Littérature générale

  • Le livre qui fait parler nos grands-mères. On y lit des histoires de l'Histoire.Depuis bientôt deux ans,
    Héloïse et Marion sillonnent la France pour rencontrer des grands-mères qui ont accepté de raconter leur vie et de partager leurs souvenirs. Elles ont fait de ces témoignages un podcast ; nous en faisons un livre.
    Car ces histoires,
    c'est aussi l'Histoire avec un grand " H ", celle du XXe siècle et de ses bouleversements : la Deuxième guerre mondiale, Mai 68, la légalisation de l'IVG... Certaines mamies ont été en avance sur leur temps et ont vécu des choses extraordinaires (que l'on pense à
    Jeanine, jeune fille au pair en Angleterre en 1953, ou à Colette, " demoiselle du téléphone " dans les années 1960), tandis que d'autres ont parfois connu le pire (
    Dora a été rescapée d'Auschwitz, Mado, Catherine et Jacqueline ont vécu des avortements clandestins avant 1975).
    Parfois bouleversantes, souvent drôles, et toujours émouvantes, ces mamies nous font découvrir une histoire, personnelle et intime, de la France, des femmes et du féminisme.
    Dans cet ouvrage coloré, illustré, et documenté, Héloïse et Marion nous livrent en 11 chapitres le témoignage de 11 mamies.

  • L'Acte inconnu est un archipel d'actes contradictoires : acte forain, prologue sous terre, cascades de duos, accidents de cirque, spirales, rébus. Autant de figures, d'attractions, comme autant de mouvements d'un ballet... «L'Ordre rythmique», «Comédie circulaire», «Le Rocher d'ombre», «Pastorale égarée» : quatre mouvements renaissent l'un de l'autre et sont jetés aux points cardinaux. Entrent et tournent : Le Bonhomme Nihil, Le Coureur de Hop, Jean qui corde, Raymond de la matière, L'Ouvrier du drame, La Machine à dire beaucoup, Le Chantre, La Dame de pique, L'Homme nu, La Femme spirale, Le Déséquilibriste, L'Esprit, Autrui. On déplace le socle du monde : la scène est divisée en deux, en quatre... Tout passe de cour à jardin, dans le tournoiement du magnétisme animal. Entre les actes, le Bonhomme Nihil glisse des prières dans le mur humain. Au-dehors le monde court à son renouveau.

  • « Dans ce roman, l'amour court, meurt, renaît, élève ou démolit, sautant sans cesse d'un être à l'autre. Il brasse les classes sociales, traverse les océans, ne respecte ni codes ni frontières. C'est un démiurge qui transgresse tout. Un bonheur qui a la bougeotte. Une ronde qui forme une chaîne toujours renouvelée, joyeuse et vacharde à la fois.
    J'ai essayé de suivre sa course dans ce roman où s'entremêlent amours et désamours. Et si plusieurs de ces histoires sont vraies, toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait, cela va de soi, totalement fortuite. »
    F.-O. G

  • «un malaise un racisme discret destructeur un chargeur c'est une réserve de munitions pour une arme on dit aussi un magasin l'insoutenable vision du dépeçage la banalité exténuante la répétition des objets quotidiens les attentats affichent leurs bilans comme les marques leurs points en Bourse l'intime et l'environ les pièges des contrôles de clandestins les balises des massacres le temps qui passe des rapports opaques les avertissements de la fatigue le principe du tout droit les riches heures de la torture la ville qui pue les marchandises de l'insécurité les épidémies envahissantes les fragments comme débuts il reste un fond de sac nettoyer le repos comment s'en aller»

  • Fondée en 1989 sur un modèle américain, l'association Act Up Paris a choisi de faire du sida un enjeu de lutte politique en même temps que l'objet d'une mobilisation homosexuelle. Malgré de nombreuses réactions sceptiques ou hostiles, jugeant cette importation inopportune dans le contexte français, Act Up va progressivement se révéler un acteur central tant du mouvement associatif de lutte contre le sida que du mouvement gay et lesbien, pour devenir l'un des groupes contestataires les plus remarqués en France des années 1990.



    À partir de nombreux témoignages et d'un travail de terrain ethnographique inédit, cet ouvrage rend compte des conditions et des conséquences de ce succès, en retraçant l'histoire d'Act Up. Il éclaire l'engagement spécifique de l'association, seule en France à se réclamer d'un « point de vue homosexuel » sur le sida.

    L'auteur révèle la logique des « actions publiques » d'Act Up, de la violence qui leur est souvent imputée, du lien intime qui les unit à la question de la mort. Il analyse les changements induits par l'apparition de nouveaux traitements de l'infection au VIH.
    Il montre aussi que les positions controversées adoptées par l'association sur les comportements sexuels des gays traduisent les tensions générées par la normalisation en cours de l'homosexualité et sa contestation.

  • On essaye d'écrire un livre. Du moins on le croit. On l'inscrit dans la logique des livres antérieurs. On se dit, espérant encore, celui-là sans doute ira plus loin.Malgré tant de pages rien ne bouge. On voulait des vers brefs, des poèmes secs, renversant les formes anciennes, mais tout se défait au fil des années, l'écriture erre selon sa guise, malgré la volonté, le désir.Au bout du compte que reste-t-il sinon les débris du combat ? un livre allant se défaisant, une espérance mouvement, et elle va piétinant.Qui fut dehors fut aussi dedans,dans le même temps.A quoi bon se convaincre d'illusions. Sortir ce n'est qu'« Achille immobile à grand pas ».Pourtant on insiste, on va, on ira encore, au prix de quels piétinements,dans le délabrement des formes, le délabrement des livres,et de la vie, là-bas, toujours si incertaine.Sortir dit-on.

  • Gisement : quelque chose est enfoui et peut ne pas le rester. Quelque chose est là bien avant nous, comme indifférent à notre présence et à notre absence. Un gisement est une accumulation, une source. Est-ce un trésor ou une malédiction? Nous guettons les signes à la surface. Bientôt, il n'y a plus qu'eux. Le reste du monde s'estompe, les êtres s'éloignent. Selon les jours ou les années, c'est un dram ou un miracle. Cette oscillation traverse de part en part l'oeuvre de Michael Delisle, qui en est une de solitude et de détermination. Ce n'est pas une question d'héroïsme, ni de survie. Plus simplement, c'est que l'auteur, ainsi qu'il l'écrit en 1996 dans Long glissement, sait que «toute rencontre / comme la voix / se déchire». (Michaël Trahan)

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