• L'Arbre de vies, c'est d'abord le chêne qui arrête le regard d'Antoine : un chêne foudroyé, fendu mais reverdi, que son grand-père a imposé comme emblème de la vitalité. C'est aussi l'arbre généalogique, avec les rameaux des générations, le feuillage familial ; c'est encore l'espoir séculaire d'une forme de paradis. Un soir d'automne 1867, Antoine Couthon se rappelle l'après-midi de thermidor 1794 où il apprit la mort de son père (l'ami paralytique de Robespierre). Pendant la nuit, il revit - comme on dit - sa vie. Espace, temps, multipliés par les biais et les remous de la mémoire ; récit où l'histoire et l'imaginaire s'imbriquent. Le roman commence en Auvergne, par une partie de jeu de l'oie. Il gagne ensuite Paris, pour la Révolution ; la Russie, pour une campagne désastreuse ; l'Italie, pour y vieillir. Cependant, Antoine déchiffre peu à peu l'énigme qui veut qu'on soit l'enfant de son enfant. Il éprouve une sourde inquiétude. Qui suis-je ? grand-père, père, fils, petit-fils ? Peut-être chacune de ces figures simultanément car tout va très vite dans cette fabuleuse machinerie des temps entremêlés où l'homme apparaît comme une imprévisible mosaïque d'événements.

  • Dernier roman inédit d'Alexandre Vialatte, La Dame du Job fournit la clé du projet romanesque inauguré en 1942 par Le Fidèle Berger, poursuivi avec La Maison du joueur de flûte puis Les Fruits du Congo. « C'est une dame, écrivait l'auteur à Jean Paulhan, qui fume la cigarette sur un calendrier du Job dans une auberge sur le plateau du champ de tir, près d'une petite ville de garnison. » Son image fascine deux enfants, le narrateur et Frédéric Lamourette, fils du chef de musique. Ils vont bâtir, autour de l'auberge et du champ de tir, un univers fantastique dont elle sera l'énigmatique souveraine. Et c'est elle que leur imagination associera au drame bien réel, mais incompréhensible, qui se noue sous leurs yeux : celui du lieutenant, de l'ordonnance et de la belle dame serrée de trop près. Un drame pour adulte. La guerre est là. Les premières automobiles apparaissent dans une campagne fumante de brouillards et d'odeurs. La dame du Job, près de qui un homme va mourir, annonce déjà la négresse des Fruits du Congo. Reine de papier elle aussi, son visage bouleversant restera mêlé pour toujours à ce qui est le vrai sujet du roman : la découverte du monde par deux enfants.

  • Lorsque Paul Le Goff rencontre Jeanne, il est question des professeurs de marxisme, des boutiques d'Oxford Street, des théoriciens de la lutte armée, de Buffet-Bontemps, de la folie, des moules farcies en cocotte, de Herbart, de mai 1944, de l'agressivité, de « Louis Lambert », d'Aragon, de Brest, de « Johnny Guitare », des files d'attente à la cinémathèque, du savon, de soutiens-gorge, du journal télévisé, du petit chaperon rouge, de l'occupation, des Juifs, de Libertad, des « décombres », d'un vibromasseur, d'homosexualité, d'appartements à louer, d'Amsterdam, des putes, de Jeanne d'Arc, de l'émotion, de la Résistance, d'Israël, du communisme et du plaisir. Lorsque Paul Le Goff rencontre Marie, il est question de Marseille, de théâtre, de Guitry, des pieds et paquets, de l'amour dans une baignoire, du phallus, d'Artaud, du parti communiste, de « Fureur apache », d'une manchette sur la nuque, de « La Marseillaise », du sport, de la gauche, du viol, du père, de Marivaux, de livres volés, de Schwob, de l'absence de slip, d'ex-maos, de la maîtrise de soi-même, de l'avarice, de La Cadière, d'insultes, de la bourride, de Porquerolles, de la télévision, de Cioran, de l'argent, des Arméniens, du poker, d'un braquage, des « Nuits de Monsieur M. », de la Corse, de la guerre d'Espagne, des enfants, de « Lucien Leuwen », du Cap d'Antibes, d'un frère, de l'anchoïade, de de Gaulle, du caca, de l'égoïsme et du plaisir. Lorsque Paul Le Goff revoit Anne, il est question de Jeanne et Marie.

  • Dans la collection "Monde Noir Poche", voici cinq nouvelles provenant de Côte-d'Ivoire, du Cameroun, du Sénégal et du Niger. Toutes ont été primées dans le cadre du Concours radiophonique de la Meilleure Nouvelle de Langue Française.

  • Orphelins, Clémentine et Valentin ont été placés dans une famille de fermiers dans le sud de la France. Exploités, traités durement, ils n'ont comme soutien que la tendresse de leur mère adoptive. Mais le jour où elle meurt, les deux enfants réalisent qu'ils vont être seuls au milieu de l'enfer et décident de s'enfuir. Main dans la main, ils partent pour la colline des contrebandiers connue pour ses grottes mystérieuses et ses chemins secrets. Aidés par un berger et un instituteur qui les protègent, ils passeront dix années cachés dans un univers de pureté où ils découvriront la liberté et l'amour. Dans un roman qui sent bon la Provence, l'auteur nous emporte dans la fabuleuse aventure de deux enfants qui, face à une humanité qu'ils refusent, ont choisi la nature comme refuge.

  • « Un jour Aziz errant comme à l'accoutumée avait croisé un regard enfermé dans un long tissu blanc, une femme jeune, vive, qui revenait du souk, son couffin chargé de poissons. Il s'était senti différent ; quelque chose s'ouvrait à Zarziz où la poussière du sol paraissait geôlière de tout. Il n'avait vu que la lueur de ses yeux comme une lame dans le soleil blanc, sur les cailloux beiges ». N'ayant pas l'argent nécessaire pour épouser sa bien-aimée, Aziz, jeune Tunisien du sud, décide de quitter sa ville natale. Il arrive à Paris, dans une France mythique, chez son cousin beur, deuxième génération. Celui-ci l'initie au monde des loubards. Ce jeune homme d'Orient regarde ces jeunes délinquants, délaissés par leurs parents, ignorés du reste du monde : personnages directement inspirés de « Los Olvidados ». Sans les juger, ils assistera à leur tragédie banale, inéluctable ; sans intervenir il verra se dérouler leur drame et choisira de repartir. Choc de deux cultures, affrontement de deux langues, violence des amitiés, mélange des traditions, l'Occident aura perdu, pour Aziz, son éclat.

  • Les compagnons du Tour de France formèrent jadis une espèce d'aristocratie ouvrière avec ses lois et ses rites. La plupart d'entre eux élevèrent leur métier au niveau d'un art. Le héros de Jean Grangeot, parti adolescent de Saint-Aignan-sur-Cher, sera initié au travail du bois, de la pierre et du fer par des compagnons plus anciens tout en fréquentant les écoles de Saumur, Angers et Bordeaux. Devenu ingénieur, il construira, tant en France qu'en Espagne, Rhodésie et Roumanie, des ponts et des voies de chemin de fer et participera à la célébration en 1889 du centenaire de la Révolution française, puis à l'Exposition universelle de 1900. De la fin du Second Empire aux lendemains de la dernière guerre mondiale, l'auteur, au travers d'un roman historique riche en aventures et péripéties, plonge ses personnages au coeur de tous les bouleversements de la planète.

  • Georges Brossard, la quarantaine, fatigué et bedonnant, est agent de contentieux : il vit difficilement du recouvrement aléatoire de créances dérisoires auprès de débiteurs aussi minables que lui, généralement insolvables, souvent coléreux, parfois violents. Le soir, dans un appartement sordide, il se consacre à son oeuvre, un mystérieux travail, sous le regard de la photo de Mireille, la femme dont il est resté le veuf inconsolable, et qui l'observe depuis son cadre. Sa vie est bouleversée le jour où débarque la séduisante Lucie, fille d'un ami perdu de vue depuis longtemps. La jeune femme semble posséder un sens aigu des affaires, ou tout du moins un don étrange, qui lui permet de recouvrer les créances des débiteurs les plus récalcitrants, et d'ouvrir à son mentor un monde beaucoup plus lucratif. Une belle jeune fille n'est pas toujours innocente, une secrétaire névrosée n'est pas toujours inoffensive, mais une dette impayée est toujours exigible.

  • 1491 : cette année-là, le roi de France, Charles VIII, qui convoite la Bretagne, assiège Rennes où s'est réfugiée Anne, la toute jeune héritière du duché. Cette année-là aussi, la belle Paimpontaise Alice Brihan, pour échapper à sa marâtre, épouse son cousin Lucius. Autour d'elle, ses compatriotes bretons complotent contre l'envahisseur français. Compromise, elle s'enfuit dans la forêt de Brocéliande, où Marie la Morgane lui donne secours et asile au sein de sa communauté de femmes. Mais Alice est arrêtée par la soldatesque française, qui l'enlève jusqu'au camp retranché sous les murs de Rennes, où elle est cantonnée parmi les prostituées... De la forêt complice au siège de Rennes affamée, le destin d'Alice est ballotté au gré de rencontres insolites, femmes étranges un peu sorcières ou prétendants passionnés. Et, lorsque l'amour se présente, c'est sous les traits d'un ennemi, un Français, le capitaine Julien Jézéquel. Un roman historique enchanteur, où le décor médiéval sert d'écrin à une intrigue romanesque, nourrie de légendes celtiques.

  • Dans l'Espagne en ruines, deux enfants marchent en se tenant par la main. Aveugles à la violence qui les entoure, ils vont, inflexibles, vers un but connu d'eux seuls. À Madrid, le plus doux des dinamiteros chante en allumant ses charges meurtrières. Plus loin, à l'Est, un Noir franchit clandestinement la frontière russo-hongroise en jouant un solo de trompette... Sur les pas de ces personnages rencontrés au hasard de son chemin, Rourke a reconnu cette odeur particulière de mort et de sang frais. À Jamaica Bay, deux cadavres d'adolescents atrocement mutilés sont retrouvés pendus dans un hangar à bateaux. Dans le Kentucky, un ancien cocher polonais, amoureux des chevaux, prend un soin étrange d'une jeune journaliste qui vient d'être vitriolée. Dans le Queens, l'homme le plus influent de la mafia juive new-yorkaise est accusé de 367 meurtres... Toute l'équipe du Day s'appuie sur le courage et la ténacité de Kate pour aller au bout de la vérité. Témoins toujours curieux d'une époque secouée de tant de soubresauts, Kate Killinger et H.H. Rourke continuent de vivre, chacun de leur côté, l'aventure de leur temps. Sans échapper pourtant à la passion qui, à travers un monde dévasté par la guerre, les réunira sur Les Routes de Pékin.

  • « Bouba est immobile au centre de la pièce, interdit. Il effectue deux pas en retrait et s'assied sur sa couche. En un mouvement de rage contenue, ses mains réduisent à rien le papier de la missive recommandée. Mêlée à cette rage sèche, une manière de désespoir, qui vient brûler ses lèvres, ses joues, son front. Bouba, en slip sur son lit-couche. Contemplant son habitation-cage. Ses mains continuent de froisser le chiffon de la lettre. Il vit dans une cage, en effet, et lui, peau noire, s'y accorde merveilleusement. Et lui, avec son odeur africaine, en est l'habitant rêvé, choisi. Bouba le Noir sur dix mètres carrés de logement indigne. Quatre murs qui suintent d'humidité pendant six mois de l'année, tandis que l'été, cela devient pareil à un marais : évaporations intenses, chaleurs lourdes, touffeurs malsaines accompagnées de pullulements d'insectes, haleines maladives descendant des étages pour se concentrer en épaisseurs presque palpables. »

  • À dix-sept ans, éblouie par le sionisme, une jeune fille réussit à convaincre ses parents, juifs tunisiens exilés à Paris, de refaire leurs bagages pour s'installer en Israël. Mais, Jérusalem ignore la douceur de vivre. Alors, sans hésiter, plantant là les siens, ses idéaux et ce bazar biblique, elle retourne en France à la quête d'autres engagements. Trois ans sont passés. Elle se croit apaisée et revient au pays pour une brève visite. Le temps d'un été. Seule la date a été mal choisie. Jérusalem déchirée par la guerre du Liban, Jérusalem exsangue de ses hommes, lui semble lugubre. Le soleil donne la fièvre. D'emblée, c'est l'affrontement avec les parents : un père taciturne, aigri par ses échecs, une mère soumise, hallucinée par la guerre, deux frères mobilisés quelque part dans les montagnes du Chouf. Avec la mort de la grand-mère, disparaît l'enfance, les épices, le verbe, l'errance. Avec elle s'engloutissent deux mille ans en Terre d'Islam. Viennent alors de tout le pays, les vieux, les boiteux, les bossus, les aveugles, les paralytiques afin de lui ouvrir le ciel à l'aide de sept jours de prières. Échapper à cette incantation, c'est fuir dans la ville, longer ses murailles, pénétrer dans ses entrailles, interroger les textes et se souvenir d'une ancienne prophétie de Jérémie prédisant qu'un jour, Jérusalem deviendrait la prostituée des nations...

  • Une bonne et son fils chez un couple de pharmaciens bon genre. Marc, le fils, profite d'un congé scolaire pour venir rejoindre sa mère. Et grandir. À résumer le premier roman de Liliane Sichler, on perd son temps. Le vrai plaisir, l'émotion sont ailleurs. Dans ce livre poignant, aussi vert que le coeur d'un enfant. Un livre où seule compte la voix de la personne qui parle et qui écrit. Une voix unique. ... Rien, il a rien Marc. Juste une envie de tout foutre en l'air, de dire merde, con, fais chier... comme avant, comme quand il était petit. Et puis envie aussi de dire Maman, mais ça, il peut plus, c'est oublié. Alors il dit à côté, en contournant l'obstacle : Eh dis, tu viens, Dis donc toi, t'entends ce que je dis. Et plus elle le cajole, plus il oublie comment c'était quand il faisait Maman. Un peu une poupée qui parle qui ne parlerait plus. Avec, en plus, une souffrance très chaude, très douce pour s'endormir avec. Parce que, la nuit, Marc il pleure, il pleure si fort qu'il le dit. Maman tu m'embêtes. Maman rappelle-toi comme on était bien avant, avec Patrick. Tu allais, je sais plus où, faire des bureaux et tu rentrais le soir à la maison. Patrick me donnait des claques si je rentrais trop tard de l'école et toi tu me consolais en me disant qu'un grand frère c'est comme ça. Un jour à l'école y en a qui m'ont battu en riant et hurlant où qu'il est ton père ? Va lui dire. Ce coup-là mon grand frère est allé faire le shérif à la sortie. Comme ils ont filé les mecs... Maman. Dans son lit, il sourit Marc, en suçant ses larmes. Pourquoi il pleure tout seul, il en sait rien.

  • Mené à train d'enfer et à bride abattue, tout imprégné de saveurs et d'odeurs provençales, ce roman tonique et d'une belle verdeur renoue avec une grande tradition populaire. Une invite à la vie, un chant âpre traversé de parfums et de désirs.

  • Il passe en moi un vacillement terrible. Des mouvements que je ne conduis plus. Des fusions, des changements, des mutations. Quelque chose que je ne connais pas et me ronge. Quelque chose en moi qui s'écaille, se distend, se décroche, et que je nomme : la douleur... Mais alors, pourquoi ne pas céder, moi aussi, et dire : Elle est morte ? Je ne sais pas ce qui est le monde, ce qui est mon corps. Je ne sais pas ce qui dit je. La stupeur retrace l'histoire d'un homme affronté à l'expérience cruciale de la solitude. Jolie façon de dire, si l'on veut, la très vieille histoire du veuf, de l'orphelin, du cocu. C'est vrai. Si l'on veut. Mais je n'ai pas voulu cela. Pour moi il s'est agi plutôt de capter mot à mot le discours que se tient celui qui reste seul, et de suivre pas à pas la découverte qu'il lui faut faire de son propre corps. Au travers même de ces paroles qui ne s'adressent plus à personne.

  • L'horloge universelle relate les diverses étapes de la vie d'un chanteur d'opéra. L'usage de la langue, la pensée du regard, la fascination des étoiles, la rotation des astres et la vie interne du corps, l'amour des nombres et de la musique, l'obsédante présence du passé, la mesure du possible, joints à la contemplation des formes essentielles et au détachement de tout, qui mène vers l'illumination de la blancheur, brossent, de l'apprentissage à la maturité, l'implacable portrait d'un héros pour qui l'intérieur est la galaxie de l'individu, sa loge dans le théâtre du monde. Ce drame à une voix, qui dit la couleur et la pression de chaque mot, est construit en six parties, comme six jours pour inventer le monde, ou sept, en comptant l'épilogue, selon la division traditionnelle de l'univers chez les géographes anciens. Forme imaginative, lyrique et poétique, l'écriture crée une sorte d'opéra visuel, constellation du verbe et de la pensée, qu'amplifient la largeur du style et l'intensité des tons, où le pouvoir de surprendre et celui d'enchanter se mêlent en une étrange et magnifique harmonie.

  • Si Ian, l'étudiant de Charité, avait infléchi le destin de Roman, le héros de Révolte, c'est ici l'homme pour qui Roman s'est sacrifié qui se débat à son tour. Serge, jeune professeur de gymnastique, n'a ni l'intelligence de Ian, multipliée par les prestiges de sa jeunesse dorée, ni le charme de Roman, jeune paysan avide de toute connaissance, y compris l'amour. Serge ne possède que sa beauté et ses remords d'avoir pu échapper à la répression policière grâce à Roman, en se terrant dans un monastère orthodoxe. Apparemment, lui non plus ne croit à rien. Mais le véritable amour n'est-il pas au-delà de toutes les croyances humaines ? Les destins s'entrecroisent comme si les personnages se passaient tour à tour le relais de la vie. Voici les derniers jours du siècle. L'an 2000 sera-t-il libre enfin, sera-t-il le rêve de l'âge d'or ? Ou bien le règne d'un Big Brother plus ou moins universel continuera-t-il à massacrer l'individu au nom de l'ordre moral ? Un nouveau Roman, pareil à l'enfant Septentrion, sera une jeune victime désignée, et le soleil du nouveau siècle apparaîtra dans une lumière de sang.

  • Jacques Moreno espérait réaliser ses rêves d'exotisme en débarquant en Guyane. Avec Charles Müller, un Guyanais d'adoption d'origine alsacienne, il allait être servi ! Charles se proposa d'être l'initiateur de Jacques à la forêt tropicale. Puis, il l'amena à accepter de participer à son projet de créer une auberge en plein coeur de la forêt guyanaise. Mais Jacques avait-il mesuré tous les risques auxquels l'exposait ce projet ? En Guyane, il vaut mieux savoir où l'on met les pieds, surtout dans la forêt tropicale...

  • James C. Mandrake et Joseph Leo Glanz-Mainrad se connaissent depuis l'Université. Tous deux sont férus d'ethnologie et d'archéologie... mais ils se détestent cordialement, car leur amour de la science obéit à des motifs radicalement opposés. Aussi, Mandrake a-t-il de bonnes raisons de se méfier, quand il apprend que son vieil ennemi s'est procuré à grands frais une pierre sacrée nommée souvenir de l'innocence... une pierre qui donne peut-être accès au paradis perdu, à l'Ypi-marã-iy des Indios... à ce territoire interdit où seuls les héros parviennent en vie... à la Terre sans souffrance.

  • Un jour tranquille d'été, en pleine saison touristique, le ministre français de l'Intérieur apprend qu'un commando vient de s'emparer du super-pétrolier Téthys de 554 000 tonnes et qu'il menace de polluer les côtes provençales si l'on ne souscrit pas à ses exigences. Dans la lutte qui s'engage, la vie même des trente otages du tanker ne semble pas prévaloir en regard de la raison d'État et des intérêts considérables qui sont en jeu. Les précédents accidentels du Torrey Canyon, de l'Urquiola et du Böhlen s'imposent immédiatement à la mémoire. L'aventure du Téthys demeure pourtant, avant tout, une histoire humaine, un drame où se croisent les êtres les plus différents : une brochette de terroristes, un ministre écrasé par ses responsabilités, un préfet de police patient et rusé, un marin trop sensible à l'injustice, ainsi qu'au charme de la mystérieuse métisse embarquée avec le commando... Ce livre, aux bases techniques indiscutables, est un grand roman d'aventures qui peut, d'un jour à l'autre, devenir événement d'actualité.

  • Larry aime Linda. Et sans doute Linda aime-t-elle Larry. Ce pourrait être une love story comme une autre, avec pour toile de fond les années 60. C'est le roman fou d'une passion folle, d'un amour déchirant comme les cris du jazz dans la nuit. Dans le passé de Linda se cache un secret, une blessure jamais refermée. Dans sa vie présente, une fascination pour un homme qui l'attire et la repousse à la fois. De la jeune fille brutalement agressée un soir, à la brillante directrice d'une revue d'art, quelle distance y a-t-il ? Quel gouffre ? Entraîné par sa passion bleu nuit, Larry, l'étudiant en sociologie devenu romancier, remonte le fil du drame, dans l'espoir de les libérer, Linda et lui, de cette emprise... Paris, Nice, la Corse, l'Italie prêtent leurs couleurs, leurs odeurs, leurs bruits à cette intrigue au rythme obsédant, centrée sur un merveilleux personnage de femme et sur son mystère.

  • Si Gérard Doz s'était rendu au Sonrhaï, en Afrique Noire, c'était pour y recueillir les matériaux d'une thèse sur les religions animistes dans cette partie du monde. Mais il avait mal choisi son moment... Le docteur Ibrahima N'daye, grand ami de la France et président de la République du Sonrhaï, venait précisément de décider d'en finir avec les Busumes, une ethnie animiste trop peu docile à son goût. Alors Gérard, qui se croyait au Paradis depuis qu'il avait rencontré Daba, la belle Béninoise, se trouva propulsé au coeur même d'un conflit d'une effroyable sauvagerie...

  • C'est l'histoire de Louis Vassault, de sa jeunesse bridée qui ronge son frein dans le rugissement des soupapes adultes. Tôt ou tard, les flics l'auraient alpagué pour le conduire aux armées, si sa chère maman ne l'avait pas dénoncé avant. En temps de guerre, elle l'aurait fait fusiller, c'est sûr. Elle croyait lui rendre service, mais militaire d'abord. Les adjudants supermalabars n'ont pas réussi à lui développer les épaules, ni le sens des réalités. Il sera réformé pour crétinisme, l'idéal, et reprendra ses vagabondages et ses mauvaises fréquentations. De la prison aux cuisses de Titine, des tasses de Pigalle aux beuveries avec l'Indien, c'est un curieux périple initiatique. Au bout de la nuit acidulée des villes, se cache la grande manipulatrice de nos rêves : la Mort en personne, avec son sourire en porte-à-faux. Une façon comme une autre de retrouver la chaleur du sein maternel, où l'amour et la haine se dorlotent. Avec une santé et un entrain qui révèlent l'angoisse, un langage étonnant de verve et d'invention, Charles Pascarel nous propose cette éducation sentimentale d'un nouveau genre, une cascade d'aventures burlesques et violentes, derrière lesquelles se devine, sans doute, un mal de vivre moderne.

  • Une accélération : en pleine vitesse, il atteignit le centre de l'octogone qui limitait sa course, son pied frappa la pierre, le corps se tordit et projeta la flèche, avec un détachement qui troubla l'assistance. Aussitôt, le javelot s'engagea dans une trajectoire incompréhensible. Loin de tracer une parabole, il se dressa à la verticale - il grimpait au zénith, animé d'une singulière autonomie ! L'affront qu'il infligeait aux dieux parut sans précédent, et une foule hurlante de linges blancs, s'agita comme si un tourbillon d'écumes avait noyé la plage. Un silence invincible s'imposa pourtant ; tous les hommes, de tous les autres jeux, se figèrent dans l'éblouissement de la lance, minuscule pupille crevant l'oeil transparent du globe céleste. Scandale au coeur du scandale, le soleil se trouvait en équilibre au milieu de son orbe. Il est midi.

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