• Les progrès incontestables des neurosciences de ces dernières années mettent-ils en question la discipline que Freud a inventée et que Lacan a réinventée ? N'assistons-nous pas plutôt à un troisième moment de naissance de la science - après l'âge grec et l'âge classique - qui nous contraint à revisiter les assises du sujet ? Néanmoins, les avancées des neurosciences nous obligent à problématiser à nouveaux frais les rapports du corps et du langage, à aborder différemment des questions aussi anciennes que cruciales telles les relations corps-esprit, nature-culture, animal-humain... et à prendre en compte l'impact des mutations technologiques sur la réalité psychique.

    Dans un entretien vivifiant, Jean-Pierre Lebrun et Marc Crommelinck convoquent la psychanalyse et les neurosciences pour appréhender le fonctionnement du cerveau pensant. Ils prennent appui sur les concepts, aujourd'hui promus, d'émergence, de causalité ascendante et descendante, de plasticité... en maintenant la rigueur d'une position matérialiste devenue désormais incontournable et une volonté de transmettre au plus grand nombre.

  • Lire l'interview avec les directeurs de volume (propos recueillis par Audrey Minart)

    Pourquoi la consommation d'alcool augmente-t-elle chez les 18-30 ans alors qu'elle baisse pour tous les autres groupes d'âge ?

    L'allongement et la massification des études, le report de l'âge au premier enfant, la perte de confiance en l'avenir, le déclin des rites intégrateurs et l'évolution des pratiques festives sont autant d'éléments qui permettent de situer le contexte de cette consommation. Loin de souscrire à un regard stigmatisant sur les pratiques juvéniles, des spécialistes reconnus de différentes disciplines scientifiques montrent combien les facteurs externes (statut social, changements sociétaux...) et internes (personnalité, fonctionnement cérébral...) sont en cause.

    Reste la diversité des modes de consommation. Du fêtard occasionnel au jeune à risque d'alcoolisme, en passant par les profils plus ou moins modérés, il s'agit de comprendre et d'expliquer, loin des clichés télévisés, quels sont les facteurs de vulnérabilité spécifiques à cet âge, mais aussi et surtout quels sont les facteurs de protection qui peuvent faciliter l'entrée dans le monde adulte.

    Publié avec la Fondation pour la recherche en alcoologie.

  • L'auteur dénonce la rigidité, l'autoritarisme et la standardisation des approches dictées par le 3e Plan et leurs conséquences néfastes pour les personnes autistes et leurs familles. Elle développe des propositions d'observation, d'évaluation et de suivis pluridisciplinaires et transdisciplinaires - incluant la psychanalyse.


    Dans un souci de réflexion et d'engagement, Marie-Dominique Amy revient sur la plupart des mauvais procès intentés en sorcellerie contre la psychopathologie d'inspiration psychanalytique. Elle dénonce les aspects idéologiques qui empêchent un vrai débat, tout en défendant les recherches cognitives et des neurosciences et les pratiques intégratives entreprises avec les enfants TED/TSA dans une logique d'ouverture.

     

  • L'approfondissement de l'étude du monde interne des personnes autistes est désormais une priorité scientifique du fait des enjeux thérapeutiques qui en dépendent. En nous intéressant à comment les personnes autistes voient le monde qui les environne plutôt qu'au pourquoi il en est ainsi, nous sommes amenés à dépasser les clivages entre les parents, les psychanalystes et les autres professionnels qui prennent soin des personnes autistes.

    Pouvoir comprendre et partager quelque chose de leur vision cognitive, émotionnelle, fantasmatique ou artistique permet de les aider à accéder à l'intersubjectivité et à la subjectivation. En effet, en sentant que leur monde interne et le nôtre peuvent différer sans que cela soit une catastrophe, que c'est justement parce qu'ils sont différents qu'ils peuvent interagir sans risque de fusion, d'engloutissement ou de collage,  s'ouvrent pour les personnes autistes une théorie de l'esprit et la possibilité d'identifications projectives normales.

    C'est le pari d'un possible partage que relève ce livre en se proposant d'articuler des paroles de parents et d'adultes autistes avec les avancées des neuroscientifiques et des psychanalystes.

    Ouvrage publié avec la CIPPA.

  • Centré autour de thématiques clés (paradigmes émergents, questions de méthode, autisme et troubles envahissants du développement, pratique de l'épistémologie psychodynamique en clinique interdisciplinaire), cet ouvrage met au travail les problèmes épistémologiques et méthodologiques de la psychiatrie d'aujourd'hui au regard de l'avancée des neurosciences et de la recherche psychanalytique.

    Il s'attache à montrer comment la complexité de la clinique contemporaine exige de s'installer à l'interface de ces disciplines régies par des épistémologies différentes. Sans tenter d'y chercher une complémentarité totalisante, les auteurs en explorent les convergences possibles pour une  meilleure compréhension du fonctionnement cérébral et du travail psychique.

    Cette articulation conceptuelle entre causalité physique et causalité psychique, qui ne vient pas remplacer le clivage classique psyché /soma produit une réflexion épistémologique pouvant guider la pratique clinique.

  • Au croisement des modèles théoriques, cet ouvrage effectue une double synthèse à la fois du côté des neurosciences cognitives et du côté de la psychanalyse sur la question de la mémoire. Cet ouvrage propose une étude sur la mémoire, son fonctionnement et ses troubles, dans une optique « complémentariste », c'est-à-dire, une double lecture, celle de la psychanalyse et celle des neurosciences avec un maillon intermédiaire : celui de la psychologie développementale précoce. Ainsi, il fait apparaître des correspondances entre concepts relevant d'épistémologies différentes, entre fonctionnement cérébral et fonctionnement psychique. Les neurosciences comme la psychanalyse mettent en perspective la dynamique et les enjeux des processus mnésiques.

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