• C'est le goût inoubliable de l'enfance que nous livre ici Sheng Keyi, une brassée de parfums et de saveurs venus du plus loin de son enfance dans la campagne du Hunan. L'odeur des eaux dormantes où, se faisant une petite barque d'une bassine en fer, elle va cueillir les fleurs de lotus et les châtaignes d'eau. L'arôme discret des fleurs du jujubier sous lequel elle faisait ses devoirs, celui du riz cuit dans la paille et des beignets d'armoise et de citrouille cuisinés avec les légumes du potager maternel.
    C'est un pays d'étangs et de rizières, où l'on mange à peine à sa faim, où l'on ne possède rien. La petite fille rêve de déployer ses ailes et de découvrir le monde au-delà de la rivière. Et elle y réussira, qui sait, mais entre-temps tout ce qui faisait la joie de son enfance aura été détruit. A la liberté de la petite sauvageonne d'alors répond la rare liberté de ton de la romancière d'aujourd'hui. Sheng Keyi dénonce ardemment les ravages de la modernisation des campagnes chinoises et fait renaître l'éclat des vies humbles qui ont disparu."

    Sheng Keyi naît en 1973 dans un village très pauvre du Hunan où la littérature est un rêve inaccessible. A vingt et un ans, elle part comme tant d'autres enfants de payans tenter sa chance en ville, à Shenzen. Elle décrira la lutte des femmes migrantes pour trouver un emploi dans un premier roman qui lui assure un succès immédiat. Sheng Keyi vit aujourd'hui à Pékin et ses livres traitent de la condition des femmes en Chine avec une rare liberté de ton.
    Déjà paru : Un paradis.

  • Les grands débats qui ont animé la France jusqu'à nos tablées familiales ont fait de la foule un peuple et du pays une République, où le travail des enfants a été interdit, l'État s'est séparé de l'Église, l'IVG a été légalisée et la peine de mort abolie. Débattre, ce n'est en effet pas seulement croiser le fer pour briller ou faire gagner un parti. C'est échanger la parole, défendre des idées, des droits, et emmener la société vers son progrès.
    Jean Lebrun nous fait vivre, dans cet ouvrage, plus de deux siècles d'histoire. À travers ses plus grands moments d'éloquence, on voit le pays choisir ses valeurs, orienter son destin. Le récit est personnel, engagé, car il a été entrepris ces derniers mois, alors que la parole politique se trouve discréditée, et que nous nous demandons si la Ve République ne vit pas là ses derniers temps.
    Dès lors que la politique ne nous euthanasie pas, elle n'est pas morte, et comme le montre l'histoire, dans le désenchantement, on peut trouver des trésors d'énergie.

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