• Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d´Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d´un des clients, s´est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n´avait passé là qu´une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l´aide inattendue d´une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d´une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l´auteur d´Amok et du Joueur d´échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

  • Le misanthrope

    Molière

    Le Misanthrope est une comédie sombre de 1666, dont l´intrigue paraît simple : un homme essaie d´obtenir un rendez-vous en tête à tête avec la femme qu´il aime - et n´y parvient pas. Cet homme excessif, Alceste, défend la sincérité absolue. Mais la jeune femme, Célimène, qui reçoit bien des hommes dans son salon, aime plaire... Qui a tort et qui a raison, des inadaptés sincères ou des hypocrites trop bien adaptés ? Entre le rire et les larmes, Molière se garde bien de nous donner une réponse.

  • Magique : le nouveau roman de Victoria Hislop nous entraîne en Grèce sur les traces d'un amour perdu. Richement illustré, Cartes postales de Grèce fait chatoyer les couleurs de la Méditerranée. Dans sa boîte aux lettres, Ellie trouve, semaine après semaine, des cartes postales signées d'une simple initiale : A. Ces cartes ne lui sont pourtant pas destinées. Pourquoi lui parviennent-elles ? Qui est l'expéditeur ? Mystère. Portant l'éclat du ciel grec et l'eau cristalline de la mer, ces missives sortent la jeune femme de sa morosité quotidienne. Un jour, elles cessent cependant d'arriver. Ellie se sent délaissée, privée de cette bouffée d'oxygène qui la faisait rêver et voyager. Elle prend alors une décision : découvrir ce pays par elle-même. Le matin de son départ, Ellie reçoit un carnet par la poste. L'odyssée d'un homme, le fameux A, y est racontée. Celui-ci observe avec tendresse et générosité les Grecs, leurs coutumes, et ce qui fait le sel de leur quotidien. Derrière ses observations et ses savoureuses anecdotes se dessine le portrait d'un homme blessé. Pourrait-il encore croire en l'amour ?

  • La Chine et l'Europe relèvent de deux traditions politiques différentes. En retraçant leur histoire et en les comparant, Billeter en arrive à une compréhension profonde de l'une et de l'autre, précisément au moment où celles-ci entrent en conflit. Depuis un siècle en Chine, les forces du progrès se sont continûment inspirées de la tradition européenne. Or, l'ambition du pouvoir actuel est de les vaincre et d'entraver leur action partout ailleurs. Quand le pouvoir se réclame de la grandeur passée de la Chine, il lance un défi à l'Europe, défi que celle-ci se doit de relever, puisqu'elle dispose des ressources nécessaires. Encore faut-il qu'elle tire de son histoire un nouveau projet politique et philosophique. Billeter en pose les principes, ceux d'une véritable... "révolution culturelle".

    Éminent sinologue, Jean François Billeter a dirigé le département de langue et littérature chinoises de l'université de Genève. Il a publié plusieurs ouvrages aux éditions Allia, dont Leçons sur Tchouang-tseu, Contre François Jullien, Un paradigme et Esquisses. En 2013, il a reçu le prix culturel de la Fondation Leenaards. En 2017, il a publié Une rencontre à Pékin et Une autre Aurélia, couronnés du prix Michel-Dentan, du prix Roger Caillois de l'essai et du prix Psychologies magazine.

  • Linda a 31 ans et, aux yeux de tous, une vie parfaite : elle a un mari aimant, des enfants bien élevés, un métier gratifiant de journaliste et habite dans une magnifique propriété à Genève. Cependant, elle ne supporte plus de faire semblant d'être heureuse quand, en vérité, elle ne ressent rien d'autre qu'un sentiment grandissant d'apathie et d'indifférence.
    Jusqu'au jour où elle retrouve un ancien petit ami. Jacob est un homme politique de premier plan et, lors d'une interview, il éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps : la passion.
    Elle fera tout pour conquérir cet amour impossible et devra aller au plus profond d'elle-même pour enfin trouver le bonheur.

  • Les secrets de naissance d'une sage-femme passionnée.
    Après des études à Toulouse, Angélina, la fille d'un cordonnier, s'est installée en tant que sage-femme dans la maison familiale, à Saint-Lizier, dans l'Ariège. L'exercice de son métier est difficile dans les campagnes en cette fin de XIXe siècle. Accaparée par son travail, elle peut compter sur sa protectrice, Gersande de Besnac, pour s'occuper de son fils Henri qu'elle élève seule. Grâce à ses compétences et à sa disponibilité, sa réputation ne cesse de grandir. Son bonheur serait complet si elle ne désespérait de revoir un jour Luigi, un bohémien dont elle s'est éprise et qui s'est réfugié en Espagne pour fuir de fausses accusations de meurtre. Au lieu du ténébreux gitan, dont la naissance s'entoure de mystère, c'est Guilhem, le premier amour d'Angélina et le père d'Henri, qui revient au pays. Il est accompagné de son épouse légitime, mais semble n'avoir rien oublié de ses sentiments pour la sage-femme...Avec son incomparable talent pour les sagas fertiles en coups de théâtre, aux personnages plus attachants les uns que les autres, Marie-Bernadette Dupuy nous embarque une fois encore dans un tourbillon d'aventures et de passions.

  • 1878, dans les Pyrénées. Angélina, la fille d'un cordonnier, n'a qu'une ambition depuis qu'elle est petite : devenir sage-femme comme sa mère, morte tragiquement. Abandonnée par son amant, la jeune fille se résigne à confier l'enfant qu'elle a eu de lui à une nourrice afin de pouvoir devenir élève sage-femme à l'hôtel-Dieu Saint-Jacques de Toulouse.
    Dans cet établissement réputé, elle rencontre un médecin obstétricien dont elle devient la femme. Mais sa belle-famille la regarde de haut et Angélina, malgré l'aisance matérielle dont elle jouit, comprend qu'elle n'est pas faite pour la vie mondaine.
    Elle décide de reprendre sa liberté et part s'installer dans sa région natale pour exercer enfin son métier...
    Avec ce sens du suspense et de l'émotion qui font de ses romans des moments de lecture inoubliables, Marie-Bernadette Dupuy nous entraîne sur le chemin semé d'épreuves, de joies, de sacrifices, d'une femme généreuse prête à tous les combats pour que s'accomplisse son rêve...

  • "Lorsque deux vieux copains se retrouvent pour pêcher, ils ne s'attendent pas à tirer de l'eau le cadavre d'une jeune femme. Pas plus en Chine qu'ailleurs. Et lorsque le camarade inspecteur principal Chen pend la crémaillère avec ses amis, il ne souhaite

  • Pianiste virtuose, Hélène, 23 ans, est pétillante de vie. Appelée au chevet d'un vieil ami mourant, elle rencontre Alexandre, un inconnu dont le regard magnétique et la
    force paisible troublent la jeune femme jusqu'au plus profond de son être.
    Qui est-il? La réponse glace le coeur d'Hélène : il est prêtre...
    Elle est alors loin d'imaginer les années de douleur et de tourments qui l'attendent.
    Alexandre, qui a juré fidélité à Dieu, se trouve face a un choix cornélien. Renoncera-t-il à son sacerdoce pour aimer Hélène ?

  • Les Mémoires de Nell Kimball ne sont pas la « philosophie dans le bordel ». Cette « madam » au vocabulaire terriblement cru, brutal, tout en décrivant les maisons closes qu'elle a fréquentées, analyse, dissèque, avec un réalisme aigu, son époque. Extraordinaire documentaire sur la vie quotidienne aux États-Unis depuis la guerre de Sécession au début de l'ère moderne, ce livre, oeuvre d'une femme intelligente, dure, sans illusions, nous révèle la face cachée d'une Amérique en proie à la révolution économique et aux bouleversements des moeurs.

  • Aurore

    Friedrich Nietzsche

    Dans Aurore (1881), Nietzsche poursuit l'entreprise de critique radicale de la morale commencée dans Humain, trop humain, et pose ainsi les jalons d'un projet philosophique dont ses dernières oeuvres, de Par-delà bien et mal à Ecce homo, seront le couronnement.
    Le philosophe s'impose ici comme un travailleur des ténèbres, forant le fond de la civilisation pour mettre au jour les origines plus ou moins nobles des idéaux, des croyances et des moeurs, saper les fondements de la morale et faire vaciller nos certitudes. Prônant la libération de la pensée, il en appelle à l'affirmation de nouvelles valeurs. Et il nous montre, à travers cette série de fragments placés sous le signe de la belle humeur, que l'étonnement et le scepticisme sont au principe de toute philosophie : « Un livre comme celui-ci n'est pas fait pour être lu d'un seul tenant ou à voix haute, mais pour être consulté, notamment en promenade ou en voyage. On doit pouvoir sans cesse y mettre le nez, puis le relever, et ne plus rien trouver d'habituel autour de soi. » © Flammarion, Paris, 2012 Couverture : Virginie Berthemet © VO : Morgenröte - Gedanken über die moralischen VorurteileFlammarion

  • Ursule Mirouët

    Honore De Balzac

    A Nemours, Ursule Mirouët, jeune femme croyante et sensible aux ondes mystérieuses, a été adoptée par le docteur Minoret, athé et ex-médecin de l'empereur. A la suite d'une séance d'expériences magnétiques à laquelle il assiste, il se convertit et accorde la plus grosse part de son héritage à Ursule. A sa mort, les héritiers présomptifs vont tout faire pour déposséder la jeune femme.

  • Sur des questions aussi diverses que l'homosexualité en Grèce, le déroulement et les effets de la crue du Nil, l'historicité de Jésus ou l'identité véritable de l'auteur du Satyricon, notre connaissance des sociétés antiques, de leur vision du monde et de leurs façons de vivre progresse sans cesse. Elle le doit le plus souvent à de nouvelles lectures des textes (et des inscriptions) et aux spectaculaires progrès de l'archéologie qui sait tirer d'objets naguère négligés de grandes leçons d'histoire.
    Sous la plume à la fois vivante et érudite de Maurice Sartre, faits de civilisation, habitudes culturelles, aspects religieux reçoivent de nouveaux éclairages. Les trentecinq chroniques que contient cet ouvrage redonnent à l'histoire ancienne toute sa séduction.

  • Pourquoi l'odorat, ce sens primordial d'adaptation au danger comme de repérage du meilleur partenaire sexuel, demeure-t-il si méconnu ? Son histoire paradoxale, pour peu qu'on s'y attache, est des plus captivantes. Dans cette synthèse sans équivalent, Robert Muchembled mène l'enquête et présente les extraordinaires mutations de l'odorat en Occident, de la Renaissance au début du XIXe siècle. Les sources utilisées sont multiples et riches : manuels de physiognomonie ; oeuvres de médecins, philosophes, poètes, conteurs, théologiens, polémistes, moralistes ; traités de civilité, traités de « Secrets pour dames » ; édits royaux ; règlements du métier de gantier parfumeur, inventaires après-décès (apothicaires, gantiers parfumeurs) ; iconographie du sens olfactif... Muchembled s'empare de cet extraordinaire ensemble et dresse l'histoire du puissant refoulement qui, depuis un demi-millénaire, nous a fait considérer l'odorat comme le plus méprisable des sens avant que de le hisser récemment au rang du plus affûté. Des miasmes exhalés par les concentrations humaines aux émanations intimes nauséabondes, des senteurs « excrémentielles » (musc, civette et ambre) prétendument protectrices de la peste aux condamnations des moralistes, de la révolution olfactive du XVIIIe siècle, qui transforme la goutte de parfum floral ou fruité en vecteur d'hédonisme jusqu'aux dernières découvertes scientifiques, c'est à un extraordinaire voyage olfactif dans la civilisation des moeurs que Muchembled convie son lecteur.

  • Une conviction cheville cet atlas : la nation française n'est pas un peuple mais cent, et ils ont décidé de vivre ensemble. Du nord au sud, de l'est à l'ouest de l'Hexagone les moeurs varient aujourd'hui comme en 1850. Chacun des pays de France a sa façon de naître, de vivre et de mourir.
    L'invention de la France cartographie cette diversité en révélant le sens caché de l'histoire nationale : hétérogène, la France avait besoin pour exister de l'idée d'homme universel, qui nie les enracinements et les cloisonnements ethniques. Produit d'une cohabitation réussie, la Déclaration des droits de l'homme jaillit d'une conscience aiguë mais refoulée de la différence.
    La culture est mouvement, progrès, diffusion, homogénéisation bien sûr, mais de nouvelles différences apparaissent sans cesse - aujourd'hui maghrébines, africaines ou chinoises. Il ne saurait donc y avoir de retour à une homogénéité perdue, parce que cette homogénéité n'a jamais existé. Les défenseurs autoproclamés de l'identité nationale ne comprennent pas l'histoire de leur propre pays. Ils sont aveugles à la subtilité et à la vérité du génie national.
    L'effondrement du catholicisme puis celui du communisme ont engendré un vide religieux et idéologique qui a fini par couvrir tout l'Hexagone. Cette nouvelle homogénéité par le vide explique l'apparition, parmi bien d'autres choses, dans un pays où les Français classés comme musulmans ne pratiquent pas plus leur religion que ceux d'origine catholique, protestante ou juive, d'une islamophobie laïco-chrétienne, qui prétend que la seule bonne façon de ne pas croire en Dieu est d'origine catholique. L'abysse métaphysique de notre actuel moment politique trouve ici sa source.

  • England's Lane, dans le Nord de Londres, est une rue pleine d'effervescence, où se côtoient de nombreuses boutiques. L'occasion de s'immiscer dans le quotidien des commerçants de la petite artère en 1959. On y rencontre entre autres Milly, mariée à Jim Stammer qui tient la quincaillerie. Ils ont un fils adoptif, Paul, d'une dizaine d'années. Il y a aussi Stan, le marchand de tabac et de friandises dont la femme reste cloîtrée à la maison, père d'une gamine de l'âge de Paul. Ou encore Jonathan Barton, le boucher de England's Lane qui reçoit un jour la visite d'un inconnu le menaçant de révéler sa véritable identité... Infidélités, mensonges, meurtres et trahisons se cachent derrière les façades proprettes de chacun des commerçants, bien moins lisses qu'on pourrait le croire... Une comédie de moeurs comme seul Joseph Connolly en a le secret, savoureuse et piquante à souhait.

    Création Studio Flammarion. En couverture : © Digital Vision / Masterfile

  • Réfugiée en Angleterre, lors de la seconde guerre mondiale, Katherine Lind y survit solitaire, confrontée à la vie étriquée d'une bibliothèque de province.
    L'exil l'a coupée de tout. Ne subsiste, au milieu d'un hiver impitoyable, que le souvenir d'un mois d'été dans la campagne anglaise lorsque, six ans plus tôt, écolière encore, elle était venue rendre visite à son correspondant, Robin Fennel. Pourtant, il s'est passé peu de choses entre elle et ce garçon, si peu qu'elle ne sait comment l'accueillir, face à l'intimité qu'il quémande à la veille de partir pour le débarquement.
    « Odyssée à l'intérieur d'un rêve », où une existence affronte ses propres limites dans l'engrenage des ratages quotidiens, ce deuxième et dernier roman d'un jeune poète est devenu un classique des lettres anglaises.
    Philip Larkin a été désigné comme "le plus grand écrivain anglais depuis 1945" par The Times, en 2008.

  • En août 1494, le médecin et géographe Jérôme Münzer quitte Nuremberg, accablée par la peste, pour entreprendre, jusqu'au mois d'avril 1495, un voyage à travers la France, l'Espagne et le Portugal. Le texte présenté ici, traduit du latin à partir de l'édition donnée en 1920 par Ludwig Pfandl, dans la Revue hispanique, concerne les parties espagnole et portugaise du voyage. À travers son récit, bâti à partir de notes prises tout au long du trajet, Münzer fait partager sa découverte des pays de la péninsule ibérique fort peu de temps après l'annus mirabilis que fut 1492, où la « découverte » de l'Amérique survint en même temps que la fin de la Reconquête. Il offre un tableau passionnant des populations et de leurs moeurs, alors que chrétiens, juifs et musulmans se côtoyaient encore. Il dépeint les villes (Barcelone, Madrid, Lisbonne), les monastères et sanctuaires (Montserrat, Poblet, Guadalupe, Saint-Jacques-de-Compostelle), présente les aspects économiques et culturels, permet de rencontrer les grands personnages de l'époque, comme les Rois Catholiques.

  • Novembre1869, dans le village de Messimy, au coeur des monts du Lyonnais. Aiglantine et sa mère, Amélie, travaillent à domicile comme tisserandes de velours de soie. Pour s'assurer un salaire convenable, les canuses doivent se tenir à la tâche pendant de longues journées. Quand Amélie est retrouvée étranglée devant son métier à tisser, la consternation est générale : pourquoi avoir tué cette femme qui ne quittait jamais sa maison-atelieret à laquelle on ne connaissait aucun
    ennemi ?
    Le passé de la victime recèle pourtant bien des mystères. Et plus encore celui d'Aiglantine, revenue d'un séjour à Lyon quelques années auparavant avec suffisamment d'argent pour acheter la maison familiale et faire fabriquer son propre métier à tisser. Une tentative de meurtre sur l'héritier d'un important soyeux de la Croix-Rousse permettra de dénouer les fils d'un incroyable secret...
    Avec Le Secret d'Aiglantine, son sixième roman, Nicole Provence nous entraîne dans le monde pittoresque de la soie lyonnaise, pour un suspense haletant, à la poursuite d'un assassin machiavélique...
     

  • Dénoncée comme la part maudite mais nécessaire de l'urbanité, la prostitution est dépénalisée en 1791. Dépassant les fantasmes et les préjugés qui trop souvent résument l'histoire de la prostitution révolutionnaire, cette immersion dans le monde des prostituées et de ceux qui ordonnent leur activité interroge le rapport entre le moment révolutionnaire et l'activité prostitutionnelle. Que fut la prostitution au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, alors que sonne le glas des grands bordels de l'Ancien Régime? Quel rôle la Révolution a-t-elle joué à son égard? Sa dépénalisation a-t-elle constitué une révolution? Explorer cet angle mort de la recherche redonne vie aux modes d'existence des prostituées, met au jour les origines des politiques contemporaines de la prostitution et exhume un moment de l'histoire de la citoyenneté encore largement méconnu. Dans cette enquête où se côtoient femmes publiques, « honnêtes citoyens », policiers et hommes de loi, la prostitution révèle les frontières morales du projet révolutionnaire et propose une autre histoire de la sexualité en Révolution. Cette histoire est celle d'une libéralisation paradoxale de la prostitution qui façonne les contours d'une catégorie de «citoyennes diminuées» dans la cité républicaine. Clyde Plumauzille est chercheuse au Centre de recherches historiques de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Sa thèse a obtenu le prix Benabou-Aguirre Basualdo de la Chancellerie des Universités de Paris.

  • Samia est encore toute petite lorsqu'elle comprend qu'elle n'est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d'une fille est une véritable punition d'Allah.

    Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu'on daigne s'adresser à elle, ce n'est jamais pour la porter aux nues.

    Elle n'a que seize ans lorsqu'on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s'installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l'aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n'importe quelle circonstance.

    Battue et violée à répétition, Samia ne peut s'appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n'en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l'Algérie a basculé dans l'intégrisme religieux; l'usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.

    Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n'a désormais qu'une seule idée en tête: fuir vers la liberté ; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu'un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie.

    Mais sa route est jonchée de milliers d'obstacles et de dangers mortels...

  • La mort suspecte du curé Charles-Eugène Aubert dans l'hôpital où elle est infirmière va contraindre Rosalie Lambert à se confronter à des souvenirs qu'elle avait jusque-là enfouis. C'est plus de vingt-cinq ans plus tôt, dans le dispensaire où elle exerçait, qu'elle avait fait la connaissance de ce curé si charismatique. Le soupçonnant d'avoir commis des actes allant à l'encontre de son devoir, elle avait dû s'enfuir, laissant derrière elle son grand amour. Alors que ses souvenirs reviennent la tourmenter et se mêler au présent, elle va devoir convaincre les jurés qu'elle n'est pas coupable du terrible crime dont on l'accuse...

  • Après le succès phénoménal de City on Fire, la redécouverte du premier ouvrage de Garth Risk Hallberg. Une étude étonnante sur les moeurs de la famille américaine.
    Depuis des années, les Hungate et les Harrison coexistent pacifiquement dans une banlieue de New York. Ils se croisent à des barbecues le printemps venu, se réjouissent intérieurement d'être épargnés par l'ombre du divorce ou de la crise d'adolescence, applaudissent aux spectacles de fin d'année de leurs enfants. Mais lorsque le père d'une des familles décède, les survivants doivent faire face à la rude réalité.
    À travers soixante-trois entrées abondamment illustrées, cet ouvrage chronique les émotions et les événements qui, de l'enfance à l'âge adulte, jalonnent la vie de ses personnages. Qu'on le lise de manière linéaire ou aléatoire, en se laissant guider par les photographies et leurs légendes,
    cet abécédaire révèle, tel un bestiaire, l'âme de cette espèce étrange mais tellement universelle : les habitants des banlieues américaines.
    " L'un des mérites remarquables de Garth Risk Hallberg est de [...] parvenir à une tonalité, un regard, une voix qui lui sont propres. "

    Télérama

  • L'amour n'a jamais connu de loi, chante la Carmen de Bizet. L'affirmation était particulièrement vraie aux temps de l'Espagne médiévale et aurait assurément été corroborée par les chrétiens, les juifs et les musulmans qui vivaient alors sur le territoire de l'ancienne Hispanie. Convaincus que la Création était bonne et avait été faite par Dieu pour que l'homme en jouisse, les Espagnols du Moyen Âge n'ont jamais considéré le sexe comme un péché, tout au plus comme une peccadille, et, appuyés en cela par les médecins, n'ont écouté ni les moralistes ni les hommes de loi à l'heure de donner libre court à leurs sentiments ou à leurs désirs.
    L'ouvrage propose une visite déconcertante dans ce labyrinthe des passions espagnoles depuis l'union mystique recherchée par Ibn Arabi et les kabbalistes aux bordels de Valence, en passant par l'exaltation de l'amitié, le mariage, l'homosexualité ou l'union libre.

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