• Le capitalisme mondial traverse une crise systémique de longue durée et multidimensionnelle, et la pandémie Covid-19 est apparue comme le symptôme du paroxysme de ses contradictions sociales et écologiques : marchandisation et exploitation à outrance du travail et de la nature semblent avoir atteint un niveau insoutenable. Cette crise nous fait prendre conscience de la fragilité des sociétés et de l'incertitude concernant l'avenir. Fragilité parce que la technique crée un nouveau problème quand elle prétend en résoudre un. Incertitude parce que le temps long échappe à l'horizon humain, tant le capitalisme a fait de la vitesse et surtout de son accélération le moyen de raccourcir le temps. La vie au ralenti due au confinement a ainsi ouvert de nouvelles questions : quel est le prix de la vie ? quelle est la place du travail ? Quel est notre rapport au progrès ? à la nature ? Les voies sont ouvertes pour penser des modèles de société non soumis à la marchandisation des activités humaines et de tout le vivant : il n'y a pas de « fin » de l'histoire, des alternatives au capitalisme sont possibles et surgissent au creux des failles du système : réhabiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie, par une démocratisation générale de toutes les institutions de la société.

  • Qu'est-ce que le capitalisme? Cette question, l'histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalantau grand jour ses absurdités. Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage initialement paru en 2009.

    Personne ne niera que le capitalisme a permis à l'humanité d'accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd'hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu'au prix d'une détérioration des conditions de vie d'une multitude d'individus et d'une dégradation de l'environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n'est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l'on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis: les campagnes anglaises du XVIIe siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique, l'auteure propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

  • « Je suis un cannibale, habillé en costume ou avec une blouse blanche, je fabrique des traitements pour des gens plutôt riches avec la matière corporelle de gens pauvres, vous appelez ça comment ? »Un cannibale en costume : ainsi Georges, ingénieur dans lindustrie pharmaceutique, se décrit et décrit son travail un travail qui le dégoûte, mais quil ne sait pas quitter.Le monde de lentreprise est un monde cannibale où tout le monde mange tout le monde : engloutissement des ressources naturelles ; les salariés se dévorent entre eux et se dévorent eux-mêmes. Beaucoup seffondrent ; dautres bricolent, pour retisser des liens de solidarité nécessaires à la vie en communautéUne enquête qui met au jour les tragédies vécues chaque jour dans le secret des ateliers et des bureaux.

    David Courpasson est sociologue, professeur à lEM Lyon Business School et à lUniversité de Cardiff (UK). Il est lauteur de plusieurs ouvrages (notamment, avec Jean-Claude Thoenig, Quand les cadres se rebellent, Paris, Vuibert, 2008, et LAction contrainte. Organisations libérales et domination, Paris, Presses universitaires de France, 2000).

  • À droite comme à gauche, on a fait du «travail» un absolu, une norme incontournable. En s'attaquant à sa position centrale dans nos vies, les auteurs entendent mettre à mal ce consensus afin de «penser contre le travail» et ainsi dépasser un système qui souvent nous broie. Car quelle est la véritable nature du travail dont on nous serine tant les vertus? N'y a-t-il pas une hypocrisie récurrente à encourager un système qui défend encore que le travail rend libre alors qu'il devient de plus en plus rare?

    Plutôt que chercher à aménager le travail pour le faire perdurer, les auteurs tentent d'imaginer des voies de sortie. Leurs critiques rejoignent plusieurs sphères du travail: le mythe du plein emploi, le salariat, le management et ses ravages, la servitude volontaire des cadres et des classes moyennes ou encore le rôle de l'éducation arrimée au monde de l'entreprise. Leur but commun: un désir de remettre en cause le dogme du travail pour tous, du travail comme élément structurant de la vie individuelle et collective, de l'activité rémunérée comme horizon existentiel prépondérant. Sans orthodoxie, c'est dans un ici et maintenant, sur nos lieux de travail et dans notre quotidien, que les auteurs nous invitent à prendre le parti de limiter, de contrer ou de refuser ce qui nous nie et nous détruit, en fonction de nos propres capacités.

    Mettre en question le travail devient un impératif quand tout un monde gravite autour de ce paradigme: celui de la (sur)production et de la (sur)consommation qui ne prend pas en compte les limites de la planète. Cela n'est plus possible; l'heure est venue de réfléchir à son après.

  • Projet d'émancipation ou simple outil de survie, réponse à une revendication d'autonomie pouvant être dévoyée par le management, l'autogestion ouvre des pistes pour imaginer le travail et la vie de demain. Si son instrumentalisation peut donner libre cours à la critique, son affirmation doit être également interrogée. Réunissant des contributions d'universitaires ayant enquêté sur le sujet, cet ouvrage vise à actualiser les débats. Nous espérons que leurs travaux éclaireront utilement les pratiques alternatives au travail et en dehors, tant pour le monde académique, les mondes militants et activistes, que pour un large public soucieux de l'avenir du travail.

  • Ce premier roman raconte l'histoire d'une femme qui accepte d'intégrer une grande entreprise pour sortir son couple de la précarité. Ses revenus ne suffisent pas. Son compagnon échoue à trouver un emploi. C'est très bien payé. Que faire d'autre pour leur assurer la sécurité? Elle n'a pas le choix, croit-elle. L'argent, l'urgence... Indépendante, habituée à travailler seule dans son atelier, elle découvre l'enfer des relations sociales contraintes, de la hiérarchie, des jeux de pouvoir et d'un travail dépourvu de sens. Elle finira par reprendre, à tous égards, sa liberté. Louise Desbrusses a réussi à la fois à raconter la vie quotidienne de cette femme dans son couple et dans son travail, de manière très objective, et précise, sans lyrisme ni fioritures, et, par un habile dispositif de parenthèses, à y instiller un commentaire corrosif qui, au choix, peut aussi bien être la conscience lucide de l'héroïne,que la voix impitoyable d'un narrateur à qui rien n'échappe des faux-semblant et des complaisances.

  • Par tradition, la "culture de la gratuité" est associée à l'envers du marché, à un mode alternatif de penser les échanges, à des démarches d'émancipation sociale, au don. Mais elle subit aujourd'hui de puissants effets de brouillage. Le développement d'Internet entremêle inextricablement vraies et fausses gratuités. Les stratégies marketing annexent sans complexe l'attrait du mot "gratuit". Les télévisions ou les journaux "gratuits" sont le cheval de Troie du tout-marchand publicitaire, alors que de grandes gratuités sociales comme l'école publique ou l'assurance maladie subissent une crise grave et que la mécanique du profit semble occuper tout l'horizon. Quels enjeux de civilisation couvent sous cette question ? À quel prix peut-on encore dire avec Bruce Sterling: "Gratuit comme l'air, l'eau... gratuit comme la connaissance" ? Jean-Louis Sagot-Duvauroux tente de répondre à ces questions et propose une éthique de la gratuité.

  • L'histoire mouvementée du siècle a laissé des traces sur les générations successives : la génération silencieuse de l'entre-deux-guerres, la génération protestataire née dans les années quarante, la génération perdue née depuis les années cinquante. Le « malaise social » qui en découle persistera tant que nous serons dans l'incapacité de répartir les bénéfices et les maux de l'histoire sociale entre les générations. Cette première analyse systématique de la structure sociale à la lumière des clivages générationnels souligne une fracture qui semble s'amplifier au début du XXIe siècle et en explique les causes. Cette édition est augmentée d'une longue introduction précisant les nouveaux enjeux apparus depuis l'édition de 1998.

  • Les ouvrages sur le travail ne manquent pas. Celui-là ne ressemble toutefois à aucun autre. En une centaine de pages denses, mais claires, il se propose de traiter cet objet aux mille visages dans ses multiples dimensions en se déjouant des frontières disciplinaires. Ce n'est pas pour autant une compilation académique car il est soutenu par une thèse forte : le travail doit être pensé comme une activité à vocation productive. En conséquence, on ne peut comprendre les mutations actuelles de la société salariale sans s'attacher aux transformations de l'activité productive elle-même, qu'elle fasse, ou non, l'objet d'un échange marchand. Par son caractère didactique, cet ouvrage constitue un outil précieux pour les étudiants de toutes les disciplines qui se trouvent confrontés à la notion de travail : économistes, historiens, philosophes, politistes, psychologues, sociologues. Mais il s'agit aussi d'un essai dont le point de vue peut intéresser, outre les chercheurs, les professionnels et les citoyens qui veulent mieux comprendre une notion qui se trouve au coeur des débats sociaux depuis plusieurs siècles.

  • En France, près de deux salariés sur trois ne sont pas motivés par leur travail. Ce sentiment de démotivation, mis en lumière par de nombreuses enquêtes au sein des entreprises, touche toutes les catégories demploi, et plus encore les cadres. Sachant que nous y sommes tous potentiellement exposés, devons-nous nous résigner à ce qu'une part si importante de notre vie soit source dennui et de découragement ?
    Dans Retrouver le goût du travail, Wadih Choueiri nous propose une méthode originale et nous aide à élaborer un cheminement personnel pour refuser cette fatalité et y porter remède. Retrouver la confiance en soi, développer son autorité
    naturelle, déployer son autonomie en bonne intelligence avec lautre, mieux écouter son corps, telles sont les grandes étapes de ce chemin vers le retour à la sérénité et au bonheur au travail.

  • Nos sociétés modernes n'ont cessé de se questionner sur la place et le sens du travail. Cette très ancienne question est récemment encore réapparue dans le débat public : ce débat concerne la place du travail dans nos vies, le manque de travail pour les uns, la surcharge de travail pour les autres, les formes que revêt celui-ci, plus récemment la nature des transformations de la relation d'emploi et du rapport salarial. Une mise à distance par l'histoire des faits et des idées peut permettre de décentrer notre regard du vécu immédiat pour resituer le débat sur le travail dans l'univers riche et complexe des possibles. Revisiter à ce sujet les auteurs classiques ou plus contemporains, analyser leurs interrogations relatives à l'action, au faire, à l'effort, à l'oeuvre et au travail, est une voie privilégiée pour interroger le devenir de nos sociétés. C'est l'hypothèse que veut valider le présent ouvrage, recueil de contributions d'universitaires et de chercheurs spécialistes de l'histoire de la pensée et des faits économiques et sociaux. La première partie consacrée à l'invention du travail illustre divers aspects de la réalité du travail avant la révolution industrielle, puis réinterprète la pensée de Locke, de Rousseau et des physiocrates. La deuxième partie aborde le double problème de l'aliénation et de l'exploitation, au coeur des réflexions des philosophes et des économistes du xviiie et du xixe siècle. La troisième partie aborde plus largement la question sociale et en particulier les aspects du droit au repos et de l'organisation du marché du travail.

  • Doit-on parler de double vie ? Grand dramaturge du monde du travail moderne, récent prix Molière, Michel Vinaver s'est également confronté personnellement à l'âpreté du monde professionnel contemporain, en menant de front écriture et management en entreprise. Dans les années 1960 et 1970, il travaille en effet pour Gillette, qui lui confie ensuite la direction générale de l'entreprise S.T. Dupont. Aux sociabilités artistiques et parisiennes font alors suite les rugueux rapports de force du monde social et provincial. Ce récit relate la réaction du dramaturge face au conflit social avec occupation d'usine, survenu en 1976 alors qu'il était PDG de l'entreprise. Après avoir suivi la chronologie de cet événement, qui bouleverse les relations sociales au sein de l'entreprise, cet ouvrage revient sur les enjeux majeurs qui animent le conflit - et qui en expliquent en partie l'ardeur et les interprétations concurrentes. S'agit-il d'un carnaval, ou d'un véritable événement ? De l'éruption éphémère de velléités perturbatrices, ou Mai 68 à retardement en milieu paysan et catholique ? Qu'est-ce que diriger des hommes en milieu privé ? Le monde de l'entreprise fonctionne-t-il en vase clos préservé de l'histoire, ou est-il soumis aux bourrasques de celle-ci ? Autant de questions qui éclairent l'oeuvre d'un dramaturge majeur de notre temps.

  • Nous sommes à un Congrès fictif du patronat. Les chefs de file de la bourgeoisie mondiale et leurs alliés cléricaux se sont réunis pour trouver une parade face à une menace : le mouvement ouvrier qui, bien que naissant, pourrait faire vaciller leur trône. Très vite s'impose la nécessité de doter le monde civilisé - pudique dénomination du capitalisme mondial - d'une nouvelle religion capable de rétablir l'ordre. Ce sera celle du Capital. Ce petit texte se lit comme une parodie de la financiarisation du monde et des licenciements de crise. Nous l'avons enrichi des Souvenirs personnels sur Karl Marx, du même Paul Lafargue.

  • La tambouille

    Alexandre Anizy

    Dans un monde globalisé où la compétitivité des salariés est évaluée à l'aune du coût d'un gosse trimant sous haute surveillance dans des usines prisons, on raconte encore aux enfants des balivernes comme l'entreprise est un lieu de solidarité... ou encore l'entreprise est un lieu d'épanouissement...
    Ce n'est pas l'expérience que va vivre Cécile Blanc dans la firme multinationale qui vient de la recruter. Du fait de son ascension dans l'organigramme, "pouvoir, mensonge, sexe, camouflage et entourloupe" constitueront son environnement quotidien.
    La tambouille d'Alexandre Anizy raconte cette aventure professionnelle.

  • Cet ouvrage s'intéresse aux populations confrontées à la recomposition des normes d'emploi et de travail à l'oeuvre au cours des dernières décennies : jeunes générations entrant dans la vie active, travailleurs migrants, travailleurs des zones grises de l'emploi, travailleurs éduqués des nouveaux services confrontés au travail taylorisé et à bas salaire, dans les centres d'appels notamment. L'ouvrage cherche à répondre aux deux questions suivantes : quelles expériences ces populations font-elles des transformations sur le marché du travail ? En retour, que peuvent nous enseigner ces « figures de travailleurs » sur les dynamiques de la relation salariale et sur les segmentations nouvelles qui s'opèrent au sein du salariat en France mais aussi dans la comparaison avec les transformations à l'oeuvre dans d'autres pays, dont les pays sud-américains ?

  • SOMMAIREIntroduction : La révolution des métiers : Les enjeux de la résurgence du métier -- Les deux modèles de la qualification -- La révolution des métiersPremière partie : LES TRANSFORMATIONS DES METIERS MANUELSChap 1 : Des métiers traditionnels aux vrais métiers : Coiffeur, 2 métiers en un -- Métallo, métier, poste ou échelon ? -- Ripeur, adieu gadoue, bonjour environnement -- Pour une approche globale de la normalisation professionnelleChap 2 : Transmettre le métier, les complexités de la relation maître - apprenti : Une relation multiforme -- Les mots pour le dire -- Les mots pour bien dire -- Les mots pour mal dire -- Les mots (maux) des métiers -- L'enjeu du tempsChap 3 : Faire le ménage, de la condition domestique à la revendication d'une professionnalité : Le difficile dépassement de la condition domestique -- La professionnalisation, un processus en cours ou un simple affichage ? -- Un autre modèle de professionnalisation ? Chap 4 : Un métier en clair-obscur, les agents de sécurité du métropolitain : Un métier de l'ombre -- Une innovation organisationnelle -- L'établissement d'un métier Deuxième partie : LES METIERS DU SECTEUR PUBLICChap 5 : Conseiller financier à la Poste, métier, emploi, fonction ou grade ? Chap 6 : Vendeurs ou conseillers ? Les agents d'accueil à France - TélécomChap 7 : Professeur d'éducation physique et sportive, un métier d'enseignant à part entière ou entièrement à part ? Troisième partie : PATRONS ET SYNDICALISTESChap 8 : La représentation de la carrière chez les syndicalistesChap 9 : Le métier de patron, du miracle au défi entrepreneurial vendéenQuatrième partie : DES METIERS AUX PROFESSIONSChap 10 : Médecins du travailChap 11 : De l'espace privé à l'espace professionnel, les commissaires priseursConclusion

  • Ce livre d'histoire traite de problèmes majeurs d'aujourd'hui : rôle et devenir du syndicalisme, transformation du salariat, formes et contenus de l'État social, perspectives d'Europe sociale, etc. Le regard neuf qu'il jette sur les syndicalismes européens à leur apogée éclaire les réalités actuelles par un retour sur les débats et les choix des années 1960- 1985, période de transition des derniers feux des Trente Glorieuses vers les temps difficiles qui allaient suivre. L'analyse proposée par une trentaine de spécialistes de six pays (historiens, sociologues, politologues) repose sur la prise en compte de différents types de situations et de questions. Elle envisage les orientations et pratiques syndicales dans deux secteurs d'activité (automobile et enseignement), face aux institutions (l'entreprise et l'État social) et aux nouveaux mouvements sociaux. Elle évoque également les mutations du militantisme, des représentations et des imaginaires à travers l'étude de l'évolution des opinions publiques et des modes de communication. L'étude se distingue des travaux antérieurs par la richesse de l'information réunie, des voies explorées comme des interprétations avancées, et par l'option comparative retenue et appliquée.

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