• La psychanalyse comme dialogue Nouv.

    À l'origine de ce livre, il y a un sentiment de malaise qui habite l'auteur en tant que psychanalyste  et citoyen d'un pays démocratique. Dans la vie des institutions psychanalytiques, comme dans le fonctionnement de nos sociétés, de vives tensions se sont développées durant les dernières décennies, là même où l'on aurait pu imaginer qu'une discussion plus sereine aurait pu limiter les conflits.

    Par la place qu'elle donne à la parole, la psychanalyse a vocation à valoriser la faculté de dialoguer. Si la cure psychanalytique n'est pas réductible à un échange « horizontal » et doit ménager une dissymétrie nécessaire - mais  non une position de surplomb - entre   l'analyste et l'analysant, l'auteur soutient qu'elle ouvre à un dialogue différent où chaque mot, chaque geste prennent un sens plus fort et révèlent quelque chose du discours de l'inconscient.

    À partir de ce point de départ, Roland Chemama reprend un grand nombre de questions, qui sont celles de la psychanalyse actuelle, du fait de son développement propre, mais aussi des données de l'histoire contemporaine.

  • S'appuyant sur sa longue expérience clinique, Alain Braconnier présente le chemin qui l'a amené à comprendre qu'une grande majorité des adolescents rencontrés dans ses consultations ne présentent pas de troubles psychiatriques manifestes - en particulier des angoisses corporelles, des addictions ou des dépressions majeures - mais qu'ils vivent un état de menace dépressive. La menace dépressive constitue le noyau central entre le processus d'adolescence, marqué par les « adieux à l'enfance » rendant tous les adolescents « déprimables », et la véritable dépression que certains peuvent malheureusement vivre. Cette notion permet d'appréhender les enjeux psychiques sous-jacents. L'écoute et l'action thérapeutique s'en trouvent totalement modifiées en permettant de se dégager des comportements apparents au profit d'un travail sur les obstacles au changement que demande cette période de l'existence.

  • Les médiations thérapeutiques sont aujourd'hui largement utilisées dans la clinique. Avec l'essor du numérique, les jeux vidéo ont fait leur apparition dans le soin et sont devenus des objets de médiation que les auteurs ont tous expérimentés dans leur pratique.

    Ils développent les enjeux de l'usage des jeux vidéo et de la console dans la séance de thérapie auprès d'enfants ou d'adolescents, en soin individuel ou groupal, institutionnel ou libéral, et analysent la place de la parole dans la partie de jeu partagée. Dans leurs présentations cliniques de jeunes sujets - qu'ils soient, ou non,  habitués, adeptes du jeu vidéo ou joueurs excessifs -, ils montrent que l'important n'est pas le jeu vidéo en lui-même mais bien sa caractéristique de médiation, induisant des effets de transfert et contre-transfert à l'oeuvre dans toutes rencontres thérapeutiques.

    Ce livre, destiné à tous les professionnels de l'enfance et de l'adolescence, en exercice ou en formation, en offrant une vision précise de quelques jeux vidéo et de leurs intérêts en thérapie, ouvre la voie à d'autres possibilités de prises en charge créatives autour du numérique !

  • Dans ce livre très personnel, Roger Perron transmet le plaisir de jouer qui anime un groupe bien rodé d'acteurs-thérapeutes, un plaisir qui gagne progressivement le patient lorsqu'il découvre que la vie, sa vie, l'image qu'il se donne de lui-même et de ses relations avec ses proches... tout cela est beaucoup plus riche qu'il ne le croyait, qu'un horizon qui semblait bouché et noir se rouvre et s'éclaire.

    Dans une écriture alerte et vivante, il décrit les ressorts du psychodrame qu'il a pratiqué pendant de nombreuses années. Il s'appuie sur son expérience personnelle et de multiples exemples pour analyser les intérêts, les limites, les difficultés de cet exercice de mise en scènes qui engage les patients mais aussi les psychanalystes au-delà même des paroles prononcées. Théorie et clinique psychanalytiques s'articulent dans un récit où l'auteur nous entraîne à sa suite et nous fait partager ses interrogations, ses inventions mais surtout son enthousiasme de psychodramatiste.

  • Devenir parents est un processus continu : il commence dès la conception puis la grossesse et se déploie progressivement dans les liens d'attachement au bébé.  Certains parents, qui connaissent des difficultés dans cette création identitaire, souffrent de dépression périnatale. Cette affection dont les ressorts restent méconnus est un problème de santé publique tant par sa prévalence (jusqu'à 20% des mères, 10% des pères) que par ses effets, notamment sur le développement de l'enfant. 

    S'appuyant sur son travail de recherche, son parcours psychanalytique et son expérience en maternité, l'auteur a élaboré une pratique de prévention précoce des troubles de la relation mère-père-bébé liés à la dépression périnatale.

    Attentive tant aux communications primitives du bébé qu'aux réminiscences parfois traumatiques de l'infantile des parents, dans le vif des séances psychothérapeutiques, elle s'intéresse aux difficultés présentes des mères et des pères à se sentir compétents pour leur enfant.

    Marie-Aimée Hays livre le récit détaillé de séances et leur reprise théorique, précise et accessible, où se dessine le processus thérapeutique : mères, bébés, pères cheminent vers la subjectivation. Elle transmet aux professionnels de la périnatalité des éléments de compréhension de la dépression périnatale, utiles au diagnostic, à l'orientation et à la technique de soin et de prévention qui témoignent de sa réflexion théorique et de sa pratique clinique.  

  • Préface de Patrick Faugeras

    « Même si Gaetano Benedetti est surtout connu pour ses travaux sur la thérapeutique des psychoses, il revisite ici les principales conceptions freudiennes touchant à l'hystérie, cette névrose si étroitement liée à la psychanalyse, à partir de ce cheminement difficile et risqué où analysant et analyste se trouvent engagés et dont aucun manuel ou traité ne saurait prévoir les aléas. Ce cheminement l'amène quelquefois à accentuer différemment le mouvement de la découverte freudienne, non pour la contredire mais pour l'ouvrir à certaines perspectives liées à son expérience clinique des psychoses.
    Nous avons la chance, grâce au dévouement de certains de
    ses élèves, de voir ici Gaetano Benedetti au travail, en maître attentif et respectueux, toujours soucieux, y compris lorsque son désaccord est patent, de ne point laisser dans la perplexité, l'embarras, voire l'inquiétude, celui qui s'expose à travers la présentation d'un cas. Il sait combien il importe d'accompagner le clinicien engagé dans une relation complexe, de relever ce qui peut s'avérer positif dans toute démarche, de sorte qu'elle puisse continuer à être créative. Mais connaissant les méandres transférentiels, Benedetti s'évertue à transformer le doute en possibilité, usant aussi bien de sa grande culture, qu'il expose avec rigueur et clarté, que de son expérience et de son autorité, faite de modestie, de droiture et de feinte froideur. » Patrick Faugeras

    Mise en vente le 17 janvier 2013

  • Préface de Bernard Penot, ancien interne des hôpitaux de Paris, membre titulaire de la Société Psychanalytique de Paris, médecin-directeur du Cerep-Montsouris (Paris XIVème).

    Les auteurs de ce livre retracent les fils qui guident leurs pratiques dans le champ de la psychothérapie des psychoses au sein du Chien Vert , un Service de santé mentale dont la pratique s'inscrit dans le champ de la psychiatrie ambulatoire. Ils expliquent comment ils essayent de se tenir au plus près de l'expérience psychotique pour en saisir les mouvements annulés, les retraits angoissés, les paniques morcelantes, les rages dissolvantes et comment par cette saisie un processus, lentement, se construit avec la famille, les parents, l'entourage, les autres intervenants. Ils montrent également combien les acquis d'expérience s'effritent, les théories sont mises à mal, l'éprouvé d'impuissance est toujours au rendez-vous et la confusion incontournable. L'élaboration commune en équipe est alors un allié précieux comme est précieuse la sédimentation théorique qu'elle produit.

    Docteur en psychologie (Université catholique de Louvain), Lina Balestriere est présidente de l'Ecole belge de psychanalyse. Elle est membre de l'Interassociatif européen de psychanalyse. Elle codirige le service de santé mentale Le Chien Vert à Bruxelles (Service de psychiatrie UCL) et est formatrice au Centre de formation aux cliniques psychanalytiques (UCL). Elle exerce à Bruxelles.

  • Faire " l'expérience de la folie " renvoie en premier lieu chacun à l'énigme de l'Inconscient que l'invention freudienne a défriché mais qui nous revient toujours de façon inédite et bouleversante. Cela relance une traversée de ce qui, au plus intime de chacun, fait obstacle ou empêchement à la rencontre de la folie. Renoncer au leurre séducteur d'un " savoir par avance ", quand bien même il puiserait aux meilleures sources est nécessaire pour privilégier " la parole vraie " et le geste nécessaire. Encore faut-il sans cesse subjectiver les théories analytiques pour fabriquer sa " boite à outils conceptuels " qui se trouvera malmenée à chaque fois, et surtout prendre le risque de la rencontre. Les auteurs en rendent compte chacun à leur manière. Mise en vente le 27 mai 2010.

  • La douleur

    Catherine Chabert

    Dans la traversée de la vie, de ses tout-débuts jusqu'à son extrême fin, dans ses liaisons possibles avec le plaisir ou dans ses dérives mélancoliques, la douleur reste la compagne fidèle du corps et de la psyché.

    La douleur relève de l'effraction, par rupture des barrières, par excès d'excitation, une implosion violente qui déborde les limites du moi-corps. Si le privilège est accordé à l'expérience de satisfaction dans la construction du psychisme, du moi et de ses objets, dans la création des fantasmes et des représentations, la douleur fait toujours retour, comme expérience humaine inéluctable et sans doute indispensable parce que toujours liée à la perte d'objet.

    La douleur ne se confond ni avec la détresse ni avec la souffrance. Elle en désigne l'au-delà dans une radicalité qui défait les liaisons trop convenues entre les affects et les représentations. Comme éprouvé pur, elle peut exclure la part de l'autre et, en particulier, sa fonction consolatrice. Elle peut aussi et ce sont là son essence et son destin en psychanalyse comme dans la littérature constituer un point d'appel pour les mots et donc pour celui qui les dit ou les écrit.

    Mise en vente le 15 octobre 2015.

  • Suivis thérapeutiques individuels ou de groupe, à tous les âges de la vie (des bébés aux adultes), soutiens aux équipes (analyse des pratiques, analyse institutionnelle, supervisions) et aux familles : les approches psychanalytiques tiennent compte du contexte environnemental, éducatif, pédagogique et familial des personnes souffrant de troubles du spectre autistique mais aussi de leurs intérêts et de leurs difficultés à lier expériences et émotions, à comprendre la réalité qui les entoure.

    Cet ouvrage éclaire les processus d'investigation psychique que propose la psychanalyse pour comprendre, soutenir et aider les personnes autistes mais aussi leur entourage et les professionnels souffrant d'être confrontés à des pathologies sévères. Il accorde une attention particulière aux recherches scientifiques, aux approches intégrées et aux projets individualisés, adaptés à la diversité des difficultés autistiques de chaque personne, enfant, adolescent ou adulte.

  • Sur les bases d'une déconstruction historique et épistémologique, l'auteur propose une lecture clinique de la schizophrénie et du traitement psychanalytique de cette catastrophe psychique. La schizophrénie est une expérience de mise à nu de l'humain, un abandon des évidences « naturelles », qui nécessite de repenser totalement la cure analytique plutôt que d'adapter la méthode analytique à une souffrance dans le but quelquefois trop prudent de simplement contenir les débordements qu'elle occasionne. L'auteur montre qu'il est possible de formuler, à partir de l'analyse des formes de transfert, une hypothèse théorique permettant de guider la conduite thérapeutique du psychiatre vis-à-vis des personnes réputées schizophrènes confiées à ses soins, dans un contexte culturel scientifique, social et économique donné, car il n'est pas possible d'ignorer toutes ces dimensions de l'exercice de la psychiatrie.

  •  « Je ne l'ai plus vue depuis des semaines.

    Un jour, elle est venue, croyant avoir rendez-vous avec moi. Elle s'était trompée de jour, d'heure, de semaine.

    Je n'étais pas là ce jour-là.

    Elle est repartie.

    Elle m'a sonné, longtemps après.

    Elle est là devant moi, à quelques mètres, et sa détresse m'affecte.

    Ça a recommencé. Ça recommence.

    Elle le sent. Elle le sait. 

    Moi aussi je le sais, puisque je suis à ses côtés depuis des années.

    Elle sait que je le sens. Et elle a raison. Je vois se rouvrir les abîmes sous ses pas. Le moment où ça bascule, ça dérape. Elle ne veut pas retrouver l'angoisse qui donne envie de mourir. Elle me scrute et elle pleure. Elle essaye de s'accrocher à mon regard et moi je sens qu'elle glisse. Je ne dis pas grand-chose. Mais c'est déjà trop. Est-ce que je serais comme ses collègues, à penser qu'elle devrait arrêter de travailler ? Elle me soupçonne tout à coup.

    Je lui propose qu'on se revoie demain.

    Elle accepte. » D. B.

    Dans des récits, sortes de croquis de séances, ou d'entre-séances, Danielle Bastien rend compte de son travail quotidien de psychanalyste. Elle restitue une atmosphère, donne du relief au désespoir, à la douleur, aux questions sans réponses des humains, femmes et/ou hommes qui s'adressent à elle. Avec Kate, Bill, Carmen et les autres, l'ouvrage nous fait découvrir les dimensions du féminin, du maternel et des couples qui sont au coeur de sa pratique psychanalytique.

    Mise en vente le 10 septembre 2015.

  • Les troubles des conduites alimentaires constituent un motif fréquent de consultation, essentiellement chez l'adolescent mais aussi chez l'enfant. Par leur aspect parfois extrême, par les risques évolutifs qu'ils présentent, ils mobilisent les soignants et nécessitent souvent des interventions en urgence.

    Qu'ils se présentent sous la forme de l'anorexie ou de la boulimie, voire de leur alternance, les symptômes n'ouvrent pas sur la compréhension du fonctionnement psychique qui les sous-tend.

    Le bilan psychologique, éclairé par la référence à la théorie psychanalytique, contribue à la connaissance, non pas du trouble, mais du sujet qui le présente. Il offre à ce titre une aide à la prise en charge pour l'équipe soignante et une ouverture à la compréhension pour la famille.
    />
    Ouvrage publié avec le CLINAP.

  • Les prises en charge institutionnelles actuelles, volontiers séquentielles et multifocales, multiplient, pour les patients comme pour les professionnels, les occasions d'être confrontés au début et à la fin d'une démarche soignante. Cet ouvrage propose une réflexion sur la manière dont sont pensées les modalités d'entrée et de sortie dans les divers dispositifs soignants proposés aujourd'hui en psychiatrie : prise en charge individuelle, groupe, centre de jour, appartement ou communauté thérapeutique, centre de crise ou service hospitalier. Il suscite la question des relations avec les professionnels qui sont au-delà des portes de la psychiatrie, dans les structures sociales notamment.

  • Traduit du catalan par Antoine Viader
    Tosquelles a toujours affirmé que la folie était un phénomène lié à la condition humaine elle-même. Dans cet ouvrage, il met l'accent sur la fonction de la parole et du langage en tant qu'elle est constitutive du sujet. Il insiste surtout sur la fonction poétique du langage, présente dans tout discours humain, même le plus rationnel ou le plus scientifique. Il développe l'hypothèse selon laquelle le discours d'un patient en psychothérapie ou en psychanalyse suit le même cours que celui d'un poète s'efforçant d'exprimer la réalité du monde ou sa propre vérité dans une oeuvre accomplie. Dans les deux cas, même si la valeur esthétique n'est pas la même, il s'agit pour le sujet de travailler à la recherche de son identité et de sa singularité.

  • Les nombreux changements survenus depuis la création du secteur psychiatrique n'ont pas engendré que des progrès : un ouvrage attentif au malaise des professionnels de la psychiatrie qui doivent gérer en permanence la misère sociale et psychique. Quelles sont les conséquences de l'évolution actuelle de l'organisation des soins qui donne la priorité à la gestion de la pénurie des moyens matériels et humains et non plus aux implications cliniques de telle ou telle particularité du dispositif soignant ? Dans la souffrance professionnelle des soignants psychiatriques, qu'est-ce qui revient aux nuisances psychiques de la psychose, aux contraintes nouvelles liées à l'organisation des soins, aux déceptions de la théorie, aux changements culturels qui ont modifié aussi bien les liens régissant les relations entre les sexes et les générations que la place de la loi et des interdits ?
    Marcel Sassolas est psychiatre et président de l'association Santé mentale et communautés (Villeurbanne) dont il a été responsable médical pendant trente ans.

empty