après plusieurs années comme directeur d'Études à l'École pratique des Hautes Études, il fut nommé professeur au collège de France, répondant ainsi aux voeux de Michel Foucault. Son oeuvre a acquis depuis une véritable aura et l'influence de sa pensée sur la réflexion contemporaine ne cesse de croître tant en France qu'à l'étranger.

  • Marc Aurèle est aujourd'hui considéré comme un philosophe stoïcien à part entière, au même titre que Sénèque ou Épictète. Pierre Vesperini remet ici en cause cette «opinion commune» à partir d'un nouvel examen des écrits de l'auteur, notamment de passages souvent ignorés, croisés avec toutes les autres sources, exceptionnellement nombreuses, dont nous disposons à son propos. Conformément à une pratique courante dans l'Antiquité, Marc Aurèle utilise les «discours philosophiques» pour «rester droit», lorsque l'âme est ébranlée par les affects produits par le monde extérieur ou par le déséquilibre des humeurs, notamment de l'humeur mélancolique. Par ailleurs, l'auteur montre combien l'éthique ancienne est éloignée des conceptions de Pierre Hadot et de Michel Foucault. Le «soi» visé par les pratiques éthiques n'est pas un «soi» intérieur, mais un «soi» tout extérieur, entièrement soucieux du regard des autres, et de donner la plus belle image possible. La «droiture» ne consiste pas en l'adoption d'un «mode de vie» spécifique, mais au contraire en l'adoption d'un mode de vie le plus conforme possible aux attentes sociales, en fonction du statut de chacun. Enfin, l'éthique philosophique n'est jamais coupée du religieux, dans la mesure où «bien vivre», c'est «vivre avec les dieux».

  • Cet ouvrage a pour champ d'exploration ce que la Révélation nous dit de l'homme. D'où son contenu : la création, le péché originel, la justification et la grâce, les fins dernières. Une grande nouveauté : les fondements doctrinaux de l'éthique chrétienne. La période de référence va du Ve au XVIIe siècle, en débordant en amont et en aval.

  • "La meilleure histoire de la philosophie de langue française" (E. Gilson) reparaît aujourd'hui sans avoir perdu de son actualité. Jacques Chevalier fait oeuvre de philosophe, d'historien et de pédagogue, présente de chaque penseur un exposé suivi, allégé de la plupart des références érudites ou des discussions de problèmes particuliers, renvoyés en appendice. Ce second volume, dont Rémi Brague expose la forme et les orientations dans sa préface, traite de la période qui s'étend d'Aristote à Plotin, avec une attention particulière pour Aristote.Il s'adresse aussi bien au chercheur qu'au néophyte et constitue sans doute la dernière tentative de repenser à soi seul l'ensemble de l'histoire de la pensée.

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