Sciences humaines & sociales

  • Initialement prévu pour une conférence en 1934, ce texte en conserve toute la sève. Ortega y Gasset y fait la critique de la raison scientifique et esquisse un modèle nouveau pour les sciences humaines. D'après lui, toute science doit avoir pour objet les croyances qu'on en a. Le philosophe distingue notamment croyance inerte et croyance vive. Par exemple, la foi en Dieu à la Renaissance constituait une croyance inerte, au contraire de la raison cartésienne, croyance vive à l'origine d'une confiance nouvelle dans les sciences. Or, cette croyance dans la science est à présent mise à mal. Si la nature peut se fonder sur des lois invariables, permettant à la science d'en fournir un modèle d'explication, celle-ci ne peut rendre compte de l'homme lui-même, insoumis à de telles lois. Aux yeux d'Ortega y Gasset l'idée de nature, fondée sur des invariants, n'est qu'un concept projeté sur le réel, alors que l'homme est fondamentalement changement. Il traverse des formes de vie qui, épuisées, accouchent de nouvelles formes. L'homme n'a donc pas de nature immuable mais une histoire.

  • Les traités d'Aristote sur le mouvement des animaux sont des textes fondamentaux pour les sciences du vivant et pour la théorie de l'action. Ils instituent une zoologie dynamique, qui explique pourquoi et comment les animaux se déplacent, et qui préfigure l'analyse contemporaine de la locomotion par la biomécanique animale. Ils montrent aussi que les animaux, l'homme y compris, se meuvent en vue des fins qu'ils se représentent : échapper à un danger, capturer une proie, atteindre un plaisir, accomplir une action moralement bonne. Ils tissent un lien étroit entre la physiologie, la théorie du mouvement animal, l'étude des facultés psychiques de désir et de connaissance, et l'analyse de la conduite. Tout en ouvrant des débats qui sont pour nous de pleine actualité, ils permettent ainsi d'aborder les questions majeures de la philosophie d'Aristote.
    © Flammarion, Paris, 2013.
    Virginie Berthemet © Flammarion

  • Bons squatters ou fauteurs de troubles ? L'image des squatters est contrastée, autant que le sont leurs actions, qu'il s'agisse d'occupations de locaux par des sans-logis, ou sans-papiers, de centres sociaux autogérés, de « squarts » d'artistes ou de modes de vie alternatifs. Les mouvements sont multiformes, et leurs motivations nombreuses...L'intérêt de cet ouvrage est de retracer les étapes de l'invention du squat comme mode d'action collectif, de la fin du xixe siècle jusqu'à nos jours et dans différents pays. Il met en lumière deux grandes typologies, le squat « classiste » qui revendique un droit au logement et le squat « contre-culturel » qui met en avant le droit à un espace pour vivre autrement.Dans tous les cas de figure, le squat, en tant que mode d'action collectif, a ceci de remarquable qu'il constitue ipso facto la réponse à la demande dont il est porteur.

  • Peut-on soigner par la danse ? Peut-on donner à la danse une place dans l'arsenal thérapeutique ? A-t-elle la capacité de mobiliser la sphère psychique de l'individu qui « entre dans la danse » ? Quel corps la danse met-elle en mouvement ? Comment s'élabore-t-il et comment, par son intermédiaire, le sujet se construit-il du même coup, et avec lui l'espace, le temps et les nuances de la présence qui fondent la relation et les interactions ?

    Si, nous dit l'auteur, la danse n'est pas thérapeutique en elle-même - pas plus que l'art ou la parole -, elle peut le devenir grâce au dispositif dans lequel elle s'inscrit. Ainsi à partir d'une longue pratique de la danse-thérapie, Benoît Lesage pose, dans cet ouvrage, les fondements théoriques de cette discipline et livre des outils qui permettent de les incarner. A la croisée de l'art, de la création, de la psychomotricité, de la thérapie à médiation corporelle et de la pratique groupale, le parcours interdisciplinaire qu'il propose s'ouvre à la clinique, abordée ici en relation avec diverses populations : personnes psychotiques polyhandicapées, présentant des troubles du comportement et de la communication, autistes, anorexiques, porteuses de handicap sensorimoteur...

    Au-delà des enjeux cliniques et thérapeutiques évoqués ici, la danse-thérapie hérite de la danse la faculté essentielle et fondatrice de convier les hommes à partager le rythme, les images, le plaisir sensoriel et parfois sensuel, en puisant aux mémoires individuelles et communautaires. Cet ancrage immémorial dans les mythes et dans l'enfance en fait une source dynamique qui peut remettre en marche le sujet... pas à pas

  • Les mouvements sociaux occupent aujourd'hui une place décisive dans la vie politique française. Ce livre en dresse un panorama, des grèves de décembre 1995 aux manifestations contre la réforme des retraites de 2010, en passant par l'altermondialisme, le Réseau éducation sans frontière ou Jeudi noir.



    Comment saisir leur rôle et leur poids dans la vie démocratique ? Quelles relations entretiennent-ils avec les partis politiques et les gouvernements ? Qu'est-ce qui fonde leur légitimité ? La protestation publique contre les politiques menées en leur nom est, de fait, le moyen pour les citoyens de se réapproprier la voix qu'ils ont déléguée à leurs gouvernants. Les mouvements sociaux ne sont dès lors ni une composante marginale du paysage politique, ni une menace pour la démocratie : ils en ravivent les principes fondateurs.

  • Loi discriminatoire promulguée en 1984, le code de la famille va à l'encontre de l'égalité entre les hommes et les femmes, promise pendant la lutte pour l'indépendance et énoncée par la Constitution. Il cristallise les actions menées par les Algériennes qui militent pour cette égalité.Malgré un environnement politique fait dobstacles et de contraintes poids de la période coloniale qui a réduit le statut des femmes à un enjeu didentité nationale ; limites imposées aux libertés publiques par un régime autoritaire ; cycle de violences extrêmes des années 1990 qui a paralysé lactivité politique et compromis la poursuite du mouvement les associations ont toujours su, avec pragmatisme, trouver de nouvelles ressources, en particulier au niveau international.Un récit au plus près de la lutte des Algériennes pour le changement de leur statut, ponctué dinterrogations sur les perspectives qui leur sont ouvertes depuis la révision en trompe-lil du code de la famille en 2005.

  • Ce livre montre qu'il n'existe pas de différence fondamentale entre les mouvements protestataires dans les sociétés musulmanes et ceux qui surviennent ailleurs. Par sa réflexion sur le partage entre conduites infrapolitiques et action organisée, mouvements religieux et mouvements politiques, réseaux informels et processus de mobilisation, au Maroc, en Egypte, en Iran, en Irak ou en Palestine, ce livre renouvelle, à un moment clé, la compréhension des mouvements sociaux dans les pays musulmans.

  • Hymnes nationalistes ou révolutionnaires, musiques folks irlandaises, basques ou kabyles, mouvement pour les droits civiques des Noirs rythmé par le gospel, chants pacifistes, aucune révolte, aucune mobilisation sociale ne semble avoir pu se passer de pratiques musicales.

    Cet ouvrage analyse les propriétés qui font de la musique un puissant auxiliaire des mobilisations collectives. Au fil des chapitres, des leaders politiques utilisant des armes musicales croisent des artistes qui embrassent des causes militantes, à l'image de Béranger, Joan Baez, les Zebda, Bob Geldof ou des groupes britanniques de la Red Wedge ou de Rock Against Racism.

    Pour finir, l'auteur rend compte des divers usages sociaux de la musique, et de sa capacité à osciller entre protestation subversive et résignation plus ou moins conformiste.

  • Un ouvrage en deux tomes, autonomes et complémentaires, qui tient compte de paramètres actuels comme la mutation des valeurs, le retrait de l'État-providence, la précarité de l'emploi ou la mondialisation dans l'analyse des nouvelles formes d'expression des problèmes sociaux. Un ouvrage multidisciplinaire où se côtoient philosophes, anthropologues, monde médical, politologues, psychologues, sociologues et travailleurs sociaux. Tome 2 - Études de cas et interventions sociales. Quelques études de cas: mères adolescentes; familles recomposées; mauvais traitements psychologiques envers les enfants; désengagement paternel; intégration des jeunes migrants en milieu urbain; homosexualité; violence en milieu scolaire; judiciarisation des personnes souffrant de troubles mentaux; précarité d'emploi; équité salariale; employabilité des assistés sociaux; vieillissement et retraite; travail social et TIC.Les interventions: développement et santé des jeunes enfants; travail de rue; pauvreté des enfants; réalités interculturelles; organismes communautaires; mouvements sociaux; intervention policière; désastres naturels; solidarité bénévole; prévention du suicide; schizophrénie; réinsertion sociale.

  • L'évolution de l'opinion publique, les facteurs politiques et sociodémographiques qui ont influé sur les résultats et les effets à plus long terme des facteurs psychosociaux sont décrits avec force détails. Un ouvrage attendu. Une analyse fine d'un événement politique qui touche tous les membres de la société québécoise et canadienne.

  • "Depuis des années, les bébés sont entrés dans ma vie : bébés de l'observation, avec lesquels je fais connaissance au cours des séminaires que j'anime, ou bébés que je rencontre en consultation avec leurs parents. En même temps ces bébés restent pour moi mystérieux, chaque fois a découvrir, avec eux, chaque
    fois, une nouvelle aventure commence. A partir de l'observation du nourrisson, Rosella Sandri nous entraîne dans le monde passionnant des premieres formes de vie psychique et relationnelle du bébé.

    La méthode d'observation qu'elle pratique, est celle introduite par Esther Bick, psychanalyste d'origine polonaise, ayant travaillé notamment en Grande Bretagne. Dans la première partie du livre, a travers une réflexion méthodologique, l'auteur s'interroge sur les fondements de l'observation, la capacité d'attention et de
    rêverie qui la caractérisent, et la dynamique du groupe-séminaire qui lui donne l'espace nécessaire a son élaboration. Dans la deuxième partie du livre, le theme central est représenté par la construction de l'espace psychique avec, en toile de fond, le lien entre l'observation du bébé et la psychanalyste. La reconnaissance
    du monde psychique du bébé, qui émerveille les professionnels de la petite enfance et les parents, intéresse également les psychanalystes, car elle éclaire les niveaux plus primitifs du fonctionnement psychique. Dans les derniers chapitres, Rosella Sandri retrace d'une part une géographie de l'espace psychique interne a partir de l'observation du bébé, et d'autre part ouvre de nouvelles pistes de réflexion pour le travail psychanalytique avec des adultes. La "matiere première" de ce travail est constituée principalement par des rêves, dans lesquels on retrouve des "parties bébé du patient qui étaient en attente de pouvoir se développer, ou, parfois, de pouvoir s'exprimer pour la premiere fois au sein de la relation thérapeutique.
    L'observation du nourrisson apparaît ainsi une des voies les plus suggestives pour comprendre le monde du bébé et, dans la clinique, pour s'approcher de la "partie bébé" de chaque patient.

  • Les diverses pratiques innovatrices d'altermondialisation, d'économie sociale et de coopération internationale décrites prouvent qu'une autre forme de mondialisation est possible. Pour en témoigner, des acteurs dans les organisations de coopération internationale et dans les mouvements sociaux livrent leurs expériences et leurs savoirs, et des chercheurs soulèvent les difficultés qui se font jour et mettent en lumière les débats de l'heure.

  • Un ouvrage en deux tomes, autonomes et complémentaires, qui tient compte de paramètres actuels comme la mutation des valeurs, le retrait de l'État-providence, la précarité de l'emploi ou la mondialisation dans l'analyse des nouvelles formes d'expression des problèmes sociaux. Un ouvrage multidisciplinaire où se côtoient philosophes, anthropologues, monde médical, politologues, psychologues, sociologues et travailleurs sociaux.Les cadres théoriques d'interprétation: concept et classification; sociologie interactionniste; constructivisme; prévention des problèmes psychosociaux; promotion de la santé; déficience intellectuelle; alcoolisme; handicap; médicalisation; mondialisation, exclusion et intervention.Les outils méthodologiques: soutien social; théorisation; analyse quantitative; évaluation de programme; approche épidémiologique; troubles mentaux et suicide; colonisation; milieu associatif; immigration; héritage philosophique.

  • Au-delà des discours partisans et alarmistes, il est important de s'interroger sur les défis auxquels le Québec sera confronté que le Oui l'ait emporté ou non. Les auteurs nous proposent une analyse des causes ayant mené aux relations actuelles avec le reste du Canada de même qu'une réflexion sur les défis qui se présentent au lendemain du référendum.

  • La nature et les règles de fonctionnement de la Cinquième République conditionnent dans une certaine mesure la stratégie du mouvement professionnel paysan.

  • Avant-propos

    Chapitre 1. Le radicalisme argentin : origines et caractères

    Chapitre 2. Le néo-radicalisme sous les dictatures

    Chapitre 3. La création de l'UCRI et la scission du radicalisme

    Chapitre 4. L'UCRI, un parti condamné

    Chapitre 5. Arturo Frondizi

    Chapitre 6. L'éclosion du frondizisme

    Chapitre 7. Le frondizisme à l'assaut du pouvoir : recherches de la base et du sommet

    Chapitre 8. Les frondizistes et les éléments d'une idéologie du développement

    Chapitre 9. Le frondizisme et l'UCRI au pouvoir

    Chapitre 10. Le frondizisme dans la tourmente Conclusion.

  • L'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA) naît dans le département du Lot en 1953 avant d'étendre son organisation à l'ensemble de la France. D'abord antifiscale, l'action du mouvement Poujade évolue rapidement, pour revêtir un caractère politique à partir du mois de mars 1955, quand sont créées des unions parallèles visant à rassembler toutes les catégories sociales, dans la perspective d'une transformation institutionnelle majeure. Cinquante-deux députés poujadistes entrent au Palais-Bourbon lors des élections législatives du 2 janvier 1956.

    L'histoire du poujadisme - de sa naissance en 1953 à sa transformation sous la Cinquième République en un groupuscule luttant par des voies légales en faveur de l'Algérie française, jusqu'à sa complète marginalisation au temps de l'OAS - est l'occasion de mettre à jour certains mécanismes du fonctionnement de l'appareil d'État de 1953 à 1962. Elle permet de donner des éclairages nouveaux sur la crise politique qui met fin à la Quatrième République, sur la guerre d'Algérie et sur l'antigaullisme de droite au début de la Cinquième République.

  • Reposant sur les théories classiques des mouvements sociaux et de leur interaction avec l'État, sa police et les médias, cet ouvrage propose une analyse comparative de la transformation des relations entre police et manifestants, et plus largement celle de la gestion des mouvements sociaux et du maintien de l'ordre par les États. Les auteurs observent, malgré une relative euphémisation de la violence dans les relations entre policiers et manifestants, de fortes différences selon les situations. En démocratie même, la tendance à la pacification des conflits n'est pas linéaire, compte tenu du contexte international lié au terrorisme et au fondamentalisme musulman. L'ouvrage s'appuie sur des exemples concrets en Europe, aux États-Unis, en Afrique, au Moyen-Orient et utilise des données très diverses : observation, participation aux conflits, dépouillement d'archives policières, suivi de la législation, entretiens.

  • A quelques mois d'intervalle, les émeutes urbaines de novembre et les mouvements étudiants ont imposé les questions de ségrégation, de précarité, de déclassement mais aussi d'inégalités intergénérationnelles au coeur du débat social.
    Les lieux et les acteurs révèlent les dynamiques en jeu. Derrière les tensions croissantes entre les jeunes des quartiers populaires et la police, l'ampleur des mouvements questionne le "modèle français d'intégration" et la manière de gouverner.
    Peut-on saisir la portée de ces évènements sans prendre en compte la relégation dans les quartiers les plus pauvres et l'auto-ségrégation dans les plus riches? Comment ignorer les discriminations ethniques et le déficit de représentation politique des fractions issues de l'immigration ? Comment ne pas voir que les différences de contextes scolaires - programmes, options, valeurs des diplômes, etc. - contribuent à renforcer un sentiment d'injustice ?

  • L'idée d'une paix durable fondée sur le droit a représenté le grand espoir d'un XXe siècle traumatisé par deux guerres mondiales. Première incarnation de cet idéal, la Société des Nations (1919-1946) a suscité en sa faveur un mouvement de soutien qui s'est employé à relayer l'« esprit de Genève » auprès de l'opinion française.

    À l'opposé d'un « pacifisme sentimental » ou naïf qui leur est souvent associé, ce livre entend montrer que les militants pour la SDN ont défendu une conception nouvelle des relations internationales, visant à limiter, sinon à abolir, la violence entre les États souverains par le recours à des règles juridiques.

    L'histoire de ce militantisme français reste essentielle pour comprendre un combat politique dont les succès et les échecs alimentent encore les réflexions contemporaines en matière d'organisation de la communauté internationale - multilatéralisme, coopération internationale, sécurité collective, désarmement, justice internationale, universalisme/régionalisme, etc. -, de l'ONU à l'Union européenne.

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