Littérature générale

  • « La grand-mère est debout toute nue devant moi. Elle sursaute en me voyant. Elle fait les grands yeux. Elle a la bouche ouverte. Ses fausses dents ne sont pas dans sa bouche. Je sursaute moi aussi. Mais je ne tourne pas la tête. Je ne peux pas tourner la tête. Ma nuque est en bois. Je n'ai encore jamais vu ma Nona toute nue. Elle est tellement différente comme ça. Elle dit oha et elle retourne en boitant dans la salle de bain. »La vie d'un village cerné par les montagnes. Un enfant espiègle observe les adultes et, sans détour, dit le réel avec insouciance. Vif et concret, touchant et drôle, profond : Arno Camenisch donne à entendre la musique singulière de sa langue qui raconte la disparition d'un monde. Une Helvétie hors norme que le temps va engloutir. C'est Zazie dans les Grisons et c'est pas triste !

    Arno Camenisch est né en 1978 à Tavanasa, dans les Grisons. Il écrit de la poésie, de la prose et pour la scène, principalement en allemand, parfois dans sa langue maternelle, le romanche (sursilvan). Il vit à Bienne. Publié par l'éditeur Urs Engeler, il est l'auteur de Sez Ner (2009), roman bilingue (allemand-romanche), Derrière la gare (Hinter dem Bahnhof, 2010), Ustrinkata (2012), soit le «cycle grison». Et aussi de Fred und Franz (2013), Die Kur (2015) et de Der letzte Schnee (2018).

  • Moisson

    Charles Juliet

    Ce livre, s'il contient quelques poèmes inédits, est une anthologie, composée par Charles Juliet lui-même, de ses poèmes au long de plus de cinquante années de recherche, de tâtonnements, de découvertes. On y retrouve donc cette écriture si simple, si évidente mais aussi âpre, dure comme le silex et dense comme une terre nourricière, qui redonne leur sens immédiat aux mots, et leur valeur, et leur sonorité. Les titres des parties qui composent ce recueil révèlent bien l'itinéraire de l'auteur : 'Enfance', 'Effondrement', mais aussi 'Ouverture', 'Avancée', 'Lueurs'...

  • Croire ou savoir ?

    Gerard Santarini

    Un monde meilleur ? Tout le monde en rêve, plus ou moins... Mais il semble que le chemin soit encore long et pénible ! Ne serait-ce pas, entre autres, parce que les difficultés de la route sont souvent mal identifiées et les parades pour surmonter les obstacles méconnues ? Le monde souffre encore de tant d'obscurcissements, de tant d'emprisonnements intérieurs et extérieurs. La connaissance n'a pourtant jamais été aussi répandue et sa puissance aussi grande et disponible. Mais son pouvoir de libération reste encore largement ignoré, voire dénigré. La science est aujourd'hui très forte mais la conscience est encore très faible !
    Cet essai se veut une contribution à la réflexion sur les multiples résistances à l'avancement vers plus de liberté, de fraternité et de bonheur et sur les moyens de les vaincre. Il n'apporte, bien sûr, aucune réponse définitive, mais il livre quelques pistes.
    Réquisitoire contre les effets pervers des religions, nationalismes, patriotismes et autres communautarismes plus ou moins latents ou plus ou moins avoués, il est aussi un plaidoyer pour la connaissance universelle ainsi que pour le doute et la recherche qui permettent d'y accéder. Hymne à la vérité, il exhorte à l'ascèse de la compréhension, à la pratique de l'émerveillement, à l'éveil des consciences.
    L'auteur y livre son propre témoignage et propose un chemin vers une spiritualité ouverte, adaptée à notre époque et compatible avec les merveilleuses découvertes de la science.

  • Une fois par mois, le Kukaï de Québec réunit plus de vingt personnes dans la joie, la cordialité, la simplicité, l'authenticité et l'ouverture à l'autre. Dans les plis du tablier rassemble des haïkus qui disent, dans des mots simples, l'instant, l'éphémère, l'intime, l'émerveillement, l'inusité.

    fleur de lavande / dans les plis du tablier / l'odeur de ma mère
    Ginette Andrée Poirier

    la porte claque / longtemps je regarde / tes pas dans la neige
    Jean Deronzier

  • Pour franchir la porte du haïku, cela prend du temps. Il faut souffler sur la poussière, redécouvrir les rires qui traînent au-dessus de la table après un long repas, le plaisir de marcher lentement à travers les gens pressés. On en reste éblouis, étonnés. Car en portant notre attention sur ces instants, on découvre que ce sont eux qui, l'un après l'autre, font notre bonheur.

    Réveille-matin / le chatouillis d'un baiser / dans mon cou dimanche gris / pendant ma lecture matinale / le bruit du frigo

  • Myrianne Dumont n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie. En plus d'être muette et de se considérer comme une mocheté, elle a perdu sa mère en venant au monde, en plus d'être abandonnée par son père. Mais la vie n'est pas si cruelle et réserve à tous son conte de fées, surtout à ceux qui se permettent de se laisser pénétrer par le rêve; celui qu'on n'a pas eu, celui qu'on a voulu, celui que l'on a tué, celui qui nous étouffe.

    La chance de Myrianne aura été de trouver son prince charmant, mais aussi de découvrir en elle des forces insoupçonnées. Celle de son amoureux, Don Richard, qui croyait initialement trouver son bonheur dans la célébrité et la richesse, a été de retrouver en lui la simplicité de l'amour partagé.

  • Trois récits. Dans chacun de ces récits, la même manière de décrire la vie, les êtres et leurs rapports, avec cette minutie rêveuse, cet étonnement devant tant de simplicité et de mystère. Des histoires d'aujourd'hui, d'une incroyable banalité, encore que, si l'on fouille on puisse découvrir, non pas des drames, mais la vie palpitante, irremplaçable. Pas de révolte, pas d'acceptation non plus, mais la conscience d'une condition commune.

  • Une maison se raconte. L'histoire commence alors que Sandrine - c´est le nom de notre narratrice « extraordinaire » -, est mise en vente : Pierre et Janine qui habitent Saskatoon depuis leur arrivée au Canada, songent à gagner la côte ouest après trente années passées dans la Prairie saskatchewanaise. Les images du passé resurgissent alors et c´est sur le ton d´une tendre complicité que Sandrine raconte leur arrivée, concordant avec leur découverte du Nouveau Monde et de ses gigantesques espaces, la naissance des enfants du couple en passant par la transformation de Sandrine et son agrandissement.

  • Les haïkus témoignent de la rumeur des choses, des beautés qui, mine de rien, sourient au monde et lancent des clins d'oeil à celui qui s'y attarde. Ce recueil est un écho aux vibrations sonores et visuelles du jour et de la nuit, un arrêt sur le présent insaisissable. sans paroles bruissement d'ailes derrière mon épaule un billet replié à côté de la cafetière amour timide

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