• Beloved

    Toni Morrison

    Le 124 tait habit de malveillance. Imprgn de la maldiction d'un bb... Bluestone Road, prs de Cincinnatti, vers 1870, les meubles volent, la lumire allume au sol des flaques de sang, des gteaux sortent du four marqus de l'empreinte d'une petite main de bb. Dix-huit ans aprs son acte de violence et d'amour maternel, Sethe, l'ancienne esclave, et les siens, sont encore marqus par le souvenir de la petite fille de deux ans qu'elle a gorge. Jusqu'au jour o une inconnue, Beloved, arrive mystrieusement au 124, donne enfin cette mre hors-la-loi la possibilit d'exorciser son pass. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rdemption ne vient pas du souvenir, mais de l'oubli. Ce roman aux rsonnances de tragdie grecque, au style d'une flamboyante beaut lyrique, a reu en 1988 le prix Pulitzer.

  • Une expédition clandestine à la recherche du Temple de Salomon révèle un énigmatique cube de pierre, vieux de trois mille ans.
    À l'intérieur : un secret qui pourrait remettre en cause la véracité de la Bible et déstabiliser des milliards de croyants.
    Une seule solution pour éviter le chaos : mener l'enquête dans le passé. Sur ordre du pape Jean-Paul II, le père Pellegrino Ernetti remonte le chronoviseur, cette extraordinaire machine capable de voir dans le temps, qui aurait été conçue en 1964 et demeure le secret le mieux gardé du Vatican.
    Ce qu'elle va dévoiler emmènera le père Ernetti plus loin encore qu'à l'époque du roi Salomon, jusque dans l'Égypte ancienne, sous le règne de l'éblouissante Néfertiti, qui pourrait bien détenir la clé de l'énigme.

  • Une uchronie redoutablement efficace, par l'auteur du Dernier Templier.

    Istanbul, 1682 : Mehmed IV, sultan de l'Empire ottoman, s'apprête à lancer le second siège de Vienne, alors capitale du Saint-Empire romain, quand un mystérieux visiteur s'introduit dans sa chambre. L'homme, couvert d'étranges tatouages, déclare au souverain pouvoir l'aider à mener à bien ses rêves de conquête...
    Paris, 2017 : Un drapeau rouge et blanc flotte sur la ville depuis qu'elle est tombée sous le joug des Ottomans pendant le règne de Louis XIV. Le vendredi est un jour de repos et la langue officielle, le turc. La dynastie au pouvoir, qui a régné avec sérénité pendant des siècles, vit cependant des moments difficiles. L'islamisme radical est devenu une menace.
    /> Kamal en sait quelque chose, lui qui traque les dissidents au sein de la police du sultan. Nisrine, sa belle-soeur, dont il est amoureux dans l'ombre, est quant à elle une avocate opposée au régime. Sa mission met bientôt Kamal sur la piste d'un patient soigné par son frère et qui prétend venir du passé. Mais lorsque les autorités veulent l'interroger, les choses tournent mal. S'ensuit une course-poursuite effrénée dont l'enjeu est un secret enfoui dans la nuit des temps. Un secret qui pourrait, une fois de plus, modifier le cours de l'Histoire...

  • Jazz

    Toni Morrison

    En 1926, Joe Trace assassine sa jeune matresse Dorcus. En proie au dsespoir et la jalousie, Violette, la femme de Joe, se prcipite son tour sur la dpouille de sa rivale, dans le but de la tuer une seconde fois. Bouleverss par la violence et l'horreur de leurs gestes, les deux poux vont impitoyablement fouiller leur pass commun pour comprendre leur prsent dvast. Nourri d'une musique qui vient incarner la libert d'une nouvelle gnration de Noirs amricains dans le Harlem des annes 20, ce roman n'est pas seulement construit au rythme d'un morceau de jazz. Il devient, au fil de la narration, le Jazz. Un roman magnifique, o s'affirme chaque page le pouvoir de l'amour, qui triomphe de l'ge, de la vulnrabilit de la chair et, finalement, du dsespoir.

  • Tony vit sa retraite sereinement. Autrefois, il a connu la passion avec Veronica qui l'a quitté pour son ami Adrian. Il a écrit une lettre épouvantable aux deux amou¬reux, et peu après, Adrian s'est suicidé. Pourquoi Adrian s'est-il tué ? Quarante ans plus tard, des souvenirs occultés remontent à la surface. Et puis, soudain, la lettre d'un notaire, un testament difficile à comprendre et, finalement, la terrible vérité.

  • L'auteur des best-sellers La Mémoire des embruns et La Maison des hautes falaises revient avec un troisième roman bouleversant. Quand Abby rencontre Cameron, tout en lui l'agace. Biologiste, elle arpente seule la vallée des monts Brindabella pour observer le comportement des kangourous. Il est un jeune journaliste en quête d'un article pouvant susciter la polémique. Quand il cherche à la revoir, elle fait tout pour l'éloigner. Pourquoi prendrait-elle le risque d'être à nouveau blessée par la vie ? Un jour, elle rencontre une vieille dame, Daphne, qui a passé sa jeunesse dans ces montagnes et vient régulièrement se ressourcer dans cette nature si chère à son coeur. Malgré leur différence d'âge, les deux femmes se rapprochent. Avec délicatesse, Daphne essaye de sortir Abby de son marasme. Leur amitié leur permettra peut-être enfi n de se libérer du passé et de sourire à l'avenir ?

  • Que s'est-il passé cette nuit-là ?
    Secrets, chantages, règlements de compte, faux-semblants... Un véritable cauchemar, mené sur un rythme effréné. Harlan Coben au sommet de son art.1985. Paul Copeland est un jeune animateur de camp d´ados. Une nuit, alors qu´il s´est éloigné du camp pour retrouver Lucy, sa petite amie, quatre jeunes disparaissent, dont sa soeur, Camille. Seuls deux corps seront retrouvés. On attribuera la mort des ados à un serial killer qui sévissait dans la région.Vingt ans plus tard. Paul est devenu procureur. Alors qu´il plaide dans une affaire de viol, il est appelé pour l´identification d´un corps : pour lui, pas de doute possible, il s´agit de Gil Perez, un des garçons qui avaient disparu dans les bois. Pourquoi les parents du jeune homme s´obstinent-ils à nier son identité ? Si Gil était bien vivant pendant ces vingt ans, y a-t-il un espoir pour que Camille le soit aussi ? Que s´est-il réellement passé dans les bois, cette nuit-là ?Bien décidé à résoudre enfin cette affaire qui le ronge depuis tant d´années, Paul va replonger dans les souvenirs de la nuit qui a fait basculer sa vie...

  • Les voix du soir

    Natalia Ginzburg

    Dans un bourg proche de Turin, durant les années 1940, celles de la guerre et de l'après-guerre, quelques familles de la bourgeoisie piémontaise se croisent dans une paisible cohabitation. Leur petite communauté assigne à chacun un rôle déterminé et des aspirations convenues. L'occupation favorite des uns et des autres consiste à «enterrer ses pensées» pour laisser place à d'insignifiants commentaires sur un quotidien étriqué et répétitif. Un environnement étouffant pour les plus jeunes parmi lesquels se trouve l'invisible narratrice de ce récit distancié, Elsa. Étrangement absente de ces histoires familiales, elle sort soudain de l'ombre, révélant un visage jusque-là inconnu de tous, comme du lecteur.

  • Sylvie

    Gérard de Nerval

    Voulant fuir Adrienne, belle actrice parisienne, et avec elle le monde illusoire du théâtre, le narrateur, qui n'est autre que Nerval, se tourne vers Sylvie, jeune campagnarde qu'il a jadis aimée. Mais le rêve fait place au désenchantement : le retour à la nature, celle de l'enfance dans le Valois, n'est qu'un mythe, et le grand amour de jeunesse se révèle être uen décevante paysanne. Et si ces deux femmes n'en formaient qu'une, 'deux moitiés d'un seul amour'?
    Le récit progresse selon la logique d'une traversée de la mémoire : l'auteur met en scène des souvenirs personnels ('à demi rêvés') et littéraires ; il témoigne d'une véritable érudition tout en faisant l'éloge de la culture populaire. La mémoire collective est pour lui assez vaste pour accueillir la réalité la plus ordinaire comme les mystères les plus sublimes.
    Avec cette nouvelle des Filles du feu, Nerval dit adieu aux chimères de la jeunesse et de l'amour idéal. Ce récit poétique, entre romantisme et surréalisme, est déjà une recherche du temps perdu.

  • Le passé

    Tessa Hadley

    "Trois soeurs et un frère se retrouvent dans la maison de leurs grands-parents, à Kington, en Angleterre, pour quelques longues semaines d'été. L'endroit est plein des souvenirs de leur enfance et de leur passé mais ils envisagent de le vendre. Sous une surface idyllique, les tensions se font peu à peu sentir : les invités sont perçus comme des intrus, les enfants découvrent un secret effrayant les emportant dans un jeu dangereux, la passion surgit là où on ne l'attendait pas, perturbant l'équilibre familial. Un certain mode de vie - bourgeois, cultivé, ritualisé, anglican - touche à son inévitable fin.
    ""Tessa Hadley possède une subtilité psychologique rappelant celle d'Henry James et une touche ironique digne de Jane Austen."" The Guardian"

  • A partir d'anecdotes véridiques, Les Enfant du Pas du Loup fait revivre avec émotion tout un pan de l'histoire de la batellerie charentaise, incarnée par un jeune gabarier passionné.

    " Louise, tremblante de désespoir, se serra contre lui, prit sa bouche. La douleur de perdre son bien-aimé, après seulement quelques semaines de joie la rendait folle. Quoi, ils devaient se marier, vivre ensemble, voyager sur la Marie-Flavie, Hugo avait promis de l'emmener jusqu'à l'île d'Aix, dans le pertuis d'Antioche ! Et la guerre éclatait, comme un orage soudain. Une fois de plus, on lui arrachait son bonheur. " En 1863, à Saint-Simon, petit port au bord de la Charente, le coeur de Louise chavire lorsqu'elle voit poindre à l'horizon le bateau du bel Hugo. Elle est sa plus fidèle amie et c'est au Pas du Loup, un passage au bord du fleuve, qu'il lui confie ses peines et ses espoirs : posséder sa propre gabare, ce bateau qui transporte le long du fleuve marchandises, eaux-de-vie et canons, et retrouver Alexandrine, rencontrée à Tonnay et disparue sans laisser de traces. Tandis qu'Hugo accomplit son rêve de gabarier et part en quête d'Alexandrine, Louise continue de l'aimer en secret. Mais les épreuves et les caprices du destin les attendent tous deux au détour de la Charente et feront prendre à leurs vies un étonnant chemin.

  • « J'éprouvais une légère douleur à l'estomac, une espèce de nostalgie très ténue : la faim, pensa-t-il, je dois avoir faim. Ou alors je vieillis. Ou bien je suis malade, comme les chevaux d'attelage qui ne sont plus bons à rien. Les oiseaux, expliquait son père, appuyé à la margelle du puits de la ferme, meurent très lentement, sans raison, sans s'en rendre compte, et un beau jour ils se réveillent le ventre en l'air, le bec ouvert, flottant dans le vent. » Dans ce chef-d'oeuvre de la mémoire, mêlant - souvent dans une même phrase - les passés, les présents, les avenirs de ceux et celles qui l'entourent, Rui S. nous mène, vers une mort souvent annoncée. Illusion, poésie, satire : António Lobo Antunes, qui veut faire d'Explication des oiseaux son hommage - et combien magnifique - à Fellini, s'impose, après Le cul de Judas, Fado Alexandrino, Le retour des caravelles, comme un très grand écrivain européen.

  • White

    Marie Darrieussecq

    Où? Au Pôle Sud.
    Quand? Dans un futur proche.
    Qui? Un homme et une femme.
    De l´aventure! Du froid! Du chaud! Des spectres! Des bons et des méchants! De l´amour!

    Jusqu´à quel point faut-il se débarrasser des fantômes pour faire l´amour?

  • « De livre en livre, Lobo Antunes affine sans cesse un langage d'une puissance inouïe qui fait de la douleur d'individus égarés au bord d'eux-mêmes le symbole même de la condition humaine. » Hugo Pradelle, La Quinzaine littéraire « Il faut entrer [dans l'écriture d'António Lobo Antunes] et s'y laisser couler. Le rythme, alors, vous hante dès que vous y avez goûté. » Florence Noiville, Le Monde des livres « Lire la prose du plus grand écrivain portugais est une expérience rare, dérangeante et captivante à la fois. Comme un rêve éveillé. Comme entrer dans les ténèbres de Faulkner ou de Virginia Woolf. » Bruno Corty, Le Figaro

  • Fever

    Leslie Kaplan

    Fever est un livre sur le crime, mais la question, le suspense, le côté thriller, n'est pas qui a tué - ça on le sait tout de suite - mais pourquoi. C'est un livre sur la folie, mais sur une folie qui ne se voit pas, qui ne se dit pas, sauf justement dans le crime.
    C'est un livre sur deux adolescents d'aujourd'hui, mais qui sont rattrapés par le passé, à savoir par ce qui est arrivé à leurs grands-parents. C'est un livre sur l'irruption violente de l'Histoire dans la vie de deux lycéens d'aujourd'hui.

  • Dans la campagne irlandaise, à plus d'un siècle d'écart, deux femmes affrontent les tourments de l'histoire et de leurs vies.
    Irlande, 1919. Le pays est en ébullition, tiraillé entre les colons britanniques et les indépendantistes. Bravant le risque d'être découverts par les
    Black and Tans, des factions armées à la solde du gouvernement chargées d'éliminer les résistants, Hannah O'Donovan et sa famille cachent dans leur ferme un petit groupe de rebelles. Entre leur chef O'Riada, un jeune homme sombre et courageux, et Hannah, une relation passionnée naît aussitôt...
    Londres, 2019. Ellen, qui a quitté l'Irlande pour l'Angleterre il y a plusieurs années, est dans une impasse : endeuillée, son mariage vacille et sa carrière s'enlise. Lorsqu'elle apprend que la ferme qui appartenait à ses ancêtres est mise en vente, Ellen revient dans le pays de son enfance et plonge dans le passé familial. Pourquoi sa famille a-t-elle toujours refusé de parler de sa mystérieuse arrière-grande-tante, Hannah O'Donovan ?
    Un premier roman émouvant et élégant, une plongée au coeur de l'Irlande du XXe siècle et de ses tourments politiques.

  • La veuve d'un milliardaire américain achète la plume d'une autre pour vomir son passé, pour livrer, à rebours, le secret de ses fuites successives. Sa biographe ressasse une année de fêtes monotones, et mêle à son récit la chronique de ses vingt ans.
    Pas de sang, juste de l'encre. Pas de cadavre, mais une confidence à quatre mains, entièrement réversible. Un polar dont l'enjeu n'est pas l'identité de la criminelle, mais de la narratrice. Les preuves sont là. Il n'y a qu'à lire, avec précaution (lignes à haute tension - courant alternatif).

  • Une conviction cheville cet atlas : la nation française n'est pas un peuple mais cent, et ils ont décidé de vivre ensemble. Du nord au sud, de l'est à l'ouest de l'Hexagone les moeurs varient aujourd'hui comme en 1850. Chacun des pays de France a sa façon de naître, de vivre et de mourir.
    L'invention de la France cartographie cette diversité en révélant le sens caché de l'histoire nationale : hétérogène, la France avait besoin pour exister de l'idée d'homme universel, qui nie les enracinements et les cloisonnements ethniques. Produit d'une cohabitation réussie, la Déclaration des droits de l'homme jaillit d'une conscience aiguë mais refoulée de la différence.
    La culture est mouvement, progrès, diffusion, homogénéisation bien sûr, mais de nouvelles différences apparaissent sans cesse - aujourd'hui maghrébines, africaines ou chinoises. Il ne saurait donc y avoir de retour à une homogénéité perdue, parce que cette homogénéité n'a jamais existé. Les défenseurs autoproclamés de l'identité nationale ne comprennent pas l'histoire de leur propre pays. Ils sont aveugles à la subtilité et à la vérité du génie national.
    L'effondrement du catholicisme puis celui du communisme ont engendré un vide religieux et idéologique qui a fini par couvrir tout l'Hexagone. Cette nouvelle homogénéité par le vide explique l'apparition, parmi bien d'autres choses, dans un pays où les Français classés comme musulmans ne pratiquent pas plus leur religion que ceux d'origine catholique, protestante ou juive, d'une islamophobie laïco-chrétienne, qui prétend que la seule bonne façon de ne pas croire en Dieu est d'origine catholique. L'abysse métaphysique de notre actuel moment politique trouve ici sa source.

  • 'Les personnages de ces nouvelles ne se trouvent pas au milieu du récit, ils restent dans les marges, ils se tiennent au bord de leurs vies, de leur maison, de leur pays, ils marchent au bord des routes, à côté de leur mémoire, à la lisière de l'ordinaire et de la raison, comme il leur arrive de faire du stop : au cas où on s'arrêterait pour les prendre. Je les ai pris dans mon livre.'

  • Adèle est conductrice de navette scolaire sur un plateau très isolé, en altitude. Elle transporte une dizaine d'enfants et d'adolescents, essentiellement des fratries, dont les histoires se mêlent à la sienne. Pendant les trajets, dans les intempéries, ses souvenirs, ses pensées, glissent sur les routes écartées, pendant que grands et petits parlent, se disputent, se taisent. Elle se souvient de son corps mal ajusté, de sa propre adolescence douloureuse. Adèle est une fille née dans un corps de garçon. Ni «ses» grands ni «ses» petits, n'ont connaissance de son passé. Elle est née au milieu du plateau, à la «ferme du fond», aujourd'hui disparue sous une retenue d'eau. Elle y a vécu avec ses parents et son petit frère, Axel, puis elle est partie, avant de revenir au pays dans son nouveau corps : personne ne l'a reconnue.
    Elle conduit sa vie et la navette entre ce lac artificiel, recouvrant l'enfance, et un autre lac, naturel et volcanique, auprès duquel elle aime s'arrêter. Elle pense à son frère. Il n'a jamais accepté la féminité de son aîné. Axel est travailleur sur cordes, il conforte les falaises qui soutiennent le plateau. Il refuse de la voir, de lui parler. Une paroi rocheuse s'écroule, Axel s'en sort avec une phalange brisée, mais quelque chose en lui s'est fissuré. Adèle descend le voir et le dialogue reprend.
    Un après-midi d'hiver, la tourmente et les congères brouillent la route de la navette au retour du collège. Adèle et ses grands se perdent. Ils se réfugient pour la nuit dans une grotte au bord du lac volcanique...
    On retrouve dans ce nouveau roman ce qui fait l'originalité d'Emmanuelle Pagano : une conscience aiguë des corps et des mouvements visibles ou secrets de ces corps, une langue imagée et apparemment familière mais en réalité discrètement sophistiquée, une connaissance profonde de la nature, des forces qui la traversent.

  • « Lui qui n'avait jusqu'ici été qu'une ombre morte, il avait été vivant, la lettre nous le disait, il l'était peut-être encore. Cette certitude transfigurait la maison de banlieue. Le salon était envahi par une présence qui occupait les lieux : derrière nos fauteuils, à côté de nos corps et nos visages, près du visage douloureux de Pesia, des mains inquiètes de maman, près de nos pieds, ceux de Judith et les miens, bien calés sur le sol, Ovadia avait bondi hors de sa relégation, il avait parcouru les lieux et les années, il avait traversé les frontières - mi-fantôme, mi-homme -, il avait bouleversé les successions normales du temps et de la mémoire, pour nous apparaître (et cette apparition c'était un tourbillon, du sang neuf) en instance de rapatriement. »

  • « L'Amour sans visage est un récit autobiographique dont la structure est un peu comme celle d'un manège où tout tourbillonne. L'impulsion initiale est donnée par un événement dramatique et ineffaçable : à la sortie de l'école, un jour d'octobre 1942, c'est une autre main que celles de ses parents (« partis en voyage », lui dira-t-on) qui se saisit de celle d'une petite fille, et pour elle aussitôt, elle le comprend, tout bascule.
    Sauvée elle passera la guerre dans un village de l'ouest, où ceux qui l'ont recueillie tiennent un café. Cette plongée dans la campagne de la France occupée, et ce qui lui fera suite, dans la prime jeunesse comme à l'âge adulte, tout repose sur un puits de silence ? celui où ses parents ont disparu : le mouvement de ce livre est justement d'aller puiser à cette eau, de remonter de l'oubli vers la mémoire. » Jean-Christophe Bailly

  • "Je me souviens ou je ne me souviens pas, telle est la question." Tout le monde... se souvient du célèbre "Je me souviens" de Georges Perec ou de celui de Joe Brainard ("I remember"). Mais il est peut-être une autre manière de se décrire, en creux, en angle perdu ou mort, et c'est d'essayer de faire remonter à la surface ce dont on NE se souvient PAS. Paradoxale, cette proposition est déconcertante, elle déplace les lignes du souvenir et de l'oubli, elle perturbe l'ordre intime auquel, bon an mal an, nous nous efforçons de soumettre le temps passé. Elle autorise toutes les réévaluations, les approfondissements, les découvertes. Elle nécessite un travail intense et, ici, littérairement enthousiasmant. Entrant dans ce livre, nous participons à la mise en jeu hasardeuse d'une sorte d'autobiographie modeste, spéculative et méticuleuse et, comme on le dit d'une prise de vue, malgré tout quelque peu bougée, délicieusement bougée.

  • Se faire réformer P4, s'en griller une dans le wagon fumeur, enclencher le mode autoreverse de son walkman... : toute une époque !
    Du quotidien des années 80 à aujourd'hui, le temps s'est comme accéléré : beaucoup de choses ont changé, d'autres ont disparu. Découvrez 150 souvenirs pour décider, une bonne fois pour toutes et dans la bonne humeur, si oui ou non c'était mieux avant !

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