Sciences humaines & sociales

  • Le travail est-il moral ou immoral ?La société capitaliste envisage le travail selon une conception éthique autant que religieuse.Considéré comme une vertu, la question de ses conditions tend à n'être plus posée. À l'inverse, si on le mésestime, il entraîne des revendications économiques et sociales. Mais l'engrenage du travail, censé favoriser l'élévation vers les hautes sphères de l'esprit, y fait aussi obstacle en justifiant l'asservissement. Pour résoudre cette équation insoluble, le philosophe italien reprend à son compte, avec un art de la transmission qui lui est propre et parfois non sans les critiquer, les travaux de Schiller, Simmel, et même le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels. Surtout, Rensi démontre ici, de nouveau, sa faculté de stimuler les esprits. Car si, à ses yeux, la haine que le travail inspire apparaît proportionnelle au désir d'atteindre la véritable destinée humaine, il valorise du même coup le jeu, l'art, la passion des sciences, toute activité susceptible d'échapper à la contrainte et au diktat de l'argent.

  • De l'égalité des races humaines appartient au grand mouvement des idées
    anthropologiques, sociologiques, philosophiques, historiques, littéraires et
    morales de la fin du XIXe siècle et restera actuelle tant que le racisme ne sera pas éradiqué de nos sociétés.
    Ghislaine GÉLOIN, professeur

    Au courant littéraire esclavagiste du XVIIIe siècle, succéda celui raciste du XIXe. En réponse, les esclaves firent par les armes Haïti et leurs théoriciens défendirent par les livres la race noire. C'est dans cette continuité que trois hommes haïtiens se sont levés pour combattre les thèses racistes en cours : Hannibal Price, Louis-Joseph Janvier, Anténor Firmin. Ce dernier s'en prendra en 1885 au champion toutes catégories du racisme, Arthur de
    Gobineau, et à son Essai sur l'inégalité des races humaines (1855), dans ce livre au titre visionnaire : De l'égalité des races humaines, un incontournable des 100 classiques de la bibliothèque bicentenaire haïtienne.
    George ANGLADE, géographe et écrivain

  • "Je dépose ces mots à vos pieds"

    Dans un petit village de France, alors que les élections viennent d'avoir lieu, la réaction d'un candidat vaincu pousse Cyril Laroure à réagir.

    Le comportement du perdant met en effet en lumière des tensions : comment l'homme, cultivé et habitué des interactions sociales, a-t-il pu céder à la violence ?

    Dans cet ouvrage composé de deux lettres ouvertes, l'auteur s'exprime sur la brutalité d'une culture du pouvoir déterminée par les enjeux économiques et gangrenée par les velléités de domination. Et si cela constituait le terreau d'une violence qui sommeille au sein des démocraties représentatives ?

    Cyril Laroure retrace l'histoire de cette violence dans cet essai philosophique percutant dans la lignée des écrits de Yuval Noah Harari.

    "L'élite, le politicien, le gouvernement et le gouverné, nous sommes tous avec Ulysse dans son petit bateau et nous faisons le même voyage. Nous ne sommes ni plus vertueux ni plus méchants que lui. Les Sirènes nous enchantent aussi doucement et, tout comme lui, nous avons le choix de nous faire amarrer au mât ou de nous laisser emmener par les vagues embaumées pour échouer, brisés contre les écueils. C'est une parabole, vieille de deux mille huit cents ans, qui nous parle de la tentation et nous montre la différence entre culture et civilisation."  C.L.

  • Il aura fallu cinq ans avant qu'Élisa T. ne se décide à nous servir le reste de sa vie. Violentée et abusée physiquement par sa mère et le concubin de cette dernière pendant seize ans, cette seconde enfant, d'une famille de dix, sera retirée in extremis de sa famille grâce à l'intervention efficace de son directeur d'école.

    Après une difficile période d'adaptation dans des foyers d'accueil, la courageuse adolescente découvrira peu à peu le monde extérieur. Élisa quittera tôt l'école pour se trouver un premier travail dans un restaurant. Toutefois, elle n'oublie pas son passé, et aidera quelques frères et soeurs, restés dans ce qu'elle appelle «l'enfer», à quitter cette maison «maudite».

    Elle trouvera son «prince charmant», elle enfantera d'une première fille dans l'ignorance et la solitude et, enfin, se mariera pour prouver à sa mère qu'elle avait tort de lui prédire qu'aucun homme ne voudrait jamais d'elle.

    Afin de se vider le coeur une fois pour toutes, elle se met tranquillement à la rédaction de son journal intime qui raconte avec force détails ses seize années d'enfant abusée. Élisa, par ses deux écrits sincères, demeure un exemple vivant de courage pour tous.

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