Littérature générale

  • Le petit soviet

    Eric Découty

    Il a fallu l'appel d'un banquier inconnu pour que Joseph Kruger fasse le voyage. Puisque l'homme a insisté, il viendrait en personne récupérer les derniers documents concernant la succession de ses parents décédés récemment. Ni eux ni lui n'avaient plus d'attaches dans la région depuis trois décennies. Dès l'instant où il remet les pieds au Village, Joseph est assailli par les souvenirs d'enfance qu'il pensait effacés. Mais surtout, dans ces rues vides, il a l'impression tenace que chacun de ses mouvements est surveille? et que tous ont été informés de son retour. Il comprend vite que sa présence dérange, qu'on aimerait savoir s'il sait... Que devrait-il savoir? Une première révélation le lance dans une enquête improvisée, aussi discrète que possible. Rien n'a préparé Joseph à recevoir en legs un encombrant épisode de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un morceau d'histoire indicible, que cèle un vieux pacte de silence.
    Avec Le Petit Soviet, Éric Decouty signe un roman élégant, à la fois historique et introspectif.

  • " Dès son titre, le livre annonce les pertes de cette vie. Ce qu'elle n'a pas perdu en chemin, c'est la conviction que rien n'est plus évident que de défendre ses droits. C'est en cela que réside le triomphe de Ruth Klüger. " Frankfurter Allgemeine Zeitung

    "
    À mesure qu'on vieillit, les fantômes s'éloignent. Des années durant, ils nous suivent d'une démarche incertaine et nous ralentissent, car il est impossible de presser le pas pour fuir ou dépasser le grand frère assassiné à dix-sept ans, alors qu'on en avait tout juste onze. "

    Déportée et rescapée d'Auschwitz, Ruth Klüger nous racontait, avec
    Refus de témoigner (éditions Viviane Hamy, prix Mémoire de la Shoah 1998), sa jeunesse et son exil à seize ans aux États-Unis.

    Dans
    Perdu en chemin, nous la découvrons adulte, confrontée au quotidien des années cinquante, en pleine lutte pour obtenir dignité, respect et reconnaissance de soi. Devenue une germaniste réputée, nommée docteur
    honoris causa de l'université de Göttingen, elle poursuit le débat avec elle-même : quels sont les mécanismes de la mémoire individuelle et collective vis-à-vis des horreurs du passé, de leurs victimes, auteurs et témoins ? Le fil du récit est la discrimination intimement ressentie et constante, mais aussi celui d'une double émancipation : celle d'une Juive et celle d'une femme. Nous sommes submergés par sa sincérité, sa générosité et son intelligence souveraine.

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