• Dans une tentative désespérée de sauver leur tête mise à prix, Girton Pied-bot et sa maîtresse regagnent Maniyadoc. Mais le royaume qu'ils ont connu autrefois a bien changé. Trois rois combattent pour imposer leur suprématie sur une terre ravagée par la guerre, l'un d'entre eux un vieil ami de Girton, Rufra. Son camp, cependant, est menacé de l'extérieur comme de l'intérieur, et Girton a pour mission de démasquer le traître qui veut attenter à la vie de son souverain.
    Or la magie qui sommeille chez le jeune assassin devient incontrôlable, et Girton pourrait bien échouer à se sauver lui-même...

    Roi contre roi, assassin contre assassin : de l'issue de cette lutte dépendra le destin de Maniyadoc.

    /> « Le Sang des assassins est l'oeuvre brillante d'un des meilleurs auteurs actuels du genre. » - Fantasy Faction

  • Les rois fous de l'Histoire

    Collectif

    • First
    • 16 Janvier 2020

    " Historissimo " continue !Que faire quand l'État perd la boule ? La France, il y a un siècle, a fait l'expérience d'un président fou, Paul Deschanel, tombé du train présidentiel en pyjama... Les services de l'Élysée profitèrent d'un moment de lucidité pour lui faire signer une lettre de démission. Le problème est plus difficile à régler quand le chef de l'État est un monarque héréditaire de droit divin...
    Charles VI en France, Ivan le Terrible en Russie, Jeanne la Folle en Espagne, George III en Angleterre illustrèrent avec éclat la tragédie du pouvoir, de même que le roi-artiste Louis II de Bavière. Chez d'autres, comme Ungern-Sternberg, Kim Il-sung ou Bokassa Ier, fonder une monarchie fut le couronnement de leur folie.
    Crimes de sang, dévastations, débauches du corps et de l'esprit, tels furent les événements marquants de leurs règnes inoubliables, enfin réunis par une équipe d'historiens.

  • Les tombeaux princiers comptent souvent parmi les chefs-d'oeuvre de l'art. Dans l'Europe de l'époque moderne, ils prolongent la vie terrestre des souverains par une apothéose monumentale. Cette esthétique de la mort, présente dans toutes les civilisations, ne saurait occulter la motivation première de l'entreprise de monumentalisation : celle du faire mémoire. Comme les rituels de funérailles, l'édification d'un tombeau doit s'analyser en termes de stratégie politique. Prenant acte de la grande diversité des monuments funéraires élevés par les princes dans l'Europe du XVIe au XVIIIe siècle, cet ouvrage s'interroge sur les raisons qui les ont fait naître et sur les significations dont ils ont pu être investis. Ainsi sont abordés les rapports entre tombeau et territoire, tombeau et construction lignagère, tombeau et idéologie monarchique, tombeau et état « moderne ». Au fil des siècles se produit une évolution complexe, si ce n'est contradictoire : désinvestissement de l'espace public de l'église au profit de la nécropole, de la crypte, voire de la sépulture individuelle ou privée ; abandon de la sculpture monumentale de la Renaissance pour l'exaspération rhétorique du sarcophage (aire germanique et nordique), voire renonciation au tombeau de corps et valorisation du monument de coeur (les Bourbons). L'art funéraire ne disparaît pas pour autant. Il triomphe dans l'éphémère des catafalques, véritable média de la gloire des princes et de l'idéologie monarchique depuis le XVIe siècle. Ce volume est le deuxième d'une trilogie consacrée aux funérailles princières de l'Europe moderne. Le premier, Le grand théâtre de la mort, s'intéresse aux rituels. Le troisième aborde les commémorations et la perception de la mort des rois par l'opinion publique.

  • Arky Steele accompagne son père archéologue pour sa nouvelle mission : décrypter la légende de Gengis Khan et trouver de nombreux indices, afin de découvrir son trésor. Arky et ses amis vont percer les plus sombres secrets de l'histoire de la Mongolie et vivre une incroyable aventure semée d'embûches... Trouveront-ils le fabuleux trésor perdu ? Traduit de l'anglais, titre original : Arky Steele, Guardian of the Tomb

  • 1801.
    Un homme né dans un port de Macédoine, petit négociant en tabac, ne sachant ni lire ni écrire, débarque dans la vallée du Nil. Se hissant à la tête de l'Égypte, il devient en quatre ans, quelque trente siècles après Ramsès II, le dernier pharaon. Maître absolu, il réalise l'impossible, arrache le pays aux ténèbres, crée un empire qui s'étend du golfe Persique au désert de Libye, du Soudan à la Méditerranée, soit dix fois la France - la moitié de l'Europe - se rapprochant ainsi des nues où trône son idole : Napoléon Bonaparte.
    D'une terre sans forêts, il tire une marine. Il fonde des écoles, des hôpitaux, un arsenal, des industries, une armée - la plus puissante de tout l'Orient - importe les premières machines à vapeur, dote l'Égypte de plus de cent soixante kilomètres de canaux, d'un télégraphe aérien, fait planter plus de cent mille pieds d'oliviers et dix millions de mûriers aux frontières du désert. Et tout cela, il l'accomplit avec la France et grâce aux Français.
    C'est ce dernier pharaon - celui à qui la France doit l'obélisque de la Concorde - que Gilbert Sinoué fait revivre sous nos yeux. Il le fait, avec l'extrême rigueur de l'historien et le grand talent de conteur qu'on lui sait. "Sans doute parce qu'il vit le jour dans ce pays et qu'il comprend si profondément le Proche-Orient, Gilbert Sinoué a-t-il pu pénétrer avec tant de finesse la mentalité de son héros, analyser ses réactions, comprendre les mobiles qui l'animèrent et, guidé par une érudition méticuleuse et sans faille, suivre jusqu'à sa mort l'invraisemblable aventure de l'homme de Kavàla.
    " Christiane Desroches Noblecourt

  • Tandis que Farkhar affronte les sortilèges mortels dans lesquels Silfadred a emprisonné les Célestes, les armées d'Aak-Sour assiègent Sarm'Eïloan : l'affrontement entre les rois Viridius et Antrégor, déchaînant les magies antagonistes de Theinabrÿn et de Silfadred, prend les dimensions d'un combat de Titans.
    Comment l'amour de la magicienne Aïwana aidera-t-il Farkhar dans sa mission ? L'accomplira-t-il assez tôt pour empêcher les deux royaumes de s'anéantir mutuellement, comme le veut Silfadred ? Et s'il y parvient, lui restera-t-il la force d'affronter victorieusement les terrifiants pouvoirs de son adversaire ?
    Morte sur le bûcher par suite des machinations de Silfadred, Gwenaline a-t-elle vraiment quitté cet univers où les puissances de l'esprit reprennent peu à peu leur droit ?
    Et si Farkhar parvient à rouvrir les portes de l'Imaginaire, où tout est possible, qu'adviendra-t-il lorsqu'il sera face à Viridius, alors que les coeurs des deux preux vibrent d'une même passion pour la princesse ?

    Ainsi la geste de Farkhar s'achève-t-elle sur une note tragique, dans la tradition des grandes épopées antiques et médiévales.

  • Farkhar n'a survécu à la tragédie qui a emporté Gwenaline que grâce à l'intervention d'Aïwana, fille du mage Theinabrÿn, adversaire acharné de l'entreprise maléfique de Silfadred.
    Pour maintenir les hommes dans leur aridité culturelle, Silfadred a emprisonné dans des sortilèges les Célestes, divinités inspiratrices de l'imaginaire humain.
    Farkhar n'a plus qu'un but : châtier Silfadred de sa félonie meurtrière.
    Mais Theinabrÿn l'investit d'une mission plus haute : délivrer les Célestes et restaurer la puissance du dieu Ischeltroëm.
    Tandis qu'à travers de périlleuses épreuves, Farkhar entreprend son trajet vers le Chemin des Maléfices au long duquel sont captives les Célestes, en compagnie d'Aïwana et du nain Surandir, Viridius part faire le siège de la citadelle d'Antrégor. Ainsi s'accomplit la volonté de Silfadred de conduire les deux royaumes à s'anéantir mutuellement...
    Mais qui sont véritablement Aïwana et Surandir ?

    En toile de fond de l'aventure s'affrontent les insondables et terrifiants pouvoirs de Theinabrÿn et de Silfadred.

  • Dénoncées dès le début du XIVe siècle par le juriste dracénois Pierre Antiboul, dans son célèbre traité De muneribus, l'avarice et la tyrannie de la domination seigneuriale médiévale ne semblent plus devoir faire l'objet d'une longue démonstration. Leur existence a acquis valeur de fait historique. Mais qu'en ont réellement pensé ceux qui les subissaient ? Comment ont-ils réagi, au quotidien, face aux manifestations d'un pouvoir que nous considérons aujourd'hui comme injuste et insupportable ? C'est en conservant présente à l'esprit cette interrogation, en adoptant une méthodologie qui emprunte aux sciences sociales, en partant « du bas » et non « du haut », que ces concepts sont ici revisités par le biais de sources qui donnent la parole aux dominés. Les enquêtes « de vérité », qui se multiplient en Provence à partir de la montée sur le trône comtal de la dynastie angevine au milieu du XIIIe siècle - qui use par là d'un outil de normalisation de ses relations avec la noblesse locale - permettent, en effet, de saisir pour une part l'opinion des communautés. Bien que formatée et étroitement contenue dans le moule juridique du témoignage, celle-ci révèle néanmoins les valeurs et les échanges qui se nouent au sein des villages, les éléments qui structurent leur société, la relation complexe qui forme le lien seigneurial, autant de points d'entrée qui donnent à voir, de manière profonde et subtile, le contexte sensible, en un mot, au fondement de toute domination.

  • Ismail pacha Nouv.

    Ismail pacha

    Robert Solé

    • Perrin
    • 23 Septembre 2021

    Une biographie de haut vol pour le premier des khédives égyptiens. Pour certains, il a été un désastreux dilapidateur, pour d'autres, un grand réformateur. Alors que retenir d'Ismaïl Pacha, ce khédive singulier que l'on surnommait " le Magnifique ", tant pour ses réalisations que pour son goût du faste ?
    Né en 1830, le petit-fils du grand Méhémet Ali gouverne l'Égypte de 1863 à 1879. Mais alors que son grand-père, un Turc illettré de Macédoine, conquit le pouvoir par les armes, Ismaïl se voit offrir sur un plateau une Égypte prospère et stratégiquement bien placée sur la route des Indes. La voie est donc toute tracée pour que ce pays se modernise et se rapproche des grandes puissances européennes : Ismaïl Pacha mène à bien la percée du Canal de Suez en 1869, mais il améliore aussi considérablement l'enseignement, le système judiciaire, les voies de communication et l'équipement urbain. Mais s'il dépense beaucoup d'énergie pour réformer son pays, il dépense bien plus encore en trésorerie ! Gaspillant une fortune pour arracher à la Sublime Porte le titre de khédive qui devient alors héréditaire, il conduit l'Égypte à la ruine financière - ce qui le contraint à abdiquer en 1879.
    D'une plume enlevée, Robert Solé revient sur la vie de cette figure controversée et paradoxale. Ni hagiographique ni diabolisante, cette biographie passionnante fait la lumière sur la véritable personnalité du grand Ismaïl Pacha.

  • Un texte historique de l'Église catholique Un grand texte du Concile Vatican II qui déclare que "la personne humaine a droit à la liberté religieuse" et qu'il est du devoir essentiel du pouvoir civil de protéger cette liberté. Ce respect des consciences est implicitement une condamnation sévère de toutes les inquisitions, manipulations de foules et autres dictatures.

    Retrouvez aussi les 16 textes du Concile Vatican II rassemblés dans un seul livre numérique : Vatican II - Textes officiels.

  • Distance et défiance, intégration ou intimidation : les rapports qu'entretiennent les palais, sièges de la puissance souveraine, au tissu urbain qui les environne disent toujours quelque chose de la relation politique du souverain à ses sujets. Mais si les palais médiévaux ont fait l'objet, ces dernières années, d'enquêtes attentives, leur insertion dans l'univers urbain a beaucoup moins retenu les historiens et, paradoxalement, l'enjeu qu'ils représentent désormais dans la politique du patrimoine et l'économie du tourisme ne contribue pas toujours à les rapprocher des citadins qui vivent quotidiennement près d'eux. Le cas du palais des Papes et de la ville d'Avignon, où se sont déroulées les rencontres scientifiques à l'origine à ce volume, est à cet égard emblématique. C'est une double lecture, archéologique et urbanistique d'une part, idéologique et politique de l'autre, que proposent les essais rassemblés dans ce livre. Aucun ne cherche à tout prix à analyser les monuments étudiés comme des « manifestations architecturales » de phénomènes politiques connus par ailleurs car le rapport qu'entretiennent les lieux de la puissance et les sociétés citadines peut, dans bien des cas, infléchir ou nuancer, redéfinir ou masquer le lien politique. Sans se contenter d'une simple lecture interprétative des configurations urbaines, chaque auteur cherche donc à éclairer l'articulation, au sol et dans l'espace, du palais à la ville aussi bien par l'analyse archéologique que par celle des textes, des traités théoriques ou des actes de la pratique qui expriment la souveraineté. Le comparatisme est toujours ici d'un puissant secours. L'espace géographique retenu est donc vaste puisqu'il comprend la France du Sud, l'Italie communale, seigneuriale et princière (notamment, bien entendu, l'Italie centrale pontificale), l'Espagne chrétienne et musulmane, le Maroc des villes impériales. De la confrontation de différentes configurations d'espaces et de pouvoirs dans les mondes chrétien et musulman, peut s'esquisser une première typologie des liens entre le palais et la ville médiévale, d'où ne sont pas absents les modèles qui circulent, d'une rive à l'autre de la Méditerranée.

  • Après l'Apocalypse Suprême, l'humanité se reconstruisait sous le règne bienveillant du dieu Ischeltroëm.

    Mais le mage Silfadred a anéanti la puissance de ce dernier pour asseoir le pouvoir du dieu maléfique Thanatros et le sien sur une humanité désormais dégénérée. Seuls ont subsisté quelques petits royaumes isolés dont il a banni toute capacité de rêve et de fantaisie, et qu'il s'efforce de détruire l'un après l'autre.
    Dans l'un d'eux, le jeune prince Farkhar peut être comparé à un poète, individu d'exception voué à être sa proie.
    Son royaume détruit, il parvient, au prix d'aventures dramatiques, dans celui du roi Antrégor, dont la fille Gwenaline, est promise à un souverain voisin, Viridius. En s'éprenant d'elle, il offre à Silfadred l'occasion de déclencher le cataclysme fatal dont celui-ci rêvait.
    Bientôt, tandis que Viridius, humilié par l'abandon de Gwenaline, prépare une guerre sans merci contre Antrégor, le piège du mage se referme sur les amants maudits.
    À travers la peinture d'un univers médiéval imaginaire proche de l'Heroic Fantasy, les Amants de la lumière rend un vibrant hommage à la littérature épique arthurienne en jetant un regard indirect sur un monde gangrené par le matérialisme : le nôtre.

  • « Je m'appelle Benjamin Argos, je suis né du souvenir d'une vie où Zeus, Héra et pléthore de dieux et déesses étaient souverains. » Voilà une entrée en matière quelque peu surprenante pour un homme qui viendrait sans crier gare s'inviter à l'heure du déjeuner à votre table. Pourtant, c'est peu ou prou de cette manière que Benjamin a interpellé Laëtitia alors qu'elle était en train de siroter un verre dans un lounge bar où elle avait ses habitudes. Il est fort envisageable qu'à sa place, bon nombre d'entre nous auraient aussitôt mis fin à cette discussion. Mais ce serait sans compter sur ce qui fait que deux êtres que tout oppose puissent, contre toute attente, être liés par une surprenante et singulière destinée.

  • D'Ivan le Terrible à Nicolas II (1547-1917), la Russie est dirigée par un tsar. Autocrate, il tient son pouvoir de Dieu et de lui-même et ne saurait le partager. Il règne et il gouverne. Les changements de titulature, de capitale et même l'accession de femmes au trône, avec les impératrices du XVIIIe siècle, ne changent rien à la substance du pouvoir, ni au lieu du couronnement qui demeure toujours Moscou. À travers les biographies contrastées des souverains et souveraines qui se sont succédé, Pierre Gonneau explique ce qui fait l'essence du personnage et sa fonction, du premier tsar, Ivan le Terrible, jusqu'à l'abdication du dernier, Nicolas II, en passant par les fi gures monumentales, comme Pierre le Grand, Catherine II, ou Alexandre II, mais aussi par les tsarévitchs assassinés et les imposteurs qui prétendent les réincarner : les faux Dimitri ou le cosaque Emelian Pougatchev... Il les fait revivre dans leur réalité humaine, dans leurs succès et leurs échecs, mais aussi dans la manière dont ils ont habité ce rôle unique. C'est une façon nouvelle, ô combien enrichissante, de raconter l'histoire de la Russie d'Ancien Régime.

  • S'il est vrai que l'idéologie de la monarchie française repose sur la complémentarité d'une symbolique et d'une politique et que l'apparence du pouvoir est la réalité par laquelle il s'exerce, il vaut la peine de s'attacher à ses représentations, donc à la figure, méthodiquement construite, d'un Francois Ier imaginé, dont l'image se diffracte dans les témoignages de ses contemporains. Issues des travaux des historiens, des spécialistes de la littérature et des arts, les contributions rassemblées ici jalonnent trois parcours dans cet imaginaire : le premier met en perspective l'écart entre le roi virtuel et le souverain réel ; le deuxième montre le roi dans les jeux de rôle qui constituent l'exercice de son pouvoir, de son mécénat parfois; le troisième explore la figure du roi-chevalier qui a rejoint l'histoire au long court : le mythe d'un souverain incarnant les vertus et les défauts d'un peuple qui durant cinq siècles n'aura cessé de se reconnaître en lui.

  • Jean II, surnommé le Bon en raison de sa bravoure, succéda en 1350 à son père Philippe VI, premier roi Valois après l'extinction des Capétiens directs. Héritant d'un royaume affaibli et d'une autorité contestée après la défaite de Crécy, il s'efforça de redresser la situation en réorganisant l'armée et en assainissant les finances. Trahi par les grands qui changeaient de parti au gré de leurs intérêts, il fut malheureusement vaincu par le Prince Noir à la bataille de Poitiers.
    Roi méconnu, il réunit à la couronne la Bourgogne et le Dauphiné. Ce portrait dressé à partir d'une contre-enquête minutieuse aide à comprendre sa personnalité, vivante incarnation des vertus et des faiblesses du tragique XIVe siècle. Il fut le créateur du Franc.

  • Ce titre m'a été rappelé par mon séjour de deux ans et demi à Toronto au début des années 1960. Certains collègues anglophones faisaient de l'ironie en m'appelant « French-Canuck ». C'est ainsi que j'ai francisé ce terme pour en faire le titre de mon premier roman, publié à la fin de 1994, alors que se dessinait le deuxième référendum. Au départ, le titre devait être « La musique du souvenir », parce que la musique y joue un rôle indispensable.

    L'histoire se déroule en 2099. Il ne reste à Montréal qu'une petite population de 2 389 francophones, vivant dans une partie de la ville qui leur est consacrée, protégée par un dôme qui évoque la notion d'une serre. Lassé d'être surprotégé à coups de drogues par l'administration canadienne-anglaise devenue immensément majoritaire, un petit groupe de survivants décide de tenter le tout pour le tout et de recommencer à vivre ailleurs, loin de cet univers hermétique, de ce bonheur imposé.

    Le livre a été écrit dans un esprit caricatural et ironique, soucieux de provoquer le rire. Mais l'humour de l'un est souvent l'enfer de l'autre. Si la critique francophone s'est montrée réceptive et a salué cet humour sarcastique, la critique anglophone a déliré y voyant « un parallèle entre l'antisémitisme en France et le séparatisme au Québec. » (William Johnson, dans une conférence à la Jewish Public Library de Westmount). Il précisait : « Under the cover of futuristic fiction, what is presented in this book is a paranoid fantasy that exploits every cliché of Quebecers' victimisation at the hands of the rest of Canada. » Gilles Crevier, du Journal de Montréal pensait différemment : « Claude Daigneault s'amuse et nous amuse avec son roman humoristique. (...) L'univers qu'il a inventé est parfaitement grotesque pour souligner à traits forts et ironiques l'effondrement d'une société éteinte (distincte) surveillée par la nouvelle GRC, la Garde Révolutionnaire Culturelle. » Marie-Claire Girard écrivit à la même époque dans « Le Devoir » : « Claude Daigneault manie la plume avec brio et a contacté là un petit roman fort drôle où, sous le couvert de la science-fiction, il nous assène quelques bonnes vérités. » Mon livre n'a pas vieilli d'une seconde. Vous le verrez en riant.

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