Philosophie

  • Le travail est-il moral ou immoral ?La société capitaliste envisage le travail selon une conception éthique autant que religieuse.Considéré comme une vertu, la question de ses conditions tend à n'être plus posée. À l'inverse, si on le mésestime, il entraîne des revendications économiques et sociales. Mais l'engrenage du travail, censé favoriser l'élévation vers les hautes sphères de l'esprit, y fait aussi obstacle en justifiant l'asservissement. Pour résoudre cette équation insoluble, le philosophe italien reprend à son compte, avec un art de la transmission qui lui est propre et parfois non sans les critiquer, les travaux de Schiller, Simmel, et même le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels. Surtout, Rensi démontre ici, de nouveau, sa faculté de stimuler les esprits. Car si, à ses yeux, la haine que le travail inspire apparaît proportionnelle au désir d'atteindre la véritable destinée humaine, il valorise du même coup le jeu, l'art, la passion des sciences, toute activité susceptible d'échapper à la contrainte et au diktat de l'argent.

  • Comment savons-nous distinguer le bien du mal, reconnaître que telle action est bonne, ou telle règle injuste ? Comme l'écrit Adam Smith, Selon certains, le principe de l'approbation est fondé sur un sentiment d'une nature originale, sur une faculté de perception particulière que l'esprit exerce au spectacle de certaines actions ou dispositions... Ils lui donnent un nom particulier et l'appellent sens moral. L'histoire moderne du sens moral, anglaise et surtout écossaise, commence par un dilemme. L'obligation suppose une règle extérieure à la conscience qui est obligée. Comment juger, si nous ne disposons pas d'une règle de justice ? Mais les partisans du sens moral objectent : comment reconnaître et nous assurer que cette règle est bien juste, si nous n'avons pas d'abord la capacité de discerner ce qui est juste, indépendamment de l'obéissance à cette règle ? De deux choses l'une : soit nous sommes d'emblée, et comme naturellement, sensibles aux qualité morales, soit la moralité se réduit à la conformité à un univers de conventions. Cette notion est-elle autre chose qu'une chimère de moralistes ? Son étude permet de reconstituer une histoire de la philosophie morale et des polémiques qui l'animent au XVIIIe siècle - depuis Cudworth et Locke, en passant par Shaftesbury, Bayle, Hutcheson, Hume et Smith, jusqu'à Kant et Bentham.

  • Le XVIIIe siècle nous apporte la conviction que la réalité, qui semblait auparavant donnée, est maintenant à construire. Kant et Fichte voient en l'homme l'auteur de cette construction, et l'investissent alors d'une immense responsabilité : constituer la nature humaine. Cette tâche, définissant l'éducation, devient ainsi le centre d'une réflexion philosophique. Comment maintenir ensemble la contrainte nécessaire à toute formation et l'accès à cette liberté qui devient, avec Kant, le caractère de l'humain ? La perspective humaniste, développée par Kant dans les Réflexions sur l'éducation, soulève nombre de questions qui trouveront chez Fichte leurs réponses. Faisant de la liberté d'autrui une condition de la conscience de soi, Fichte redéfinit la relation éducative. Mais, au-delà du rapport maître-élève, le monde est à construire. Il faut donc rapprocher l'éducation de la vie réelle, afin que l'homme nouveau puisse la comprendre pour la transformer.

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