• Autour de Céline -> Nouvelle polémique : Céline était-il un agent actif du régime nazi, comme le suggèrent Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour dans Céline, la race, le juif (Fayard, 2017) ? Les avis de Sébastien Lapaque et de Stéphane Guégan divergent. -> Inédit - Le Secret d'État : André Derval a trouvé une lettre inconnue de Céline. En douze pages, l'écrivain propose le synopsis d'un ballet relatant l'histoire de la politique française du roi Dagobert à la guerre de 14-18. Dossier : L'écrivain face au pouvoir -> Entretien avec Kamel Daoud : « Il n'y a pas de dictature sans consentement » Kamel Daoud est un journaliste franco-algérien à la plume courageuse. Situation des médias en Algérie, engagements personnels, amour de la littérature : l'auteur de Mes indépendances (Actes Sud, 2017) témoigne. -> Auguste : la divinisation littéraire du pouvoir par Xavier Darcos Dans la Rome antique, les poètes sont sollicités par les puissants : l'écriture joue un rôle profondément politique. À travers la figure d'Auguste, Xavier Darcos démontre comment des versificateurs sont enrôlés pour servir la doctrine officielle. -> Voltaire et les ambivalences du courtisan par Nicholas Cronk S'il conteste le pouvoir, Voltaire a toujours cherché à s'attirer les bonnes grâces des aristocrates et des monarques, une attitude digne du parfait courtisan, montre Nicholas Cronk. -> Victor Hugo dictateur par Jean-Marc Hovasse Napoléon fascine très jeune Victor Hugo. De là date la relation particulière qu'entretient le poète avec le pouvoir, affirme Jean-Marc Hovasse. Influencer les opinions et les gouvernants, telle est la mission qu'il s'assigne. Et aussi Jean-Paul Clément, Robert Kopp, Jean-Marie Rouart, Patrick Besson et Marin de Viry. Littérature -> Inédit. Aurélien Bellanger : « Je suis un enfant de la troisième révolution industrielle » Né en 1980, l'auteur du Grand Paris (Gallimard, 2017) décrit l'époque contemporaine et interroge l'émergence continuelle de la technologie.

  • -> Grand entretien : Michel Onfray persiste et signe Michel Onfray s'insurge contre le principe d'ingérence : « Si l'on devait se faire le gendarme du monde au nom des droits de l'homme, il y aurait cent pays dans lesquels il faudrait intervenir. [...

  • Les oubliés - À l´heure où j´écris ces lignes, la nation française vient d´enterrer les victimes d´actes immondes commis au nom de l´islam. Les dessinateurs de Charlie Hebdo sont morts parce qu´ils incarnaient le rire, la liberté d´expression et le droit de se moquer des puissants et des institutions. D´autres Français ont été tués parce qu´ils étaient juifs. Les agents des forces de l´ordre, enfin, parce qu´ils servaient la République laïque, ennemi proclamé des intégristes. Ces terroristes ont déclaré la guerre à ce qui nous constitue le plus intimement en tant que Français : les valeurs républicaines de liberté, d´égalité, de tolérance. Le droit de critiquer une religion sans répandre un discours de haine contre une communauté. Le droit aussi, pour chacun, de vivre sa foi, droit garanti par la laïcité, qui n´est pas, comme certains le disent, le tombeau des religions mais au contraire une chance, dans un pays où chacun peut croire (ou pas) ce que bon lui semble. Raccourci amer et terrible de l´histoire en marche, ce numéro de la Revue des Deux Mondes, élaboré avec le concours des Cahiers d´Orient dirigés par Antoine Sfeir, est consacré aux chrétiens d´Orient. Autres victimes de l´intolérance, ils payent actuellement au prix fort, par l´exil et souvent la mort, le fait d´être chrétien face aux djihadistes de l´État islamique, qui rêvent d´un califat sunnite débarrassé des encombrantes minorités ethniques ou religieuses. Les chrétiens d´Orient, dont nous nous résignons à contempler avec fatalisme le destin malheureux, sont apparemment menacés de disparition pure et simple. Des centaines de milliers d´entre eux ont fui l´Irak, la Syrie mais aussi l´Égypte depuis 2010. Dépositaires du christianisme originel, ces communautés constituent le plus proche des orients pour l´Occident et le plus proche des occidents pour l´Orient : elles pourraient devenir un « laboratoire de postmodernité, mais d´une postmodernité consciente de ses racines », comme le démontre brillamment Jean-François Colosimo dans son article « La gloire pour tombeau ». L´identité chrétienne orientale pourra aussi survivre dans l´exil, rappelle Henry Laurens, tant que la langue et la culture dureront. En atteste le nombre des Églises orientales déjà représentées en France (chaldéenne, maronite, syrienne-catholique, copte, melkite, arménienne, grecque orthodoxe, etc.) et dont la foi reste vivace...

  • En 1964 s´ouvrait la première ambassade de France en Chine. Loin de faire l´unanimité, la courageuse décision du général de Gaulle provoqua des réactions passionnelles. Cinquante ans plus tard, où en sommes-nous avec la Chine ? L´avenir de la deuxième puissance économique mondiale est-il aussi rose que le laissent croire ses chiffres mirobolants ? Quel rôle joue réellement l´Empire du milieu sur la scène internationale ? Dans sa livraison de décembre la Revue des Deux Mondes s´est mise à l´écoute d´un pays complexe, difficile à appréhender.
    Pierre Morel, ambassadeur à Pékin entre 1996 et 2002, retrace huit siècles d´histoire franco-chinoise qui furent ponctués de rencontres, d´échanges, d´accords et de désaccords. Dans sa chronique diplomatique, François Bujon de l´Estang s´intéresse aux quatre dernières décennies qui virent passer la Chine d´un état humilié et déchu à une société fière et riche ; si les gouvernants restent discrets sur le plan international et se gardent bien de livrer un quelconque message à vocation universelle, ils multiplient en revanche les initiatives spectaculaires à l´intérieur du pays et dans l´environnement proche. Le philosophe et sociologue Yu Hai explique pourquoi la Chine ne souhaite pas devenir le numéro un mondial. Dorian Malovic, lui, nous fait part d´un point de vue réaliste et pragmatique : l´Empire du milieu doit se résoudre à aller au bout de ses réformes sinon il s´effondrera. Pour l´universitaire Wang Zhenmin, l´avenir se construira sur un état de droits ou ne se construira pas. L´économiste Li Wei analyse un problème crucial : le vieillissement de la population chinoise. Enfin Michel Crépu rend un bel hommage à Simon Leys, brillant sinologue qui dénonça avant tout le monde les exactions du régime maoïste et l´aveuglement de certains intellectuels occidentaux.
    Également au sommaire, un entretien exclusif avec Robert Silvers, le directeur de la célèbre New York Review of Books qui fête son cinquantième anniversaire.

  • -> Grand entretien avec Alain Finkielkraut : « Qu'avons-nous fait du 11 janvier? » Alain Finkielkraut considère le 11 janvier 2015 comme un grand moment d'unité nationale et de division. Pour le philosophe, la France n'est pas coupable envers les enfants de l'immigration. La faute revient au délitement de l'idéal républicain. En ce sens, ...

  • -> Grand entretien avec Michel Houellebecq : « Même quand on a une vie nulle, Michel Houellebecq exposera ses photos cet été à Paris, au Palais de Tokyo. « On peut porter un regard beau sur une réalité objectivement insipide. ...

  • Le rire est-il mort ?
    -> Entretien avec Riss : « On peut encore rire de tout en France mais il faut du courage »
    Rescapé de l'attentat contre Charlie Hebdo, Riss évoque sa jeunesse, ses inspirations, ses maîtres et la menace qui pèse sur la liberté d'expression au nom de la sensibilité. Devenu directeur du journal après la tuerie de janvier 2015, le dessinateur continue, avec son équipe, d'exercer son droit à l'irrévérence.
    -> L'ADN desprogien. Filiations littéraires et panthéon personnel par Florence Leca Mercier et Anne-Marie Paillet
    À la croisée du littéraire et du trivial, l'humour de Pierre Desproges s'inscrit dans une longue tradition française : Rabelais, Voltaire, Flaubert, Alphonse Allais, Alexandre Viallate ont forgé le style de monsieur Cyclopède.
    -> Entretien avec Philippe Meyer : « Desproges aurait ri de son ascension posthume comme d'une ultime blague... »
    Pierre Desproges aurait voulu être chanteur. Philippe Meyer témoigne de ses goûts musicaux, de sa langue et de cette aptitude à épingler les défauts humains sans jamais promouvoir le bon, le bien, le juste.
    -> Shocking ! Ces plaisanteries qu'on n'ose plus faire Un florilège de soixante-cinq plaisanteries audacieuses et impertinentes signées Pierre Desproges.
    -> Réseaux sociaux. Le rire sous haute surveillance par Philibert Humm
    Le rire se communautarisme. Les réseaux sociaux sont devenus une vigie citoyenne, quand ils ne se transforment pas en procureurs.
    -> Quelques aspects de l'humour juif par Adam Biro
    Les juifs répondent à l'antisémitisme par l'humour. L'autodérision est la meilleure arme, Adam Biro en livre de savoureux exemples.
    Et aussi Philippe Trétiack, Jean-Pierre Naugrette, Robert Kopp et Jean-Paul Clément.
    Littérature
    -> Entretien avec Bernard de Fallois : « Souvenirs d'une vie d'éditeur »
    Bernard de Fallois s'est éteint le 2 janvier 2018. Grande figure du monde éditorial, il avait publié Marcel Pagnol, Georges Simenon, Alain Peyrefitte... Dans ce dernier entretien, il partage de touchants souvenirs et notamment son aventure avec le Livre de poche.
    -> Inédit. Olivier Guez : « Journal adriatique »
    Olivier Guez retourne en Italie, à Trieste, où il a longtemps cultivé sa mélancolie.

  • -> Dossier : La nostalgie du roi La monarchie, figure symbolique ou figure gouvernante par Philippe Raynaud Philippe Raynaud analyse les ressorts qui font aujourd'hui vivre le système monarchique dans les pays européens. L'institution royale s'inscrit dans une continuité. La réinstallation du roi en France paraît de ce fait peu probable pour l'historien. Emmanuel Le Roy Ladurie : « La France a réussi une synthèse entre les deux traditions nationales » De Hugues Capet à Louis Philippe, l'historien Emmanuel Le Roy Ladurie nous présente les rois qui ont construit l' É tat moderne tel qu'il subsiste encore au XXI e siècle. De la monarchie absolue à la monarchie impossible par Jean-Christian Petitfils L' É tat français moderne naît au lendemain des guerres de religions, affirme l'historien Jean-Christian Petitfils. Son émergence correspond à l'instauration de l'absolutisme. La « monarchie républicaine », une vieille tradition française ? par Jacques de Saint Victor L'histoire républicaine a, en France, de profondes racines. Les premières tentatives politiques pour contrebalancer la puissance royale date du Moyen Âge. Le drame des premières dames françaises par Stéphane Bern À la différence de certaines reines, qui jouèrent en France un rôle politique majeur, les premières dames de la V e République ont beaucoup de mal à s'imposer. Stéphane Bern explique pourquoi. Et aussi Sébastien Lapaque, Robert Kopp, François-Marin Fleutot, Jean-Pierre Naugrette et Marin de Viry. -> Littérature Inédit. Camille Laurens : Vaine Camille Laurens se souvient d'une rencontre avec l'artiste ORLAN. Son texte drôle et triste raconte l'abandon, le féminisme, la difficulté à communiquer. Extrait. Frédéric Mitterrand : Milada En novembre paraîtra aux éditions Robert Laffont Mes regrets sont des remords . La Revue des Deux Mondes publie, en avant-première, un extrait. Extrait. Jean Clair : « Les oeufs d'or. Journal » -> Études, reportages, réflexions Extrait. Régis Debray : « Que faut-il entendre par sacré ? » Régis Debray poursuit sa réflexion sur la place de la transcendance et des croyances dans notre société moderne. En exclusivité, un extrait de son nouvel ouvrage, Allons aux faits. Croyances historiques, réalités religieuses (Gallimard/France-culture)

  • Poutine est-il notre ennemi ? Histoire d'une relation passionnelle entre la France et la Russie
    Avec Hélène Carrère d'Encausse, Jean-Paul Clément, Hubert Védrine, Michel Eltchaninoff, Andreï Gratchev, Arnaud Kalika et Franz-Olivier Giesbert.
    -> Grand entretien avec Hélène Carrère d'Encausse : « Poutine veut restaurer le génie national russe »
    Hélène Carrère d'Encausse voit en Poutine l'héritier de tous les Romanov, et notamment du tsar Pierre le Grand, qui ont oscillé entre désir de réforme et repli nationaliste russe. L'historienne souligne une continuité dans la place qu'occupe la Russie au sein de l'Europe depuis le XVIIIe siècle.
    -> Entretien avec Hubert Védrine « Poutine est aussi réfléchi et calculateur que réactif et viscéral »
    Hubert Védrine critique notre vision caricaturale de Poutine : selon lui, le chef du Kremlin ne veut pas rétablir un Empire russe ni l'URSS mais laver l'humiliation de 1991 et rendre sa fierté au pays. S'il est difficile de créer un climat de confiance avec Poutine, l'Occident doit réinventer ses rapports avec la nouvelle Russie et la réintégrer comme partenaire sur le plan international.
    -> Le brouillard manichéen de la relation franco-russe par Arnaud Kalika
    Entre fascination et répulsion, le sujet russe scinde de plus en plus la classe politique et intellectuelle française. De Marine le Pen à Jean-Luc Mélanchon, Arnaud Kalika se penche sur les réseaux et les centres d'influence pro et anti-poutiniens en France.
    -> Ivan Ilyine, l'inspirateur secret du poutinisme par Michel Eltchaninoff
    Poutine se réfère souvent à des philosophes pour légitimer sa politique. Michel Eltchaninoff s'intéresse à Ivan Ilyine, un essayiste réactionnaire du début du XXe siècle, figure intellectuelle favorite du président russe.
    -> Franz Olivier-Giesbert : « Lettre ouverte à mes amis poutinistes »
    -> Jean-Paul Clément : « Les origines du nationalisme russe »
    -> Andreï Gratchev : « Et si l'Occident avait eu tort ? »

    Dans ce même numéro :
    -> « Jusqu'où ira la finance islamique ? » par Annick Steta
    Annick Steta analyse les caractéristiques de la finance islamique qui lui ont permis d'échapper à la crise des subprimes. Ce système financier attire de plus en plus de pays dans le monde.

  • Dossier : De quoi Fillon est-il le nom ? -> François Fillon, l'homme des trois droites par Franz-Olivier Giesbert Franz-Olivier Giesbert retrace le parcours politique de François Fillon, homme à la fois libéral et conservateur. Il synthétise pour lui les trois droites : légitimiste, orléaniste et bonapartiste. -> De Fillon et des catholiques. Les aphorismes de ma grand-mère valent bien les éditoriaux de Laurent Joffrin par Marin de Viry Les catholiques ont largement plébiscité François Fillon lors de la primaire à droite. Marin de Viry analyse cet électorat qui retrouve dans la candidature de Fillon, l'occasion de réaffirmer ses valeurs. -> La droite sans le peuple par Sébastien Lapaque La droite comme la gauche ne sait plus parler au peuple, affirme Sébastien Lapaque. Cette France périphérique, qui représente vingt millions d'électeurs, risque de voter massivement Marine Le Pen. Dossier : L'origine des guerres de religion en France ->Tuer et mourir au nom de Dieu au temps des guerres de religion par Nicolas le Roux À la fin du XVIe siècle, massacres et assassinats politiques « au nom de Dieu » se multiplient. Nicolas Le Roux décrit ces grands cycles de vengeance et de crimes. -> Entre outrance et tempérance : les écrivains face aux guerres de religion par Loris Petris Partisans ou contempteurs de la Réforme, les écrivains du XVIe siècle se font entendre. Loris Petris propose un tour d'horizon de cette littérature engagée. -> Entretien avec Rémi Brague. « Nos sociétés ne prennent pas la religion au sérieux » Rémi Brague note les profondes différences entre les guerres de religion du XVIe siècle et le jihad. Pour le philosophe, l'idée d'un affrontement au nom du religieux est inaudible par les sociétés occidentales, ce qu'il déplore. -> Les guerres de religion entre fin des temps et théâtre de cruauté par Denis Crouzet D'après Denis Crouzet, les guerriers de Dieu au XVIe siècle et ceux de Daesh au XXIe siècle utilisent le même discours sur la fin des temps et le même exhibitionnisme de la mort. -> Ceci n'est pas religieux par Jean-Marie Le Gall Jean-Marie Le Gall critique les analystes qui refusent de voir dans le religieux, les explications du comportement de certains exaltés. Littérature -> Inédit. Catherine Cusset : « un trop grand désir d'être aimée » La romancière raconte comment, à la recherche d'une colocataire dans une ville américaine, elle fait connaissance de « l'ange Meredith » qui la rend meilleure. Études, reportages, réflexions -> Pour une économie du bien commun. Discours à la jeunesse par Jean Tirole Le prix Nobel d'économie explique ce qu'est l'économie du bien commun et pourquoi il faut aller dans cette direction.

  • Pour se revivifier « Cosmos est mon premier livre », écrit Michel Onfray dans l´introduction de cette somme de mille pages, sous-titrée « Vers une sagesse sans morale ». « J´ai publié à ce jour quatre-vingts livres sur bon nombre de sujets : l´éthique, l´esthétique, la bioéthique, la politique, l´érotique, la religion, la psychanalyse [...], un chantier de dix tomes de contre-histoire de la philosophie, mais de fait, j´ai l´impression que Cosmos est mon premier livre. » Pour s´être frayé un chemin dans la philosophie contemporaine à grands coups de serpe contre les religions et les sous-produits idéalistes, déboulonnant les icônes et déterrant les penseurs inconnus, Michel Onfray, depuis plus de vingt ans, suscite avec la même force emballement et détestation. Cette fois, le ton change. « Il n´y est plus question, enfin, de penser contre ceci, contre cela ; pas davantage de vitupérer, d´agonir, de juger, de fulminer, ni même d´hédoniser aux dépens de quelque passion triste. Non, rien de réactif dans cette "ontologie matérialiste", mais un plain-chant en faveur du monde, de la nature, de la lumière, de la beauté. [...] Ce livre, c´est un torrent pagano-mystique », écrit son premier éditeur, Jean-Paul Enthoven, qui nous décrit sa rencontre avec le philosophe normand et éclaire son parcours intellectuel d´une contre-histoire personnelle, à la fois critique et affectueuse. Michel Onfray honnit les religions et nous propose rien moins que le bonheur délivré de notre soumission aux trois monothéismes. Dans une France secouée par le terrorisme islamiste, cherchant à renouer de toute urgence avec une laïcité qu´on ne défendait plus que du bout des lèvres, la lecture de Cosmos rafraîchit, inspire et revigore. Autre lecture vivifiante, celle de Marc Fumaroli, qui nous entraîne à la découverte des origines de la République des lettres, cette communauté de savants qui incarna durant des siècles l´excellence philosophique scientifique et littéraire et qui fit de la France le centre rayonnant de la pensée jusqu´à la révolution française. Marc Fumaroli, même s´il déplore la perte de l´enseignement des humanités, refuse le déclinisme et invite la République à une réaction saine et, pourquoi pas, à une « République des lettres retrouvée pour mettre fin aux dysfonctionnements dans l´État et le système d´éducation »... Valérie Toranian

  • Voltaire est-il la solution ? Le Traité sur la tolérance du philosophe des Lumières (1), qui trône en piles chez les libraires depuis les attentats islamo-terroristes de janvier, nous aide-t-il à prendre la mesure de l´époque ? Voltaire va-t-il nous remettre l´esprit français en place et les idées républicaines au clair ? Pour Régis Debray, « Voltaire est notre bonne conscience et notre fausse conscience. Il donne à notre siècle son auto-satisfecit mais ne pose pas les questions de fond. Autrement dit : comment devient-on fanatique ? » Pourtant, écrit Charles Dantzig, « un raz de marée de magie surplombe à nouveau l´Europe, composé de catégories de population qui refusent l´éducation historique [...] Voltaire leur réapprendrait la différence entre les faits et la foi ». Même chose pour le débat actuel sur les limites de la satire. Peut-on rire de tout ? Cette question était déjà l´objet de querelles au XIXe siècle entre les pro- et les anti- Voltaire, nous rappelle Michel Delon dans son article « Comment Voltaire est devenu voltairien ». Joseph de Maistre s´indignait de son absence de respect pendant que Victor Hugo répondait : « Il a vaincu la violence par le sourire, le despotisme par le sarcasme, l´infaillibilité par l´ironie... » La spécificité de l´esprit français de Voltaire est à redécouvrir dans ce numéro. Lui qui dénonçait l´infâme et les barbares, que n´aurait-il dit sur l´extermination des Arméniens, premier génocide du XXe siècle, dont on commémore cette année le centième anniversaire ! Perpétré par le gouvernement jeunes-turcs, il est d´autant plus infâme qu´il n´a été reconnu par aucun gouvernement turc depuis l´avènement de la République de Mustapha Kémal en 1923. Un déni coûteux, souligne Fatma Müge Göçek, qui décortique la structure très particulière des violences collectives dans l´histoire de la Turquie. Un tabou que la société civile turque tente courageusement de faire voler en éclats depuis plusieurs années, rappelle Ahmet Insel, « et qui fait partie intégrante de la lutte pour la démocratisation de ce pays ». Tout comme l´épineuse question kurde. Alors que Recep Tayyip Erdogan avait opéré une véritable ouverture envers les Kurdes, la crise syrienne « a totalement déréglé la politique turque, qui ne peut tolérer le voisinage expansionniste d´un avatar du PKK à ses frontières », explique Dorothée Schmid. La politique régionale de la Turquie, très ambivalente face à Daech, questionne ses alliés occidentaux. « Quel jeu souhaite et peut jouer Erdogan dans la crise régionale ? », s´interroge Jean Marcou. La Turquie qui frappe à la porte de l´Europe pourra-t-elle éternellement refuser d´affronter ses tabous ? Valérie Toranian

  • Plaire ou déplaire - Jean-Pierre Chevènement n´aime pas plaire. Quand il n´est pas content, il le fait savoir. Quand il a une idée en tête, il ne l´a pas ailleurs. Depuis quarante ans, il martèle que la République française a besoin d´autorité et que le modèle doit venir de haut. Sa ligne n´a jamais varié, ce qui lui confère une aura particulière dans notre France post-janvier 2015, brouillée avec ses repères républicains. Première leçon : « L´école est faite pour transmettre le savoir, le sens de notre histoire, le patriotisme, le civisme. Si on se décharge sur l´élève du soin de construire ses savoirs, tout est faussé. » Michel Onfray n´a pas peur de déplaire. Dans son article « Marx augmenté du Coran », il interroge le rapport entre la gauche française et l´islam. « Par anticapitalisme et anticolonialisme, la gauche islamophile se fait anti-sémite et anti-sioniste, misogyne et phallocrate, homophobe, puis théocratique : elle abolit tous les combats qui furent ceux de la gauche issue de la Révolution. » Vertigineux. L´armée française n´a plus peur de plaire ou de déplaire. On mesure subitement son impérieuse nécessité quand les ennemis de la République attaquent le sol national. Elle est à l´honneur dans ce numéro de mai. Mais l´armée française est-elle prête à affronter ses nouveaux enjeux ? Sait-elle s´adapter aux groupuscules terroristes et aux milices fanatiques dans cette « guerre asymétrique » que décrit Renaud Girard, reporter de guerre, qui a vu sur le terrain les militaires évoluer face à l´ennemi ? Oui, répond le général Bentégeat, ancien chef d´état-major des armées. À condition que les militaires et les politiques fassent preuve de confiance réciproque. À condition aussi de dépenser les sommes nécessaires à sa modernisation, rappelle François d´Orcival : « les avions ravitailleurs sans lesquels nos Rafale et Mirage ne pourraient pas bombarder leurs objectifs en Irak ou dans le Sahel ont plus de 50 ans »... Et à condition que « l´Europe de défense ne soit pas l´alibi du déclin », poursuit Christian Malis. Aujourd´hui la guerre mondiale « est en miettes », constate Michel Goya, ancien colonel des troupes de marines : « Sur les quatre cents soldats français tombés au combat, aucun n´a été touché par un projectile issu d´une armée régulière. » Sur le sol français enfin, la lutte contre le terrorisme, rappelle Bernard Cazeneuve, ministre de l´Intérieur, « est un enjeu sécuritaire mais aussi une mise à l´épreuve. Un test pour notre société ». Allons-nous le réussir ? Quitte à déplaire aux ennemis de l´autorité. Valérie Toranian

  • Réformer l´islam - On a beau ne pas partager les convictions d´Éric Zemmour (cette étrange obsession pour la soumission des femmes !), la place qu´a prise le plus dérangeant des essayistes français dans le débat public (notamment avec le Suicide français, 500 000 exemplaires vendus à ce jour) prouve qu´il appuie là où ça fait mal. Le pessimiste, disait Oscar Wilde, est celui qui entre deux maux choisit toujours les deux. Éric Zemmour choisit tout : déclinisme, nostalgie, fascination pour Bonaparte et Robespierre, regrets éternels pour la France de De Gaulle et du Parti communiste, chacun campé dans ses certitudes, la frontière bien tracée et les vaches bien gardées. Mais comment devient-on Éric Zemmour ? Quel est le parcours littéraire de ce prophète de l´Apocalypse ? Quand et comment lui est venue sa révélation mélancolique ? Quels sont les auteurs, les siècles et les textes fondateurs qui l´ont modelé ? La réponse dans ce numéro de la Revue des Deux Mondes. Depuis al-Qaida, Daesh et les attaques terroristes, le monde musulman est confronté à l´interprétation de son texte sacré. Une réforme est-elle possible ? Le philosophe Malek Chebel nous invite à revisiter l´histoire de l´islam. Le défi, nous explique-t-il, est le suivant : « Comment unifier les rangs des musulmans sans devoir choisir entre le repli identitaire ou la guerre sainte comme seuls concepts ? » Autre impasse soulignée par Alaa El Aswany, le célèbre auteur égyptien de l´Immeuble Yacoubian (2), ce pas de deux infernal entre dictature ou islamisme, « les deux faces d´un malheur historique », rendu possible par le wahhabisme. Pour le théologien Ghaleb Bencheikh, « il faut renouer avec l´humanisme d´expression arabe et le conjuguer avec toutes les conceptions philosophiques éclairées du progrès ». Robert Redeker s´interroge sur l´exemple préalable du christianisme : les deux types de réforme religieuse expérimentés en Europe (la réforme protestante fondée sur le « retour à la lettre » et la réforme catholique s´appuyant sur l´administration d´un clergé) sont deux modèles inopérants pour l´islam : revenir au texte littéral, c´est exactement le projet islamiste, et réformer par le clergé n´est pas possible car le sunnisme ne s´appuie pas sur une telle organisation. La réforme ne sera pas un long fleuve tranquille. Et d´ailleurs la réforme de l´islam est-elle la bonne question ? « Imaginons qu´au lieu de réformer l´islam on réforme l´école, propose l´écrivain Leïla Slimani. Et qu´à Alger, à Casablanca, à Tunis ou au Caire, tous les enfants aient droit à l´éducation. Qu´on leur inculque l´art de la dissertation, de la thèse et de l´antithèse... Toute réforme de l´islam est vouée à l´échec s´il n´y a pas des musulmans éclairés pour l´incarner et la faire vivre. » L´exemple de la Tunisie, où la démocratie est à l´oeuvre et résiste courageusement au djihadisme, nous autorise à conclure positivement. Dans cette société et dans bien d´autres, les musulmans ont envie de réforme. Sociale, politique et religieuse. Valérie Toranian

  • C'est l'événement de notre numéro d'été : Michel Houellebecq, dans une longue interview, nous parle de Dieu, qui l'a rejeté, de l'abolition du cogito cartésien, du pot-au-feu, de l'idéologie taoïste de l'entreprise, de Charlie Hebdo, et de son livre polémique Soumission, sur lequel, nous dit-il, il s'exprime pour la toute dernière fois. Dans ce roman, Michel Houellebecq décrit la victoire d'un parti islamique en France, en 2022. Son héros, dépouillé successivement de sa femme, de ses parents, de son travail et même de la possibilité d'une conversion, accède à la « non-existence », et se résout à « adhérer à ce qu'on lui propose ». Michel Houellebecq refuse le terme d'écrivain prophète : « Je constate, puis je fais des projections.[...] Quand Orwell écrit 1984 en 1948, ce n'est pas une prédiction, c'est une expression des peurs de son époque. »
    Mais peut-être est-ce justement la définition de l'écrivain prophète, auquel nous consacrons un dossier spécial : plus qu'un visionnaire, un extralucide de son époque. Telle Cassandre, fille de Priam, prophétesse de malheur, qu'Apollon condamne à n'être crue de personne. Comme le rappelle Xavier Darcos : « Ses déclamations font un écho incessant à la fatalité qui nous mène [...]. Elle exhibe la face obscure de notre condition, la plus vraie, la plus profonde. Son imprécation est moins une prophétie qu'un réquisitoire. »
    Baudelaire, lui, ne croit pas au progrès, philosophie dominante de son époque, explique Robert Kopp. « Depuis les années 1820 qui symbolisent le « bon temps du romantisme », écrit le poète en 1862, « on dirait que la petitesse, la puérilité, l'incuriosité, le calme plat de la fatuité ont succédé à l'ardeur, à la noblesse et à la turbulente ambition »...

  • Chers lecteurs, à partir de ce mois de septembre 2013, la Revue des Deux Mondes change de présentation. Depuis 1829, les changements ont été nombreux. Pourtant, la plus ancienne revue d´Europe n´a jamais dévié de son cap : décrire, analyser les multiples

  • Grand entretien avec François Bayrou : « Le saccage de l'école est un crime social » -> Déresponsabilisation du citoyen, prolifération administrative, blocages, trahison du projet éducatif républicain, François Bayrou dresse le portrait d'une démocratie à bout de souffle. Il évoque son amour des livres qui sont « sa drogue et sa substance ». Dossier : Tocqueville, la démocratie face à ses démons -> Tocqueville, homme de gauche par Michel Onfray Pour Michel Onfray, Tocqueville est un homme de gauche, une gauche ni communiste, ni socialiste, ni libérale, une gauche « inassignable », celle d'un Normand attaché plus que tout à la liberté. -> Tocqueville, les Français et les passions démocratiques par Ran Halévi De la royauté à la république en passant par le régime bonapartiste, Tocqueville prend à contre-pied tous les systèmes, analyse Ran Halévi. Si le philosophe approuve l'avènement de la démocratie, il en décrit aussi les dangers (tyrannie de la majorité, de l'opinion...). -> Un passeur entre deux mondes par Brigitte Krulic Brigitte Krulic explique comment et pourquoi Tocqueville, aristocrate de naissance, s'est démarqué des convictions légitimistes de son milieu. -> Tocqueville, le Coran, l'islam et la colonisation par Jean-Louis Benoît Au moment où la France s'engage dans la colonisation de l'Algérie en 1830, Tocqueville étudie l'islam et le Coran. Ses jugements sont sévères, démontre Jean- Louis Benoît. -> Et aussi Jacques de Saint Victor, Laurent Gayard, Jean-Paul Clément, Robert Kopp, Brice Couturier et Frédéric Verger. Littérature -> Inédit. Lila Azam Zanganeh : « Sometimes a start is all we ever get » La romancière franco-iranienne revient sur ses rencontres avec des pays, des animaux, des astres, des textes, des hommes et sur la passion de sa vie : partir. -> « Après nos batailles » par Sébastien Lapaque Sébastien Lapaque croise la réflexion de l'américain Chris Hedges sur la guerre (La guerre est une force qui nous octroie du sens, Actes Sud) avec celle de Maurice Genevoix. -> Journal de Richard Millet Richard Millet a lu et aimé le roman fleuve de Donna Tartt, le Chardonneret (éditions Plon).

  • Grand entretien avec Umberto Eco : « La France a subi un choc qu'elle n'a pas digéré »
    Umberto Eco évoque son amour de la littérature française et sa fascination pour le Moyen Âge qui, d'après lui, offre de nombreuses correspondances avec l'époque contemporaine. Fervent défenseur de l'Europe, il voit dans l'éducation et la culture des moyens de cimenter les peuples et de lutter contre les fondamentalistes. « Mais l'éducation peut prendre deux cents ans... »



    Dossier : L'héritage Robespierre, terrorisme intellectuel, soupçon, complot



    Entretien avec Jean-Luc Mélenchon : « Le Parti de gauche est l'héritier de Robespierre »


    Passionné par la période révolutionnaire, Jean-Luc Mélenchon défend bec et ongles Robespierre, « le sujet qui gratouille ». Faire de l'Incorruptible l'étendard de la violence est, pour lui, une aberration ; son influence est très prégnante sur le Front de gauche et sur d'autres courants politiques actuels. Robespierre appartient à notre identité républicaine.


    « Robespierre n'a pas eu lieu. Anatomie d'un cerveau reptilien » par Michel Onfray
    Pour Michel Onfray , la vie de Robespierre se résume à un seul objectif : venger une humiliation adolescente. Le philosophe dresse un portrait peu amène du personnage, auteur de nombreux massacres, comme semblent l'oublier ses admirateurs. « On peut certes être robespierriste... Mais pourquoi diable les dévots de cette secte veulent-ils absolument passer sous silence la dictature de leur héros ? »


    « La France et l'esprit révolutionnaire » par Ran Halévi
    Si la Terreur, l'idéologie révolutionnaire et le jacobinisme ont largement été étudiés, il n'en est guère de même pour l'esprit révolutionnaire. Ran Halévi comble cette lacune en définissant ses origines et ses caractéristiques.


    « La Terreur, une passion française » par Frédéric Mitterrand
    Frédéric Mitterrand se demande pourquoi la Terreur, autrement dit l'appel au meurtre, bénéficie d'une telle indulgence en France.



    Et aussi : Robert Kopp, Lucien Jaume, Thomas Branthôme, Hippolyte Taine, Marin de Viry

  • Europe, moeurs, réformes... La nostalgie des années Giscard
    -> Grand entretien avec Valérie Giscard d'Estaing : « L'Europe est un projet qui arrête la décadence »
    Les Français ont la nostalgie des années 70, époque des dépenses maîtrisées et d'une société qui se décrispe. Valéry Giscard d'Estaing revient sur cet été indien des Trente glorieuses. Il voit, dans le projet européen, un rempart contre le pessimisme et le déclinisme ambiants. Il rappelle que la France doit accueillir les réfugiés en danger de mort.
    Dossier : Pourquoi les Français n'aiment pas le libéralisme
    -> « Raymond Aron, marginal ou central ? » par Philippe Raynaud
    Grande figure du libéralisme politique, Raymond Aron a joué un rôle capital dans la formation de nombreux intellectuels et de décideurs. Pour comprendre cette influence, Philippe Raynaud évoque un itinéraire complexe : l'homme appartient à deux histoires, celle de la philosophie de l'histoire et celle de la politique française, illustrée par sa confrontation avec Sartre.
    -> « Le libéralisme va mourir » par François Lenglet
    Le libéralisme obéit à des cycles : il naît, se développe et meurt. François Lenglet détaille les différentes phases qu'a connues la société française.
    -> Et aussi : Jacques de Saint Victor, Jean-Paul Clément et Christian Stoffaës
    Dossier Star Wars. La force d'un mythe universel
    -> « Une guerre sans gravité » par Ollivier Pourriol
    Le philosophe Ollivier Pourriol s'appuie sur Gaston Bachelard pour appréhender la logique imaginaire : seule une approche poétique permet de comprendre le message de la Force.
    -> « Joseph Campbell, l'inspirateur « par Charles Ficat
    -> « Mythe politique et religion dans Star Wars » par Rafik Djoumi
    -> « Costumes et accessoires : un répertoire esthétique multiculturel » par Hélène Joubert
    -> « Faire de la physique avec Star Wars » par Roland Lehoucq
    -> « Approche de la Force » par Fabrice Labrousse et Francis Schall
    -> « La vie dans Star Wars » par Jean-Sébastien Steyer
    -> « Lost in Galaxy » par Marin de Viry

  • Dossier : Le camp du bien -> Entretien avec Jacques Julliard : « Aux origines de la gauche morale » Jacques Julliard définit les racines philosophiques et politiques du camp du bien dont la gauche morale est l'héritière. Depuis Condorcet, la République apprend à distinguer l'intérêt général de l'intérêt particulier.

  • -> Grand entretien avec Gilles Kepel : « Le salafisme est l'arrière-plan culturel du djihadisme » Pour Gilles Kepel, la radicalisation ne précède pas l'islamisation. « Il ne s'agit pas de "Brigades rouges

  • -> Dossier : Les femmes, Élisabeth Badinter : « La gauche n'a jamais été aussi soumise aux injonctions religieuses... Grande figure du féminisme universaliste, Élisabeth Badinter retrace l'histoire des femmes depuis la Révolution française jusqu'à l'émergence de l'islam politique. ...

  • Dossier : De la censure à l'autocensure. Peut-on parler librement en France ? -> « En France, on n'a plus le droit de rien dire ! » par Laurent Martin Laurent Martin dresse un panorama historique et théorique de la censure en France. Il cherche à savoir si la liberté d'expression est aujourd'hui plus respectée ou au contraire plus restreinte qu'hier. -> Le venin du serpent devenu bipède par Michel Onfray Michel Onfray distingue trois phases de la censure : la censure au nom de Dieu, au nom du roi et au nom de l'argent. « Quiconque en appelait à la liberté hier et devient roi ce jour a pour premier travail de censurer la pensée, l'expression de ceux qui ne pensent pas comme lui. » -> Sois hypermoderne et tais-toi ! par Brice Couturier Brice Couturier se demande comment et pourquoi le désir d'émancipation des années soixante s'est métamorphosé en une vigilance idéologique policière. -> Moeurs, langage, déni et libre arbitre par Céline Pina Parce qu'elle dénonçait en 2015 les interventions de fondamentalistes musulmans et le clientélisme des élus locaux, l'ancienne conseillère régionale socialiste Céline Pina fut ostracisée. Elle témoigne. -> La répression, menace et moteur dans la littérature des Lumières par Michel Delon Menace réelle au XVIIIe siècle, la censure provoque chez les écrivains une inventivité sans précédent. « Sans elle peut-être, l'ironie des Lumières ne serait pas cette insolence qu'on admire depuis deux siècles. » -> Flaubert et Baudelaire sur le banc des escrocs par Robert Kopp Robert Kopp retrace deux célèbres procès littéraires qui eurent cours au XIXe siècle, celui de Mme Bovary et celui des Fleurs du Mal. -> Et aussi André Perrin, Marin de Viry Littérature -> Inédit. Olivier Frébourg : « La vie, c'est combien d'étés ? » L'auteur de la Grande Nageuse (Mercure de France, 2014) et le fondateur des Éditions des Équateurs revient sur l'été 2016, marqué par les attentats terroristes. -> Nouvelle rubrique : Aujourd'hui et toujours par Sébastien Lapaque Sébastien Lapaque croisera l'actualité littéraire avec des ouvrages qui ont marqué le paysage intellectuel français et étranger.

  • Grand entretien : Jean-Claude Michée. Peuple, people, populismes Jean-Claude Michéa dénonce l'abandon par la gauche des classes populaires. Le philosophe explique pourquoi le peuple a disparu du champ de vision des élites et des nouvelles catégories sociales privilégiées. Il ne croit pas à la droitisation de la société française mais à sa conversion au libéralisme. Dossier : De Gaulle, les cent jours qui ont changé la France -> La France de 1958 : quand la République entrait en agonie par François d'Orcival François d'Orcival dresse le tableau économique, politique et social de la France avant le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958. -> De Gaulle et les grandes réformes de 1958 par Éric Roussel Fonctionnement des pouvoirs publics, nouvelle Constitution, plan de redressement économique et financier... : lorsque de Gaulle arrive au pouvoir, il s'attèle immédiatement aux réformes. -> Entretien avec Valéry Giscard d'Estaing : « La France n'applique plus sa Constitution » Valéry Giscard d'Estaing était parlementaire en 1958. Il évoque les débuts de la V e République, l'état de la fonction présidentielle et le train de réformes de son propre septennat. -> Entretien avec Patrice Gueniffey : « Napoléon et de Gaulle, un même sens du destin » Selon Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle ont réussi à dépasser des clivages pour réconcilier un pays profondément divisé. Légitimes, ces deux grandes figures du roman national ont su l'une et l'autre faire passer des réformes. Néanmoins, leur vision de la société différait. -> Je me souviens... par Jean-Louis Debré Jean-Louis Debré se souvient des conversations qu'il a eues avec son père, Michel Debré, sur la Constitution. -> Les « cent jours » des présidents de la V e République par Michèle Cotta Méthode, style, réformes : Michèle Cotta passe en revue les cent premiers jours de tous les présidents de la V e République. Et aussi Christine Clerc, Annick Steta, Gérard Larcher, Philippe Bas, Sébastien Lapaque, François Bert. Littérature -> Inédit. Agnès Desarthe : « J'ai toujours vécu dans la trahison » Agnès Desarthe raconte sa rencontre avec le romancier libyen Hisham Matar dont elle a traduit le roman La Terre qui le sépare (Gallimard, 2017).

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