• Dans ce dialogue empli de sagesse, Caton est désigné comme l'avocat de la vieillesse contre quatre chefs d'accusation : elle empêcherait de briller dans la vie publique, affaiblirait le corps, interdirait les plaisirs et ferait sentir l'approche de la mort. Pour Caton au contraire, la vieillesse est l'âge le plus propice aux oeuvres accomplies de l'esprit, le corps étant délivré de la servitude des sens. Elle prépare l'âme à la libération totale procurée par la mort. Caton suggère une attitude exemplaire et loue l'expérience. Celui qui n'attend que de lui-même n'a rien à craindre des lois de la nature : "La faiblesse convient à l'enfance ; la fierté à la jeunesse ; la gravité à l'âge mûr ; la maturité à la vieillesse : ce sont autant de fruits naturels qu'il faut cueillir avec le temps."

    Né en 106 av. J.-C., mort en l'an 43, Cicéron put très jeune démontrer ses talents d'orateur, devenir grand avocat de Rome et connaître la gloire, lors du procès qui conduisit à la condamnation de Caius Verrès, gouverneur concussionnaire de la Sicile. Consul, il écrivit des oeuvres de philosphie politique (De oratore, De re publica et De legibus) et un Brutus. Défenseur d'un idéal de formation universelle, il est souvent placé à l'origine de l'humanisme tel que conçu à la Renaissance.

  • La joie nous rend plus vifs dans un plus vaste monde. Comment penser cet élargissement du dehors et du dedans, et le chant neuf de ses possibles ? Et de quelle manière décrire ce que la Bible nommait dilatation du coeur, laquelle parfois se produit jusque dans l'épreuve et l'angoisse, comme si leur pression faisait naître une force à nous-mêmes imprévue ?
    Plus encore que les philosophes, les poètes et les mystiques ont su ce qu'il en est d'être soulevé par cette crue de l'espace, et déchiré presque par cette joie. De saint Augustin à saint Bernard et à sainte Thérèse d'Avila, du trop méconnu Thomas Traherne à Victor Hugo, Walt Whitman, Paul Claudel et Henri Michaux, ces explorateurs de la joie spacieuse servent ici de maîtres et de guides pour ce pays qui peut s'ouvrir au détour du moindre chemin, voire au coin d'une chambre, si nous nous laissons rejoindre et traverser par sa soudaine lumière. Lourd d'histoire est le mot « dilatation », mais riche aussi de promesse.

    Cet ouvrage est paru en 2007.

  • Comment le droit est-il conçu à l'époque moderne et selon quels critères y pense-t-on la justice ?
    Quels sont les penseurs et les travaux qui ont jalonné cette discipline, de l'Antiquité jusqu'au rationalisme de Descartes et au positivisme de Hobbes ?
    Quels ont été les apports respectifs des philosophes antiques et des théologiens du Moyen Âge et de la Renaissance dans la gestation de la pensée juridique moderne ? Ce manuel retrace la formation de la pensée juridique durant plus d'un millénaire. Présentant chacune des influences qu'elle a subies jusqu'à l'époque moderne et analysant les entrelacements qui ont abouti à la conception moderne de la justice, Michel Villey en livre ici un exposé clair et réaliste. Loin de s'affranchir de tous défauts, elle n'a au contraire, nous dit-il, pas su résister « aux charmes de philosophies extrinsèques [...] élaborées dans la méconnaissance du droit ». En ignorer les rouages serait donc une erreur pour tout juriste ou philosophe.
    Dans sa présentation, Stéphane Rials esquisse une interprétation de l'entreprise de Michel Villey et rend hommage à celui qu'il considère comme le « plus grand penseur des facultés de droit françaises au XXe siècle ».

  • Un manuscrit médiéval montre deux Augustin offrant un volume des Confessions à Dieu. L'un tient l'extrémité du rouleau des mémoires qu'il confesse à son Seigneur. L'autre, à la droite du Maître, porte une mitre et une crosse : c'est l'Augustin d'après 395, date de son élévation à l'épiscopat. Celui-ci en est l'auteur. Celui-là en est le sujet et la matière.

    Peut-on légitimement parler de deux Augustin ? Le premier qui serait l'homme d'avant 395, amoureux de la culture classique, et le second, devenu pleinement chrétien, qui serait l'évêque ?

    Dans cette biographie nourrie de récits qui l'apparentent à une véritable enquête, Stéphane Ratti part à la recherche du moment où Augustin a définitivement quitté ses habits d'intellectuel et renoncé aux charmes païens des études libérales pour devenir chrétien.

    Loin des habituelles hagiographies, Ratti considère l'homme avant le saint, le « premier Augustin ».
    Car la conversion au jardin de Milan, dont il propose une lecture renouvelée, ne fut sans doute pas décisive, et la rupture plus tardive qu'on ne le pense.

  • Ce livre est un outil de travail complet pour l'étude de la patrologie. Tous les auteurs, tous les genres, tous les sujets y sont passés en revue avec méthode. Drobner ne se limite pas aux Pères de l'Église, qui restent le centre de son ouvrage, mais présente avec eux l'ensemble des penseurs et des écrivains ecclésiastiques, des grands hérésiarques et des débats qui ont jalonné les sept premiers siècles du christianisme. Professeurs, chercheurs et étudiants, mais aussi tous ceux que ce sujet intéresse, apprécieront:
    - des introductions précises à la vie et aux oeuvres des écrivains ecclésiastiques
    - des orientations pour la recherche
    - des bibliographies amples, rigoureuses et ordonnées
    - un index thématique complet
    - une carte et des graphiques
    - une présentation claire et un style aisé.

  • Saint Augustin n'a pas écrit de traité de christologie ; mais le Christ est partout présent dans sa vie, sa pensée, ses oeuvres. Il mène une quête passionnée et difficile de la Vérité, entièrement menée dans le champ du christianisme et qui aboutit à l'expérience décisive du mystère de l'humilité du Verbe incarné.Pour Augustin, « pasteur d'âmes » durant près de quarante années, l'assemblée liturgique est le lieu par excellence de la christologie, parce que c'est le centre générateur de la vie chrétienne: l'interprétation christique des Écritures, la célébration du sacrifice du Christ, l'actualisation de son mystère dans l'Église, l'initiation et la participation des chrétiens, leur incorporation au Christ, leur édification spirituelle au sens fort, la foi et l'intelligence de la foi.L'immense production théologique d'Augustin est à peu près entièrement occasionnelle, faite de réponses à diverses sollicitations d'amis, de disciples ou d'adversaires. Les grandes controverses qu'il eut à mener avaient toutes des enjeux christologiques d'importance : contre le manichéisme, contre le donatisme, contre le pélagianisme...« Le Christ Dieu est la Patrie où nous allons, le Christ Homme est la Voie par où nous allons. C'est à Lui que nous allons, par Lui que nous allons. » (Sermon 123, 3, 3.)Une collection de référence en christologie sous la direction de Monseigneur Doré.

  • Cet ouvrage expose d'abord les fondements du discours dogmatique. Il s'attache ensuite aux Confessions de foi, et plus largement au développement des dogmes trinitaires et christologiques d'avant et d'après le concile de Nicée (325)

  • Cet ouvrage a pour champ d'exploration ce que la Révélation nous dit de l'homme. D'où son contenu : la création, le péché originel, la justification et la grâce, les fins dernières. Une grande nouveauté : les fondements doctrinaux de l'éthique chrétienne. La période de référence va du Ve au XVIIe siècle, en débordant en amont et en aval.

  • Les philosophes anciens ont écrit sur le rapport de la cité et du monde et c'est à eux que l'on doit les premières thèses « cosmopolitiques ». L'objet de l'essai de Jean-François Pradeau est d'exposer ces thèses, en les rendant accessibles à des lecteurs qui ne les connaissent pas. Ainsi l'essai présente-t-il ce que des auteurs comme Diogène le cynique, Platon, les stoïciens ou encore le Père de l'Eglise Saint Augustin ont pu dire de la citoyenneté mondiale et du rêve d'une cité mondiale unique qui réunirait enfin tous les peuples. Les questions qu'agite cette histoire ancienne du cosmopolitisme sont pour beaucoup celles de notre époque, qui a fait l'éloge pendant quelques décennies d'une forme d'émancipation cosmopolitique, qui a inventé une Europe supranationale, mais qui paraît aujourd'hui figée autour de ses frontières. Les grecs anciens qui ont inventé la formule « citoyen du monde » ont quelque chose à nous dire de la mondialisation. Ils nous rappellent avec une certaine simplicité que la vie humaine, qui est une vie politique, c'est-à-dire une vie qui n'est possible que dans les limites instituées d'une communauté civique, ne peut atteindre la tranquillité ou le bonheur sans apprécier à sa juste mesure la place qui lui convient dans le monde. Il est néfaste et finalement impossible de vivre sans se faire une certaine idée de ce monde et de son ordre, sans se représenter, ne serait-ce que de manière vraisemblable, ce qu'est l'univers et la place qui nous revient en son sein.

    Professeur de philosophie antique à l'université de Lyon III - Jean Moulin, Jean-François Pradeau est avant tout un spécialiste de l'oeuvre de Platon et de la tradition platonicienne sur lesquelles il a publié de très nombreux ouvrages. Dernièrement il a dirigé l'édition complète des sophistes (2009). Aux Belles Lettres, on lui doit la revue Études platoniciennes ainsi que de nombreux volumes dans la collection « Classiques en poche ».

  • Avec ce troisième volume, lumineusement préfacé par S.-Th. Bonino, Jacques Chevalier expose et repense l'histoire de la philosophie entre Augustin et Thomas d'Aquin. Il analyse l'impact philosophique du christianisme ainsi que les continuités et les ruptures avec l'hellénisme. Se poursuit donc un récit limpide et magistral, où se conjuguent de façon exemplaire l'honnêteté du savant dont l'érudition n'est jamais prise en défaut et l'acuité du penseur pour lequel une grande pensée ne vaut que par sa tension vers la vérité.

  • L'histoire du sublime, presque aussi ancienne que la philosophie, concerne, de nos jours, la plupart des disciplines qui la constituent: esthétique, politique, éthique, anthropologie. Les philosophes ont d'abord pensé le sublime dans la sphère du discours. Ils ont étendu ensuite son domaine aux différents arts et aux grands phénomènes de la nature, pour étudier, enfin, son apparition dans diverses formes d'activité humaine, comme les sciences et les techniques. Le sublime confronte la philosophie aux limites de son pouvoir, en vue de la mettre en échec ou de lui permettre d'aller plus loin. Il opère à la fois comme principe de connaissance et comme principe de métamorphose. D'une part, il subvertit les valeurs du beau, du vrai et du bon, d'autre part, il me transcende ou me sublime, au sens très général où la sublimation est dépassement de soi. Le présent livre vise à redonner au sublime la place qu'il mérite dans notre système éducatif et dans nos vies : celle d'une épreuve initiatrice, susceptible d'insuffler la vie à des connaissances qui resteraient sinon formelles et tronquées. Il cherche également à nous orienter vers une science possible du sujet qui prenne en compte la vocation de l'homme à se transcender lui-même.

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