• Le regain d'intérêt pour le narcissisme dans la théorie psychanalytique justifie la publication de ce recueil d'articles, tous centrés sur cette question, l'une des plus énigmatiques de la psychanalyse. Freud, après avoir introduit le narcissisme en 1914, devait se désintéresser de ce concept qu'il avait brillamment développé quand il eut procédé aux remaniements théoriques amorcés autour de 1920 qui donnèrent naissance notamment à la dernière théorie des pulsions (opposition des pulsions de vie et des pulsions de mort), à la deuxième topique de l'appareil psychique (Ça-Moi-Surmoi), à sa nouvelle conception de l'angoisse, etc. Après une période d'oubli, ce concept en déshérence fut remis en honneur en France depuis déjà un certain nombre d'années, tandis que l'Amérique sembla redécouvrir récemment son existence. André Green, qui n'a cessé de s'intéresser à ce problème depuis 1963, est cependant un des rares auteurs - sinon le seul - à avoir tenté d'articuler la théorie du narcissisme avec celle de la dernière théorie des pulsions. Alors que le narcissisme n'est généralement envisagé que sous ses aspects positifs, par lesquels on le rattache aux pulsions sexuelles de vie, il montre la nécessité de postuler l'existence d'un narcissisme de mort, qu'il appelle le narcissisme négatif. À la différence du premier, qui vise l'accomplissement de l'unité du Moi, le second tend au contraire à son abolition dans l'aspiration au zéro. Cet ouvrage est paru en 1983.

  • L'amour de la nature, l'intérêt pour la nature, la joie éprouvée en présence des paysages et des êtres de la nature font partie des présupposés courants jamais remis en question. Notre civilisation est bien plutôt marquée par la haine de la nature. De la

  • Défendant des causes et vérités sans faille, les fanatismes religieux, idéologiques ou politiques font aujourd'hui retour en donnant lieu à de nouveaux types d'extrémismes. Dans leurs formes radicales, ils reposent sur des croyances et des idéaux instrumentalisés, au nom desquels des actes de violence sont parfois commis ? comme en témoigne leur dramatique récurrence ces dernières années.

    Cette montée en puissance des fanatismes nécessite d'être examinée dans ses conditions d'émergence et de diffusion (sociale et politique), dans ses soubassements et ressorts subjectifs ainsi que dans ses incidences sociopolitiques et psychopathologiques.

    Les auteurs s'attachent à transmettre des repères conceptuels, éthiques et cliniques de la radicalisation pour penser ses modes de prévention et de traitement en institutions. Ils montrent que les figures actuelles et variées de l'extrémisme sont à la fois la conséquence et la réponse à ce qui fait désormais malaise dans la civilisation.

    Publié avec le soutien, notamment, de l'équipe d'accueil 4050, laboratoire « Recherches en psychopathologie : nouveaux symptômes et lien social » de l'université Rennes 2 et de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF).

  • La premie?re tentative pour l'infans de transformer le pa?tir en agir consiste a? s'emparer du langage en vocalisant. Il ne peut y avoir encore d'adresse dans cette premie?re vocalisation : il n'y a ni petit autre, ni grand Autre. La jouissance du babil donnera naissance a? la pulsion invocante dont elle marque le de?but. C'est l'expe?rience d'une jouissance totalement satisfaisante mais qui ne comble rien du tout, me?me partiellement. Bien entendu, pour pouvoir babiller, il faut avoir e?te? plonge? dans un bain de parole. Imiter le langage qui nous a de?comple?te?s e?quivaut a? mettre en acte ce que nous avons subi. Ce sera l'origine du de?sir, ce qui nous sortira de la jouissance incestueuse. Cette premie?re jouissance active n'est pas encore du de?sir, ce sont ses prole?gome?nes. Mais cet agir sera ce qui nous pousse vers la subjectivation. La prise en compte de ce fait et de l'e?thique qui en de?coule justifie l'acte analytique et la psychanalyse en tant que discipline.

    Marc-Léopold Lévy s'attache à développer certains aspects de la jouissance en tenant compte des lieux du corps, corps de soi ou corps de l'autre où celle -ci opère. Cette répartition est en lien avec ce que, passivement ou activement, le vivant-parlant désire recevoir de l'autre ou lui faire subir. Tenir compte réellement des éclats de jouissance dans leurs diverses modalités relève d'une éthique qui servira au psychanalyste à régler son acte afin d'obtenir un gain thérapeutique en coupant dans la jouissance du patient, toujours en excès, pour qu'il puisse accéder au désir qui le constitue. 

    Textes rassemblés et annotés par Anne-Marie Picard

  • De la destruction de l'objet à l'exaltation dans la haine, dix-sept psychanalystes explorent cette problématique en parcourant la riche clinique du bébé et de l'adolescent. 

    Confrontés à la destructivité des uns, à l'exaltation des autres, à l'association des deux chez de nombreux sujets, ils s'interrogent en effet, individuellement ou en groupe, sur leur capacité d'empathie ainsi que sur leurs contre-attitudes ou leurs contre-transferts. Comment « faire face » aux phobies d'impulsion en périnatalité ou à la destructivité et à la radicalité meurtrière de l'adolescent ? De Prométhée à Frankenstein en passant par Francis Bacon, la culture nous éclaire-t-elle ? La destructivité surgirait-elle lorsque l'exaltation devient trop forte ? Quelles formes prend la destructivité dans la rencontre psychanalytique ? Telles sont quelques-unes des questions que les auteurs abordent en mobilisant leur sublimation personnelle et culturelle.

  • Les paradoxes du désir, d'un désir enraciné dans l'inconscient, sont analysés à partir de l'apport de Lacan à cette notion psychanalytique, dans une lecture croisée avec écrivains, poètes, peintres et philosophes. Il y a une aporie dans le désir, due à la conjonction entre la responsabilité éthique du sujet et sa propre perte. Car c'est seulement à partir d'une dépossession - de soi, de l'Autre - d'une absence d'auto-détermination, que le sujet décide de son désir. Mais comment décider de ce qui nous dépasse, autrement dit, assumer ce qui nous oriente à notre insu ? Et comment passe-t-on d'un désir pris dans le symptôme et dans la compulsion de répétition, à la décision du désir ?

  • Le suicide est une des trois principales causes de décès de la personne âgée, avec le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Pourquoi, comment, dans quelles circonstances se donne-t-on la mort à un âge avancé ? Quelles sont les conséquences sur la famille et l'entourage ? La prévention du suicide de la personne âgée est plus complexe et plus difficile que celle de l'adolescent tandis que le risque létal est plus élevé. L'auteur offre ici une synthèse concernant les données épidémiologiques, les différents type de conduites suicidaires, les facteurs de risques, les signes précurseurs. A l'heure des débats sur l'euthanasie et le suicide assisté, elle met en évidence la souffrance des personnes suicidaires et celle des soignants et donne des pistes pour y faire face.

  • Le clinicien ne peut que s'incliner devant la réalité contraignante de la destructivité. Intrapsychique ou intersubjective, s'exprimant somatiquement ou psychiquement, souvent énigmatique, elle questionne et fait théoriser nous laissant dans de nombreuses incertitudes. La névrose traumatique et son syndrome central : la compulsion de répétition. Les résistances dans les cures sans fin et l'observation d'un enfant qui joue en mettant en scène la disparition de sa mère constituent les hypothèses cliniques qui vont permettre à Freud d'introduire en 1920 le concept de pulsion de mort qu'il nomme d'emblée pulsion de destruction. Tout au long de son travail, il insistera de plus en plus sur l'importance de cette pulsion. Ainsi écrit-il dans « Le malaise dans la culture » ; « Je ne peux pas comprendre comment nous avons pu négliger l'universalité de l'agression non érotique et de la destruction».
    La pulsion de mort est alors définie comme une manifestation de la tendance à la réduction absolue des tensions, au retour vers l'état inorganique, vers la mort et rend compte de la compulsion de répétition dans la vie psychique qui se place « au-delà du principe de plaisir ». Elle représente ce qu'il y a en nous de plus originaire, d'élémentaire et de pulsionnel. Elle pousse à la déliaison, à la séparation. Elle sera aussi considérée par Freud comme pulsion d'emprise et volonté de puissance. Partant de cette conceptualisation, des cliniciens, pour la plupart psychanalystes, s'interrogent sur la destructivité psychique. Serait-elle un représentant de la pulsion de mort, un signe de désintrication pulsionnelle , une marque de l'agressivité primaire ? Les auteurs de cet ouvrage (Dominique Arnoux, Maurizio Balsamo, Dominique Cupa, Bernard Golse, Sylvain Missonnier, Denys Ribas, Jean-François Saucier, Claude Smadja) proposent différentes réponses et en tirent les conséquences pour leur pratique.

  • La violence est éternelle, toujours actuelle. Elle est au fondement de l'activité psychique humaine et de toute organisation sociale. Soumis à la sexualité qui agit toujours sur fond de violence pulsionnelle, l'être parlant est forcé de domestiquer cette violence de base. La puberté s'illustre comme une des figures majeures de celle-ci, et si, le plus souvent a l'adolescence, la violence s'élabore dans la quête de I'objet amoureux, il arrive parfois que le fantasme laisse la place à une violence agie dans la réalité.

    Face aux fantasmes parricides de la puberté qui poussent à réaliser les voeux de mort infantiles, l'adolescent ne devient sujet adulte qu'en renonçant a l'exercice de la violence, dont le parricide est le paradigme. L'enjeu de l'humanisation et de la socialisation est à ce prix : mettre la violence au service de la culture, et non l'inverse. Lorsque le fantasme du meurtre du père ne s'inscrit pas dans tordre symbolique, c'est l'acte violent lui-même qui devient résolutif pour le sujet.

    Cet ouvrage est une tentative de compréhension de ce défi posé à la théorie et à la pratique psychanalytiques par l'acte violent des adolescents. Les meilleurs spécialistes de la question donnent leur point de vue et font part de leurs interrogations.

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