• Red pill

    Hari Kunzru

    Un écrivain américain se rend en résidence dans une prestigieuse institution artistique de la banlieue de Berlin où il croit pouvoir se consacrer sereinement à l'écriture. Mais très vite, une angoisse sourde s'empare de lui : dans ce centre où la transparence est le maître mot, son esprit vacille, d'autant plus qu'il se met à regarder Blue Lives, une série policière ultra-violente qui l'obsède de plus en plus...
    Le jour où il rencontre Anton, le créateur de Blue Lives, il découvre sur quelle idéologie elle se fonde et le but recherché par cet homme énigmatique : imprégner ses spectateurs d'une vision du monde d'extrême-droite...Ou bien le narrateur est-il simplement paranoïaque ?

    Hari Kunzru a enfermé dans Red Pill tous les cauchemars de notre époque où la propagande et l'inversion des valeurs sont reines. Où la vérité, même, n'existe plus. C'est un grand roman politique par un auteur au sommet de son art.

  • Puzzle

    Franck Thilliez

    Accepteriez-vous de mourir... dans un jeu ?


    Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer à la partie ultime. Celle de ce jeu mystérieux dont on ne connaît pas les règles, seulement le nom : Paranoïa.


    Le jour venu, ils reçoivent enfin la règle numéro 1 : Quoi qu'il arrive, rien de ce que vous allez vivre n'est la réalité. Il s'agit d'un jeu.



    Suivie, quelques heures plus tard, de la règle numéro 2 : L'un d'entre vous va mourir.



    Quand les joueurs trouvent un premier cadavre, quand Ilan découvre des informations liées à la disparition toujours inexpliquée de ses parents, la distinction entre le jeu et la réalité est de plus en plus difficile à établir.


    Paranoïa peut alors réellement commencer...


    Entre deux aventures scientifiques et policières de ses héros récurrents Franck Sharko et Lucie Henebelle, Franck Thilliez aime écrire des histoires qui nous emmènent de l'autre côté du miroir, en poussant toujours plus loin les limites de l'esprit humain. Et si ses personnages en viennent à douter de leur propre existence, soyez sûrs qu'il en sera de même pour vous.

  • Entre Chanson douce de Leïla Slimani et Rebecca de Daphné Du Maurier, un thriller élégant et terrifiant.
    Jocelyn, sept ans, aime sa nourrice plus que tout. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de traces, Jo est inconsolable. Comment a-t-elle pu partir ainsi, sans même lui dire au revoir ?
    Trente ans plus tard, Jo se voit obligée de retourner vivre dans la demeure familiale, malgré la relation conflictuelle qu'elle entretient avec sa mère.
    Alors qu'elle passe des jours sombres dans la bâtisse immense et inquiétante, une nouvelle vient bouleverser son quotidien : Hannah, sa nourrice, est de retour. Jo exulte, ravie de retrouver enfin la seule personne qui l'a réellement aimée.
    Mais lorsque des restes humains sont découverts dans le jardin, la situation vire au cauchemar. Que s'est-il réellement passé lorsqu'elle était enfant ? Quels secrets cachait sa nourrice et que fuyait-elle ? Peut-elle faire confiance à sa mère ?
    Huis clos étouffant,
    La Nanny prouve une nouvelle fois le talent de Gilly Macmillan pour les intrigues psychologiques parfaitement maîtrisées.

  • Été 1865, Saint-Pétersbourg. Écrasé par la pauvreté, le jeune Raskolnikov doit abandonner ses études. Arpentant la ville, désorienté, il se croit appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la loi morale, fomente le meurtre de sa logeuse, une vieille usurière. Mais en réalisant ce " songe monstrueux ", il sombre : les conséquences de son acte le rongent. Jusqu'à ce qu'il finisse par se rendre et accepter la condamnation, seule voie de rédemption pour lui.
    OEuvre majeure de la littérature russe, Crime et Châtiment est le roman de la déchéance humaine, Raskolnikov son témoin incarné. Écrivain de la conscience et du doute, Dostoïevski offre, avec cette plongée troublante dans la psyché d'un criminel, une vibrante réflexion sur la dualité de l'Homme, son mystère, et les possibles lueurs de son salut.

  • C'est par ses récits majeurs que Dazai Osamu a laissé une empreinte considérable sur la littérature japonaise moderne, suscitant encore de nos jours une immense admiration. On le lit dans les écoles, on le commente, on le cite : il est maintenant un classique du XXe siècle au panthéon littéraire du Japon.

  • Mi-homme, mi-ours, Frederick Exley (1929-1992) traversait de longues périodes d'hibernation d'où il émergeait armé de romans étourdissants. Avec À la merci du désir, il nous offre son cocktail favori, un zeste de réalité rallongé de fiction, servi par une écriture flamboyante. De sa romance avec une hôtesse de l'air mythomane, à sa captivité aux mains d'un Irlandais fou, en passant par la veillée funéraire de son frère, son oeuvre oscille entre humour, fantasme et culpabilité. Narcissique dégoûté par lui-même, mais jamais effrayé de révéler le pire, c'est le mythe de sa propre histoire qu'il bâtit. Et c'est dans un excès doublé d'une grâce fascinante qu'il y parvient : chaque amour est une passion, chaque passion, une frénésie, et chaque coucher de soleil, un aveuglement.

    Frederick Exley [1929-1992] est à la fois un écrivain unique et emblématique des lettres américaines. Unique, car il habitait un univers étrange et n'obéissait à aucune règle; emblématique car, en écrivain américain typique, sa légende s'est faite sur seulement trois livres.

  • Dans une grande ville de l'Ouest, le temps est suspendu et l'on s'attend au pire. Enfin, si seulement on savait à quoi s'attendre... Mais il aurait fallu que l'indic parle plus tôt. Ou que le flic auquel il s'est confié avant d'être descendu ne soit pas lui aussi tué par erreur. Il aurait fallu que les types qui préparent le coup ne se retrouvent pas éparpillés aux quatre coins de la ville, planqués dans des caves et des entrepôts. Il aurait fallu que cette affaire-là ressemble à ce que l'on connait. Seulement qui pouvait prévoir que tout repose entre les mains d'une gamine encore au lycée, de cette petite gauloise mystérieuse et prête à tout pour que sa vie ait un sens. Après Le Bloc et L'Ange gardien, Jérôme Leroy, subtil observateur des dérives politiques et identitaires de notre société, nous offre un nouveau roman incisif et troublant.

  • Furie

    John Farris

    Gillian Bellaver, 14 ans, grandit dans l'une des plus riches familles au monde, entourée de musique et de livres. Robin Sandza, lui, a comme père Peter, un tueur professionnel à la solde du gouvernement. Ces adolescents semblent n'avoir rien en commun, d'ailleurs ils ne se connaissent même pas. Pourtant, reliés par une étonnante connection mentale, tous deux possèdent d'effrayants dons psychiques, capables de mettre en danger l'humanité tout entière. Alors que les membres d'une organisation gouvernementale se lancent sur la piste de Gillian et Robin pour découvrir l'origine de leurs mystérieux pouvoirs, Peter Sandza doit utiliser tous ses talents pour protéger les deux adolescents. Et la furie n'épargnera personne.

  • Ce texte inclassable a d'abord été l'un des plus fulgurants manifestes dada, dont Tristan Tzara s'est inspiré pour son Manifeste Dada (1918). Or, quand il le republie en 1927, Serner le transforme en manuel de savoir-vivre... pour voyous de haute volée ! Ce guide burlesque regorge de conseils avisés en toutes circonstances, que ce soit en charmante compagnie, en voyage ou encore dans l'habillement. Face à une époque de paranoïa aiguë, il s'agit d'instruire l'homme de cour moderne, à savoir l'escroc. Et en somme, de faire l'éloge du cynisme. Serner inflige une thérapie par électrochocs à une humanité dont la folie ne trouve plus de contrepoint que dans la sagesse de l'aigrefin : « Le monde veut être trompé, c'est certain. D'ailleurs, il deviendra sérieusement méchant, si tu ne le fais pas. »

    Né en 1899 à Carlsbad et mort au camp de Theresienstadt en 1942, Walter Serner a d'abord été l'une des plus brillantes figures du mouvement Dada. L'originalité de ses romans, publiés au début des années vingt et devenus des classiques de la littérature moderne, lui a valu le surnom de "Maupassant du crime" et de "Choderlos de Laclos des bas-fonds".

  • La chasse est ouverte

    Osborn David

    Trois amis se retrouvent chaque automne pour une partie de chasse bien particulière dans une région sauvage du Canada. Seuls, sans témoins. Cette année, leurs proies s'appellent Nancy et Martin. Mais les chasseurs vont devenir gibier. Quelqu'un les attend, armé. L'heure de la vengeance a sonné. La réédition d'un classique du suspense, adapté au cinéma en 1974 avec Peter Fonda.
    Ils formaient le trio le plus brillant de l'université. Tous issus d'excellentes familles d'Ann Arbor (Michigan). Pas étonnant que leur parole ait prévalu sur celle d'Alicia Rennick. La plainte pour viol collectif avait été classée sans suite...
    Vingt ans ont passé. Ken, Greg et Art, jeunes quadras fringants - la fine fleur de la société - ont l'habitude d'aller chasser dans une région sauvage du Canada.
    Une chasse pour laquelle ils rabattent chaque année, loin de tout regard indiscret, un bien curieux gibier. Cet automne-là, les proies s'appellent Nancy et Martin ! Et tout se passe comme prévu. À un détail près...
    Se déroulant dans une atmosphère de violence et d'angoisse, ce roman, le plus célèbre de son auteur, est considéré comme l'un des meilleurs suspenses américains du demi-siècle écoulé.

  • Maxim Livius hésite entre deux soeurs, Cecilia et Antonia. Pour échapper à ce dilemme il rejoint l'armée. Quinze jours avant d'être démobilisé, il est muté sans explication dans une forteresse, au coeur d'une montagne. Là, les hommes ignorent tout de leur situation, sinon qu'ils doivent obéir à un Ordre énigmatique. L'ennemi est invisible, la frontière, hypothétique, les soldats errent dans un univers paranoïde, s'accrochent à un passé et à des certitudes absurdes.
    « La Forteresse » concentre les événements de l'ex-Yougoslavie, la décomposition de l'État et la guerre civile, en un épisode unique. L'auteur oscille entre naturalisme et onirisme, l'entreprise est grandiose. Rôdent les ombres de Kafka, Borges, Buzzati, Gracq...

  • New York, Upper East Side. Samuel Sanderson est un écrivain célèbre et adulé qui profite de sa notoriété pour séduire ses lectrices Jusquau jour où un curieux message lui arrive sur Facebook : « Je suis toi dans vingt ans. Et je viens tavertir des drames

  • Un séminaire de deux années consacrées à l'exploration des paranoïas. Alors que les relations, sociales et/ou privées, sont marquées par des interprétations suspicieuses et malveillantes, que l'ère du soupçon semble dominer, Charles Melman a choisi de parler des paranoïas. Avant que ce type de relations ne paraisse faire partie de la norme et de l'usage, l'auteur s'attache à isoler, à illustrer, les diverses formes existantes de paranoïas dont certaines n'ont pas encore été reconnues.

  • Dominer le soleil, le vent, les nuages... Devenir le roi de la nuit, emporter dans son sillage amis et amantes dans une fête sans fin et sans sommeil... Depuis l'enfance, François a de l'énergie a revendre, un appétit d'expériences qui ne connait pas de limites. Il désire et vit tout intensément. Trop, sans doute.

    A 20 ans, alors qu'il passe les examens d'une école hôtelière, son comportement exalte le conduit à l'hôpital psychiatrique. Quelques années plus tard, une seconde crise frappe, le faisant choir d'un état euphorique a un lit de sainte-anne. Le diagnostic s'impose : François est bipolaire. De traitements en rechutes, il n'aura de cesse de lutter contre une maladie qui vous soulève très haut, avant de vous emmener très bas. Une maladie qui le dévaste, lui et ses proches. Une maladie qu'il va surmonter...

    Il faut s'accepter, avec ses zones d'ombres et de lumière, nous dit ce récit passionnant, pour comprendre qui l'on est vraiment et avoir la force de tout reconstruire.

    La bipolarité est un trouble de l'humeur qui engendre des périodes maniaques et des phases dépressives sévères.

    Le témoignage de François Lejeune (négociant en vin) est écrit par Juliette Lambot (journaliste).

  • Révélée

    Renee Knight

    Catherine ne sait plus comment ce livre lui est parvenu, mais depuis qu'elle l'a commencé, elle ne dort plus. Angoissée, obsédée par cette lecture, elle ne parvient pourtant pas à la terminer, terrifiée par ce que la fin pourrait révéler. Car le personnage de ce livre, c'est elle. Elle en est convaincue. Et l'auteur, E. J. Preston, y expose un secret qu'aucune personne vivante n'est censée connaître.
    Derrière ce pseudonyme, se cache Stephen Brigstocke. Cet ancien professeur voit sa vie déraper doucement et sûrement depuis le décès de son épouse. Jusqu'au moment où il découvre dans les affaires de celle-ci les photos d'une femme sur une plage et posant nue dans une chambre d'hôtel. Stephen n'a alors plus qu'un but : voir sombrer celle qu'il juge être la source de son malheur...

  • Cet ouvrage répond à une nécessité contemporaine : à la dominance techno-scientiste de la médecine et au dogmatisme de nombre d'Écoles de psychanalyse, l'auteur oppose la subversion de la clinique psychanalytique.
    Jean-Richard Freymann reprend tous les tableaux cliniques à l'aune de la conflictualité du discours, pour essayer de rendre compte des enseignements de la pratique. En suivant l'ancienne nosographie, il saisit l'occasion d'un débat avec la psychiatrie d'aujourd'hui pour interroger les limites de nos classifications et ce qu'elles peuvent avoir de précaire.

    Chaque chapitre est organisé autour d'une question à partir de laquelle il revient aux fondamentaux en s'appuyant sur la clinique contemporaine. Il s'interroge sur la place de l'inconscient freudien aujourd'hui, malmenée par le discours dominant des DSM, et les conséquences que cela provoque méthodologiquement, culturellement, et dans la formation des nouveaux « cliniciens ».

  • La folie douce, qui s'oppose à la folie furieuse, c'est un moment d'égarement, de déraison, d'extravagance, de délire. Ça ne prête guère à conséquence, mais ça dérange les bonnes moeurs. Alors que la violence et le passage à l'acte sur autrui ou soi-même relèvent de l'inacceptable, il convient de penser l'accueil social de la folie comme un espace de création et d'invention.  

    Comment accompagner, soutenir, valoriser les psychotiques afin que leurs productions, quelles qu'elles soient, trouvent leur place dans l'espace de la culture, au sens où Freud la déploie, selon des voies socialement acceptables ? Qu'elles soient considérées comme faisant signe d'un sujet et non d'un dysfonctionnement ?

    À partir de récits de vies singulières, telles Jeannot et son plancher, Glenn Gould et la musique, Marcel Bascoulard, le clochard céleste..., ou parfois tirés de son expérience clinique quand les patients tentent, à leur façon et avec les moyens du bord, de vivre parmi les autres en élaborant leurs propres solutions,  Joseph Rouzel poursuit une nécessaire élaboration théorique des liens entre psychose et création.

  • « La clinique étonne et contraint le praticien. Son délaissement dans le champ de la psychiatrie et de la recherche va de pair avec la primauté actuelle accordée à l'image, où l'entendu ne peut être que négligé.
    Cet ouvrage montre que c'est la psychanalyse qui retrouve le fil des discours psychotiques, au cas par cas. Cette clinique n'est pas celle des symptômes assourdissants, mais celle d'une articulation incessante à la théorie qui la sous-entend et s'en trouve modifiée.

    L'entreprise a pour objet - à partir d'une remise sur ces bases légitimes de ce qui est en jeu dans les psychoses - d'oeuvrer pour l'appréciation des déterminants, des circonstances de déclenchement, de déploiement, et des conditions d'une action thérapeutique raisonnée. On entendra, dans ce qui est écrit, le souci de l'auteur de transmettre cette attitude en faisant appel à son tour au transfert du lecteur - 'qu'il y mette du sien'', comme l'y incitait Jacques Lacan. Il sera alors, à chaque détour du texte, plongé dans l'étonnement d'une nouvelle et authentique clinique. » Jean Bergès

    Par rapport à l'édition originale, cette nouvelle parution comporte quelques ajouts. Un accent particulier a été porté sur la question du transsexualisme, de la manie, de la mélancolie, ainsi qu'à la problématique des pulsions. Trois entretiens présentés en annexe viennent compléter ces considérations cliniques sur les psychoses.

    Marcel Czermak est psychiatre des hôpitaux, psychanalyste, membre de l'Association lacanienne internationale.

     Mise en vente le 16 février 2012

  • Premier prix dans la catégorie des essais et ouvrages scientifiques décerné lors du Salon du livre Plumes & Ancres sociales (organisé par l'IRTS de Normandie-Caen 2016)

    Le travail des professionnels du champ de l'éducation et/ou du soin consiste avant tout à accompagner des sujets dits « psychotiques » dans des formes d'expression socialement acceptables, au-delà des diktats de la normalisation. Cela exige qu'ils s'adonnent, eux aussi, à un certain délire, que Joseph Rouzel qualifie d'asile poétique, pour ne pas laisser leur champ d'intervention se pétrifier, sous les coups de procédures, protocoles, normes ISO, évaluations par le chiffre... La prise en compte des psychoses demande d'assumer une posture subversive.

    « Ce livre est une sorte d'hommage à la psychose. Alexandre Grothendieck éclaire la pratique éducative et psychanalytique de Joseph Rouzel, autant que Victor et Henriette mettent un point d'orgue à sa `biographie' sur un mode qui fait bouger les lignes... Le clinicien se fait ici passeur du psychotique dont, finalement, nous avons à apprendre. Les noms de psychotiques célèbres ici convoqués, dont la liste peut être élargie, montrent que cette contribution n'est pas qu'un vain mot ou une métaphore gentille. Ils sont de fait si nombreux et leur contribution est telle que nous ne pouvons pas imaginer ce que serait le monde sans eux - dans ce qu'il a de meilleur et dans ce qui nous permet de l'habiter. » Marie-Jean Sauret

  • Le paranoïaque est souvent convaincant. Charismatique, même. La folie qui l'habite ne se manifeste pas au premier coup d'oeil. Incapable de regarder en lui, il part de la certitude inébranlable que le mal vient toujours des autres. Un mécanisme insensé mais qui ne perd jamais l'apparence de la raison. Une « folie lucide » dépourvue de toute dimension morale, qui représente un danger pour la société. Car la paranoïa atteint une intensité explosive dès qu'elle sort de la pathologie individuelle pour contaminer la masse. Elle peut alors marquer l'histoire de son empreinte, du massacre des Indiens d'Amérique à la Grande Guerre en passant par les pogroms, les totalitarismes monstrueux du XXe siècle et les guerres préventives des démocraties de notre temps. Il manquait une étude globale sur ce mal collectif, à cheval entre psychiatrie et histoire. Pour la première fois, le psychanalyste Luigi Zoja explore la dynamique, la perversité, l'absurdité mais aussi la puissance de cette contamination psychique à grande échelle. De quoi nous faire regarder d'un autre oeil des événements que nous pensions connaître. Des horreurs définitivement révolues ? Rien n'est moins sûr. La lumière de la conscience n'est jamais totale, ni définitive. La paranoïa peut encore affirmer à bon droit : « L'histoire, c'est moi. »

  • En 1986, le psychanalyste Didier Anzieu confirmait que sa mère avait été Aimée, cette femme dont Lacan écrivit la folie dans sa thèse. Par la grâce de cette identification, des noms pouvaient sortir comme de l'ombre, des lieux, des dates venaient prendre leur place ; ainsi s'ouvrait la possibilité d'une lecture enfin critique de la seule monographie clinique jamais écrite par Lacan.
    L'ouvrage comporte les documents d'époque. On y trouve aussi la correspondance Allouch/Anzieu qui accompagna l'écriture du livre. Le dernier mot revient à Anzieu en sa postface.

  • Elle est chanteuse lyrique. Sans travail, depuis des mois et des mois.
    Elle prépare une improbable audition pour jouer dans La Voix humaine de Poulenc, elle tourne en rond avec sa petite fille, dans sa grande maison, trop grande pour eux trois, une maison qui appartient à sa belle-famille, vous verrez, c´est la maison du bonheur, leur a-t-on dit en leur remettant les clés. Et aussi : il faudra penser à purger les radiateurs et tondre la pelouse et une maison pleine de phrases et de choses à faire, dans laquelle ils flottent, trop d´escaliers, trop de pièces mortes, elle se dissout dans le papier peint, elle s´égare dans les fissures du plafond, et les problèmes matériels prolifèrent comme les pucerons dans le jardin, quelle chance d´habiter là, les voix ne s´arrêtent jamais dans sa tête, et la panique grandit, de tout ce qu´il y a à faire, que les gens font, qu´elle n´arrive pas à faire, à commencer par trouver du travail. Mais plus elle s´acharne en vocalises, plus sa voix s´abîme, moins l´argent rentre et plus les tuyaux fuient, plus les rues sont venteuses dans l´hiver qui arrive, et plus elle a la tête qui part en arrière : le sol se dérobe sous ses pieds, le monde danse tout à coup, mais inspire, expire, elle se rattrape toujours, jusqu´à la fois d´après...
    Ce livre est le portrait d´une femme au pire d´elle-même, la radiographie d´un cerveau chauffé à blanc, rongé par la paranoïa, miné par le chômage, envahi d´herbes folles et de voix, mais qui cherche furieusement à sortir de la spirale et déploie une énergie démente pour rester debout. C´est le solo d´une imagination à fleur de nerfs, une partition minimaliste, obsessionnelle et trouée de silences, comme le texte lui-même, construit autour de ces points de butée où la pensée tombe dans le vide de la page blanche, mais repart aussitôt, toujours plus aiguisée, toujours plus vive, comme une machine à spéculer, lancée à toute vitesse, et plus le réel est pauvre, taiseux, plus il engendre un monde intérieur prolifique et ramifié, qui s´empare du moindre détail pour en faire un roman.

  • Cet ouvrage vise une ouverture au traitement des psychoses dans le champ socio-éducatif, sans trahir les concepts issus de la psychanalyse et sans perdre de vue la clinique, de fait, pluridisciplinaire. La psychose n'est finalement qu'une des modalités de structuration de l'être parlant. Joseph Rouzel propose dans cet ouvrage un repérage, à la fois clinique et théorique, indispensable dans la clinique socio-éducative des psychoses. Un ouvrage accessible aux travailleurs sociaux qui ont de plus en plus la charge d'accompagner des personnes psychotiques.  

  • La « saga lacanienne » vue depuis Nice et Monaco, Toulon, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse... : une autre histoire de la psychanalyse, une géo-histoire.

    Ce livre resitue les débuts de Lacan dans le contexte de la guerre et des collectifs qu'il côtoyait dans le Midi à cette époque : le phalanstère surréaliste d'Air-Bel, les Cahiers du Sud de Jean Ballard, la campagne Pastré, les Croque-fruits d'Itkine, l'hôpital de Saint-Alban... Il raconte l'implantation fulgurante des lacaniens dans le Midi à partir des années 1960 sur la base d'une centaine d'entretiens inédits réalisés avec les pionniers de cette aventure. Se former, exercer loin de Paris : quelle différence, quels enjeux ? Quelle logique ? L'ouvrage propose enfin des éléments de réflexion sur les rapports entre psychanalyse et invention d'un nouveau lien social.

     

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