• Les chercheurs ont consacré les dix dernières années à tenter de mettre au point une "pilule rose" qui serait l'équivalent du Viagra pour les femmes. Sans succès. Mais les recherches menées ont permis de lever le voile sur la façon dont fonctionne la sexualité féminine.
    Première révélation : chaque femme a une sexualité unique, comme une empreinte digitale. L'anatomie féminine présente plus de diversité que celles des hommes, et les mécanismes de réponse sexuelle varient beaucoup plus d'une femme à l'autre que d'un homme à l'autre. Inutile donc, de se juger à l'aune de l'expérience des autres.
    Deuxième révélation : l'influence de l'environnement et du contexte sur l'excitation, le désir et l'orgasme est bien plus importante qu'on ne le pensait. La recherche a prouvé que le secret d'une vie sexuelle épanouie ne réside pas dans ce que vous faites ni dans la façon dont vous le faites mais dans l'état dans lequel vous le faites. Ainsi le stress, l'humeur, la confiance en soi et la perception que l'on a de son propre corps sont au coeur du bien-être sexuel.

    Cet ouvrage décrypte les fascinants mécanismes physiologiques, neurologiques et psychologiques à l'oeuvre dans la sexualité féminine pour vous permettre de trouver le secret de votre plaisir.

    Emily Nagoski, américaine, est sexothérapeute depuis plus de 20 ans. Elle détient un doctorat en sciences comportementales et un master en thérapie, enseigne notamment la sexualité, la communication et anime des TED Talks sur la sexualité heureuse, certains ayant déjà été vus plus de 3 millions de fois.

  • Sens dessus dessous

    Milena Agus

    Mr. Johnson, le monsieur du dessus, a toujours les lacets défaits et des vestes trouées. Pourtant, c'est un violoniste célèbre qui vit dans le plus bel appartement de l'immeuble, avec vue sur la mer. Anna, la voisine du dessous, partage un petit entresol obscur avec sa fille, taille ses robes dans de vieilles nappes et fait des ménages. Pourtant, elle cache dans ses tiroirs des dessous coquins et des rêves inavoués. Ces deux-là, plus tout jeunes, débordants de désirs inassouvis, étaient faits pour se rencontrer. Dans les escaliers, où montent et descendent des voisins occupés par une farouche quête du bonheur, se tricotent à tous les étages situations rocambolesques, amours compliquées, jalousies absurdes. Mais n'est-ce pas là la clef de voûte de toute vie?
    Observatrice indiscrète, pourfendeuse de la normalité, Milena Agus fait la chronique de ce microcosme dans lequel souffle un vent délicieusement frondeur.

  • Dans les essais qui forment ce livre, la question de la modernité est retravaillée en prenant pour fils conducteurs l'auto-énonciation du sujet (Descartes, Locke, Rousseau, Derrida), la constitution du « nous » communautaire (Hegel, Marx, Tolstoï), l'aporie du jugement de soi-même et des autres (Foucault, Freud, Kelsen, Blanchot). On parvient ainsi à mieux définir la dialectique de l'universalité et des différences à l'époque bourgeoise. Le rapport du commun à l'universel devient un écart politique au sein de l'universel lui-même.
    L'ensemble pose la question d'une nouvelle donne pour l'anthropologie philosophique - après la grande « querelle de l'humanisme » qui aura occupé la philosophie du XXe siècle - en termes de mouvements contraires : devenir-citoyen du sujet et du devenir-sujet du citoyen. Le citoyen-sujet qui se constitue dans la revendication du « droit aux droits », ne peut exister sans un envers, qui le conteste et le défie. Il n'est pas seulement rapport social, mais malêtre de ce rapport. Dès lors, l'humain ne peut être institué qu'à la condition de se retrancher de soi-même, dans la forme des « différences anthropologiques » qui assignent normalité et identité comme conditions de l'appartenance. La violence de l'universalité civique-bourgeoise est plus grande, mais aussi moins légitime, que celle des universa-lités théologiques ou cosmologiques. Le droit se fonde sur l'insoumission. L'émancipation tire sa puissance de l'altérité.

  • Ce court roman retrace l'attente inquiète d'un homme venu rencontrer son ami à sa sortie de la clinique psychiatrique. Quels changements aura-t-il subis pendant les six mois de son internement, quelle « normalité » aura-t-il retrouvée ? Sa voix ne semblait-elle pas altérée au téléphone ? Trouvera-t-il le chemin jusqu'au lieu du rendez-vous ? Ne sera-t-il pas tenté de se jeter dans le fleuve qui traverse la ville ? Dans les entrelacs de ce texte savamment noué, la personnalité de l'ami se dérobe peu à peu. Egaré entre les réminiscences douloureuses du passé, l'inquiétude grandissante de l'attente, l'avenir incertain, le narrateur ne retrouve plus que sa propre image.
     
    Ivan Farron est né en 1971 à Bâle. Il a étudié à Tübingen. Un Après-midi avec Wackernagel est son premier roman.

  • Pendant longtemps, Canguilhem fut considéré non seulement comme un grand historien des sciences mais aussi, à la suite de Bachelard, comme le philosophe de la rationalité épistémologique. Or les questions de la maladie et de la santé développées dès 1943 présupposent, au fondement d'une telle rationalité, une philosophie première dont dépend l'épistémologie critique.
    Cette philosophie réside dans la relation construite par Canguilhem entre vie et norme d'une part, vie et connaissance d'autre part. La vie est création de normes, il n'y a pas une normalité, vitale ou sociale, mais des formes de vie multiples, déterminées et comprises à divers titres par l'appartenance des individus à une société. Comment la critique d'une normalité unique permet-elle d'aboutir à une reformulation philosophique de l'être-en-vie, tant biologique que social, c'est l'entreprise souveraine qui commande le livre de Canguilhem, sans cesse repris et remanié, Le normal et le pathologique, dont nous proposons la relecture.

  • Après une naissance difficile et une grave coqueluche nourrisson, Bernard se retrouve Infirme Moteur Cérébral. Tous ses sens (langage, gestuelle, équilibre, etc.) sont sévèrement altérés. Pourtant, malgré son lourd handicap, avec une volonté féroce et le soutien indéfectible de son entourage, Bernard va à l'école, fait du vélo, conduit, travaille en milieu ordinaire, voyage, bref, arrive à vivre comme nous. À travers son parcours pour le moins atypique et son combat quotidien contre les préjugés, c'est un message d'espoir que Bernard essaye de nous faire passer.

  • À neuf ans, Angelito connaît l'importance de bien réfléchir avant de parler. Après tout, quand on est le fils d'un voleur, il faut savoir se taire. Malgré les questions qui se bousculent dans son esprit, il vit heureux et n'a peur de rien. Jusqu'au jour où un mystérieux individu aux chaussures noires remet à son père un objet enveloppé dans du papier journal. S'ensuit une série d'événements qui bouleverse l'univers d'Angelito et menace l'équilibre de sa famille.



    André Marois a été élevé par un père policier qui ne lui a jamais soufflé un mot de son travail. C'est peut-être ce qui l'a poussé à imaginer cette histoire de parents silencieux et d'enfant qui n'en pense pas moins.

  • La raison d'État de soi-même que propose Baltasar Gracián (1601-1658) à tout individu est au principe d'une éthique paradoxale, voire contradictoire - et en ce sens baroque - qui prescrit à chaque individu de se comporter comme un État dans la manière d'être à soi et aux autres. C'est l'ensemble de ces prescriptions, ou règles de civilité, que permettent de dégager les maximes de l'Oráculo manual y arte de prudencia : dans les relations qu'ils ont les uns avec les autres, les individus doivent à la fois et contradictoirement adopter des normes communes - les règles du « bon goût » - et cependant ne s'en remettre qu'à eux-mêmes - à leur goût propre - pour déterminer ce qu'il est dans leur intérêt de faire ou de ne pas faire. C'est la raison pour laquelle cette éthique baroque qu'est la civilité est un art de vivre en société et non une morale catégorique : les règles qu'elle prescrit ne sont pas extérieures au commerce des individus, mais au contraire immanentes au jeu social lui-même. La civilité sociale est ainsi au fondement de la société civile, dont la normalité relève d'un libéralisme éthique.
    Une telle civilité n'a cependant pas résolu le problème qui l'a rendu possible, à savoir l'écart dans lequel se tient - et doit se maintenir - le sujet de l'éthique : la composition propre au commerce social des individus exige en effet que chacun demeure en soi et néanmoins en relation avec les autres. C'est cet écart, constitutif du sujet, qu'illustre parfaitement ce roman allégorique qu'est le Criticón, dans lequel s'achève la pensée de Gracián : la raison d'État de soi-même est la tentative de déterminer la normativité d'une composition du lieu de soi - elle est la fiction d'un sujet qui pourrait enfin se saisir pleinement lui-même sans produire aussitôt l'écart constitutif de sa propre mise en abîme. Par là, est également décelé le sens de la pensée baroque, dont Gracián est certainement l'un des plus illustres et parfaits représentants : une pensée de l'écart, qui est l'écart de la pensée elle-même.

  • Katherine, une enseignante et mère d'un enfant, doit prendre la décision la plus difficile de toute son existence. Au terme d'un concours de circonstances en escalade et de tests médicaux éprouvants, elle avorte d'un bébé de 23 semaines, atteint d'une grave maladie héréditaire propre au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la tyrosinémie. Mais après coup, les remords et le chagrin l'amènent lentement au bord de l'abîme. Angoisse et culpabilité deviennent partie prenante de son quotidien, alors que son conjoint, un agent de la paix, vit également ce deuil à la dure, à sa manière. Pourront-ils tous les deux entreprendre et réussir un long processus de rétablissement, semblable à la guérison d'un choc post-traumatique?


    Rédigé dans un style vif et empreint de poésie, ce récit touchant se veut une réflexion intime concernant le droit à l'existence, la résilience, la génétique médicale et le fait d'être mère à notre époque post-moderne.

  • Gustavo Tiberius n'est pas normal. Il en est conscient, tout comme le reste des habitants d'Abby, petite ville de l'Oregon. Il lit des encyclopédies chaque soir avant de dormir, a un furet de compagnie qu'il a baptisé Harry S. Truman, possède un vidéoclub où personne ne met les pieds, et ses plus proches amis sont Lottie, une dame dont les cheveux ressemblent à ceux d'une drag-queen, et un trio de vieilles motardes chevauchant de Vespa répondant au nom des "Nous, les trois Reines".
    Gus n'est pas normal. Et ça lui va très bien. Tout ce qu'il demande, c'est qu'on le laisse tranquille
    Jusqu'au jour où entre dans sa vie Casey, un hipster asexuel défoncé et accessoirement le nouvel employé de chez Lottie's Lattes. Pour une raison qu'il ne comprend pas, ce dernier pense que Gus est l'être le plus fabuleux sur Terre. Et il se pourrait bien que Gus commence à penser la même chose de Casey, même si celui-ci passe sa vie à poster des photos de sa nourriture sur Instagram.
    Mais Gus n'est pas normal et Casey mérite quelqu'un qui l'est. Voulant soudain être ce quelqu'un, Gus sort de sa zone de confort et formule un plan pour devenir la personne la plus normale au monde.
    Après tout, qu'est-ce qui pourrait bien clocher ?

  • Chérir, plutôt qu'éradiquer la diversité des pratiques sexuelles, tel est le programme d'une théorie politique radicale de la sexualité selon Gayle Rubin. Sa mise en oeuvre s'est heurtée à la volonté permanente d'imposer une bonne sexualité : hétérosexuelle, monogame, conjugale, gratuite, intragénérationnelle, génitale, à deux, procréative, sans sex toys ni usage de pornographie. Gayle Rubin, féministe et lesbienne militante, est ainsi devenue la cible de la droite états-unienne comme de pans entiers des mouvements féministes et lesbiens. Écrivant sous forme d'articles clairs et décisifs, elle a ouvert la voie au développement d'outils d'analyse spécifiques pour comprendre les oppressions matérielles et symboliques subies par les hors-la-loi du sexe et a contribué à la fondation de la théorie féministe, des études de genre et de la théorie queer. Les réflexions de Michel Foucault sur l'éthique du sadomasochisme masculin se trouvent ici éclairées par celte qu'il appelle "notre amie Gayle Rubin".

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