Sciences humaines & sociales

  • Dans ce témoignage étonnant d'humanité et de justesse, Jacques Salmona, d'origine judéo-espagnole, relate ses aventures sous l'Occupation à Paris. Il esquisse par des anecdotes savoureuses, parfois tragiques, son enfance, son entrée dans le mouvement scout des Éclaireurs israélites de France, bientôt transformé en groupe de résistance. Ses souvenirs sont tellement vivaces qu'ils paraissent avoir été écrits "à chaud", sous la menace des bombardements. Les Éclaireurs israélites ont joué un rôle de premier plan dans la prévention, auprès des Juifs parisiens, de la rafle du Vél' d'Hiv', avant de prendre en charge les enfants de déportés, de les cacher et de les placer dans des familles d'accueil. Héros ordinaire, Jacques a échappé de justesse à la Shoah. C'est absolument poignant.

    /> Fils d'immigrés juifs, Jacques Salmona (1923-2015) connaît une enfance difficile mais intègre les Arts et Métiers en 1942. Il participe pendant la guerre à la Sixième, section clandestine des éclaireurs israélites de France, au rôle aussi méconnu que capital. Entré en 1947 chez Degrémont, entreprise spécialisée dans le traitement des eaux usées, il y fera toute sa carrière et en deviendra P.D.G.. À 90 ans, il écrit avec son épouse Lydia ce récit bouleversant, destiné à ses petits-enfants.

  • « Ma très chérie. Nous voici en route pour X. Aucune idée. Tous les tuyaux circulent, Allemagne, Pologne aussi bien que Pyrénées. On verra bien... Ça peut être très long. Mais on reviendra. Je ne crains qu'une seule chose, c'est de vous voir nous rejoindre. » 27 mars 1942, jeté du premier convoi Drancy-Auschwitz.

    Ce recueil de 130 lettres témoigne de l'internement et de la déportation des juifs en France entre 1941 et 1944. Une persécution dont l'été et le printemps 1942 constituent le tournant, avec la grande rafle du Vél'd'Hiv. Les internés, leur famille, de simples témoins disent leur angoisse, leurs préoccupations quotidiennes, leur incompréhension. Ils tissent un récit à plusieurs voix, issues de la France entière et convergeant vers le camp de Drancy, antichambre de la déportation et de l'extermination.

  • Régine Frydman est une enfant du ghetto de Varsovie qui a, par miracle, échappé à la mort. Elle a huit ans en 1940 quand les Allemands décident denfermer 450 000 Juifs dans une enclave de cinq hectares, où ils vont être parqués et broyés à mort en lespace de trois ans. Régine naurait pas survécu si son père Abram Apelkir navait pas bravé le danger, risqué sa vie en sortant du ghetto pour trouver de la nourriture, caché sa famille chez des amis polonais en plein centre-ville et à la campagne, et même chez des religieuses.

    Régine Frydman mêle son récit à celui de son père. À deux, ils livrent un témoignage bouleversant des terribles événements dont ils ont été les témoins, les cadavres qui sentassent sur les trottoirs, les descentes éclairs de la police allemande, les fusillades dans la rue, les enfants qui se battent pour un quignon de pain, les marches dans la neige pour échapper aux rafles et à la déportation, et enfin la joie de retrouver la liberté grâce aux troupes russes.

    Un document rare.

    «Il y avait des individus qui se débrouillaient, qui risquaient leur vie pour leurs familles, pour leurs enfants. Certains habitants du ghetto étaient dun courage incroyable, et très inventifs. Mes parents étaient de ceux-là, ils se battaient sans jamais penser à la mort qui leur était destinée.» RÉGINE FRYDMAN

  • La Brigade mondaine ! La police des moeurs, celle qui colle son oeil dans le trou de la serrure. Ce service mythique aux premières loges de l'évolution des moeurs, au courant de tout. Eh bien, c'est dans cette brigade du 36, quai des Orfèvres qu'en 1963 déboule un jeune inspecteur en début de carrière. Ce policier d'avenir se nomme Claude Cancès ; un jour, il sera commissaire, puis directeur de la PJ parisienne. D'ici là, à la Mondaine, il va tout connaître, s'imprégner de Paris la nuit, Paris trottoir, Paris sur Vice. L'affaire Ben Barka le cueille à peine arrivé, puis ce sera la chasse aux « julots », ces proxénètes de plus ou moins grande envergure. Il va croiser la plus grande entremetteuse du siècle, Madame Claude, une indicatrice de haut vol, « la Rouquine », des ministres, un cardinal, des flics pourris, des flics droits, des P-DG tordus, Alain Delon...
    Dans ce livre il fait revivre les soirs de rafle, lorsque le « panier à salade » déborde, la traque aux ouvrages interdits, les cinémas pornos clandestins, les partouzes. Le jeune inspecteur planque, suit son gibier, observe, oscille entre le rire et l'émotion. En « vrai-faux taxi », à pied, en métro, il arpente Paris, apprend les trottoirs de la capitale, ses cabarets, ses hôtels borgnes, mais aussi les soirées prestigieuses, les mondanités de la Mondaine. Tout un univers, toute une galerie de personnages. Avec lui, nous grimpons le célèbre escalier du 36, nous saisissons combien les temps ont changé. Ce qui était poursuivi hier, devient banal aujourd'hui. Parcours initiatique d'un jeune flic, son ouvrage est aussi le reflet de l'accélération des moeurs, du temps qui bouscule tout. Le récit le plus humain, le moins froid, d'une humanité qui est la nôtre.

    Cahier photo papier/numérique © Patrick Durand / Sygma / Corbis © 2014 Pygmalion, département de Flammarion

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