• Le marquis de Pontcallec Nouv.

    Le Marquis de Pontcallec est peut-être le premier indépendantiste breton.
    Jeune noble breton, il monte une conspiration pour venir au secours des paysans accablés par les impôts que le Régent fait lever en ce début du règne de Louis XV.
    Sa révolte et son exécution en feront un héros de cette Bretagne « rebelle ».
    Si Raoul de Navery aurait fortement romancé le personnage du marquis, cela n'en reste pas moins un personnage fort de l'histoire de Bretagne.

  • Au quotidien la population roussillonnaise d'Ancien régime est plutôt respectueuse de l'ordre établi par les autorités locales ou monarchiques ainsi que des traditions ancestrales, familiales ou professionnelles. De son sommet jusqu'à sa base, la société nord catalane se fonde sur des hiérarchies acceptées par tous. Les Roussillonnais reproduisent tout au long de leur vie des attitudes et comportements marquant, consciemment ou non, leur soumission ou leur intégration d'une organisation sociale inégalitaire mais dans laquelle ils se reconnaissent. Leur participation tout au long de leur vie au fonctionnement des institutions locales, qu'elles soient politiques, professionnelles ou religieuses, leur confère un rôle actif dans la conservation et la transmission des usages légués par leurs aïeux. Ils s'intègrent ainsi parfaitement dans des processus pluriséculaires. Seuls remettent en cause ces modes de fonctionnement des comportements, généralement ponctuels et considérés comme marginaux, dont l'interprétation doit être faite avec beaucoup de précautions car, à la vérité, peu d'actions semblent animées par un rejet pur et simple de l'ordre établi, qu'il soit économique ou professionnel, social, familial, politique, administratif ou religieux. L'illégalité ou criminalité n'est pas endémique, si ce n'est pour ce qui touche à la frontière, en particulier la contrebande. Pour autant, les comportements relevant de l'indiscipline et l'irrespect des lois, des autorités politiques, des bonnes moeurs ou des préceptes religieux suscitent toujours autant d'intérêt car ils nous offrent l'opportunité de nous immerger dans la société roussillonnaise, d'en découvrir les rouages et codes sociaux, leurs éventuelles contestations ou transgressions et les processus de maintien ou rétablissement de l'ordre.

  • L'an 2 000 marque le huit centième anniversaire des privilèges accordés aux écoliers parisiens, par le roi Philippe Auguste, considérés comme la première étape vers la création de l'Université de Paris. Ce ne fut toutefois qu'au XIVe siècle, que les rois de France élaborèrent une législation plus complète, qu'ils étendirent à l'ensemble des universités du royaume. Le présent ouvrage montre que les privilèges royaux contribuèrent à doter les universitaires d'un statut particulier, qui finit par les distin­guer des autres clercs dans la société française médiévale. Les archives, parcourues jusqu'au milieu du XVe siècle, suggèrent que le Parlement devint, pour les gens d'étude du Nord de la France, le lieu de défense de leurs droits et d'affirmation de leur identité. Chaque université se disait alors la « fille du roi ». Associée depuis ses débuts à la grandeur du royaume, l'Université de Paris légitima sa position par le mythe de la translatio studii. Plus tard, elle revendiqua la responsabilité singulière de conseiller le roi par la bouche de ses docteurs en théologie. Lors des nombreux conflits politiques qui marquèrent le règne de Charles VI, elle multiplia ses interventions auprès du Parlement et du Conseil royal. Dans l'ensemble, ce livre veut éclairer les rapports entre les universités et le pouvoir royal, en France, à la fin du Moyen Âge.

  • Sous l'Ancien Régime, les parlements, de Paris comme de province, étaient au coeur du fonctionnement de l'État. Têtes du système judiciaire français, mais aussi dépositaires des lois autant qu'administrateurs des questions les plus diverses, ils assumaient bien des aspects de la bonne marche du royaume. Cependant, ces cours avaient la réputation non usurpée de se montrer régulièrement indociles, voire rebelles aux yeux de certains ; la Fronde au xviie siècle et les querelles chroniques du xviiie siècle en sont les signes les plus manifestes. Pourtant, au sein de ces cours, le pouvoir royal a toujours eu des partisans, qu'il s'agisse de personnes étant, de par leur fonction, les « représentants » de la monarchie au sein de la cour (les gens du roi) ou de magistrats qui, pour des raisons personnelles et de façon informelle, défendaient la position du souverain (les hommes du roi). Or, si les procureurs généraux sont de moins en moins pour nous des inconnus, on sait en revanche peu de choses des premiers présidents au parlement, tandis que les partisans du pouvoir royal sont souvent ignorés au profit de ceux qui ont incarnés l'opposition à la monarchie. Les seize contributions réunies dans cet ouvrage se proposent de compléter notre connaissance historique de ce groupe politique et social, en s'intéressant â la manière dont ces magistrats ont pu servir le roi, à leurs carrières, à la façon de mener leur travail, et en se focalisant tout particulièrement sur les premiers présidents.

  • Ce manuel est une excellente synthèse de ce XVIe siècle durant lequel la royauté se consolide, malgré la violence des guerres civiles qui agitent la deuxième partie de ce siècle. L´ouvrage est divisé en deux parties : « Le temps de la Renaissance » puis « Le temps des guerres civiles ». Ce siècle sera suivi de deux siècles de grandeur monarchique.

  • Cet ouvrage, qui dessine une géographie historique du royaume chrétien éthiopien, retrace l'histoire de l'installation des souverains et le transfert de leur pouvoir dans deux nouvelles provinces, l'Amära et le äwa, entre la fin du xiiie et le début du xvie siècle : une nouvelle dynastie y implante son domaine royal et fonde la légitimation de son pouvoir sur le contrôle des réseaux monastiques. L'enquête, qui explore les chroniques royales, les sources hagiographiques, les récits de géographes arabes ou d'ambassades européennes, tente de démêler les étapes de l'écriture et des réécritures qui sacralisent une histoire, devenue mythe. La rencontre du monachisme et du pouvoir dans cet espace en construction est à la fois un facteur de renforcement du pouvoir royal et un facteur de fragilisation de ce même pouvoir, lorsque les moines font du martyr, idéal de sainteté, l'expression privilégiée de leur indépendance vis-à-vis du politique. En réponse, les souverains éthiopiens superposent aux réseaux monastiques leurs propres fondations religieuses qui, étapes pour la cour, lieux de conciles et nécropoles royales, deviennent des lieux privilégiés de l'exercice du pouvoir.

  • Penser et construire l'etat dans la france du moyen age. xiiie - xve siecles Nouv.

    Jamais entreprise collective n'a suscité autant de publications que les réflexions conduites autour de la genèse de l'État moderne depuis une quinzaine d'années. Remodelés, intégrés dans un ensemble, liés entre eux par une suite de présentations qui les regroupe en quatre parties, les dix-huit articles ici réunis sont exclusivement consacrés à ce thème pour la période du bas Moyen Âge. L'ouvrage qui s'ouvre par une large rétrospective en manière de bilan et se termine par l'évocation de nouvelles perspectives de recherche, s'interroge en quatre temps sur quatre facteurs déterminants dans la reconstruction de l'État depuis le début du XIIIe siècle jusqu'à l'aube du XVIe siècle. Convient-il, dans cette évolution, d'accorder à la romanité un rôle aussi déterminant qu'on a bien voulu le dire? Dans quelle mesure le pouvoir royal restauré de faire loi a-t-il constitué un instrument de premier ordre pour redonner vie au politique ? Quelle place revient, dans cette vaste entreprise de reconstruction d'un appareil d'État, à des structures politiques et administratives profondément repensées ? Enfin, et peut-être surtout, comment évaluer à sa juste mesure l'impact d'une fiscalité nouvelle dont on a voulu faire un des facteurs déterminants de la genèse de l'État moderne? À travers elle, c'est tout le problème qui est posé de la puissance de l'argent au coeur de l'État médiéval.

  • Interroger les pouvoirs locaux, leur organisation, leur fonctionnement, leurs relations avec le pouvoir royal, reste un thème inépuisable encore neuf, surtout si l'on se place dans une perspective comparative, ce qu'offre le cas du Roussillon annexé en 1659 et du Languedoc intégré trois siècles plus tôt au royaume de France. Les différences entre les deux provinces sont profondes en effet derrière les apparences. Leur analyse fait redécouvrir le statut des individus, leur droit à la représentation, les stratégies déployées pour accéder au pouvoir, bénéficier des avantages qu'il confère, éviter les charges qu'impose la qualité de citoyen. Dépasser les cadres institutionnels, relativement stables, permet de se placer au plus près des réalités, au coeur des relations sociales, du fonctionnement de l'État, infiniment plus complexe et nuancé qu'on ne l'a longtemps cru. L'exemple des deux provinces intéresse le royaume de France dans son ensemble.

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