• Plongée immédiate dans le quartier latin en Mai 68. Des slogans d'inspiration situationniste recouvrent les murs : "Vivre sans temps morts." "Jouir sans entraves." "Ne travaillez jamais." Dès le 3 mai, 2000 étudiants sèment sur leur parcours leurs revendications. Lors de la Nuit des Barricades, l'imagination prend le pouvoir : "La société est une fleur carnivore." Puis vient la contestation pure : "Défense d'interdire" ou encore "C.R.S. = S.S.". La Sorbonne subit ensuite l'assaut des profanateurs : "Professeurs, vous nous faites vieillir." Les photographies de ces slogans, saisis à chaud, forment des documents exceptionnels sur ces dix jours de révolte. Les revendications, matériellement éphémères, resteront à jamais gravées dans les mémoires.

    Mousse, peintre en bâtiment puis journaliste, Walter Lewino (1924-2013) s'engage dans la France libre à l'âge de 17 ans. Démobilisé en 1946, il se lance dans des études de lettres. Il entre plus tard au Journal officiel puis devient rédacteur en chef adjoint de France Observateur. En 1978, il rejoint le Nouvel Observateur. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont L'Heure (1959), L'Éclat et la blancheur (1967), Fucking Fernand (1976, porté à l'écran par Gérard Mordillat) et Châteaunoir (1998).

  • Dans cette oeuvre de maturité, Michel Thérien s'interroge sur la poésie, ce qui la fait émerger, ce qui la nourrit et ce qui l'habite. Suivant son désir constant d'être et de se renouveler, la poésie traverse le temps et l'espace, prend corps et accoste sur les berges d'une nouvelle destinée.

    Ici
    le poème est au présent
    de ce que nous sommes
    il enfante toujours
    dans la précarité de naître
    où l'acte d'écrire est un cri
    à sa survivance

    Des vallées nous traversent témoigne d'un retour à une parole identitaire où le poète nous conduit à l'essence même de sa poésie.

  • « Michel Pleau raconte que la mort de son père, survenue alors qu'il n'avait que douze ans, a été l'événement le plus marquant de sa vie. Après ce décès, une ombre immense a recouvert la terre. L'enfant Pleau ne possédait pas les moyens pour lutter contre ce phénomène. Il ne disposait que des lettres de l'alphabet auxquelles, petit à petit, il accorda une sorte de pouvoir magique.» Pierre Chatillon

    par-dessus ton épaule
    la lumière n'avait aucun défaut

    j'aurai tout fait pour m'approcher
    de ta voix
    trouver refuge dans une parole
    qui s'élèverait avec la mienne

    Un recueil intimiste, rempli de nostalgie et d'espoir, qui ponctue vingt-cinq ans d'une vie consacrée à la poésie.

  • Lyne Richard aime les silences. Autant ceux qui sont engrangés dans la mémoire depuis la naissance que ceux d'un jour qui se lève. En effet, nombreux sont les silences dans nos vies, mais ils sont le plus souvent épars. Écrire est une occasion de les rassembler.

    tu bâtis ta demeure
    avec tous les silences éparpillés
    lentement
    d'un peu de vent
    tu dépouilles le monde

    ce qui te suffit
    est aussi maigre que l'ombre

    Dans son dixième recueil, empreint d'une grande maturité, Lyne Richard trouve dans la poésie cette étrange parole, appelée « silence », que l'on imagine sans mots.

  • Je suis allé voir l'aube quand le clair n'était pas encore. Je trouve le présent, cette seule connaissance utile. La couleur nommée, la main pose la nécessité de l'instant et la survie des identités. Le trait illumine, dispose l'oeil à la disparition de l'habituel. Ici commence le parcours. Une infinie tendresse. Au premier pas, je prends congé des mémoires. Je porte le jour comme une fidélité au présent, le seul moment qui soit. Je préfère à l'étroit ce qui advient au regard. Pour tracer le matin il me manque les mots jamais rencontrés. Je me refais près du corps. Une joie avance au bout du champ. On dirait des paupières traçant l'éternité. Comme le théâtre Nô, quelque chose arrive et gagne la proximité. Aujourd'hui tout se fait rare, les choses sans nom, l'envers, l'endroit. L'étrange c'est plus sûr. L'éphémère, de l'autre côté de l'oeil. L'aube c'est bleu, parfois jaune et ocre.

  • Un jour, il y a plus de quatre décennies de cela, un étudiant à qui je tentais désespérément d'enseigner à peu près les raisons de la poésie, du moins quelques paramètres de la chose, me dit, comme ça, sans scrupule ni heureusement aucune culpabilité : « La poésie, pour moi, ce n'est que du vent...» L'idée n'était pas si fausse, non plus que sa formulation, sans aucune agressivité d'ailleurs.
    Depuis plus de quatre décennies, aussi, je ne cesse d'imaginer cette histoire du vent qu'est, à sa façon toute particulière, la poésie. Aussi bien ce qui échappe, que ce qui décoiffe et recommence le monde... sans que nous y soyons toujours convié. J'ai amorcé cette quête du vent, sans jamais vraiment m'en désoler non plus que sans m'en réjouir. Chaque matin, à l'aube le vent et chaque matin, à l'aube, les mots qui peut-être conviendraient à cette incessante histoire du vent.

  • Mensonge, langue de bois, manipulation... tout le monde se fait avoir tôt ou tard. Sur nos écrans ou dans nos journaux, chaque jour apporte son lot de mimiques affectées et de mots creux. Jamais nos politiques n'ont été aussi désavoués, nos entreprises aussi déconnectées de la réalité tandis que se multiplient les postures consensuelles et les éléments de langage.
    Mais l'hypocrisie et la dissimulation ne sont pas l'apanage des puissants. De petites lâchetés en gros coups bas, inutile de se leurrer, nous sommes tous des manipulateurs en puissance. Parfois même à notre insu.
    Sur un ton enjoué et incisif, ce livre offre pour la première fois un panorama complet de la manipulation verbale et non verbale. Il décortique au travers de 40 questions ses principaux ressorts et les moyens d'y résister. Comment diminuer sa part de responsabilité ou passer pour un expert ? Par quels signes s'exprime la spontanéité ? Avez-vous affaire à un dominateur ? Que sont le « corps de bois » et la « conjuration des signes » ? Véritable boîte à outils de la communication en terrain hostile, Déjouez les manipulateurs vous permettra en toutes circonstances de cerner vos interlocuteurs pour rétablir un climat d'authenticité.

  • Un livre d'artiste, l'histoire d'une famille aimante, l'histoire de Solange, une enfant prisonnière de sa différence.

    L'étoile sur la dune, c'est le trésor que chacun porte en soi et qui doit éclore. C'est l'histoire de Solange, enfant prisonnière de sa différence : l'autisme, ce trouble envahissant du développement. Les pinceaux et les mots d'une mère, les aventures d'un frère et la confiance d'un père soutiennent la quête de la petite, enfermée dans un silence assourdissant d'images et de mots. Grâce à l'amour familial qui trace le chemin vers la dune, grâce à sa propre détermination et à son courage, l'enfant grandit, cueille et nomme enfin son tésow... un apprentissage à la fois.

  • Toutes ces descriptions, significations et opinions,
    livrées en genre peu conventionnel, composent autant
    d'éléments d'une théorie des pays froids,
    en l'occurrence celui du Québec.

    - Louis-Edmond Hamelin

    C'est sur les berges du Saint-Laurent en hiver, parmi les glaces du fleuve, que Louis-Edmond Hamelin, l'un des grands penseurs de la Révolution tranquille et « nordiciste » reconnu dans le monde, livre à l'écrivain Jean Désy, sous la forme d'un testament intellectuel, sa conception du territoire comme un tout, qui doit servir au plus grand nombre. Il explique en quoi la création de nouveaux mots permet de rendre compte du réel - et notamment du froid et de l'hiver - dans sa plénitude. Il expose une vision du « tout Québec » inclusive, qui bouscule nos idées reçues et qui inspirera - inéluctablement - la pensée québécoise du XXIe siècle.

    Avec une introduction et une chronologie de Daniel Chartier.

  • «L'aridité des fleuves» s'inscrit dans la mouvance de la poésie et de l'eau, deux sources intimement liées et porteuses de vie. Ici, le poète confronte l'érosion de nos paysages terrestres et la vie sous toutes ses formes à notre besoin renouvelé de poésie. Ce recueil nous renvoie à notre intériorité, là où le vent vit au bout des mots et où il existe de merveilleux et déroutants solstices au parvis du poème.

  • «Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d'eux.» S'inspirant de ces vers du poète René Char, Christian Milat aborde un thème peu exploité en poésie, soit la connaissance, celle de soi, de ceux qui nous entourent, de notre cadre de vie ainsi que celle de l'humanité. Pour lui, cette connaissance passe nécessairement par les mots et les multiples sens qu'ils évoquent. «si je connaissais les mots pour le dire médusé et ravi je sentirais tout à coup sourdre de mes doigts poreux un à un encore tout embués de rosée des pétales de sages embryons» Sous une forme maîtrisée et en apparence classique, les poèmes de ce recueil nous invitent à réfléchir sur le rapport entre le langage et la condition humaine.

  • Il s'agit, dans ce livre, de maux déguisés en mots pour ne pas avoir à vivre ce qu'ils éprouvent. Des mots à maux. Des mots sans mots. Des maux pleins de mots (les pires). Des mots qui abusent carrément. Des mots faits main, dans la tête, qui laissent deviner ce qui se passe réellement derrière la palissade de mots. Des mots qui étouffent comme un boa. Des mots mal emmanchés. Des mots de Charlevoix. Des mots du fleuve salé bleu-vert. Des mots que l'on dit trop, que l'on répète, pour ventiler. Des mots d'amour quand elle me prend dans ses bras, nombreux. Des mots qui donnent de grandes ailes, enfouis, morts de peine, qui se donnent la mort. Mots uppercuts. Mots en diable. Des mots de plein jour en pleine nuit. Des mots au chocolat noir à la fleur de sel. Des mots nids. Des mots draps de soie. Des mots qui se lisent sur une portée de silences.

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