• De la rencontre à la vie commune : un dialogue amoureux, sensuel et visuel entre Mathias Malzieu et Daria Nelson.
    À quarante ans, peut-on tomber amoureux avec la même fraîcheur que lorsqu'on était adolescent ? Mathias Malzieu et Daria Nelson en sont la preuve vivante. Lui avec les mots, elle avec les images, ils racontent leur première rencontre qui a " déréglé joyeusement la métrique amoureuse ", puis l'envie, deux jours plus tard, d'une vie ensemble. Les scènes se suivent, mêlant le réel à l'imaginaire, le quotidien aux fantasmes et aux rêves. Le corps est objet de désirs : les pieds sont des poissons tropicaux, une paire de fesses devient un trésor de pirates, un sexe est un instrument de musique. Entre les scènes, le chanteur Malzieu évoque ses frères aînés : Boris Vian, Serge Gainsbourg et Alain Bashung.

  • Dans Le Silence des mots, le temps est comme suspendu. Dans cet arrêt devant le gouffre, le ressac de la mémoire se déploie autour d'êtres esseulés, des « déportés de l'intérieur ». Des échos du réel nous parviennent, un ballet d'ombres malmenées par les rues.Il y a aussi un désir intact : la lumière, une femme, l'odeur de la pluie. Ces moments ne sont suspendus que par les vers qui les retiennent, avant qu'un oubli effrayant et libérateur ne les avalent.Composés de strates de visions, d'inscriptions relevées, peut-être, au dos d'un livre ou sur un mur, ces poèmes sont autant de balises pour nous mener au-delà des « vérités avariées », des mensonges et des faux semblants.Cet exil ne cessera qu'au terme du livre, une fois passé derrière les mots. « On ne se sépare pas du rien. »

    Né en 1950, Gérard Berréby fonde les éditions Allia en 1982. En 1985, il établit l'édition des Documents relatifs à la fondation de l'Internationale situationniste puis publie les oeuvres de Leopardi, dont le Zibaldone. Il a publié trois recueils de poésies : Stations des profondeurs (2010), Joker & Mat (2016) et La Banlieue du monde (2019). Fin 2014, a paru Rien n'est fini, tout commence, volume d'entretiens avec Raoul Vaneigem. Gérard Berréby a également une activité de plasticien.

  • Notre langage est devenu faible, accablé de néologismes et rongé par l'à-peu-près. En un mot : pauvre. Notre langage va mal. Ainsi le monde que nous déchiffrons. Comment sortir du chaos de l'approximation ? Comment nous réapproprier nos mots ?
    Songez que la plus simple marguerite contient en elle une perle, un rayon de lune et l'histoire d'un amour rarissime ; ou que le secret des confins, inaccessibles et inquiétants, est en réalité d'accueillir l'autre avec confiance.
    Avec 99 mots, Andrea Marcolongo dessine un atlas étymologique et nous montre comment et pourquoi l'histoire de ces mots est une boussole précieuse pour qui voudra bien s'en munir.
    Et si notre instinct de la langue et l'amour des étymologies donnaient le pouvoir de changer le monde ?

  • Quel est le point commun entre Joker, Friends, Le Seigneur des anneaux ou Star Wars ? Tous sont des classiques de la culture pop. Tous nous ont enthousiasmés et divertis. Ils font désormais partie de nous, de notre imaginaire, de notre langage.

    Pourtant les tenants de la grande culture, la « vraie », affectent de les mépriser, les jugent niais ou inconsistants. « Plutôt Phèdre que Netflix ! » Plutôt Racine que la Casa de Papel. Ne peut-on aimer l'un et l'autre ? Opposer les deux, n'est-ce pas ignorer la vertu pédagogique du divertissement ?

    L'anneau de Gollum nous rappelle celui du berger Gygès inventé par Platon pour s'interroger sur la nature humaine : Un acte vertueux est-il réellement possible ? Orange is the new black nous fait réfléchir au sens de la justice en compagnie de Socrate et d'Aristote. L'histoire d'amour de Jack et Rose à bord du Titanic nous permet de comprendre ce que Levinas nomme « la véritable rencontre avec autrui. » Chacun de ces immenses succès populaires nous pose au moins une grande question philosophique.

    In pop we trust est donc un cri de ralliement. Une invitation à considérer la profonde sagesse de nos mythes contemporains et à en tirer tous les enseignements. Un manuel de philosophie, pour le bac ou pour la vie, autant qu'un manifeste du Gai savoir.

  • Ne vous y trompez pas : Berner Lerner est lui-même poète ! Et le prouve dans ce récit aux allures de manifeste. Plein d'esprit et engagé, Lerner défend l'idéal de la poésie : non nécessairement politique, essentiellement personnelle et capable de s'adresser à quiconque. D'où son désir de mettre à plat, avec brio et un humour constant, les contradictions qui entourent cet art et, surtout, sa réception. Les anecdotes sont légion, les références, capitales. Car, entre l'idéal poétique et la réalité du vers reporté sur la page blanche, difficile de se départir de sa part d'humanité. Goguenard, tendre et intraitable, Lerner invite le lecteur à prendre parti, à se rebiffer contre le regard interrogateur des uns et les critiques des autres. À bas ceux qui méprisent la poésie et les poètes !

    Né en 1979 à Topeka dans le Kansas, Ben Lerner enseigne la littérature au Brooklyn College. Il est l'auteur de recueils de poèmes et de deux romans, parus en français chez l'Olivier : Au départ d'Arocha (qui lui a valu aux États-Unis le Believer Book Award) et 10 : 04.

  • Il n'y a probablement de pensée solide - comme d'ailleurs d'oeuvre solide quel qu'en soit le genre, s'agît-il de comédie ou d'opéra-bouffe - que dans le registre de l'impitoyable et du désespoir (désespoir par quoi je n'entends pas une disposition d'esprit portée à la mélancolie, tant s'en faut, mais une disposition réfractaire absolument à tout ce qui ressemble à de l'espoir ou de l'attente). Tout ce qui vise à atténuer la cruauté de la vérité, à atténuer les aspérités du réel, a pour conséquence immanquable de discréditer la plus géniale des entreprises comme la plus estimable des causes.
    Réfléchissant sur cette question, je me suis demandé si on pouvait mettre en évidence un certain nombre de principes régissant cette « éthique de la cruauté », - éthique dont le respect ou l'irrespect qualifie ou disqualifie à mes yeux toute oeuvre philosophique. Et il m'a semblé que ceux-ci pouvaient se résumer en deux principes simples, que j'appelle « principe de réalité suffisante » et « principe d'incertitude ».

    Le Principe de cruauté est paru en 1988.

  • L'objet absolument singulier est incapable de décliner son identité, puisqu'il n'est rien qui lui soit identique : il est à la fois unique et étrange, et pour la même raison. Tel est le monde dans son ensemble : « un être unilatéral dont le complément en miroir n'existe pas » (Ernst Mach). Et telle est la réalité en général, composée d'objets singuliers, ensemble indéterminé d'objets non identifiables. Objets proprement indescriptibles, mais d'autant plus évocateurs du réel que la description en est plus malaisée. Ainsi, par exemple, les objets du rire, de la terreur, du désir, du cinéma, de la musique donnent-ils lieu à d'étranges et exemplaires appréhensions du réel.

    L'Objet singulier est paru en 1979 (nouvelle édition augmentée en 1985).

  • La photographie, longtemps considérée comme le témoin le plus fidèle du réel, ainsi que l'affirme Roland Barthes dans La Chambre claire, apparaît ici comme une inépuisable source de fantasmagories, capable de tout (c'est sa richesse) mais incapable de fidélité (c'est à la fois son privilège et sa limite). Il en va de même de la reproduction sonore et de la peinture.

    Cet ouvrage est paru en 2006.

  • Si Charles Melman a jugé bon de travailler la clinique de la névrose obsessionnelle durant deux ans de séminaire, c'est qu'il la considère à la fois comme une clinique du passé et une clinique actuelle.

    Dans ses formes bénignes, on l'aperçoit à peine si l'on n'est pas un praticien averti. Par contre les formes graves sont très handicapantes, surtout socialement. Il y a dans cette pathologie de l'immuable, de la répétition, la culpabilité d'un meurtre que le patient aurait commis sans s'en apercevoir, sans parler de son impossibilité à réaliser ses voeux et son impuissance.

    L'étude très fine que fait Charles Melman dans le domaine de la linguistique et de la grammaire éclaire et élargit le travail de Freud à partir des carnets de l''Homme aux rats. Dans le texte allemand, il repère l'insistance de certaines lettres, propre à cette pathologie et met en évidence le travail de l'inconscient.

    Mise en vente le 27 août 2015.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud (

  • Dans ce livre, Clément Rosset s'entretient librement avec Santiago Espinosa sur divers sujets. Dans une première partie, comprenant cinq entretiens, Rosset raconte avec humour les quatre épisodes marquants de sa vie l'ayant conduit à la réflexion philosophique. Il est ainsi question de son enfance, de son amour de la musique et de la littérature, de ses années de normalien et de son entrée à l'Université de Nice. Il y revient sur ses auteurs de prédilection, sur ses rapports avec l'Académie et avec les philosophes dont il a été le contemporain et parfois l'ami (Cioran, Deleuze, Jankélévitch, Descombes). Dans une seconde partie, deux entretiens visent, au vu d'un certain nombre de contresens ayant été faits par des commentateurs à son égard, à clarifier et à détailler les concepts-clés de sa philosophie : le double et le réel. Il s'agit donc à la fois d'un livre biographique, où Rosset parle de lui-même, et d'un ouvrage de fond, où le lecteur trouvera, tantôt un supplément conceptuel aux livres qu'il aura lus de sa philosophie, tantôt une introduction et une invitation à leur lecture.

  • Le réel est dépourvu de sens, ce qui ne veut pas dire qu'il est sans représentation. Très tôt, Lacan l'énoncera dans son oeuvre. Et c'est par le biais du symptôme que l'analysant donne au psychanalyste les moyens d'appréhender ce qui se passe pour lui dans le réel. Cet ouvrage met au travail cette notion, que Lacan reprend et élabore tout au long de son enseignement, comme une recherche en lien avec la clinique.

    Pour les sciences, voire pour « la Science », cette notion de réel, tout aussi importante, se révèle indispensable à son élaboration.

    Des psychanalystes et des scientifiques de renom montrent en quoi le réel compte dans leur discipline et dans leurs recherches. En toute intelligence, les différences étant évidemment marquées, les exposés des deux approches viennent alimenter un débat d'une brûlante actualité. Ce dialogue vigoureux ouvre des perspectives passionnantes pour un travail encore en chantier.

  • Le régime des passions n'est autre, tout simplement, que le « régime » ; au sens où l'on parle de « se mettre au régime » ou de « régime sec ». Il est même le plus dur des régimes, parce qu'un régime alimentaire autorise certains aliments alors que le régime des passions n'en tolère aucun.

    Cet ouvrage est paru en 2001.

  • Le cinéma d'animation est au-delà du réel : canonique comme la beauté de Blanche-Neige ; iconoclaste comme Le Roi et l'Oiseau de Prévert et Grimault ; chimérique comme une créature de Ray Harryhausen ; mimétique et rebelle comme Jerry Lewis ; émerveillé comme une enfant de Miyazaki ; ectoplasmique comme Final Fantasy ; vif comme l'esquisse. Cet ouvrage traverse plus d'un siècle d'animation et démontre que le réalisme est loin d'être une affaire de prise de vues directe.

  • Du plaisir d'écrire à la joie de vivre, et inversement. Du plaisir des mots au plaisir tout court, et vice versa.
    Le choix des mots est affaire sérieuse. Il signale toujours une certaine forme d'adoption - ou de refus - des choses, d'intelligence ou de mésintelligence de la réalité.

    Le Choix des mots, paru en 1995, est suivi de La Joie et son paradoxe.

  • Nicole Malinconi échange avec Jean-Pierre Lebrun autour des questions de l'écriture, de la langue et de l'altérité.

    Dans un dialogue vivant et accessible, les auteurs ouvrent un champ de questions qui intéressent autant les professionnels de la santé mentale que tout citoyen s'interrogeant sur ce que parler veut dire. Utilisant des références littéraires, cinématographiques, psychanalytiques, linguistiques, sociologiques, philosophiques, ils se demandent comment une société traite la langue et comment la langue transforme la société.

  • Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C'est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.

    Lacan est certainement un élève de Freud puisque l'oeuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu'il a assumée au sein d'une capitale, d'un milieu, d'une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.

    Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c'est le rôle du langage en tant qu'il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s'appelle l'inconscient et qui, à notre insu - insu de mauvais gré -, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

  • Considéré comme le meilleur spécialiste de la névrose obsessionnelle, Charles Melman n'a cessé, depuis 1954, d'approfondir et de se remettre au travail, ce dont témoigne ce séminaire clinique et pédagogique.

    Dans ce nouveau volume, il amplifie et complète les thèmes abordés dans le tome 1 en étudiant la névrose obsessionnelle à partir des carnets où Freud consigne au jour le jour les séances de l'Homme aux rats.

    Ce journal permet une analyse plus fine des grands traits de la névrose obsessionnelle à partir du texte même de son discours où se révèlent son besoin incessant de vérification, son impossibilité à se déterminer chaque fois qu'il doit faire un choix, la manière dont il répète toujours les mêmes attitudes... mais aussi sa culpabilité constante et son sentiment d'être un criminel.

    Tout au long de ce texte, Charles Melman nous mène, pour notre plus grand intérêt, dans le dédale de cette pathologie qui conserve malgré tout sa part de mystère.

    La névrose obsessionnelle
    Tome 1 : Le signifiant, la Lettre
    Tome 2 : Etudes des carnets de l'Homme aux rats de Freud

  • Comment aborder le « symptôme » non pas simplement pour le faire disparaître ou le camoufler, mais pour y trouver la matière à développer toute la richesse et la complexité de l'humain ? Voilà le « SINTHOME » et toute la fécondité du dernier Lacan.

    Le « sinthome » n'est pas le symptôme de telle maladie spécifique, c'est le déploiement de la pensée clinique.  Chaque figure de pensée clinique ne vaut en effet que par les erreurs, échecs et réparations qui la mettent en mouvement. Toute faute, toute lacune peut ainsi devenir le lieu d'une invention vivifiante. Tel est le vrai sens de la topologie lacanienne. L'explicitation précise et détaillée du séminaire XXIII de Lacan que propose Christian Fierens en donne un éclairage nouveau.

  • « La condition du parlêtre » signifie que l'être humain est organisé par la parole et le langage et non par le fonctionnement exclusivement neuronal de son cerveau, ce qu'affirment les neurosciences.

    Quelle est l'importance du langage et de la parole dans la vie de l'homme ? Cette interrogation n'est pas seulement celle de la psychanalyse mais bien celle vitale de l'être humain qui ne saurait se développer en dehors de ce champ de parole. L'auteur propose une lecture ouverte de ce que Freud, puis Lacan et d'autres (notamment ses patients) nous apprennent de la condition humaine. Il part à la rencontre, non de l'homme psychologique, de l'homme philosophique ou de la religion, mais de l'homme du défaut et du symptôme, ce qui anthropologiquement se définit avec Lacan comme un parlêtre, un être de parole qui échoue et produit des symptômes.

  • « Ce livre a pour point de départ l'idée de répondre brièvement à deux objections qui m'ont souvent été faites. La première porte sur le sens précis que je donne au mot de "réel". La seconde sur mon refus de prêter l'oreille à tout propos ou pensée de nature morale.
    La première enquête, sur le réel, m'a amené à un examen radioscopique de la tautologie qui s'est révélée à l'analyse moins simple - et moins simplette - quelle n'en a l'air. Le secret de la tautologie, qu'on pourrait appeler son "démon", au sens d'ensorcellement et de cercle magique, est que tout ce qu'on peut dire d'une chose finit par se ramener à la seule énonciation, ou ré-énonciation, de cette chose même. »
    Clément Rosset

    Table des matières : Avant-propos / Le Démon de la tautologie / Post-scriptum (Note sur Wittgenstein) / Cinq petites pièces morales : I. Remarques préliminaires - II. Le syllogisme du bourreau - III. Les formules magiques - IV. Le démon du bien - V. Le théorème de Cripure.

    Cet ouvrage est paru en 1997.

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas.

    Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • La transmission maternelle est la terre d'éveil de l'identité de l'enfant et, pour une fille, le relais de la féminité et de la reproduction de la vie. Elle correspond à une plaque tournante importante rarement étudiée comme telle.

    L'auteur met en évidence la complexité de ce processus à l'oeuvre tout au long de la vie. Concernant différemment le garçon et la fille, les conditions de la transmission maternelle exigent de prêter attention dans le même temps à deux versants du champ féminin - fonction maternelle et position féminine - qui  peuvent s'intriquer entre eux de manière subtile ou s'exclure réciproquement comme des contradictions.

    Jean Marie Forget s'intéresse à cet entre-deux et aux différents écartèlements de la position subjective féminine que rencontre tout être de parole à sa naissance, qu'il soit garçon ou fille, dans le rapport à sa mère. La transmission particulièrement délicate du féminin et du maternel, à différentes étapes de la vie, est abordée spécifiquement.

  • Les Mexicains adorent la musique et les flonflons. Ainsi qu'il arrive je crois dans tous les peuples du monde, il suffit d'une danse pour les rendre insensibles à ce qui les tracasse ordinairement : le sentiment du rien, le doute identitaire, l'ombre de la mort.
    J'ai effectué en février 2009 un séjour au Mexique d'où j'ai rapporté quelques textes inspirés partiellement par des conférences que j'avais prononcées au Collège de Mexico et à l'Université de Zacatecas. Ce sont ces textes qui se trouvent rassemblés dans le présent recueil.

    Tropiques est paru en 2010.

  • « La parution récente du livre posthume de Louis Althusser, L'avenir dure longtemps suivi de Les Faits (Éditions Stock / IMEC, 1992), m'incite à noter, comme en marge, quelques souvenirs et réflexions sur une période et un homme que j'ai connus à la fois de très près et de très loin. De très près, car j'étais, de 1961 à 1965, élève à l'École normale supérieure et, comme philosophe, directement en contact avec Althusser qui assurait, assez "théoriquement" il est vrai - non au sens althussérien mais au sens courant du terme - la préparation au concours d'agrégation de philosophie. De très loin, car j'étais complètement indifférent à l'effervescence intellectuelle qui régnait alors à l'École et autour de la personne d'Althusser, dont je décidai immédiatement de "sécher" les cours, moins par mépris de ceux-ci que par refus instinctif de m'associer au petit groupe de ceux qui les suivaient.
    L'alliance, chez Althusser, de la plus extrême lucidité et de la plus totale folie - alliance "contre nature", j'y reviendrai, qui fait d'Althusser un cas, au sens où l'on parle d'un "cas Wagner" ou d'un "cas Nietzsche" - m'a paru digne de réflexion. Ce cas est en effet doublement instructif, éclairant d'un même coup de projecteur ce qu'il peut y avoir de plus raisonnable et de plus insensé dans le fonctionnement du cerveau humain. »
    Clément Rosset

    Cet essai est paru en 1992.

empty