• Paru en 1762, le Contrat social, en affirmant le principe de souveraineté du peuple, a constitué un tournant décisif pour la modernité et s'est imposé comme un des textes majeurs de la philosophie politique. Il a aussi acquis le statut de monument, plus célèbre que connu, plus révéré - ou honni - qu'interrogé. Retrouver, dans les formules fameuses et les pages d'anthologie, le mouvement de la réflexion et les questions vives qui nourrissent une oeuvre beaucoup plus problématique qu'affirmative, c'est découvrir une pensée qui se tient au plus près des préoccupations d'aujourd'hui : comment intégrer les intérêts de tous dans la détermination de l'intérêt commun ? Comment lutter contre la pente de tout gouvernement à déposséder les citoyens de la souveraineté ? Comment former en chacun ce sentiment d'obligation sans lequel le lien social se défait ?
    © Flammarion, Paris, 2001, pour la présente édition.
    Édition revue et mise à jour en 2012.
    Couverture : Virginie Berthemet © Flammarion

  • Qu'est-ce que la politique peut apprendre des sciences des systèmes complexes comme la biologie, la théorie des jeux, la physique statistique ou la thermodynamique loin de l'équilibre ? En quoi les concepts d'évolution, de membrane, d'entropie, de structures dissipatives, de lois d'échelle ou de transition de phase permettent-ils d'éclairer des questions politiques aussi essentielles que celles du progrès, des frontières, de la coopération et de la compétition, du développement durable, de la pluralité ou de la subsidiarité ? Un dialogue renouvelé entre les Deux cultures, les sciences et les humanités, permet-il d'aborder de grandes questions de philosophie politique sous un jour nouveau et fécond ? Vincent Le Biez en fait le pari, avec, sous l'égide de Snow et Prigogine, Platon et Darwin, Hobbes et Bichat, Rousseau et Dawkins, Bergson et Clausius, Arendt et Carnot, Tocqueville et Ising...

  • Léo Strauss Nouv.

    Leo Strauss (1899-1973), philosophe juif allemand, est connu pour sa critique aiguë de l'idéal radical des Lumières et ses dérives modernes (historicisme, relativisme, progressisme et nihilisme), pour son retour à la pensée politique grecque et sa défense de l'universalité du droit naturel. Sa philosophie tient à un fil directeur : le croisement entre les héritages biblique et grec. Ce sont les Lumières médiévales, plus prudentes et rationnelles que les Lumières modernes, qui ouvrent, à ses yeux, la question du rapport entre la foi en la Loi et l'autorité de la raison, en inventant un art d'écrire secret capable d'associer l'adresse au grand nombre et l'adresse aux lettrés. Strauss défend l'idée d'un conflit irréductible et fructueux entre Athènes et Jérusalem, entre philosophie et Loi. Nous trouverions en effet dans la tension entre ces deux pôles légitimes et, pour partie, contradictoires, le pouvoir de contrer le déclin général de la politique contemporaine. La philosophie de Strauss nous alerte par sa critique aussi vigoureuse que mesurée de la démocratie libérale moderne, par son intelligence de la tyrannie, de la persécution et de la discrimination étatiques ou sociales, et par sa mise en relief de l'importance du judaïsme éclairé. Elle a ouvert la voie à un renouveau de la philosophie politique.

  • Qui sommes-nous? Que pouvons-nous savoir? Que nous est-il permis d'espérer? En réfléchissant à ces trois questions classiques, Noam Chomsky présente dans cet essai un tour d'horizon de l'ensemble de sa pensée.

    Revenant sur sa conception du langage et de l'esprit, puis de la société et de la politique, Noam Chomsky conclut son brillant exposé par un plaidoyer pour ce qu'il appelle le «socialisme libertaire», qu'il lie à l'anarchisme et aux idées de John Dewey, ainsi qu'à certaines des convictions de Marx et de Mill.

    Cet ouvrage regroupe des cours que Chomsky a donnés à l'université Columbia en linguistique, en sciences cognitives et en philosophie politique, dans le cadre d'un cycle de conférences intitulé les «John Dewey Lectures».

  • « Lorsqu'il est dit que le thème particulier de notre temps et la mission des générations actuelles consiste en une tentative énergétique pour ordonner le monde à partir du point de vue de la vie, il y a un sérieux risque d'être mal compris. [...] On a vécu pour la religion, pour la science, pour la morale, pour l'économie ; on a même vécu pour servir le fantôme de l'art et du plaisir ; on n'a juste jamais essayé de vivre délibérément pour la vie. Heureusement qu'on l'a toujours plus ou moins fait, mais non délibérément ; chaque fois que l'homme s'en est aperçu, il en a eu honte et a ressenti un étrange remords. Ce phénomène de l'histoire humaine est par trop surprenant pour ne pas mériter une méditation. » Paru en 1923, soit bien avant sa célèbre Révolte des masses (1930), Le Thème de notre temps est l'un des textes les plus prophétiques d'Ortega y Gasset (1883-1955).

  • Peut-on parler de « totalitarisme » quand il s'agit de nommer le pouvoir des multinationales tel qu'il s'est construit et imposé depuis le début du xxe siècle ? Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d'une collect ivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renversement pervers . Ce sont les multinationales, aujourd'hui, qui soumettent la délibération des assemblées politiques à d'autres « lois », leurs lois, qu'elles s'assurent de rendre efficaces : la « loi » du marché, la « loi » de la concurrence, la « loi » universelle de l'offre et de la demande. L'entreprise Total est un cas d'école en la matière. Ce livre étudie la façon dont cette pétrolière s'est constituée telle une autorité souveraine de nature privée, imitée en cela par d'autres multinationales. Se présenter comme la « huitième des Sept Soeurs », en référence aux majors du pétrole, et se dire « total » pour bien marquer cette prétention, c'était, au milieu du xxe siècle, chercher à s'imposer à son tour dans un ordre où les sociétés multinationales se développaient indépendamment des États qui les avaient créées, à la manière d'un Frankenstein.

  • Alors que la «gauche» semble avoir officiellement rompu avec le socialisme pour redevenir un avatar du libéralisme et qu'elle s'est, une bonne fois pour toutes, entièrement dissociée des classes populaires, l'hégémonie du bloc populiste-néolibéral semble inexpugnable. Seule la relance d'un programme socialiste à gauche de cette «gauche» libérale permettrait de la défaire, nous dit Franck Fischbach. Mais au préalable, il faut revenir aux hypothèses fondatrices du socialisme. 

    Par un retour aux propositions philosophiques à la base de la pensée socialiste, notamment celles formulées par Hegel, Marx, Durkheim et Dewey, Franck Fischbach esquisse dans cet ouvrage un socialisme conscient de la rationalité du social, un socialisme de coopération entre égaux dont la tradition n'a été épuisée ni par l'État social ni par le socialisme «réel», loin de là.  Les partis socialistes sont morts, vive le socialisme!

  • « Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l'affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l'aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout, aucune "bonne idée", la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète, dilatez-le, et décontractez vos lèvres - il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose : on doit pouvoir vous caser. Les temps ont changé. Il n'y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l'incendie du Reichstag, et l'Aurore n'a encore tiré aucun coup de feu. Pourtant, l'assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. »

  • Nous n'aimons guère le spirituel républicain. Un spectre, dira-t-on, vestige de gloires révolues, épouvantail obsolète d'un imaginaire laïque passablement décharné. Forgé dans l'atelier conceptuel de la Révolution française, irriguant le dialogue de la philosophie et des sciences sociales naissantes, le problème du gouvernement des esprits est le point névralgique du XIXe siècle. Et telle est la distance qui nous sépare d'auteurs apparemment aussi hétérogènes que Comte, Michelet, Tocqueville ou Pierre Leroux : rendre effective la liberté des modernes suppose d'abord d'affronter l'énigme du pouvoir spirituel. Heureux émancipés ou mélancoliques vitupérants, nous sommes les héritiers d'une sacralité républicaine qui fut conjointement cernée de tragique et ourlée d'espoirs. Ce livre retrace l'histoire d'une contrariété.

  • Bartole de Sassoferrato (env. 1313-1357) est l'un des plus grands juristes du Moyen Âge. Auteur d'une oeuvre immense, lue et commentée de son temps comme à l'époque moderne, il rédigea à la fin de sa vie un ensemble de trois traités, traduits ici pour la première fois en français, qui ont comme point commun d'envisager l'exercice du pouvoir dans sa dimension pratique aussi bien que théorique et juridique. Il consacre ainsi son Traité sur les guelfes et les gibelins à la question de la conflictualité politique et des luttes de factions dans le monde communal italien ; il passe au crible les formes de gouvernement et les régimes politiques dans le Traité sur le gouvernement de la cité, dans le prolongement des réflexions d'Aristote ou de Gilles de Rome ; avec son Traité sur le tyran, il livre l'un des principaux traités que le Moyen Âge nous a légué sur le phénomène tyrannique. Si les thèmes abordés sont variés, ils sont néanmoins traversés par une obsession commune, qui hante du reste philosophes, juristes et théologiens depuis l'Antiquité : celle de la tyrannie, dans laquelle tout pouvoir est susceptible de basculer. Observateur aigu autant qu'acteur de la vie publique, Bartole décortique ici les formes et les conditions de cette dégénérescence et porte un regard incisif sur les transformations politiques qui affectent la société italienne au XIVe siècle.

  • Janvier 1978 : autour de la figure tutélaire de Raymond Aron, 150 universitaires, écrivains et artistes de toutes disciplines et sensibilités politiques publient un fracassant manifeste intitulé « La liberté ne se discute pas. La culture contre le totalitarisme », à la fin duquel est annoncée la création d'un Comité des Intellectuels pour l'Europe des Libertés (C.I.E.L.).
    Pendant près d'une dizaine d'années et tout en apportant son soutien aux dissidents venus de l'Est, ce CIEL présidé par Eugène Ionesco va faire l'actualité en multipliant des initiatives (appels, colloques, « assises »...) qui dénoncent les impostures du communisme soviétique et l'emprise persistante du marxisme en « opium des intellectuels ».
    C'est ce moment charnière de retour en grâce du libéralisme politique en France qu'illustre ici une sélection inédite des textes les plus significatifs qui en ont alors témoigné dans La Lettre du CIEL, signés des membres les plus en vue du Comité (d'Alain Besançon au doyen Georges Vedel en passant par Michel Crozier, Jean-Marie Domenach, Emmanuel Le Roy Ladurie, Jean-François Revel et Philippe Sollers), ainsi que les textes des principaux « appels ». S'y ajoutent une intervention substantielle de Jacqueline de Romilly, et une allocution de Karl Popper lors de sa réception du Prix Tocqueville 1983 où était représenté le Comité.

  • Nous vivons depuis quelques décennies une privatisation et une atomisation de la société, qui instituent les individus en concurrents et leur font perdre le véritable sens du social: la coopération. En philosophie aussi, le concept de « social », auquel on préfère souvent les idées de « commun » ou de « communauté », peine aujourd'hui encore à être reconnu. Cet essai propose donc, à la suite de Dewey, de défendre « la valeur du social en tant que catégorie » de la pensée.

    Il s'agit d'analyser les raisons qui ont conduit à ce discrédit, puis de reconstruire un concept qui possède à la fois une fonction descriptive et une portée morale et politique. Le livre avance la thèse que le travail, en tant qu'association et coopération, est porteur d'une exigence proprement démocratique, et que cette exigence n'est autre que l'expression politique de la structure sociale. Sur cette base, devient possible une critique des dispositifs qui privent concrètement le travail de sa dimension démocratique et répriment sa logique coopérative.

  • Perry Anderson, Edward Palmer Thompson, David Harvey, Moishe ­Postone, Derek Sayer, Simon Clarke, Robert Brenner, Ellen Meiksins Wood et David McNally : neuf penseurs importants dont l'influence grandissante marque un renouveau de l'apport de ­l'oeuvre de Marx et de ses successeurs au champ des sciences sociales. Chaque chapitre décrit le parcours intellectuel de l'une de ces figures.

  • En interrogeant les rapports entre philosophie et politique de la fin du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, cette démarche entend réactiver une interrogation sur les présuppositions et les implications métaphysiques de ces concepts. Ce parcours mène du renouvellement de l'idée de république à la philosophie de la liberté, en passant par la fondation philosophique de la notion de tolérance.

  • Au 22ème siècle, six utopistes de la Fédération Africaine mettent au point un programme capable de simuler, par réalité virtuelle, des utopies politiques. Le but étant de redonner un sens aux idées politiques et donc des perspectives de changement de société. Les utopistes conçoivent ainsi une cité idéale, Mathemba, "République culturelle" orientée vers la création au sens large (artistique, intellectuelle, scientifique...).

    Koré Pokou, un jeune banquier pas particulièrement féru de politique, est désigné pour tester la fiabilité du programme. D'abord sceptique, il va progressivement s'attacher à cette République culturelle, au point d'être quelque peu troublé par l'expérience...

  • Depuis 2006, le Québec débat âprement des règles gouvernant la laïcité de ses institutions et se trouve confronté à deux modèles apparemment irréconciliables : le républicanisme « jacobin » et le libéralisme individualiste, issus respectivement de la France et du Canada.

    En s'inspirant de la pensée du philosophe politique John Rawls, les auteurs proposent ici d'explorer une voie médiane mieux adap­tée à l'expérience québécoise. Dans ses travaux tardifs, Rawls met en avant une forme de libéralisme républicain affranchi de l'indi­vidualisme normatif de Kant et de Mill et récuse le paternalisme qui vise à imposer aux citoyens une certaine éthique de vie. Tout en étant neutre à l'égard des conceptions individualiste et com­munautarienne de la personne, il cherche à équilibrer les droits collectifs des peuples avec les droits individuels des personnes.

    C'est donc une conception strictement institutionnelle de la laïcité que présentent les auteurs, qui redéfinissent au passage l'interculturalisme, la liberté rationnelle et le consentement, ainsi que l'expérience religieuse, qui devient hybride, à la fois subjective et objective. En se servant de Rawls, ils expliquent clairement pourquoi l'expression de la religion fait partie de la liberté reli­gieuse, mais aussi pourquoi il faut faire la distinction entre les objets qui relèvent des libertés fondamentales et ceux qui sont sujets à des accommodements. Ils tracent ainsi une authentique troisième voie, qui pourrait bien faire sortir de l'impasse le débat québécois sur la laïcité.

  • La quête

    Michel Juste

    Un épisode difficile pour Ellen. Contrainte à un chantage pour libérer et sauver son amie Kyi, elle se soumettra pendant cinq jours aux volontés d'Hisako, la yakusa japonaise. Un jeu à la fois beau et cruel où trois femmes vont vivre une expérience hors du commun. Entre peur, douleur, plaisir et amitié, ce huis clos troublant revivifie notre imaginaire social. Et si ce n'était qu'une histoire d'amour ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.


  • Plus que jamais, l'actualité mondiale ou nationale met en question le pouvoir du peuple. Là il se révolte avec fracas. Ici on le voit voter contre les autorités en place. Pour les uns il reconquiert sa liberté. Pour les autres il est aveugle et cr

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