• Chacun s'accorde aujourd'hui à reconnaître que la vocation de l'École est bien de faciliter les apprentissages. Mais pour être établi, le consensus n'en est pas moins insuffisant s'il n'est pas accompagné de l'énoncé des moyens. Apprendre... oui, mais comment ? Les enseignants et les formateurs savent bien que l'exhortation, ici, n'est d'aucun effet, aussi péremptoire soit-elle.
    Avec le présent ouvrage, Philippe Meirieu poursuit et approfondit la réflexion entreprise dans L'École, mode d'emploi, mais il s'attache, plus particulièrement, à l'acte d'apprentissage... Il en débusque les représentations trompeuses, dénonce les illusions qui traînent à son sujet et tente d'établir quelques repères à partir desquels l'enseignant puisse élaborer, réguler et évaluer son action. C'est ainsi qu'il aborde aussi bien la relation pédagogique, la rationalisation didactique et les stratégies individuelles d'apprentissage. Il montre comment l'attention à ces trois dimensions permet de maintenir « l'équilibre écologique du système apprendre ».
    Mais l'originalité de ce livre tient aussi à sa forme : le lecteur s'y trouve mis en situation d'activité, confronté à des exercices, des récits d'expériences pédagogiques ou d'événements de la vie scolaire. À partir de là, l'auteur dégage avec lui quelques principes fondamentaux et propose toute une série d'outils qui pourront être utilisés par les instituteurs, professeurs, formateurs : des outils pour imaginer, construire et adapter une pédagogie véritablement différenciée, des outils pour pratiquer l'aide méthodologique, des outils pour travailler à la réussite de tous.
    Un livre qui dépasse le clivage théorie-pratique et qui est vite devenu une référence pour tous les « professionnels de l'apprentissage ».

  • « S'ils veulent sauver leur métier, et de manière plus générale s'ils veulent sauver les métiers de l'humain, les adultes éducateurs n'ont d'autre choix que d'oser le verbe aimer. Aimer veut dire éduquer chaque fois que la rencontre est un dialogue entre l'intimité de deux « je » : celle d'un adulte perçu comme référent et celle d'un gamin aperçu dans ses possibles. Dès lors, parce que fondée sur le consentement et la réciprocité, se trame une relation éducative qui est aussi une relation d'amour. »

    Philippe Gaberan poursuit sa réflexion sur la relation éducative (érès, 2003, rééd. 2016) en s'attaquant au dogme de la posture professionnelle détachée des implications affectives. Parce qu'elle met en scène l'homme dans ce qui fait l'essentiel de son humanité, la relation d'amour est l'un des plus puissants leitmotivs de la littérature, un incontournable du discours philosophique mais aussi un concept majeur des sciences de l'éducation. Aux limites de la présence de l'être au monde, elle oeuvre à faire advenir du « pas encore là » dans le « déjà là » pour peu qu'elle intègre les éléments essentiels d'une éthique de l'éducation.

  • Une lecture psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin à travers la question de la temporalité psychique.

    à partir de la temporalité psychique, pensée dans sa dimension anthropologique, l'auteur ouvre une perspective de compréhension inédite de problématiques psychologiques contemporaines comme la dépendance psychique, le rapport aux limites et à la loi, les conduites oppositionnelles, les troubles de la parentalité, le rapport aux savoirs et la transmission, etc. De nombreux exemples cliniques viennent illustrer l'analyse psychanalytique de l'acte éducatif ou de soin dans le contexte de ce nouveau malaise dans la civilisation.

  • Les élèves aiment-ils l'école ? aiment-ils apprendre ? aiment-ils leur professeur ? Qu'est-ce qui fait l'essence de la relation maître - élève ? Cet ouvrage voudrait mettre en valeur l'affectivité des élèves dans leurs rapports à l'école, au savoir et au maître par le moyen d'entretiens auprès d'élèves qui réussissent ou non leur scolarité.Puisque le processus enseignement / apprentissage se mesure en terme de réussite ou échec, il est intéressant de s'interroger sur les déterminants de la réussite ou de la difficulté scolaire. Ces déterminants sont à rechercher dans la situation scolaire elle-même. Une meilleure connaissance des voies et des mécanismes de l'apprentissage en classe ainsi que du rôle et de la place de l'enseignant dans le processus de construction des savoirs chez les élèves est le sujet de ce travail. La place de l'affectivité dans l'expérience scolaire de l'élève. Le rapport au maître peut-il être vu comme élément déterminant de la réussite ou de l'échec scolaire ?

  • Une leçon de civisme constructif par un formateur militant qui n'a pas perdu espoir dans l'institution scolaire pour laquelle il appelle la société à se fédérer et les enseignants à s'engager. La société a l'école qu'elle mérite ; l'école ne peut pas tout mais, sans elle, on ne peut rien. Or, aujourd'hui, sur qui peut-elle espérer s'appuyer pour réussir sa mission ? Il y a nécessité d'un consensus social à retrouver, nécessité d'une société qui se rassemble autour de son école et non qui se déchire à son propos, lui redonne sa juste place et participe avec elle à sa réussite. L'auteur pose des jalons pour avancer et, en s'appuyant sur son expérience d'enseignant et de formateur, il engage les adultes, enseignants et parents, à se mobiliser pour l'avenir de nos enfants.  

  • Toute philosophie, écrit Platon, commence avec l'étonnement. Que l'Education nationale ait transformé les écoles normales en instituts universitaires de formation des maîtres et simultanément abandonné le terme de maître, au profit du titre de "professeur, pour qualifier la profession et la mission des enseignants, constitue le point de départ étonnant de ce travail. Désigner les maîtres comme professeurs, n'est-ce pas prendre le risque de réduire une fonction, n'est-ce pas viser une dimension purement technicienne de la
    transmission du savoir ? N'est-ce pas chercher à faire l'économie du sujet désirant ? N'est-ce pas tenter d'occulter la question ultime du sens ?

    Convoquant ici le maître rousseauiste de L'Emile et le maître socratique du Banquet, l'auteur nous invite à une réflexion sur les enjeux de la fonction de maîtrise qui
    peut participer d'intentions contradictoires :
    - forclore le sujet en ne visant qu'une transmission de savoir reposant sur des techniques et des méthodes et ainsi l'enfermer dans une dépendance fusionnelle, illusoire et mortifère ;
    - disclore le sujet en le révélant à lui-même comme sujet désirant et, en refusant d'incarner les trésors sacrés du savoir, le sortir du leurre et de l'illusion thaumaturgique de l'éducation.

  • La défaite et l'exode de 1940 amplifient démesurément les problèmes de l'enfance et suscitent par là-même des situations inédites : un cinquième de la population erre le long des routes, de nombreuses familles sont disloquées, près de 90 000 enfants sont "perdus" et la délinquance des jeunes augmente de façon sensible. Pour faire face à cette désorganisation sociale, vont se créer, dans la France de l"0ccupation, de nouvelles institutions : initiatives publiques ou privées mais aussi entreprises de personnes agissant avec l'accord, l'appui ou même parfois à l'instigation des autorités en place. Ce sera le cas, exemplaire, de l'Institut pédotechnique de Toulouse Saint-Simon. Ces tentatives vont se situer, pour les pouvoirs publics, dans une visée politique à plus long terme : coordonner à l'échelle régionale l'ensemble des équipements concernant l'enfance en difficulté actuels et à venir.

    Créé le 22 juin 1941 par l'Abbé Plaquevent, l'Institut pédotechnique de Toulouse Saint-Simon peut être considéré comme significatif de ce qui deviendra après la guerre "le secteur de l'enfance inadaptée" par son double caractère 1 centre d"observation pour enfants en difficulté et centre de formation de personnel éducatif. Mais cette institution présente aussi une forte singularité : dès sa fondation, ces deux structures distinctes sont liées organiquement au sein d'un même ensemble.

    Cette recherche à visée historique s"appuie sur le dépouillement d'archives publiques et privées complété par des entretiens avec une vingtaine d'acteurs, témoins de l'époque. Elle s'est déroulée à l'initiative et dans le cadre d'institutions héritières de l'Institut pédotechnique - le collectif St-Simon, l'Institut régional de formation aux carrières éducatives et sociales - gérées
    par l'Association régionale pour la sauvegarde de ltenfant, de l'adolescent et de l'adulte (ARSEAA) créée en 1943. L'association Echo Saint-Simon a joué un rôle moteur dans ce travail collectif.

  • Qu 'est-ce que la pédagogie ? Comment comprendre et interpréter les propositions et pratiques pédagogiques ? Pourquoi la pédagogie est-elle si attaquée ? Pourquoi reste-t-elle si nécessaire et quels espoirs peut-on raisonnablement fonder en elle ? Autant de questions qui préoccupent aussi bien les enseignants que les chercheurs en éducation, les spécialistes de l'institution scolaire que tous ceux qui s'efforcent, au quotidien, de faire reculer toutes les formes de fatalité.
    Jean Houssaye nous propose, dans cet ouvrage, une clé de lecture particulièrement pertinente : le « triangle pédagogique », qui relie le professeur, le savoir et l'élève et permet de comprendre les rapports qu'ils entretiennent entre eux. On peut ainsi mieux identifier les enjeux des pratiques pédagogiques, savoir les effets auxquels on peut s'attendre et les dangers que l'on court en fonction des choix que l'on fait. Tout éducateur ou formateur trouvera là matière à s'interroger et à progresser, lucidement, vers une pédagogie mieux accordée aux valeurs éducatives fondatrices et aux exigences de notre temps...
    Car, précisément, c'est vers les questions d'aujourd'hui que se tourne Jean Houssaye pour mettre à l'épreuve le « triangle pédagogique » : la crise de l'autorité, le cours magistral, la gestion des classes hétérogènes, les inégalités et la justice scolaire, etc. Chaque fois, il fournit un cadre théorique qui permet de reposer les problèmes de manière nouvelle ; chaque fois, il restitue au lecteur un vrai pouvoir d'action en lui donnant les moyens de se situer et de s'engager en toute connaissance de cause.
    Le lecteur sera surpris : sous la plume de Jean Houssaye, tout s'éclaire...
    Le « triangle pédagogique » est un vrai modèle d'intelligibilité de l'entreprise éducative. Un modèle pour comprendre. Un modèle pour agir.

empty