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  • Suite aux attentats de 2015/2016, le gouvernement français conçoit dans l'urgence une réponse inédite pour détourner les jeunes du djihad. Un projet emblématique est alors au coeur de toutes les attentions : le centre de prévention et d'insertion à la citoyenneté (CPIC), vite et mal nommé « centre de déradicalisation ».

    Mais comment « déradicaliser » ? A quels professionnels confier ces jeunes ? Comment les accompagner ?

    L'ouvrage revient sur cette histoire méconnue, sur la base d'une enquête de terrain auprès des équipes du centre. Dans un style narratif axé sur les récits d'expérience, il plonge le lecteur en immersion dans le quotidien des professionnels, et tout particulièrement dans les aspects les plus ambigus et complexes de leur mission.

    Les auteurs proposent une lecture sociologique des désaccords et des conflits qui ont rendu impossibles la conception et la réalisation de ce travail de « déradicalisation ». Car derrière les murs et les grilles, se sont posés les termes d'un débat qui n'est pas clos, et qui constitue peut-être l'une des questions les plus centrales, les plus piégées et les plus mal posées de notre époque : qu'est-ce que la radicalité politico-religieuse et que peut-on faire pour la contrecarrer ?

  • Sont régulièrement réunis les professionnels (pédagogues, psychistes, élus municipaux, travailleurs sociaux, animateurs, éducateurs, ...) afin de travailler ensemble autour d'initiatives concrètes mises en place dans les lieux des enfants (écoles, lieux d'accueils, collèges...) pour prévenir les phénomènes de violence. C'est ainsi que différents dispositifs comme le « jeu des trois figures », les ateliers philos, les cafés de parents fonctionnent avec efficacité dans les quartiers difficiles.

    Des Etats généraux de l'enfance sont organisés périodiquement pour faire le point sur ces expériences lilloises et inviter des acteurs de France et d'Europe à venir témoigner de leurs inventions au sujet de la prévention de la violence chez les enfants. Ces moments sont l'occasion d'associer les parents aux travaux des professionnels et d'inviter des conférenciers autour des grandes questions sociétales actuelles (harcèlement, violence entre enfants, maltraitance, développement de l'enfant d'aujourd'hui...).

    Des cycles de formation sont également proposés aux professionnels afin de les aider à comprendre les processus en jeu dans ces problématiques complexes.

    L'ouvrage raconte les étapes de cette histoire ponctuées de chapitres théoriques sur les questions de violence dans l'enfance, sur le plan anthropologique, psychologique, pédagogique, social et politique.

  • En quoi les avancées récentes de la science ainsi que de la psychanalyse permettent-elles de mieux comprendre le développement psychique du bébé ? A partir de sa rencontre avec son « autre maternel », son environnement fait de ses proches, il va se constituer comme Sujet, tant sur le versant pulsionnel que narcissique, celui de l'image du Moi au stade du miroir. 

    Comment comprendre et repérer les premiers signes d'états psychopathologiques ?  Cet ouvrage qui rassemble les recherches les plus vives en psychopathologie périnatale, ne se contente pas d'un état des lieux, d'un diagnostic aussi précoce soit-il. Il nous entraîne dans les lieux de vie et d'accueil des bébés pour nous présenter des expériences inédites de prévention et de soin. 

    Des chercheurs et des psychanalystes s'y exposent dans la minutie et la complexité des difficultés d'un champ en pleine exploration mais à l'aube de progrès décisifs dans le domaine des soins précoces et de la prévention des troubles neuro-développementaux.

  • Lire l'interview avec les directeurs de volume (propos recueillis par Audrey Minart)

    Pourquoi la consommation d'alcool augmente-t-elle chez les 18-30 ans alors qu'elle baisse pour tous les autres groupes d'âge ?

    L'allongement et la massification des études, le report de l'âge au premier enfant, la perte de confiance en l'avenir, le déclin des rites intégrateurs et l'évolution des pratiques festives sont autant d'éléments qui permettent de situer le contexte de cette consommation. Loin de souscrire à un regard stigmatisant sur les pratiques juvéniles, des spécialistes reconnus de différentes disciplines scientifiques montrent combien les facteurs externes (statut social, changements sociétaux...) et internes (personnalité, fonctionnement cérébral...) sont en cause.

    Reste la diversité des modes de consommation. Du fêtard occasionnel au jeune à risque d'alcoolisme, en passant par les profils plus ou moins modérés, il s'agit de comprendre et d'expliquer, loin des clichés télévisés, quels sont les facteurs de vulnérabilité spécifiques à cet âge, mais aussi et surtout quels sont les facteurs de protection qui peuvent faciliter l'entrée dans le monde adulte.

    Publié avec la Fondation pour la recherche en alcoologie.

  • De nombreuses modifications sociales et sociétales dans le domaine de la sexualité, de la conjugalité et de la parentalité se sont produites au cours de ces dernières années. Cet ouvrage explore ces changements et leurs conséquences en termes de santé en proposant quelques réponses à la question : que peut la prévention ?

    Les missions de PMI et de planification familiale concernent la promotion et la protection de la santé de la mère et de l'enfance. En quelques décennies, le rapport à la sexualité s'est métamorphosé, la conjugalité et le désir d'enfant connaissent des mutations anthropologiques fondamentales, les relations femmes-hommes, la/les familles et la fonction parentale ont connu des transformations majeures. La technologie bouleverse les conditions de la procréation. Ces nouveaux ordres et désordres interrogent les dimensions de permanence et d'évolution des enjeux professionnels et sociétaux pour répondre aux exigences de la prévention.

  • Les migrations ont évolué, elles concernent aujourd'hui de nombreuses femmes jeunes qui deviennent mères en exil de façon très périlleuse.  Les conditions d'accueil en France s'étant durcies, les vulnérabilités se cumulent et se potentialisent, engendrant la précarité, l'exclusion, voire la violence.

    Les femmes exilées n'ont pas de « pathologies » particulières, mais elles expriment leurs souffrances de façon parfois singulière. Le travail psychique de la grossesse et de l'enfantement peut être entravé, bouleversé par la solitude, le traumatisme, et les conditions de vie.

    Avec des références ethnopsychiatriques et des concepts pluriels (médicaux, psychologiques, anthropologiques, philosophiques), les auteures rendent compte d'une expérience clinique innovante auprès de femmes qui enfantent en exil. A l'articulation du psychique, du culturel et du politique, elles nous livrent une réflexion profonde et sensible sur les conditions nécessaires pour accueillir et écouter ici les souffrances de ces mères venues d'ailleurs.

  • L'avancée continue des connaissances atteste des influences de l'environnement dans toutes ses composantes sur le développement du bébé et du jeune enfant, sur sa santé et son épanouissement et sur le bien-être des futures mères. Ainsi les problèmes climatiques, la pollution, l'habitat, les ressources, les conditions de vie et de développement sont des facteurs d'inégalité reconnus dans ces domaines où causes et conséquences entremêlent l'environnement écologique, social, psychologique et culturel. Qu'en est-il également des pressions à la performance et à l'évaluation des compétences que subissent précocement de nombreux enfants, ou encore de leur surexposition aux écrans ?

    Les auteurs, issus de divers horizons professionnels (sociologie, épidémiologie, biologie et génétique, neuropédiatrie, philosophie, psychologie...), s'intéressent aux modes d'accueil et lieux de soins, aux relations familiales, aux modes de vie et à la culture. Leur objectif est de définir des pistes concrètes pour l'organisation d'actions de prévention et d'information sur les risques pour la santé liés aux facteurs environnementaux.

    Ouvrage publié avec le SNMPMI.

  • Michel Lemay nous livre ici un témoignage exceptionnel. Il présente sur un mode personnel et engagé les principales approches thérapeutiques susceptibles d'aider des enfants et des adolescents en difficultés psychiques à atténuer leurs souffrances et à retrouver des forces pour créer.

    Comme dans les deux volumes précédents de cette trilogie, où il transmet ses expériences basées sur plus de cinquante ans de travail en pédopsychiatrie et en éducation spécialisée, en France puis au Canada, l'auteur montre, avec de nombreux exemples cliniques, la nécessité d'avoir une vision globale, intégrative, historique et critique des principales approches thérapeutiques. Il le fait avec clarté et rigueur, tout en exprimant ses inquiétudes et ses désaccords par rapport aux tendances actuelles à rechercher des résultats immédiats par des thérapies centrées sur le symptôme, souvent discontinues et basées sur des positions trop réductionnistes et simplistes.

    Le lecteur ne trouvera pas là des réponses toutes faites. Il est invité à penser par lui-même en réfléchissant à sa propre histoire professionnelle.

    Ce volume, qui peut être lu séparément, fait partie de la trilogie Forces et souffrances psychiques de l'enfant :
    Tome 1 : Le développement infantile
    Tome 2 : Les aléas du développement infantile
    Tome 3 : Approches thérapeutiques : espoirs et inquiétudes

  • Aurions-nous perdu le « bon sens » ? Le monde change tout autour de nous, si vite, si fort, que parfois nous nous sentons égarés, perdus entre mutations technologiques et nouvelles modalités de travail ? Dans le secteur même de la petite enfance, règles, protocoles, grilles, consignes opposables, se succèdent, générant insécurité? et doute permanent.

    À l'invitation de l'ANAPSY.pe, engagée depuis 30 ans auprès du bébé et de sa famille, des professionnels impliqués dans l'accueil du petit enfant et de ses parents s'interrogent ici sur cette crise sociétale qui détermine de nouvelles attentes, de nouvelles demandes et de nouvelles pratiques.

    Quelle est la place accordée aujourd'hui au jeune enfant et à chacun de ses parents ? Quels sont ces nouveaux enjeux, pour les psychologues de la petite enfance, mais aussi pour les pédopsychiatres, psychiatres d'adultes, éducateurs, enseignants, puéricultrices, responsables de structures, pédiatres,... et tout autant pour les familles ? Comment continuer à soutenir la prise en compte de la dimension psychique dans les institutions ainsi que le désir de penser et de travailler ensemble ? Comment ne pas se méprendre dans les multiples sens qui sont imposés a? nos fonctions, comment s'y retrouver, comment redonner du sens, « le bon sens » à nos métiers ?

  • Dans le cabinet de l'orthophoniste, Léa entre, inquiète, parce qu'elle n'arrive pas à lire en fin de CP, monsieur R. consulte car il ne trouve plus les mots ni ses clefs, Thomas a 3 ans mais il ne parle pas, madame V. vient de quitter l'hôpital et elle ne parle plus, Simon bégaie au collège et à table, Nathan ne veut pas articuler le « je »...

    Où est le lien entre toutes ces histoires, ces symptômes différents ? Qu'ont-ils en commun pour pousser la porte de l'orthophoniste ? Que peut proposer l'orthophoniste ?

    Des orthophonistes présentent leur métier, sa formation initiale, ses modes d'exercice, sa pratique mais aussi leur propre conception de leur fonction, leurs choix professionnels et les références qui les sous-tendent, les théories du langage auxquelles ils souscrivent et les pratiques qui en découlent.

    Si l'orthophoniste connaît le langage et ses sciences, il ne sait rien du patient qui s'adresse à lui avec son symptôme. Chaque rencontre est originale, l'orthophoniste est à l'écoute de tout ce qui parle sans forcément se dire. Il se laisse surprendre par un coup d'oeil, une mimique, un geste, une réflexion qui pourrait sembler anodine ou décalée. C'est donc du patient, de sa manière d'aborder son symptôme et des possibilités de s'en défaire dont il va être question tout au long de cet ouvrage.

  • Ce livre témoigne d'une expérience originale en Protection maternelle et infantile où médecins et psychanalystes travaillent ensemble auprès d'enfants et de leurs familles, tant dans les consultations que dans la formation et la réflexion.

    Dans les consultations en binôme médecin-psychanalyste ouvertes dès les années 1980, le corps de l'enfant, corps vivant, corps parlant et parfois corps souffrant, est au centre de l'attention. L'écoute de ce qui se dit dans les mots est doublée d'une attention intense à ce qui se montre dans le corps.  Dans ce travail exigeant auprès de familles en grande difficulté sociale, se conjuguent ainsi acte analytique et acte médical. Au-delà de la reconnaissance de l'enfant et de sa souffrance, il s'agit de laisser venir une parole qui le traverse. L'inconscient qui surgit au cours des consultations est parfois tellement bouleversant qu'il peut saisir violemment chacun dans son histoire. Prendre de l'écart, prendre le temps, accueillir, contenir, est souvent périlleux, sur un fil, tant la douleur transgénérationnelle peut être intense.

    À partir de nombreux exemples cliniques, les auteurs rendent compte concrètement de la place que la psychanalyse peut tenir dans un service public ouvert à tous, de son apport dans le domaine de la prévention précoce « prévenante », quand il existe une vraie confiance entre les professionnels de la santé, de l'éducation et du secteur médico-social sur un même territoire.

  • Plus les troubles envahissants du développement sont détectés, diagnostiqués et traités tardivement (entre 4 et 5 ans), plus graves en sont les conséquences pour l'enfant et sa famille. Les traitements qui offrent les meilleurs résultats  sont ceux effectués avec les parents pendant le premier semestre ou la première année de vie de l'enfant afin d'empêcher une installation permanente dans son jeune psychisme.

    Avec son style naturel et direct d'écriture, Juan Larbán Vera transmet sa grande expérience de diagnostic et de traitement précoces du fonctionnement autistique de l'enfant. Afin de comprendre le développement humain et sa psychopathologie, il adopte une perspective relationnelle qui est renforcée par les progrès récents des neurosciences. Ceux-ci démontrent comment les aspects environnementaux et relationnels contribuent au développement psychique cérébral, en modifiant et régulant les processus génético-biologiques de l'être humain. Ils ouvrent ainsi une voie pavée d'espoir vers une compréhension intégratrice de l'autisme.

  • Cet ouvrage est un manuel complet de thérapie familiale pour les troubles du comportement alimentaire de l'enfance et de l'adolescence. Il est le fruit de l'expérience clinique, d'enseignante et de chercheure de l'auteur. L'auteur se propose de réhabiliter la famille de l'enfant ou de l'adolescent souffrant de troubles du comportement alimentaire avec l'ambition que celle-ci quitte son rôle de copatient pour trouver sa place du côté des soignants en tant que cothérapeute dans le long parcours qu'elle va partager avec eux. Son modèle de thérapie familiale intégré tient compte des recherches les plus récentes et s'appuie sur différents courants théoriques et pratiques.

  • Le suicide est une des trois principales causes de décès de la personne âgée, avec le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Pourquoi, comment, dans quelles circonstances se donne-t-on la mort à un âge avancé ? Quelles sont les conséquences sur la famille et l'entourage ? La prévention du suicide de la personne âgée est plus complexe et plus difficile que celle de l'adolescent tandis que le risque létal est plus élevé. L'auteur offre ici une synthèse concernant les données épidémiologiques, les différents type de conduites suicidaires, les facteurs de risques, les signes précurseurs. A l'heure des débats sur l'euthanasie et le suicide assisté, elle met en évidence la souffrance des personnes suicidaires et celle des soignants et donne des pistes pour y faire face.

  • Aucune proposition de prévention efficace ne peut être délivrée de l'extérieur, quelle qu'en soit sa valeur propre. Elle doit prendre place au coeur des débats sur la santé et la pénibilité en impliquant les personnes concernées. à partir d'une recherche sur la prévention des accidents dans le BTP, l'auteur élabore les fondements théoriques d'une conception de la prévention (et du travail) qui facilite la participation effective des professionnels à tous les stades de la démarche préventive et à la résolution des problèmes. Il s'attache à unir le champ de la santé physique et mentale au travail contre la segmentation résultant des pratiques antérieures des grands organismes spécialisés (INRS, OPPBTP, ministère du Travail...) et contre les hyperspécialisations par risques (TMS, RPS, souffrance au travail...).

  • L'auteur considère l'exercice de la prévention comme un défi humaniste sur les chemins du développement des tout-petits qui s'appuie sur l'engagement éthique du monde professionnel et institutionnel, en résonance avec le droit et la culture. L'ouvrage vise à clarifier les acquis, les enjeux et les écueils de l'exercice d'une prévention précoce qui renvoie à diverses conceptions du développement de l'enfant. Ce faisant, il invite à formuler plus avant une philosophie pratique de la prévention en petite enfance. En dégageant des pistes et des perspectives pour une prévention contextualisée mais affranchie de l'emprise absolue des déterminismes, cette réflexion conduit à la recherche des points de passages et des rencontres à opérer avec le droit, la culture et une approche résolument humaniste de l'enfance.

  • L'ouvrage étudie l'utilité et la nocivité des liens familiaux au regard des configurations sociales dans lesquelles ils se mettent en oeuvre, des relations qui s'y déploient et la place que chacun y trouve différemment selon qu'il est enfant, adolescent ou adulte. A l'occasion de cette réflexion fondamentale, sont abordées les applications sociales, cliniques voire thérapeutiques dans les dispositifs institutionnels d'intervention : Comment « traiter » leurs excès - aliénation, violence, traumatisme, etc. lorsque les liens familiaux s'hypertrophient - autant que leur carence - abandon, démission, délitement lorsqu'ils font défaut ? Comment aider, dans l'un comme dans l'autre cas, le sujet, de la naissance à la mort, à faire avec ? Alors, la famille ? Pour le meilleur ou pour le pire ? Sans doute un peu des deux...

  • Du fait des transformations du travail (intensification, individualisation, précarisation...), nombreux sont ceux qui utilisent des substances psychoactives pour être en forme au bureau, traiter des symptômes gênants ou encore pour se détendre après une journée difficile. Devant ces nouveaux usages et la multiplication des produits utilisés (alcool, tabac, amphétamines, cannabis, cocaïne, héroïne, caféine, psychostimulants, analgésiques, médicaments psychotropes), les auteurs, universitaires, chercheurs, syndicaliste et acteurs du soin et de la  prévention s'attachent à comprendre les fonctions de ces consommations en milieu de travail.

    Pour eux, il est aujourd'hui important de se déprendre des représentations sociales qui externalisent les sources du problème, comme les jugements moraux, et d'engager un travail réflexif sur les actions et les pratiques concrètes.

    Alors que les politiques publiques tendent à prescrire ou interdire, cet ouvrage ancre la prévention des addictions dans l'analyse du travail réel et des usages tels qu'ils existent et non tels qu'ils sont fantasmés. Il met à l'épreuve de la recherche et de l'action les liens multiples entre travail, santé et usages de substances psychoactives qui peuvent être, dans certaines conditions, des instruments de la production et prévenir d'autres risques au travail.

  • En se fondant sur une enquête de terrain accomplie en immersion au sein d'une société sous-traitante d'assistance aéroportuaire, l'auteur livre une analyse sociologique des évolutions de ce secteur libéralisé, à la fois spécifiques et représentatives du monde du travail contemporain. Il décrit les mutations de l'emploi et de l'organisation du travail dans le domaine des transports aériens, suite à sa déréglementation au cours des années 1990 et au développement concomitant de la sous-traitance.

    En effet, pour répondre aux exigences des compagnies aériennes donneuses d'ordres, le management impulse des réformes organisationnelles au niveau du travail en piste (individualisation des carrières, intensification du travail). Se développent ainsi des logiques de précarisation et de fragmentation des collectifs de travail.

    À la lumière de ces transformations productives, l'ouvrage aborde les politiques de sécurité et de sûreté mises en oeuvre, la santé au travail, la délégation du « sale boulot », le déclin des solidarités professionnelles et les relations ethniques au sein de collectifs ouvriers principalement issus de l'immigration. En dépit de ses spécificités, le secteur aéroportuaire apparaît ainsi comme un laboratoire privilégié des évolutions actuelles du monde du travail.   

  • "Depuis des années, les bébés sont entrés dans ma vie : bébés de l'observation, avec lesquels je fais connaissance au cours des séminaires que j'anime, ou bébés que je rencontre en consultation avec leurs parents. En même temps ces bébés restent pour moi mystérieux, chaque fois a découvrir, avec eux, chaque
    fois, une nouvelle aventure commence. A partir de l'observation du nourrisson, Rosella Sandri nous entraîne dans le monde passionnant des premieres formes de vie psychique et relationnelle du bébé.

    La méthode d'observation qu'elle pratique, est celle introduite par Esther Bick, psychanalyste d'origine polonaise, ayant travaillé notamment en Grande Bretagne. Dans la première partie du livre, a travers une réflexion méthodologique, l'auteur s'interroge sur les fondements de l'observation, la capacité d'attention et de
    rêverie qui la caractérisent, et la dynamique du groupe-séminaire qui lui donne l'espace nécessaire a son élaboration. Dans la deuxième partie du livre, le theme central est représenté par la construction de l'espace psychique avec, en toile de fond, le lien entre l'observation du bébé et la psychanalyste. La reconnaissance
    du monde psychique du bébé, qui émerveille les professionnels de la petite enfance et les parents, intéresse également les psychanalystes, car elle éclaire les niveaux plus primitifs du fonctionnement psychique. Dans les derniers chapitres, Rosella Sandri retrace d'une part une géographie de l'espace psychique interne a partir de l'observation du bébé, et d'autre part ouvre de nouvelles pistes de réflexion pour le travail psychanalytique avec des adultes. La "matiere première" de ce travail est constituée principalement par des rêves, dans lesquels on retrouve des "parties bébé du patient qui étaient en attente de pouvoir se développer, ou, parfois, de pouvoir s'exprimer pour la premiere fois au sein de la relation thérapeutique.
    L'observation du nourrisson apparaît ainsi une des voies les plus suggestives pour comprendre le monde du bébé et, dans la clinique, pour s'approcher de la "partie bébé" de chaque patient.

  • Le livre

    Une problématique à la fois médicale et sociale met particulièrement à mal les services d'obstétrique : la toxicomanie chez les femmes enceintes. Les peurs mutuelles violentes paralysent les relations et la prise en charge médicale se résume souvent à un malaise. Les placements d'enfant en urgence laissent toujours un sentiment d'insatisfaction. Là plus encore qu'ailleurs, l'intérêt d'une coordination, d'un accueil, d'une revalorisation des futures mères apparaît primordial. Comment mobiliser chez les soignants et les acteurs sociaux les représentations négatives sur ces parents, qui paralysent leur propre engagement et provoquent en miroir des passages à l'acte tels que le retrait non préparé d'enfant ?

    En 1995, une sage-femme du service d'obstétrique du Centre hospitalier régional de Montpellier, aidée par un obstétricien, un pédiatre et un pédopsychiatre, élabore un projet d'accueil personnalisé pour les futures mères toxicomanes à l'hôpital : ainsi naît en 1997 la cellule Parentalité et usage de drogues . Pour la première fois, une sage-femme anime une prise en charge globale visant à intégrer, au titre d'une naissance à venir, les registres somatique, social et psychologique. Elle pense son action de l'anténatal au post-natal, de l'intra à l'extra-hospitalier, anticipant d'emblée la place des professionnels à venir, et le processus de séparation/individuation que les parents doivent permettre à leur enfant au cours des premières années.

    Avec ce premier titre de la collection Prévention en maternité, Françoise Molénat et son équipe rendent compte de cette expérience pratique et théorique d'un fonctionnement en réseau habité , étroitement moulé sur l'expression des attentes et des peurs des parents. S'appuyant sur leur travail clinique et sur les formations pluridisciplinaires dispensées au sein de l'Afrée*, elles proposent des points de repères pour les professionnels de la périnatalité et militent pour une certaine manière de penser ensemble. Le témoignage filmé** de parents vient à la fois illustrer et étayer la réflexion tout en offrant une bonne garantie à l'encontre des dérives inévitables dans toute transmission psychologique prise au pied de la lettre.


    *Association pour la formation et la recherche sur l'enfant et son environnement.

    ** La cassette vidéo correspondant à cet ouvrage est actuellement disponible, voir dans cette collection Enceinte et toxicomanie.

  • Bénéficier des dispositifs de soins exige de supporter une passivité suffisante pour accepter d'être influencé par l'autre. Les situations traitées dans cet ouvrage concernent des sujets qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs de soins sans se sentir menacés : situations sociales et psychologiques d'extrême détresse, situations de traumatisme collectif et de violence sociale, différences et troubles qui cherchent leur sens, leur inscription psychique et sociale. Les auteurs ont fait le choix d'aborder ici l'actualité des situations de détresse comme autant d'appels à la créativité dans les relations aux patients comme dans les relations entre professionnels.
    Régine Scelles, psychologue clinicienne, est professeur de psychopathologie à l'université de Rouen ; Annie Aubert, psychanalyste, psychologue clinicienne, université Tours.

  • Quelle que soit la façon dont les données statistiques sont calculées et/ou présentées par les différents organismes (INSEE, Observatoire des inégalités sociales, Conseil national de l'information statistique, etc.) et en dépit des politiques publiques, le nombre d'enfants en situation de pauvreté dans notre pays n'a pas diminué. La précarité se décline au pluriel et s'inscrit dans divers domaines d'existence que cet ouvrage s'attache à cerner.

    Comment l'enfant qui grandit dans des conditions de vie précaires peut-il se développer ? Comment l'identité parentale peut-elle être bouleversée par ces situations défavorisées ? Quelles en sont les conséquences pour les enfants ? Quel est l'impact de l'environnement, de ses structures et fonctions - le quartier, le logement, les activités des enfants, les structures d'accueil et d'éducation - sur leur santé physique et psychique ?  

    A partir du bilan des recherches les plus contemporaines en psychologie sur les liens qui existeraient entre le développement de l'enfant et ses conditions de vie notamment quand elles sont marquées par la précarité, Chantal Zaouche analyse les leviers - mesures et structures préventives - sur lesquels nous pouvons agir pour aider les enfants et leurs familles à « sortir de la galère », à vivre et non survivre, et à profiter pleinement de leur existence.

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