Sciences humaines & sociales

  • Les douze salopards
    Tout a été dit sur les complices d'Hitler jugés à Nuremberg (Gring...), rattrapés dans leur fuite (Eichmann, Barbie...) ou morts dans la clandestinité (Mengele). Mais on ne s'est guère intéressé à ceux qui, non content d'avoir échappé à la corde, ont entamé, à l'ombre des vainqueurs, une seconde carrière d'envergure.
    La plus spectaculaire est celle de Kurt-Georg Kiesinger, devenu chancelier de la République fédérale d'Allemagne de 1966 à 1969 après avoir été surnommé, entre 1940 et 1945, le " Goebbels de l'étranger ". Et les plus honteuses celles de Reinhard Gehlen, Adolf Heusinger et Ernst Achenbach. Le premier prit la tête, en 1956, des services secrets ouest-allemands et le second, de 1960 à 1964, du comité militaire de l'Otan. Sous les ordres d'Hitler, ils avaient pourtant planifié l'invasion de la Russie et son cortège de massacres. Quant au troisième, il fut le principal collecteur de fonds du NSDAP avant d'organiser le pillage de l'économie française, ce qui ne l'empêcha nullement de devenir président de la Commission des Affaires étrangères du Bundestag... puis candidat de l'Allemagne à la Commission de Bruxelles en 1970 !
    À leurs côtés, voici le SS Walter Schellenberg, principal collaborateur d'Heydrich puis d'Himmler, cité à Nuremberg comme simple ''témoin'', alors qu'il jeta les bases de la Shoah par balles en Union soviétique ; Friedrich Paulus, le vaincu de Stalingrad, devenu un ardent propagandiste soviétique...; Rudolf Diels, le premier chef de la Gestapo (1933-34), qui se transforma en chasseur de communistes pour le compte de l'armée américaine. Voici encore Albert Speer et Wernher von Braun, deux assassins aux mains propres qui ne réussirent respectivement comme ministre de l'armement d'Hitler et concepteur des premiers missiles balistiques de l'histoire, que grâce aux dizaines de milliers d'esclaves sacrifiés dans les usines du Reich ; et aussi " le sorcier " Hjalmar Schacht, qui mobilisa l'industrie et la finance en faveur du IIIe Reich avant de se reconvertir en conférencier international... Sans oublier Otto Skorzeny, le ''James Bond du Führer'', qu'on retrouve dans tous les coups tordus de l'Après-guerre, au service de la CIA comme du Mossad ! Et voici l'exception qui confirme la règle : Hanna Reitsch, héroïne de l'aviation, dont l'erreur fatale fut de croire en Hitler et de mettre son prestige de pilote d'essai au service d'un régime criminel. Continuant, jusqu'en 1977, à battre records sur records, elle osa regarder en face les horreurs qu'il avait provoquées.
    Une galerie passionnante de portraits portée par un rare sens du récit.

  • Le siècle des dictateurs

    Olivier Guez

    • Perrin
    • 22 Août 2019

    Les maudits de l'histoire" Il est remarquable que la dictature soit à présent contagieuse, comme le fut jadis la liberté. "
    Paul Valéry,
    Regards sur le monde actuel Si la dictature est aussi ancienne que l'histoire, le phénomène prend un tournant majeur au sortir de la Première Guerre mondiale avec l'avènement des totalitarismes soviétique et fasciste, avant que la crise de 1929 ne favorise le triomphe du nazisme.
    Quatre générations durant, sur tous les continents, des régimes hantés par l'idéologie vont faire régner un ordre de fer, présidant aux guerres et exterminations d'un siècle barbare qui a retourné le progrès contre l'humanité.
    Cette forme absolue de l'absolutisme est orchestrée par des chefs impitoyables et cruels, tous jouant par essence un rôle prépondérant au sein d'un régime qu'ils marquent au fer rouge de leur empreinte. Leurs profils et leurs caractères sont différents, souvent opposés, mais ils communient dans une même soif de pouvoir fondée sur la banalisation de la terreur, une même défiance envers leurs semblables et le mépris le plus profond de la vie humaine et, plus largement, de toute forme de liberté.
    Pour la première fois est ici brossé le portrait des plus édifiants d'entre eux, qu'ils soient célèbres, méconnus ou oubliés ; vingt-deux portraits d'envergure où l'exhaustivité de l'enquête se conjugue avec l'art narratif des meilleurs journalistes et historiens actuels réunis à dessein par Olivier Guez qui signe une préface magistrale.

  • Le dernier grand témoignage, inédit en français, d'un intime d'Hitler.
    Jeune officier de la Luftwaffe, Nicolaus von Below (1907-1983) entre au service d'Hitler en 1937 comme aide de camp. Investi de la confiance du Führer, il en devient un intime et l'accompagne partout, jusque dans son dernier bunker, sous le jardin de la Chancellerie, en 1945. Durant ces longues années passées à son service, ce proche parmi les proches a tout noté des agissements, des rencontres ou encore du comportement d'Hitler. Ses souvenirs constituent une source historique majeure sur l'histoire du IIIe Reich ainsi, et surtout, que sur la personnalité énigmatique de son chef.
    Publié en allemand en 1980, et pour la première fois en français dans la présente édition, ce témoignage exceptionnel est présenté par Jean Lopez dans une substantielle et lumineuse préface.

  • Une approche inédite de l'histoire de l'Allemagne grâce à la première anthologie française de grands textes allemands. La biographie d'une nation par les mots. Si les français ont beaucoup écrit sur l'histoire de l'Allemagne, l'absence de recueils en français de documents allemands authentiques est quasi totale. Pour la première fois, Sophie Lorrain réunit dans un même livre près de quatre-vingt-dix textes allemands (lettres, discours, souvenirs, documents officiels, tracts, etc.) qu'elle a elle-même traduits en français. Regroupés en cinq thèmes incontournables la question de l'identité allemande, les guerres, les régimes politiques, la puissance de l'Église, le citoyen allemand dans la résistance et l'opposition , tous sont analysés et replacés dans le contexte historique dans lequel ils ont été écrits.
    De la guerre de Trente Ans au XVIIe siècle à la chute du mur de Berlin en 1989, cet ouvrage remarquable, à la fois pédagogique et littéraire, nous permet enfin de comprendre l'histoire de notre "meilleur ennemi", par les propres mots de ses poètes, penseurs, militants, journalistes ou encore dirigeants (Luther, Goebbels, Schiller, Bismarck, Goethe...). À mettre entre toutes les mains !

  • LA biographie de référence d'un personnage démesuré du IIIe Reich, Goering, enfin en Tempus.
    Héros de la Grande Guerre, putschiste improvisé, chômeur morphinomane, homme d'affaires talentueux, dandy corpulent, orateur tonitruant, ministre de l'Intérieur sans scrupules, parvenu millionnaire, collectionneur d'art compulsif, maréchal de l'Air amateur, tel est Hermann Goering, le deuxième homme du IIIe Reich. Voici, grâce à une abondante documentation allemande, anglaise, américaine et suédoise, ainsi qu'à l'interview de témoins tels que l'aide de camp d'Adolf Hitler, le régime national-socialiste revisité au travers d'un personnage démesuré - à tous les sens du mot. Le professeur François Kersaudy, auteur de nombreux ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, a notamment écrit les biographies de Churchill et Mountbatten. Il a reçu onze prix littéraires français et britanniques, et il codirige avec Yannis Kadari la collection " Maîtres de guerre " (Perrin). " La première biographie française, portée par une érudition joyeuse. " Le Point " Une documentation trilingue que valorise une remarquable finesse d'analyse psychologique. " Le Figaro Magazine

  • L'histoire d'un rendez-vous manqué qui a changé la face du monde. Hitler redoutait la mer qui était pour lui un élément hostile,
    unheimlich. " À terre je suis un héros, à la mer je suis un lâche ", déclarait-il lui-même. Dans son esprit, la victoire finale repose sur l'armée de terre et sur l'aviation pas sur la marine. C'est ainsi que celle-ci voit son développement encadré par l'accord naval signé en 1935 avec l'Angleterre dont le Führer est convaincu, bien à tort, qu'il lui vaudra la neutralité bienveillante de ce pays à l'égard de ses conquêtes territoriales à venir. Lorsque la guerre éclate, la Kriegsmarine est donc loin d'avoir atteint une taille critique. Convaincu d'un succès rapide sur le continent, Hitler n'attend rien d'elle, jusqu'à ce que s'impose à lui la nécessité d'une projection de force en Norvège. Mais son opinion ne change guère pour autant, pas même lorsque l'Angleterre devient l'adversaire unique et qu'il doit renoncer à son invasion. L'efficacité de la guerre sous-marine le laisse tout aussi sceptique, raison pour laquelle il refuse tout accroissement de la cadence de fabrication des sous-marins. Il ne changera d'avis que sous l'influence du grand amiral Karl Dnitz, en 1943, mais ce sera trop tard.
    Sous la plume particulièrement bien informée de l'auteur se dessine ainsi l'histoire d'un rendez-vous manqué entre Hitler et la marine allemande.

  • Hitler, les annees obscures - memoires Nouv.

    " Le bouffon d'Hitler "
    D'origine americano-allemande, Enrst dit " Putzi " Hanfstaengl a pénétré dès 1922 l'entourage du démagogue munichois dont il est devenu le conseiller, puis le responsable pour la presse étrangère avant de connaître une disgrâce progressive après son accession au pouvoir. Surnommé " le bouffon d'Hitler ", en raison de son humour et de sa capacité à le délasser en jouant du piano, Hanfstaengl livre un témoignage de premier plan à la fois sur l'individu et les rivalités autour de sa personne ainsi que sur les événements marquants qui ont ponctué la décennie de sa marche au pouvoir absolu : putsch manqué de 1923, rédaction de " Mein Kampf ", campagnes électorales, accession à la chancellerie, nuit des longs couteaux...
    Son sens du portrait, les multiples anecdotes et dialogues incisifs qui rythment l'ouvrage lui donnent un caractère particulièrement vivant qui n'ôte rien à son exactitude historique. On lira avec un intérêt particulier les pages qu'il consacre aux rapports d'Hitler avec les femmes et à sa sexualité, sujet bien souvent débattu par l'historiographie.
    La dernière partie de l'ouvrage est toute aussi passionnante. Révulsé par les abominations du régime, l'auteur s'éloigne de son mentor qui le marginalise progressivement avant de tenter de le faire disparaître en 1937 à l'occasion d'une mission (épique) en Espagne. Il s'enfuit en Grande-Bretagne puis parvient au Canada et enfin en Amérique où il deviendra le conseiller occulte du président Roosevelt. Un destin exceptionnel digne des meilleurs romans d'espionnage et justifiant la belle sentence attribuée à François Mauriac : " Aux belles histoires imaginées, il faut préférer l'inimaginable histoire ".
    Publié en 1967 chez un éditeur disparu, ce récit était tombé dans l'oubli. 50 ans après, Jean-Paul Bled le remet en lumière en l'augmentant d'une présentation élogieuse et d'un appareil critique.

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