• Ce réquisitoire balaie d'un revers de main la démocratie telle qu'elle a cours. Et, ose-t-on ajouter, telle qu'elle a encore cours. Son argumentation repose sur des réflexions philosophiques qui traitent de l'organisation idéale de la collectivité en démocratie, notamment le Contrat social de Rousseau. La raison seule est garante de la justice, et non les passions, nécessairement marquées par l'individualité. Or, les partis, puisqu'ils divisent, sont animés par les passions en même temps qu'ils en fabriquent. Pour Weil, un parti comporte potentiellement, dans sa lutte pour le pouvoir, un caractère totalitaire. Ils défendent leurs intérêts propres au détriment du bien public. Il faut se garder comme de la lèpre de ce mal qui ronge les milieux politiques mais aussi la pensée tout entière. Contre les passions collectives, elle brandit l'arme de la raison individuelle.
    Rédigé en 1943, ce texte propose un système fondé sur l'affinité et la collaboration de tous, un hymne à la liberté individuelle capable de s'exprimer dans le cadre d'une collectivité.

  • « Il est encore temps d'éviter le pire » ; « Demain il sera trop tard » ; « Tout peut changer »... CE LIVRE EST POUR CELLES ET CEUX QUE CES PHRASES NE CONVAINQUENT PLUS. Ce livre est pour celles et ceux qui savent que la planète nous survivra quoi qu'il advienne et que l'humanité ne sera pas sauvée à coups de voeux pieux, de petits pas « qui vont dans le bon sens » et de petits gestes
    bien intentionnés au quotidien. Jean-Marc Gancille porte un regard sans concession sur notre situation. Face à l'impasse écologique, il invite à changer de stratégie, à exercer une légitime défense contre le système et à abandonner l'espoir pour le courage afin de sauver ce qui peut encore l'être. Selon l'auteur, l'heure est venue de ne plus se mentir et de reprendre collectivement notre destinée en main. Ne serait-ce que pour l'honneur.

  • Kit pour voyager en écotopie
    Confrontés à nos schémas destructeurs et aux limites planétaires, nous devons déverrouiller et nourrir notre imaginaire pour créer un futur désirable. C'est le sens de ce voyage en écotopie, où l'imagination devient action politique. L'écotopie n'est pas une fiction, c'est une idée qui se met en oeuvre pour devenir un lieu où foisonnent les solutions écologiques concrètes.
    Munis d'un sac à dos avec tout l'équipement nécessaire pour affronter les péripéties du voyage (carnet de bord, boussole, montre, encyclopédie de la nature, carte et couteau suisse), nous cheminons avec l'auteur vers un nouveau pays, un pays écologique. Pour devenir les acteurs de la révolution écologique, il nous faudra modifier radicalement notre mode de vie, notre comportement et nos actions, tant à l'échelle individuelle qu'à l'échelle collective. La France écotopique que nous découvrirons est une société juste, idéale et égalitaire. Le pays est réensauvagé, les humains cohabitent avec les non-humains, ils se sont réapproprié des lieux de vie, créant des sociabilités nouvelles, les individus s'accomplissent en dehors du travail, maîtrisent leur économie et leur temps, le modèle agricole intensif a laissé place à des pratiques respectueuses du vivant, qui repensent le produire et le consommer, et la démocratie s'exerce au quotidien...
    Ce livre, à la fois original et ludique, réactive les principes et les espoirs des utopies écologiques et sociales du XIXe siècle (Fourier, Thoreau, Goldman, Kropotkine). Fondamentalement ancré dans le réel, il ébranle avec finesse et intelligence l'ordre établi tout en donnant du sens et une direction à notre société.
    Il est grand temps de partir ensemble sur les rivages de l'écotopie !

  • « La diversité, c'est bon pour le business »; « Si Lehman Brothers avait été Lehman Sisters,« Si Lehman Brothers avait été Lehman Sisters, il n'y aurait pas eu la crise »... Ces slogans, associant l'inclusion des femmes et des personnes racisées à une plus-value, concourent-ils à faire de l'égalité, principe fondateur du pays des droits de l'H(h)omme, une réalité ? Réjane Sénac montre que cette marchandisation de l'égalité participe de la reproduction d'une société inégalitaire. À travers une lecture critique de la devise républicaine, elle propose de dépasser un héritage fondé sur la complémentarité sexuée ou racisée. S'imaginer comme un.e semblable est, selon elle, la condition pour que chacun.e puisse s'épanouir à égalité dans sa singularité individuelle.

  • « Au cours des années 1970, une vigoureuse offensive contre le "totalitarisme de gauche" ébranla la vie politique française. Dans leurs livres, leurs articles et à la télévision, les intellectuels "antitotalitaires" dénonçaient, sur un ton dramatique, une filiation entre les conceptions marxistes et révolutionnaires et le totalitarisme. Issus eux-mêmes de la gauche et ne craignant qu'une faible opposition de ce côté-là, ces intellectuels ont réussi à marginaliser la pensée marxiste et à saper la légitimité de la tradition révolutionnaire, ouvrant ainsi la voie aux solutions politiques modérées, libérales et postmodernes qui allaient dominer les décennies suivantes. Capitale de la gauche européenne après 1945, Paris devenait la "capitale de la réaction européenne". »

  • L'adolescence est réputée être le théâtre d'un moment de crise, de recherche, de découverte, d'interrogation métaphysique pour le jeune être humain. Au carrefour d'un passé qu'il aspire à surmonter et d'un avenir aux traits inconnus, celui-ci semble vouloir y traiter avec l'intraitable de sa condition native dont dépendent son identité et son marquage à l'intérieur d'une filiation. Mais l'adolescence se réduit-elle, comme on le croit communément, à l'âge dit « pubertaire », voué par principe à être traversé et abandonné derrière soi?? Qu'emportons-nous, au sortir de l'enfance, de cette enfance précisément?? Quant à l'éthique, quelle décision exige-t-elle de l'adolescent pour qu'il assure son entrée dans l'âge adulte?? À travers notamment une analyse de la figure d'Hamlet et une lecture du poème de Rimbaud intitulé « Jeunesse », Paul Audi se propose dans cet ouvrage de rattacher les caractéristiques du « moment adolescent » à une conception qui lui est propre de la finitude humaine. Il tente en même temps de mesurer la portée de cette affirmation que l'on doit à la psychiatrie française contemporaine, à savoir que « ce qui se passe en adolescence est une métaphore des problématiques de notre société ».

  • Il existe une abondante littérature universitaire consacrée aux faits religieux, à la sécularisation ou encore à la laïcité. En revanche, peu de recherches s'intéressent à la manière dont les professions sociales et socio-éducatives abordent et traitent les croyances des personnes accompagnées. Tirant profit d'enquêtes de terrain, Daniel Verba met à disposition un cadre de réflexion anthropologique pour tenter de mieux comprendre comment les convictions religieuses des bénéficiaires de l'action sociale et médico-sociale - croisant aussi parfois celles des professionnels - interviennent dans l'activité ordinaire des relations de service. La première partie propose une analyse anthropologique des faits religieux et montre les principaux obstacles épistémologiques et idéologiques auxquels peuvent être confrontés les intervenants sociaux. La seconde partie aborde la question de l'islam et de son hyper-présence actuelle dans les discours publics et les institutions sociales. Enfin, la troisième partie donne la parole aux professionnels pour mieux comprendre les embarras et les réponses que dessine l'intervention sociale face à la manifestation croissante des convictions religieuses ou parareligieuses.

  • J'ai vécu en un temps où ce qu'on pouvait appeler la justice a été déchiqueté, ce qui veut dire que notre être humain, aussi, a été déchiqueté. (...) Et donc cette question de la justice nous est présentée, à nous. (...) L'art dramatique n'est aucunement un luxe, c'est le fondement même de la civilisation. Le théâtre tel que nous le connaissons fut créé par les Grecs et, sans doute, encore aujourd'hui, c'est le théâtre qui a le plus à nous dire. Les Grecs ont eu besoin de créer le théâtre parce qu'ils créaient la démocratie, la première vraie démocratie urbaine. Ils disposaient pour cela de trois institutions principales : l'Assemblée (...), le Tribunal. (...) Ces deux institutions avaient trait à la loi. La troisième était le Théâtre qui, lui, n'avait rien à voir avec la loi : le Théâtre avait à voir avec la justice, (...) la culture grecque est née de là.

  • La « radicalisation » est sur toutes les lèvres. Mais que veut réellement dire ce terme ? Étymologiquement, c'est le retour aux racines (du latin radix). L'islam radical ne promet pas autre chose, ain-si que l'ultra-gauchisme, le fascisme, les sectes... Tous proposent aux individus de se fondre dans un groupe soudé, à la fois victime et tout-puissant. Ce qui s'y oppose sera combattu, à commencer par les différences, parfois jusqu'au sacrifice ultime. D'où vient un tel désir de fusion ? Pourquoi nous-mêmes avons-nous parfois l'idée que les racines sont préférables aux fruits ? Pourquoi partir en quête de cette unité absolue, qu'elle soit religieuse, politique, mais aussi amoureuse, professionnelle ou amicale, au risque de s'y perdre ? Dans cet essai, Thomas Bouvatier montre comment la pensée radicale entraîne une dépendance de l'individu à l'égard d'un groupe fusionnel, et pourquoi il est urgent d'apprendre à s'en défendre, individuellement et collectivement.

  • La radicalité conduit à une impasse» reconnait Sartre dans son dialogue avec Benny Lévy, publié dans Le Nouvel Observateur grâce à Jean Daniel Et Benny Lévy de renchérir : « Si l'idée de la révolution s'identifie à l'idée terroriste, elle est foutue. » Par contre, nuance Sartre, « c'est l'intention qui doit être radicale ». Et en ce sens, l'idée de révolution peut être sauvée, mais il s'agit alors d'une 'révolution métaphysique qui transcende l'Histoire, la politique, au service de « l'unité des consciences ».

  • Quelles sont les raisons d'adhérer à une religion en prison? ? La religion en prison, terra incognita de nos sociétés, véhicule toutes sortes de fantasmes, en particulier ceux liés à la radicalité religieuse. Les événements dramatiques autour des frères Kouachi, de Mohamed Merah ou de Jérémie Louis-Sydney, tous suspectés de s'être convertis à l'islam radical en prison, favorisent l'idée que l'incarcération génère une sorte de contagion religieuse dans le milieu carcéral. Mais peut-on parler de contagion cognitive? ? Quelles sont les mobilisations du religieux en prison? ? La religion intervient-elle sur le sens de la peine et de l'acte ? Permet-elle de normaliser les conduites ou au contraire de justifier des actes et des postures individuelles ?? L'organisation et la présence des religions dans les prisons constituent un droit, au nom de la liberté de conscience, inscrit dans le Code de procédure pénale. Mais comment sont régulées, gérées les offres et les demandes religieuses au quotidien? ? Comment dans cet espace de grande proximité et de cohabitation vivre son appartenance religieuse? ?

  • Comment peut-on parler de radicalité environnementale au pays des climato-sceptiques et du charbon-roi ? Malgré son obsession de l'abondance matérielle et son goût pour un mode de vie extrêmement énergivore, la nation américaine a aussi produit de nombreuses voix dissidentes, de Henry David Thoreau à J. Baird Callicott, en passant par John Muir, Aldo Leopold et Rachel Carson. Dans cet ouvrage, la radicalité environnementale désigne le rejet d'une vision purement anthropocentrée du rapport entre les humains et le vivant non-humain. Depuis le milieu du XIXe siècle, des écrivains de la nature, des philosophes et des militants ont plaidé, et parfois agi, en faveur d'un décentrement du point de vue humain aux États-Unis. Ce livre retrace le développement de ce projet écocentriste de l'ère transcendantaliste jusqu'à celle de l'anthropocène. Comment surmonter la distinction moderne entre nature et culture afin de faire advenir une redéfinition de notre rapport éthique avec le vivant non-humain ? Tel est le défi que ces radicaux ont tenté de relever en s'inspirant les uns des autres tout en s'adaptant aux évolutions sociales, culturelles et historiques de leurs époques respectives.

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