• S' il a jadis fallu l'énergie des esclaves pour labourer la terre, vêtir les empereurs et construire les villes, celle-ci a été remplacée par les énergies fossiles et le moteur à combustion. Les succès du mouvement abolitionniste au XIXe siècle sont d'ailleurs en partie attribuables à deux formidables alliés invisibles: ces «esclaves inanimés» que sont le charbon et le pétrole.

    Mais si naguère il n'y avait que les maîtres qui dépendaient de leurs esclaves, nos sociétés dépendent aujourd'hui plus que jamais de l'or noir. Pour Andrew Nikiforuk, nous sommes en ce sens entrés dans une nouvelle ère de servitude dont il est urgent de se libérer. Nos modes de vie extravagants reposent sur l'accès à une énergie abordable, alors que nos «carburants esclaves» se raréfient et deviennent ainsi de plus en plus dispendieux, sans parler de l'impact écologique qui résulte de leur exploitation intensive. D'une certaine manière, nous agissons comme les propriétaires d'esclaves d'autrefois dans notre manière d'utiliser l'énergie, les ressources. Qu'adviendra-t-il lorsque celles-ci s'épuiseront? Selon l'auteur, nous avons besoin d'un mouvement radical d'émancipation qui sache relever notre défi commun le plus pressant: apprendre à utiliser l'énergie et les ressources dans les limites de la planète et à une échelle véritablement humaine.

    Dressant des parallèles avec certaines civilisations qui ont bâti leur puissance sur l'esclavage à travers l'histoire, Nikiforuk appelle à revoir notre rapport à l'énergie. Montrant que nous n'avons toujours pas appris à utiliser intelligemment celle que nous générons - que ce soit par des muscles humains, des turbines actionnées à la vapeur ou des particules d'atomes -, Nikiforuk nous invite à opérer une véritable révolution conceptuelle.

  • Julie la «gentille maîtresse» comme l'appellent les enfants, a été tuée, un soir, à Dole, à la sortie d'un spectacle. Qui a bien pu commettre ce crime ? Pour quel mobile ? Stéphane, l'inspecteur, épris de Julie, est chargé de mener à son terme cette difficile enquête. Après bon nombre d'interrogations, trouvera-t-il enfin le meurtrier... un collègue, un parent d'élève, une connaissance, un amoureux éconduit, un proche ou tout simplement un inconnu ? Christian Jelsch, l'auteur de ce roman policier tient le lecteur en haleine du début à la fin avec talent et malice. Un réel suspense, une enquête très bien campée, soigneusement troublante, précisément vague et pour ne rien gâcher un dénouement attendu très inattendu !
    L'inquiétude, maintenant bien présente secrètement, se propage, mais tout est fait pour ne pas perturber les enfants. «Elle est où la maîtresse ?», dit l'une ; «Elle est malade ?», dit un autre. Oui, on aimerait bien ; on espère même qu'elle soit alitée, fiévreuse et que son téléphone soit hors d'usage ; on n'ose pas encore imaginer plus grave, mais de sombres hypothèses commencent à germer, véhiculées par Odile notamment, toujours aussi négative en ce qui concerne sa collègue de moyenne section. Sera-t-elle présente cette après-midi ? C'est à souhaiter. Un des parents, Stéphane Coly, dont le fils Rémi figure parmi les élèves de Julie, fonctionnaire de police de surcroît, se voit informer de cette inexplicable absence, de plus en plus alarmante au fil des heures. On ne peut que remarquer cet homme élégant, un solide gaillard à la barbe brune bien soignée et, portée autour du cou et sur ses épaules, une large écharpe rouge attirant ostensiblement les regards.

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