• APEIROGON

    Colum Mccann

    • Belfond
    • 27 Août 2020

    Rentrée littéraire 2020

    Apeirogon, n.m. : figure géométrique au nombre infini de côtés.
    Rami Elhanan est israélien, fils d'un rescapé de la Shoah, ancien soldat de la guerre du Kippour ; Bassam Aramin est palestinien, et n'a connu que la dépossession, la prison et les humiliations.
    Tous deux ont perdu une fille. Abir avait dix ans, Smadar, treize ans.
    Passés le choc, la douleur, les souvenirs, le deuil, il y a l'envie de sauver des vies.
    Eux qui étaient nés pour se haïr décident de raconter leur histoire et de se battre pour la paix.
    Afin de restituer cette tragédie immense, de rendre hommage à l'histoire vraie de cette amitié, Colum McCann nous offre une oeuvre totale à la forme inédite ; une exploration tout à la fois historique, politique, philosophique, religieuse, musicale, cinématographique et géographique d'un conflit infini. Porté par la grâce d'une écriture, flirtant avec la poésie et la non-fiction, un roman protéiforme qui nous engage à comprendre, à échanger et, peut-être, à entrevoir un nouvel avenir.

  • Pendant un an, Annie Ernaux a tenu le journal de ses visites à l'hypermarché Auchan du centre commercial des Trois-Fontaines situé en région parisienne. « Voir pour écrire, c'est voir autrement », écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d'observations, l'hypermarché, espace familier où tout le monde ou presque se côtoie, atteint la dignité de sujet littéraire. Annie Ernaux est écrivain. Elle est notamment l'auteur de La Place (1984), La Honte (1997), Les Années (2008) aux Éditions Gallimard.

  • La découverte fortuite d'un carnet ayant appartenu à sa grand-mère révèle à Lulah Ellender un destin singulier.
    Un récit bouleversant de tendresse et de sincérité sur les liens filiaux.
    Plusieurs années après la mort de sa grand-mère Elisabeth, Lulah hérite d'un curieux objet - un carnet rempli de listes. Dans ces fragments de vie quotidienne, elle découvre les détails de l'extraordinaire destin d'Elisabeth : son enfance de fi lle d'ambassadeur dans les années 1930 en
    Chine, son mariage avec un diplomate britannique et leur vie à Madrid sous Franco, à Beyrouth puis à Rio et à Paris.
    Lulah, qui doit faire face à la maladie grave de sa mère et à sa mort prochaine, redéploie alors cette existence faite de fastes et de troubles, comme pour mieux se rapprocher de ces femmes venues avant elle.
    Un récit émouvant sur les relations qui se tissent entre une mère et sa fille et sur les liens invisibles qui unissent les générations.

  • Une vie cosmopolite : un récit pétillant et érudit, léger et charmant à l'image de son auteur." Je suis né apatride en 1932 à Kolbsheim, près de Strasbourg. Mes parents avaient vingt-neuf ans, et séjournaient alors dans une dépendance du château de leurs amis les Grunelius.
    Mon père, Nicolas Nabokov, était compositeur ; sa partition pour choeur et orchestre, Ode, Méditation sur la majesté de Dieu ; une commande de Serge Diaghilev dansée par Serge Lifar ; avait fait de lui quelques années plus tôt la coqueluche des aficionados de musique contemporaine. On parlait de lui dans les journaux. Il recevait des commandes. Ses oeuvres étaient jouées en public.
    Ma mère, Natalia, qu'on appelait Natasha, était née Shakovskoy, une famille princière issue de la dynastie Rurikovitch, quoique moins fortunée que les Nabokov, issus de la noblesse terrienne.
    Les deux familles avaient tout perdu à la Révolution, y compris leur nationalité ; c'est pourquoi nous étions apatrides. Notre situation était loin d'être atypique. "
    Ainsi débutent les mémoires d'Ivan Nabokov, éditeur de génie, homme cosmopolite aux mille vies dont le parcours épouse le XXème siècle, culturel et politique en France comme aux Etats-Unis.

  • Balèze

    Kiese Laymon

    " Profondément original et bouleversant, Balèze déconstruit tous nos préjugés sur la condition des Noirs aux États-Unis. " LA Times
    L'un des meilleurs récits de 2018 selon le New York Times
    Partant de son enfance dans le Mississippi, passée aux côtés d'une mère brillante mais compliquée, Kiese Laymon retrace les événements et les relations qui l'ont façonné. De ses premières expériences de violence et de racisme jusqu'à son arrivée à New York en tant que jeune universitaire, il évoque avec une sincérité poignante et désarmante son rapport au poids, au sexe et au jeu, mais aussi à l'écriture. En explorant son histoire personnelle, Kiese Laymon questionne en écho la société américaine ; les conséquences d'une enfance passée dans un pays obsédé par le progrès mais incapable de se remettre en question.
    Récit intime qui met en lumière les échecs d'un pays, Balèze est un formidable acte de défi et de courage.
    - Andrew Carnegie Medal for Non-Fiction

  • Un témoignage nécessaire qui nous incite à regarder au-delà du statut de victime. Clemantine Wamariya livre une histoire poignante et inspirante qui signale l'importance de chaque existence et la puissance du récit.
    Rwanda, 1994. Clemantine a six ans lorsqu'elle doit fuir les massacres avec sa grande soeur Claire. Sans nouvelles de leur famille, déplacées de camps de réfugiés en camps de réfugiés, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d'arriver aux États-Unis.
    À Chicago, Clemantine est recueillie par un couple aisé et découvre soudain une toute autre réalité. Projetée dans un véritable rêve américain, l'adolescente est pourtant plus perdue que jamais. Une question s'impose alors : comment se reconstruire et donner un sens à son histoire après avoir vécu l'enfer ?
    Sincère, urgent et bouleversant, La Fille au sourire de perles examine la question de l'identité et de l'appartenance, des cicatrices laissées par un traumatisme, mais aussi du rapport à l'autre quand celui-ci ne voit en vous qu'une victime.
    Un témoignage actuel et plus que jamais nécessaire.

  • " Ce soir, la cause est entendue : il ne veut plus de Susan, cette femme "dont il sait presque tout". Après six années de vie commune, quelques mensonges, par bonté, deux fils à élever (trois et cinq ans) qu'il adore, le narrateur, à bout de souffle, prépare son départ, conscient que le désir a déserté la maison. Une dernière nuit à contempler seul cette rupture, à solder pour de bon cette union, consentie pour "nous frustrer et nous punir mutuellement ". [...] Kureishi déroule le drame conjugal dans ce qu'il a de plus prosaïque. Est-il possible de bien vivre ensemble ? Le bonheur ne résulterait-il pas d'un apprentissage ? À ces questions, d'apparence éculée, Kureishi renvoie sa propre expérience, ses espoirs, ses tourments, pour finir sur un contentement désabusé : "L'amour est un sale boulot ; impossible de garder les mains propres.""
    Philippe Savary, Le Matricule des anges

  • Sur les bords du lac Leman, la jeune Ismaëlle va se lancer dans une pêche extraordinaire. Quel est ce nouveau Léviathan qui hante les profondeurs du lac ? Un récit puissant et halluciné sur le désir sous toutes ses formes.
    Le jour où son père, pêcheur de longue date, se noie, Ismaëlle se retrouve seule. Seule, vertigineusement, avec pour legs un métier d'homme et une chair de jeune fille.
    Mais très vite, sur le lac franco-suisse, d'autres corps se mettent à flotter. Des morts nus, anonymes, par dizaines, par centaines, venus d'on ne sait où -; remontés des profondeurs de la fosse.
    C'est en ces circonstances qu'Ismaëlle croisera Ezéchiel, fils d'un " Ogre " africain, qui a traversé les guerres du continent noir et vient sur ces rives affronter une Bête mystérieuse.
    Fais de moi la colère est le récit halluciné, à deux voix, de leur rencontre, et de la partie de pêche qu'ils vont mener -; échos lointains de Moby Dick. Une partie de pêche où le désir, la convoitise,
    le blanchiment, les génocides, sont autant de Léviathans. Mais où la joie, comme les larmes, pourra gonfler les ventres.
    " Il est fort probable que ce roman sera l'un des meilleurs - peut-être même le meilleur - ouvrages de cette rentrée littéraire. D'une puissance, d'une sensualité, d'une poésie éblouissante. Lisez-le, pour vous, pour les autres. " Cécile Coulon - Prix des libraires 2017 pour Trois Saisons d'orage

  • Alors que cinq siècles les séparents, un peintre et une romancière vont se retrouver liés par le plaisir des mots et des livres, et surtout par un lieu : le Mont St Michel. Chacun leur tour, portés par la force et la beauté du lieu, ils vont en arpenter tous les recoins et y trouver l'inspiration.
    Aux belles heures de sa bibliothèque, le Mont-Saint-Michel était connu comme la Cité des livres. C'est là, entre les murs gris de l'abbaye, que, au XVe siècle, un peintre rencontra un amour incandescent qui le hanta à jamais et c'est là qu'il découvrit, envoûté par les enluminures, la beauté du métier de copiste. C'est également là, entre ciel et mer, que cinq cents ans plus tard une romancière viendra chercher l'inspiration. Est-il encore possible d'écrire quand on vient de donner la vie ?
    Dans ce lieu si emblématique, leurs destins se croisent malgré les siècles qui les séparent.
    À la fois roman et carnet d'écriture, Au péril de la mer est un fabuleux hommage aux livres et à ceux qui les font.
    Prix littéraire du Gouverneur général 2015

    " Une dentelle d'eau, d'encre et de pierre dont on ne veut perdre aucun fil. " - L'Actualité

    " L'écriture de Dominique Fortier est portée par une langue riche, belle et évocatrice. "- La Presse

    Prix littéraire du Gouverneur général 2015

  • Vous rappelez-vous du jour où pour la première fois vous avez écrit en toute conscience un mot ? Vous rappelez-vous de la magie d'assembler des lettres, d'en faire un prolongement de votre pensée, de vos émotions... ? Sans doute que non, tant l'acte d'écrire a fait ou fait partie intégrante de votre quotidien.
    Et puis, patatras ! Vous rappelez-vous de cet autre moment où la magie a cessé d'opérer ? Comme un tour qui rate et le public qui n'est pas content : les enseignants, l'encre rouge qui blesse longtemps encore après ; les allusions de collègues sur votre C.V. ou votre compte-rendu de réunion truffé de maladresses ; votre projet de nouvelle, de récit de souvenirs pour vos enfants, qui est resté en plan... Et peu à peu, l'idée insidieuse que l'écriture ce n'est décidément pas fait pour vous, et finalement un renoncement qui vous laisse un goût amer, le sentiment d'être passé à côté de quelque chose...
    Eh bien non et non, cela n'est pas une fatalité ! Ecrire, bien écrire, n'est pas réservé à quelques élus touchés par la grâce... Chacun peut, avec un peu de méthode et des points de repère simples, (re)trouver le goût de bien écrire. C'est l'ambition de ce livre.

  • Le jeu de Loi

    Emmanuel Loi

    Le sentiment d'usurpation est tenace. J'ai souvent perçu que je n'avais aucune légitimité. Le simple fait d'articuler cette prétention allait dévoiler à la compagnie un trafic, un artifice. Cela vient en partie d'une facilité à tisonner les mots. J'active le feu, fais partir la braise et m'abuse des mèches d'incendie. Je jette du sable pour araser le sol, de peur que pousse une plante dont je ne connais pas le nom.
    E. L.

  • Entre l'expérience de la "distension de l'âme" par le temps, telle qu'Augustin l'a décrite au livre XI des Confessions, et le travail de composition de l'intrigue, en lui-même achronique, tel qu'il est décrit par Aristote dans sa Poétique, il y a contraste. Or, c'est pourtant à l'intérieur de ce contraste que se trouve nécessairement placée toute figuration, et finalement toute pensée, du temps. Telle est la thèse maîtresse de cet ouvrage. En bref, le temps humain est un temps raconté. Paul Ricoeur montre d'abord que le récit comporte trois rapports mimétiques : au temps agi et vécu, à la mise en intrigue, au temps de la lecture. La première mise à l'épreuve de ce schéma devait être faite sur l'histoire : c'est qu'aujourd'hui elle se présente, qu'il s'agisse de la recherche d'"explications" ou de l'histoire "non événementielle" comme très éloignée du récit. Au terme d'une analyse fouillée des épistémologies de l'histoire, il apparaîtra que celle-ci reste, malgré tout, dans la mouvance du récit, fondée sur une quasi-intrigue. Un second tome traitera du récit de fiction, depuis l'épopée jusqu'au roman moderne. Et conclura par une étude du temps raconté, démontrant comment le mode historique et le mode fictif du récit s'y recroisent. Au terme de l'entreprise, c'est la poétique du récit qui sera en mesure de répondre aux apories contre lesquelles avait buté la phénoménologie de l'expérience du temps.

  • Poétique de la prose : la rhétorique classique nommait oxymoron ce type de rapprochement des contraires, cette exploitation et contestation du principe d'identité et de contradiction. Une même complicité des contraires traverse ce livre. Poétique et lecture : l'analyse d'un texte particulier transforme la théorie, mais n'est possible qu'à partir d'une théorie antérieure, qui ne peut venir que d'une autre analyse... Différence et ressemblance : ces deux catégories régissent le fonctionnement du récit, l'une contre l'autre, l'une à travers l'autre. Langage et littérature : celle-ci, disait déjà Valéry, "ne peut pas être autre chose qu'une sorte d'extension et d'application de certaines propriétés du langage"; mais le langage lui-même, peut-on le connaître sans interroger au préalable ce qu'on s'accordera à tenir pour sa théorie : la littérature ? Questions modulées et transformées, d'un chapitre à l'autre, à l'aide de textes comme l' Odyssée, la Quête du Graal, les Mille et une nuits, le Décaméron, les récits de Henry James ou à travers la réflexion de quelques "auteurs" : Constant, Khlebnikov, Artaud. A l'horizon de cette recherche nécessairement toujours à recommencer : une théorie formelle de la littérature.

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