• C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise. C'est, aussi, l'histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n'avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s'était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.
    Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Lire Madame Bovary, au XXIe siècle, c'est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu'impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

  • Un jour de forte pluie, Jack surgit à la Pierre Jaune, lieu-dit d'un village breton. Cet homme tatoué au strabisme prononcé rend visite à son nouvel ami membre des Jauniens, une communauté d'activistes. À 200 km de là survient un spectaculaire attentat contre l'usine nucléaire de la Hague. Pluies acides, radioactivité, la Bretagne compte parmi les zones à évacuer. Par entêtement, les Jauniens décident de rester sur leur presqu'île. Au nom d'un motif inavouable, Jack les imite. Une étrange survie débute.La Pierre Jaune est issue d'une hypothèse scientifique admise par l'État français : un attentat contre La Hague serait sept fois plus grave que Tchernobyl. Le personnage de Jack est inspiré de Mark Kennedy, le policier anglais qui a infiltré des milieux anarchistes notamment en France durant sept ans.

    Geoffrey Le Guilcher est journaliste independant, il collabore avec Le Monde, Mediapart, Le Canard enchaîné ou Les Jours. Il est l'auteur de trois ouvrages dont Steak Machine, un livre de narrative non fiction racontant son infiltration dans un abattoir industriel. La Pierre Jaune est son premier roman.

  • L'Histoire d'un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. Je veux apitoyer, faire pleurer les âmes sensibles, en étant une moi-même.
    Gustave Flaubert.


    Présentation et notes de Marie-France Azéma. 

  • Grégoire Orlov souffre, boit, et rosse. Son mariage s'est usé en même temps que ses muscles. Martha Orlov, à côté du vide et de l'ennui de leur misérable existence, encaisse les coups du destin avec ceux de son mari.

    L'air empuanti de leur immeuble couve le choléra. L'épidémie réveille bientôt chez Grégoire un instinct d'héroïsme qui va le pousser à soigner les malades. Cette vocation soudaine guérit un temps les déchirements du couple... jusqu'à ce que ressurgisse la nature taciturne du mari. Incapable de satisfaire sa soif d'absolu, Grégoire Orlov s'en remettra à sa soif de vodka.

    Maxime Gorki offre avec Les Époux Orlov un récit emblématique, proche du naturalisme. Sous sa plume, le drame de ces travailleurs russes finit par revêtir la puissance d'une tragédie antique.

    Né en 1868 à Moscou dans une famille modeste, Maxime Gorki effectue divers métiers et apprend à écrire en autodidacte. D'abord journaliste, il connaît la popularité avec ses récits décrivant le quotidien des classes populaires russes. Il est notamment l'auteur des Bas-fonds, paru en 1902. Il se rallie au marxisme et s'exile face à la répression du régime tsariste. Il s'engage dans la révolution de 1917, mais s'exile à nouveau. Il revient définitivement en URSS en 1932 et meurt à Moscou en 1936.

  • Voici trois nouvelles exemplaires par le souci du détail vrai, la rigueur de la construction, la maîtrise du récit, l'art de la chute. « La Parure » dépeint avec alacrité le menu peuple des bureaux. « Sur l'eau » évoque la vie nocturne d'une rivière, ses bruissements mystérieux, sa faune secrète, ses maléfices, ses drames. « La Légende du Mont Saint-Michel » nous transporte au coeur du folklore normand où la roublardise paysanne fait bon ménage avec le goût du merveilleux.
    Une même ironie, tantôt enjouée tantôt cruelle, sous-tend ces trois textes. Elle illustre la profonde acuité d'une oeuvre qui, de Boule de Suif au Horla, n'a cessé de mettre au jour avec une égale curiosité les ressorts inattendus de la mécanique humaine.

    Présentation et notes de Gilles Ernst. 

  • Préfecture d'Hiroshima, été 1990.Pour s'être approché un peu trop près du monde des yakuzas, le jeune lieutenant Hioka a été mis sur la touche par sa hiérarchie. Nostalgique de ses enquêtes trépidantes de jadis, il végète dans un village, au fond d'une vallée montagneuse bordée de rizières.De retour à Hiroshima pour les funérailles d'un oncle, il passe saluer Akiko, la mama-san du modeste bar-restaurant Les Petits Plats de Shino. À cette occasion, il tombe nez à nez avec Hirô Kunimitsu, dit « le chien enragé », recherché par toutes les polices du pays pour avoir organisé l'assassinat d'un important chef yakuza. Les deux hommes passent un contrat : le policier n'arrêtera le truand que lorsque celui-ci aura mis de l'ordre dans ses affaires.Hioka reprend sa vie paisible. Un notable du coin voit en lui un gendre idéal et ne cesse de lui vanter les mérites de sa fille, Shôko. Parallèlement, le policier constate que le chantier d'un golf, interrompu depuis des années, a repris. Un soir, il voit débarquer Kunimitsu qui se présente sous un faux nom et se déclare responsable des travaux. Hioka se jure d'en savoir plus. D'autant que les agissements de Kunimitsu lui semblent liés à ces rumeurs d'une nouvelle et imminente guerre des gangs. L'enjeu n'est autre que la prise du pouvoir au sein de la plus importante association criminelle de la région, la fédération Jinsei.Après Le Loup d'Hiroshima (Atelier Akatombo 2018), L'oeil du chien enragé est le deuxième opus d'une trilogie explorant avec un grand réalisme les luttes farouches au sein de la pègre japonaise et la culture yakuza.

    Née en 1968, Yûko Yuzuki vit dans la préfecture de Yamagata, au nord du Japon. Ses histoires se déroulant dans le milieu de la pègre japonaise sont très réalistes et soutenues par une méticuleuse documentation. L'OEil du chien enragé est son deuxième ouvrage traduit en français après Le Loup d'Hiroshima (Atelier Akatombo, 2018). Ses deux romans ont été adaptés au cinéma.

  • Edition enrichie de Georges Nivat comportant une préface et un dossier sur le roman. "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'envoyez-vous cette calamité ? [...] Sans nez, un homme n'est plus un homme. [...]. Si encore je l'avais perdu en duel, ou à la guerre, ou par ma faute !... Hélas non ! il a disparu comme cela, sans rime ni raison... Non, reprit-il après quelques instants de silence, c'est inconcevable."

  • « Une histoire d'amour qui vous reste tatouée sous la peau quand vous claquez derrière vous, ravi et sonné, la porte des pages. »
    Alain Damasio

    « Un texte à la fois empreint de mélancolie et profondément lumineux. »
    Marie Michaud, Page des libraires

    « La musique pour ouvrir le bunker des émotions familiales. Franck, le manager à l'ancienne, déjanté, Tom, l'idéaliste effrayé par la gloire, et Marie, dont tous les lecteurs vont tomber amoureux. »
    Pascal Schouwey, Le livre sur les quais

    « Je n'avais pas ressenti une telle vitalité dans une oeuvre romanesque depuis un bon bout de temps. Cela tient au tempérament des personnages et à cette langue qui coule, qui ose et chaloupe, qui rayonne. »
    Christophe, Librairie l'Atelier

    J'ai attendu la tombée de la nuit et je suis allé poser mes feuilles sur les ruches, les unes à côté des autres, et sur chaque feuille j'ai posé une pierre pour ne pas qu'elles s'envolent.
    Je veux apprendre à vous aimer, j'ai écrit.

  • C'est dans un Paris fin XIXe que nous entraîne ici Maupassant, dans la capitale des plaisirs et des rencontres où se nouent des drames intimes : passions fatales, espoirs déçus, aventures joyeuses qui, soudain, tournent à la tragédie, malentendus, trahisons. Avec un-réalisme dur que tempèrent les images tendres et poétiques de la ville lumière, Maupassant, sans jamais prendre parti, évoque dans ces nouvelles, des femmes et des hommes pris dans les filets d'un destin rarement maîtrisé.

  • Une anthologie qui réunit les quatre romans criminels d'Honoré de Balzac, mettant en lumière un aspect peu fréquenté de son oeuvre.

    Balzac, auteur de romans policiers ? Surprenant. Et pourtant... Comment ne pas voir un récit noir dans L'Auberge rouge, qui montre un chirurgien militaire, Prosper Magnan, échafaudant un meurtre en public... pour découvrir le lendemain même que sa victime hypothétique a été assassinée? De même pour La Grande Bretèche, nouvelle qui met en scène une femme soupçonnée d'adultère par son mari, au point de lui faire commettre l'irréparable. Quant à La Vendetta, ce bref roman raconte le tragique destin de Ginevra, jeune fille corse qui brave l'interdit paternel pour épouser celui dont elle ignore... qu'il est un ennemi de la famille. Enfin, Une ténébreuse affaire s'inspire d'un fait divers historique du Premier Empire, l'enlèvement mystérieux d'un sénateur averti d'un complot ourdi par Fouché contre Napoléon. Outre la capacité de Balzac à jouer de l'enquête et du mystère, cette anthologie révèle la virtuosité avec laquelle il combine histoire et politique, roman sentimental et étude de moeurs, enquête policière et suspense judiciaire.

  • " Ces textes ne constituent en rien une théorie du roman; ils tentent seulement de dégager quelques lignes d'évolution qui me paraissent capitales dans la littérature contemporaine. Si j'emploie volontiers, dans bien des pages, le terme de Nouveau Roman, ce n'est pas pour désigner une école, ni même un groupe défini et constitué d'écrivains qui travailleraient dans le même sens; il n'y a là qu'une appellation commode englobant tous ceux qui cherchent de nouvelles formes romanesques, capables d'exprimer (ou de créer) de nouvelles relations entre l'homme et le monde, tous ceux qui sont décidés à inventer le roman, c'est-à-dire à inventer l'homme. Ils savent, ceux-là, que la répétition systématique des formes du passé est non seulement absurde et vaine, mais qu'elle peut même devenir nuisible : en nous fermant les yeux sur notre situation réelle dans le monde présent, elle nous empêche en fin de compte de construire le monde et l'homme de demain. " Alain Robbe-Grillet

  • État civil, compte bancaire, permis de conduire, mots de passe, etc. : nous ne cessons d'être enregistrés, numérotés, archivés. Pas d'existence sociale sans fichage : que dit, de notre désir d'appartenance, cette documentalité ? Le maître-livre dérangeant d'un grand philosophe contemporain.
    Une société privée de mémoire et d'enregistrements est inimaginable, car toute règle et tout accord reposent sur la mémoire, et tout comportement sur l'imitation : voilà pourquoi les archives et les documents sont centraux dans la vie de la société et des individus.
    La place centrale de la " documentalité " est plus évidente encore de nos jours où nous assistons à l'explosion des systèmes d'enregistrement et d'écriture, des ordinateurs et des smartphones, ainsi qu'à l'utilisation massive d'Internet. Ces nouvelles technologies ont non seulement transformé notre quotidien, mais ont également mis en lumière l'essence même de la réalité sociale : le fait de se fonder de façon non pas accidentelle mais essentielle sur des inscriptions et des enregistrements.
    Un maître ouvrage.

  • Joyeux drille, amateur d'eau-de-vie et de bonne chère, le caba-retier Toine est cloué au lit par une attaque de paralysie. Sa femme, qui ne supporte pas son inactivité, l'oblige à couver des oeufs !
    Pour avoir cédé une fois aux appétits de la chair, Rose, une fille de ferme besogneuse, paraît condamnée jusqu'à la fin de ses jours à porter sa maternité comme un fardeau.
    Le père Amable, lui, a épargné toute sa vie. Aussi, foi d'honnête homme, son fils ne dilapidera pas ses économies en épousant une fille déjà mère !
    Maupassant nous livre six contes et nouvelles de Normandie, tour à tour drôles, émouvants et cruels.

  • Auteure de romans cultes et avocate du capitalisme, Ayn Rand (1905-1982) s'est avant tout voulue une philosophe. C'est la traduction pour l'essentiel inédite en français d'une sélection du plus saillant de ses essais que présente Une philosophie pour vivre sur la Terre. Le constant et insistant propos de leur auteure est de philosophiquement armer ses lecteurs afin qu'ils puissent se soustraire à l'emprise pernicieuse du « mysticisme » et du collectivisme induit par l'« altruisme ». Et ainsi accéder ici et maintenant au bonheur dans l'accomplissement créatif de soi et une relation non-sacrificielle aux autres conformes aux requis rationnels d'une nature humaine et d'une robuste éthique des vertus remises à l'honneur.

  • Au large des côtes normandes, fin 1793. Malgré l'évasion ratée du petit Louis XVII, Sébastien de Rocadour ne se décourage pas. À peine réchappé du siège de Granville, il accepte une nouvelle mission : emporter à Paris de précieuses lettres des Princes - les frères émigrés de Louis XVI - pour les remettre à un de leurs agents.Une contre-révolution se trame, mais il s'agit aussi d'arracher à sa prison la princesse Marie-Thérèse, soeur du petit Roi. Accompagné par Saphire, l'Esquirol rejoint la capitale après un voyage mouvementé. Il touche au but de sa mission quand un piège sournois se referme sur sa baladine. Sébastien saura-t-il renoncer à ce pour quoi il s'est battu jusque-là afin de sauver celle qu'il aime ?

  • Peu de lecteurs connaissent encore Erckmann-Chatrian. Appréciés de George Sand et d'Alphonse de Lamartine, défendus par Victor Hugo, ils ont subi le sort des auteurs édités par Hetzel : désignés comme des écrivains régionalistes s'adressant uniquement à la jeunesse, ils sont passés de mode. Après avoir paru dans la Bibliothèque verte et sous forme d'extraits dans les manuels scolaires, leurs romans ont été oubliés. Pourtant, Émile Erckmann (1822-1899) et Alexandre Chatrian (1826-1890), auteurs lorrains, figurent parmi les écrivains les plus lus du XIXe siècle. Avec pour cadre la vie quotidienne d'une campagne reculée, celle des environs de Phalsbourg puis des petits villages de Lorraine et des Vosges, leurs écrits abondent de menus faits recueillis auprès des villageois. Mais ce réalisme alors en vogue s'y trouve nettement infléchi par un idéalisme volontaire voire optimiste : « Il faut que tout soit un peu idéaliste, car la réalité plate, telle qu'on la comprend et qu'on la pratique aujourd'hui est trop assommante » confie Erckmann. Leur prose s'en trouve enrichie à la fois de considérations métaphysiques, du recours à l'étrange et au fantastique mais aussi d'un didactisme républicain. Leur devise pourrait être « édifier et instruire ». La présente édition annotée de leurs oeuvres comprend trois recueils de contes - Contes fantastiques (1860), Contes de la montagne (1860) et Contes des bords du Rhin (1862) - et trois romans - L'Ami Fritz (1864), Histoire d'un conscrit de 1813 (1864), Waterloo (1865). Elle reprend la première édition de chaque oeuvre en volume et est accompagnée d'une introduction générale, de notices pour chaque partition, de notes explicatives, d'un dictionnaire des personnages, d'une bibliographie, d'une chronologie et d'index.

  • Le cinéma d'animation est au-delà du réel : canonique comme la beauté de Blanche-Neige ; iconoclaste comme Le Roi et l'Oiseau de Prévert et Grimault ; chimérique comme une créature de Ray Harryhausen ; mimétique et rebelle comme Jerry Lewis ; émerveillé comme une enfant de Miyazaki ; ectoplasmique comme Final Fantasy ; vif comme l'esquisse. Cet ouvrage traverse plus d'un siècle d'animation et démontre que le réalisme est loin d'être une affaire de prise de vues directe.

  • La permaculture est l'art de concevoir des espaces de vie, des territoires fonctionnels, des métiers et des vies riches de sens, inspirés de la nature. Le réchauffement climatique, l'agriculture intensive et la déforestation ne sont pas des fatalités. En réinventant nos habitudes de vie, de consommation et de production, nous pouvons reprendre en main nos existences pour bâtir un futur viable et heureux.Gildas Véret nous invite à identifier les enjeux d'une prise de conscience et à concevoir des solutions en respectant l'éthique de la permaculture : prendre soin des humains, prendre soin de la Terre et partager équitablement. Principes permaculturels, méthodes de conception, savoirs ancestraux, symbiose et résilience, il est temps d'adopter de nouveaux outils et de devenir architectes de nos vies.Appliquons dès aujourd'hui les principes de la permaculture : à l'écoute de la Terre, construisons un monde plus respectueux !

  • Vies privées est considéré comme un classique de la littérature catalane, après avoir été censuré pendant des années suite à sa publication en Espagne en 1932. Josep Maria de Sagarra y décrit les changements profonds qui affectent la haute société catalane dans cette première moitié du XXe siècle, secouée par les convulsions politiques qui précèdent la prise du pouvoir par Franco, l'effondrement moral et économique de la vieille aristocratie terrienne et l'avènement d'une haute société ambitieuse, frivole et cynique. « Vies privées est une référence obligée quand on parle de roman catalan. Point à la ligne. [...] On [y] trouve [...], assurément, l'élégante provocation sociale que supposa la publication de ce roman [...]. Mais j'aime quant à moi imaginer Sagarra soulevant un sourcil, un peu méprisant et dédaigneux face à toute la signification sociale et culturelle - scandale compris - qu'on reconnaît à son roman. » Juan Marsé

  • Hector France n'est pas un écrivain pour lecteurs délicats. Officier en Algérie durant les années 1860, il compose ici à partir de ses souvenirs de jeunesse seize fictions qui forment les mille et un jours du cauchemar colonial.
    Armé d'un style affûté et d'un humour grinçant, loin de se complaire dans des bizarreries exotiques nimbées des vapeurs du kif, il écorche vif l'orientalisme flamboyant : délires de soldats traumatisés, bassesses révulsantes de misérables poussés à la dernière extrémité, ignominies des puissants - le cynisme et l'oppression envahissent la scène jusqu'à basculer parfois dans l'horreur pure.
    La gifle remue aujourd'hui avec d'autant plus d'efficacité que Sous le burnous, paru en 1886, constitue comme une épouvantable préface à l'autre guerre d'Algérie - en réalité la même, sans doute - dont les plaies profondes n'ont pas fini de suppurer.

  • Normalien, agrégé, docteur, enseignant à Nanterre, Pierre Maniglier, qui compte parmi les voix nouvelles de la philosophie en France, livre ici un panorama inégalé des enjeux anthropologiques contemporains.
    Où en est la philosophie aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'un " intellectuel français " ? Que veut dire hériter du xxe siècle ? Quelle philosophie pour le nouveau millénaire ? Pourquoi cet enthousiasme des jeunes générations pour la métaphysique ? En quoi le réchauffement climatique concerne-t-il directement les sciences humaines ? Peut-on encore sauver l'Europe ? Comment être un relativiste militant ? Telles sont quelques-unes des questions que traverse ce livre unique en son genre, entre dialogue socratique, entretien journalistique et discussion au coin du feu.
    Revenant sur le parcours d'un penseur dont l'oeuvre en construction traverse plusieurs langues et plusieurs disciplines, cette conversation dresse un tableau vivant et accessible de la philosophie française la plus contemporaine, de son histoire, de ses institutions, de ses débats actuels, tout en donnant la mesure d'une entreprise individuelle qui puise aux sources du structuralisme français pour aborder les enjeux du présent.
    Témoignage d'une génération et oeuvre singulière, ce livre s'adresse à toutes celles et ceux qui s'intéressent à la philosophie en train de se faire.

  • Graffiti

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    Plongez en immersion dans l'univers fascinant du graffiti et découvrez son histoire, les style, les crews.... Racontés et expliqués par Francis Persu, graffeur depuis plus de 20 ans.

  • La mort suspecte du curé Charles-Eugène Aubert dans l'hôpital où elle est infirmière va contraindre Rosalie Lambert à se confronter à des souvenirs qu'elle avait jusque-là enfouis. C'est plus de vingt-cinq ans plus tôt, dans le dispensaire où elle exerçait, qu'elle avait fait la connaissance de ce curé si charismatique. Le soupçonnant d'avoir commis des actes allant à l'encontre de son devoir, elle avait dû s'enfuir, laissant derrière elle son grand amour. Alors que ses souvenirs reviennent la tourmenter et se mêler au présent, elle va devoir convaincre les jurés qu'elle n'est pas coupable du terrible crime dont on l'accuse...

  • Novembre1869, dans le village de Messimy, au coeur des monts du Lyonnais. Aiglantine et sa mère, Amélie, travaillent à domicile comme tisserandes de velours de soie. Pour s'assurer un salaire convenable, les canuses doivent se tenir à la tâche pendant de longues journées. Quand Amélie est retrouvée étranglée devant son métier à tisser, la consternation est générale : pourquoi avoir tué cette femme qui ne quittait jamais sa maison-atelieret à laquelle on ne connaissait aucun
    ennemi ?
    Le passé de la victime recèle pourtant bien des mystères. Et plus encore celui d'Aiglantine, revenue d'un séjour à Lyon quelques années auparavant avec suffisamment d'argent pour acheter la maison familiale et faire fabriquer son propre métier à tisser. Une tentative de meurtre sur l'héritier d'un important soyeux de la Croix-Rousse permettra de dénouer les fils d'un incroyable secret...
    Avec Le Secret d'Aiglantine, son sixième roman, Nicole Provence nous entraîne dans le monde pittoresque de la soie lyonnaise, pour un suspense haletant, à la poursuite d'un assassin machiavélique...
     

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