• Dans une approche psychanalytique du processus créateur, l'auteure confronte la création artistique à la clinique des médiations thérapeutiques par l'art. Elle explore l'infigurable, transformé en oeuvre par l'artiste ainsi que la résonance universelle des différentes figures du processus créateur.

    Elle s'appuie sur l'histoire de la psychanalyse et sur des artistes contemporains comme Artaud, Michaux ou Almodóvar qui mettent en scène des corps extrêmes ou encore sur l'oeuvre autobiographique de Michel Leiris, Thomas Bernhard, Hervé Guibert. Le processus créateur révèle le lien passionnel de l'artiste à son oeuvre, ainsi que des liens entre maladie et création.

    Selon le fil d'une écriture personnelle, Anne Brun met l'accent sur l'importance de la sensorialité. « Tout se passe comme si l'oeuvre créait son créateur et permettait à l'auteur de se produire lui-même. La création dans cette perspective ne saurait être que création de soi et appropriation des expériences en souffrance, tant pour le créateur que pour le récepteur de l'oeuvre, tout comme pour les patients accueillis dans un cadre référé à la théorie et à la pratique psychanalytique. »

  • Dans un récit vivant et actuel, l'équipe d'un hôpital de jour témoigne du quotidien, de l'intime, de la rencontre et de l'échange d'une clinique engagée. En suivant la temporalité d'une journée ordinaire, s'y expose une pratique qui allie éducation, pédagogie et thérapeutique, non pas « contre » une pathologie, mais avec l'enfant en souffrance psychique et sa famille.

    Tous les acteurs - éducateurs, infirmière, institutrices, assistante sociale, secrétaire, pédiatre, psychologues, pédopsychiatres, directeurs, psychanalystes, psychomotriciens et cuisinière - racontent leur idée du soin qui s'inscrit dans une expérience collective et plurielle de quarante ans, fière de ses résultats thérapeutiques au long cours.

    Cet essai de transmission vise à rendre de l'espoir aux enfants, aux familles et aux professionnels à partir des valeurs humanistes orientées par la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle d'aujourd'hui, loin d'une psychiatrie dogmatique et culpabilisante qui, associée à une baisse constante des dotations budgétaires, remet en cause tout l'édifice institutionnel du soin psychique destiné aux enfants.

  • « À chaque fois que l'on me demande quel est mon métier, je réponds avec enthousiasme : soignante dans un atelier d'équithérapie, en pédopsychiatrie. Et j'explique avec beaucoup d'émotion. Émotion de voir les enfants progresser, de les entendre raconter ce qu'ils vivent dans leur rencontre avec les chevaux, le lieu, les autres enfants. J'ai envie de dire combien l'équithérapie peut être efficace, voire extraordinaire par moment.

    Pour écrire ce livre, comme dans notre pratique professionnelle, il a fallu relier nos observations et notre vécu subjectif auprès des enfants et des chevaux à des éléments théoriques. Collectivement, nous avons alors analysé des situations pour transformer notre vécu et y donner du sens. C'est cela qui fait soin.

    Ce livre, composé de dessins, de témoignages, de descriptions et d'outils scientifiques, s'étire donc entre ces deux polarités, la théorie et l'émotion, le sens et la poésie, l'écrit et la parole, afin que les chevaux puissent avoir davantage leur place dans les hôpitaux ou les autres lieux d'accueil d'enfants en souffrance. »

  • La prise en charge des bébés évolue, ainsi que celle des parents. De nouveaux dispositifs de soins sont mis en place. Comment envisager leur pertinence ? Comment affiner le diagnostic du soin ? Quelles méthodes utiliser ? Comment aider les parents à aller consulter ?

    Pendant de nombreuses années l'idée même de souffrance des bébés n'était pas envisageable. De nos jours des soins psychiques sont très spécialement mis en place pour eux. Comment caractériser alors la spécificité de cette prise en charge ? Est-elle vraiment différente de celle d'un enfant plus grand ? Doit-on apprendre de nouvelles techniques pour les soigner ?

    Cet ouvrage, issu du travail du groupe Waimh-France fait le point sur ces avancées, suscite des confrontations entre praticiens et chercheurs et explicite les problèmes que posent les soins parents-bébé.

  • Des enseignants-chercheurs français reconnus, mais également étrangers (Belgique, Brésil, Canada) traitent des médiations par l'art à partir du référentiel théorique lacanien. Jusqu'à présent, les médiations thérapeutiques par l'art ont été pensées dans le champ psychanalytique à partir de la question de la symbolisation dans une optique postfreudienne (cf. les travaux de l'université Lyon 2 de Anne Brun, René Roussillon, Bernard Chouvier, Edith Lecourt, etc.). Cet ouvrage collectif met au centre de la réflexion et de la pratique la question du non-symbolisable et de l'irreprésentable, ce que Lacan nomme « Réel ». à partir de ce concept central sont abordées différentes questions (médiation, dispositif, création, psychose), mais aussi différents types de médiation (musique, théâtre, marionnettes, écriture).

  • Une approche globale des médiations artistiques (art-thérapie et autres activités apparentées au soin), dans le champ de l'aide et du soutien des personnes en souffrance.

    On les nomme : ateliers thérapeutiques à médiation artistique, ateliers d'art thérapie, ateliers psychothérapeutiques médiatisés, ateliers d'expression créative, ateliers d'animation thérapeutique, etc. Est-on sûr de savoir et de comprendre, à partir de ces termes, quelle est la nature du travail engagé ? Quelle est la formation et la place des intervenants ? Quel dispositif est mis en oeuvre ? Quels en sont les objectifs ? Martine Colignon apporte des éléments de clarification salutaires.

  • Les médiations thérapeutiques sont aujourd'hui largement utilisées dans la clinique. Avec l'essor du numérique, les jeux vidéo ont fait leur apparition dans le soin et sont devenus des objets de médiation que les auteurs ont tous expérimentés dans leur pratique.

    Ils développent les enjeux de l'usage des jeux vidéo et de la console dans la séance de thérapie auprès d'enfants ou d'adolescents, en soin individuel ou groupal, institutionnel ou libéral, et analysent la place de la parole dans la partie de jeu partagée. Dans leurs présentations cliniques de jeunes sujets - qu'ils soient, ou non,  habitués, adeptes du jeu vidéo ou joueurs excessifs -, ils montrent que l'important n'est pas le jeu vidéo en lui-même mais bien sa caractéristique de médiation, induisant des effets de transfert et contre-transfert à l'oeuvre dans toutes rencontres thérapeutiques.

    Ce livre, destiné à tous les professionnels de l'enfance et de l'adolescence, en exercice ou en formation, en offrant une vision précise de quelques jeux vidéo et de leurs intérêts en thérapie, ouvre la voie à d'autres possibilités de prises en charge créatives autour du numérique !

  • Michel Lemay nous livre ici un témoignage exceptionnel. Il présente sur un mode personnel et engagé les principales approches thérapeutiques susceptibles d'aider des enfants et des adolescents en difficultés psychiques à atténuer leurs souffrances et à retrouver des forces pour créer.

    Comme dans les deux volumes précédents de cette trilogie, où il transmet ses expériences basées sur plus de cinquante ans de travail en pédopsychiatrie et en éducation spécialisée, en France puis au Canada, l'auteur montre, avec de nombreux exemples cliniques, la nécessité d'avoir une vision globale, intégrative, historique et critique des principales approches thérapeutiques. Il le fait avec clarté et rigueur, tout en exprimant ses inquiétudes et ses désaccords par rapport aux tendances actuelles à rechercher des résultats immédiats par des thérapies centrées sur le symptôme, souvent discontinues et basées sur des positions trop réductionnistes et simplistes.

    Le lecteur ne trouvera pas là des réponses toutes faites. Il est invité à penser par lui-même en réfléchissant à sa propre histoire professionnelle.

    Ce volume, qui peut être lu séparément, fait partie de la trilogie Forces et souffrances psychiques de l'enfant :
    Tome 1 : Le développement infantile
    Tome 2 : Les aléas du développement infantile
    Tome 3 : Approches thérapeutiques : espoirs et inquiétudes

  • Les robots ne se contentent pas de capter et de traiter des informations : ils interagissent avec leurs utilisateurs, et certains sont même capables de parler. Ces caractéristiques sont au coeur de l'intérêt qu'ils suscitent en santé mentale, notamment pour les troubles du spectre autistique et les pathologies liées au vieillissement.

    Mais, en communiquant avec nous, les robots peuvent aussi créer l'illusion qu'ils se soucient de nous, alors qu'ils demeurent des machines à simuler, sans émotion ni douleur, connectées en permanence à leur fabricant à qui ils transmettent les données de nos vies personnelles.

    Les robots peuvent-ils devenir des auxiliaires thérapeutiques ? Cet ouvrage fait le point sur les recherches scientifiques actuelles concernant les robots au service des patients, et leurs implications éthiques. Il pose dès aujourd'hui la question : quels robots voulons-nous pour demain ?

    Serge Tisseron et Frédéric Tordo ont fondé en 2013 l'Institut pour l'étude des relations homme-robots (IERHR).

  • Peut-on soigner par la danse ? Peut-on donner à la danse une place dans l'arsenal thérapeutique ? A-t-elle la capacité de mobiliser la sphère psychique de l'individu qui « entre dans la danse » ? Quel corps la danse met-elle en mouvement ? Comment s'élabore-t-il et comment, par son intermédiaire, le sujet se construit-il du même coup, et avec lui l'espace, le temps et les nuances de la présence qui fondent la relation et les interactions ? Si, nous dit l'auteur, la danse n'est pas thérapeutique en elle-même - pas plus que l'art ou la parole -, elle peut le devenir grâce au dispositif dans lequel elle s'inscrit. Ainsi à partir d'une longue pratique de la danse-thérapie, Benoît Lesage pose, dans cet ouvrage, les fondements théoriques de cette discipline et livre des outils qui permettent de les incarner. A la croisée de l'art, de la création, de la psychomotricité, de la thérapie à médiation corporelle et de la pratique groupale, le parcours interdisciplinaire qu'il propose s'ouvre à la clinique, abordée ici en relation avec diverses populations : personnes psychotiques polyhandicapées, présentant des troubles du comportement et de la communication, autistes, anorexiques, porteuses de handicap sensorimoteur... Au-delà des enjeux cliniques et thérapeutiques évoqués ici, la danse-thérapie hérite de la danse la faculté essentielle et fondatrice de convier les hommes à partager le rythme, les images, le plaisir sensoriel et parfois sensuel, en puisant aux mémoires individuelles et communautaires. Cet ancrage immémorial dans les mythes et dans l'enfance en fait une source dynamique qui peut remettre en marche le sujet... pas à pas

  • Dans le contexte politique actuel, qui dénie au psychisme toute participation aux difficultés autistiques, les auteurs réunis par la CIPPA rendent compte de leur pratique clinique, institutionnelle et de leurs recherches auprès d'enfants autistes et de leur famille. Cet ouvrage ne cherche pas à être exclusivement une « défense et illustration de la psychanalyse ». Au contraire, il se situe constamment dans une perspective d'ouverture et de jonction avec les disciplines cognitives et les recherches scientifiques qui sont à y associer. À l'orée des restrictions théorico-cliniques mises en perspective par le 3e plan autisme (2013/2017), il défend la richesse des complémentarités et des atouts que proposent, dans le respect d'un cadre consensuel, l'imagination, la créativité, le plaisir partagé et les vertus essentielles d'une observation fine et continue. S'inscrivant dans un partenariat constant avec les parents, il se désolidarise complètement d'une psychanalyse qui accuse ou met à distance toute articulation avec le milieu familial.

  • Entrevoir la fin de vie autrement par la création accompagnée.

    Dans notre dernière phase de vie, tout semble vain et terminé. La personne malade va mourir. Son équilibre psychique et ses repères vont en être bouleversés. Comment, dans cette ultime étape, le patient va-t-il faire face et intégrer l'idée de la mort ? La rencontre avec la création peut offrir au patient un détour par l'imaginaire, un temps d'expression intime soutenu par l'art-thérapeute. De personne à personne, d'inconscient à inconscient, le patient amorce petit à petit un travail de deuil mêlant le mourant et le vivant.

  • L'animal familier est un compagnon privilégié pour l'enfant dès son plus jeune âge. Il partage avec lui ses jeux, ses moments de joie et de tristesse, ses découvertes motrices et sensorielles. Les récentes découvertes des neurosciences, de la psychologie et de l'éthologie montrent qu'il participe à sa sécurité affective et contribue à son développement émotionnel, affectif, cognitif et social.

    À l'adolescence, âge traversé par de multiples turbulences, il se révèle un ami précieux, fidèle et indulgent.

    Chiens, chats, poneys, chevaux... les animaux sont susceptibles de devenir également des partenaires de soins, auxiliaires subtils des thérapeutes et des éducateurs, pour les enfants souffrant de handicaps physiques, mentaux ou psychiques.

    A partir de leurs expériences professionnelles et personnelles, les auteurs, réunis à l'initiative de L'école des parents, explorent cette relation unique entre l'enfant et l'animal qui occupe une place importante dans nos vies et dans notre imaginaire, comme en témoignent les nombreuses figures animales dans la littérature jeunesse.

  • La peau, surface vivante et vibratile, réagit tout autant aux évènements physiques et psychiques intérieurs qu'aux facteurs extérieurs liés à l'environnement. En utilisant des analogies entre la peau du corps et l'épiderme pictural qui subit une série de transformations plastiques et imaginaires, Martine Colignon s'aventure avec les patients sur des chemins créatifs qui mettent en évidence et en dynamique le lien entre des productions concrètes et des processus psychiques tels qu'ils se manifestent lors des séances d'atelier.

    Dans une traversée tant littéraire que clinique, tant artistique que psychanalytique, elle ouvre de nouvelles voies de compréhension des mouvements propres à toute aventure créative en milieu de soin, dont notamment la possibilité pour les patients de reformer psychiquement une peau, enveloppe contenante et protectrice capable de soutenir leur élan vital.

  • Aujourd'hui les ateliers à médiations contribuent plus que jamais à élargir les modalités de prise en charge des personnes souffrantes. Cette approche singulière nécessite toutefois l'exploration approfondie de certaines notions. Qu'est-ce qu'un atelier ? Qu'est-ce qu'une activité ? L'atelier est-il toujours thérapeutique ? Comment le définir et se repérer dans les différentes pratiques ? à Libourne, dans le sillage de Jean Broustra, la pensée autour des ateliers thérapeutiques d'expression reste dynamique et engagée depuis maintenant plus de 30 ans. L'auteur témoigne de cette expérience et développe des outils à destination de ceux qui animent ou souhaitent animer un atelier. Mise en vente le 6 mai 2010.

  • L'approfondissement de l'étude du monde interne des personnes autistes est désormais une priorité scientifique du fait des enjeux thérapeutiques qui en dépendent. En nous intéressant à comment les personnes autistes voient le monde qui les environne plutôt qu'au pourquoi il en est ainsi, nous sommes amenés à dépasser les clivages entre les parents, les psychanalystes et les autres professionnels qui prennent soin des personnes autistes.

    Pouvoir comprendre et partager quelque chose de leur vision cognitive, émotionnelle, fantasmatique ou artistique permet de les aider à accéder à l'intersubjectivité et à la subjectivation. En effet, en sentant que leur monde interne et le nôtre peuvent différer sans que cela soit une catastrophe, que c'est justement parce qu'ils sont différents qu'ils peuvent interagir sans risque de fusion, d'engloutissement ou de collage,  s'ouvrent pour les personnes autistes une théorie de l'esprit et la possibilité d'identifications projectives normales.

    C'est le pari d'un possible partage que relève ce livre en se proposant d'articuler des paroles de parents et d'adultes autistes avec les avancées des neuroscientifiques et des psychanalystes.

    Ouvrage publié avec la CIPPA.

  • Cet ouvrage pense, dans la continuité, les processus psychiques créateurs mobilisés dans la personnalité de l'artiste comme chez le sujet en souffrance psychique et/ou somatique. La maladie, l'expérience traumatique ne sont pas seulement des événements en soi désorganisateurs mais comportent aussi un potentiel de vie, sont sources de (re)mobilisation créative chez le sujet, quel qu'il soit, homme/femme d'exception comme individu tout-venant. L'engagement du soignant/thérapeute joue éminemment un rôle puissant dans ce processus de restauration du sujet souffrant dans son « psychosoma ».  

  • L'ergothérapie, profession relativement jeune, fait désormais partie de l'éventail thérapeutique en psychiatrie, dans le respect de la personne qui souffre de troubles psychiques. Les auteurs rendent compte de leur démarche singulière d'accompagnement du patient sur le chemin de la condition humaine. Les ergothérapeutes proposent une démarche thérapeutique par l'activité, en adéquation avec le projet de soin global des patients. Ils sont amenés à « trouver-créer » des cadres-dispositifs de soins médiatisés afin de prendre en compte au mieux la souffrance psychique, relationnelle et socioculturelle. Au-delà des modèles conceptuels, des méthodologies professionnelles et des processus d'intervention, les auteurs témoignent du savoir-faire et du savoir- être qui les engagent intimement dans la relation thérapeutique avec les patients. Ils défendent la spécificité de leur profession au sein des équipes pluridisciplinaires qui oeuvrent en psychiatrie. Les 17 co-auteurs sont tous ergothérapeutes de formation initiale. Certains sont formateurs en institut de formation en ergothérapie ; quelques-uns sont psychologues et/ou psychothérapeutes. Tous exercent en psychiatrie, auprès d'adultes ou d'adolescents.

  • L'adolescence, ses enjeux, ses potentiels et ses difficultés, est au centre d'une réflexion sur les médiations culturelles, artistiques et thérapeutiques au sein d'institutions accueillant des adolescents, dans un esprit d'innovation et d'ouverture pluridisciplinaire. Au carrefour de la réflexion théorique, de l'expérience culturelle et de la pratique soignante vivante avec des adolescents, cet ouvrage se caractérise par la diversité des points de vue de professionnels de terrain (psychologues cliniciens, assistants sociaux, éducateurs, psychiatres, artistes, psychanalystes, etc.), relatant leur clinique du quotidien (ateliers, groupes à médiations, etc.), mais aussi leurs considérations sur leur cadre de travail institutionnel. Tissage de témoignages et d'élaborations métissées (kleiniennes, lacaniennes, littéraires, poétiques...), il fait écho aux caractéristiques dérangeantes et passionnantes de l'adolescence et à bien d'autres questions sur le soin, la société, la culture et les âges de la vie.

  • L'art de la marionnette, souvent perçu selon les sociétés dans une perspective récréative, rituelle ou magique, peut aussi avoir des vertus thérapeutiques. Les enfants, très réceptifs à l'imaginaire porté par les petites figurines qu'ils façonnent eux-mêmes, peuvent à cette occasion verbaliser de façon indirecte mais souvent très limpide leur difficulté d'être.

    Pouvoir jouer de sa marionnette, pouvoir être ou faire semblant d'être un autre, jouer de ces identifications multiples, les éprouver en soi procurent de multiples ressentis émotionnels passés ou présents. Avec ses caractéristiques d'objet créé-perdu-retrouvé, la marionnette permet au sujet d'être à la fois lui-même et un autre. Cette ambiguïté des rôles et des fonctions permet au « je » de se décliner sous divers masques, de se cacher ou de se dévoiler, autorisant le sujet à se reconnaître multiple, partagé, animé des désirs contradictoires qui sont ceux de la nature humaine.

    Adeline Monjardet propose un guide complet pour comprendre et pratiquer cette médiation thérapeutique à la fois efficace et ludique. A l'aide d'exemples concrets, puisés dans son expérience d'une vingtaine d'années dans divers lieux soignants et en maison de quartier, elle livre les modalités de création d'ateliers thérapeutiques avec des marionnettes et rend compte des possibilités qu'ils offrent.

  • Dans les pathologies Alzheimer comme dans les différentes formes d'autisme, le Sujet, touché dans son intégrité psychique et corporelle nous emmène au coeur des processus archaïques. Ce Sujet n'habite plus entièrement son corps ou l'habite autrement ; un corps trop souvent réduit par ceux qui l'approchent au tout neuronal, à une dimension machinale, chosifié dans des visées normatives et rééducatives au détriment de sa dimension psycho-affective.

    Sans évacuer aucune des sources de ces symptomatologies multifactorielles, c'est à l'intériorité de ce Sujet coupé plus ou moins de lui-même et de son histoire, mais surtout coupé des autres, que s'intéressent les auteurs.

    Cet ouvrage propose des pistes pour un travail en réseaux efficace entre les différents acteurs du sanitaire et du médicosocial. En effet, il est important de mettre en oeuvre une prévention non prédictive mais prévenante et un management bien-traitant pour les équipes soignantes, qui pérennise dans la durée une culture du prendre soin. Seule une réflexion éthique, politique et clinique collective qui respecte des approches complémentaires adaptées à la singularité de chaque situation et tisse une alliance thérapeutique avec les familles, ces "aidants familiaux" ayant un proche souffrant d'Autisme ou d'Alzheimer, sera garante d'une prise en charge globale de ces patients atteints dans leur identité.

  •  « L'expérience des MAS, vieille de quarante ans, nous offre aujourd'hui suffisamment de recul pour en mesurer quelques effets. Si la reconnaissance des personnes les plus gravement handicapées a fait d'incontestables progrès dans l'acceptation de leur existence et de leur présence dans notre société, elle reste toutefois fragile, y compris dans le champ sanitaire et médico-social.

    Le livre de Françoise Vergne et Gérard Medici vient à point nommé. Il sera d'un grand intérêt pour les professionnels engagés dans cette aventure toujours renouvelée d'être au plus près des personnes aujourd'hui accueillies dans ces établissements.

    S'appuyant sur leurs longues expériences professionnelles dans une MAS, elle psychologue, lui psychomotricien, viennent témoigner d'un possible travail de soins auprès de ces personnes qui questionnent en permanence le sens de leur accompagnement.

    À l'aide de nombreuses vignettes cliniques, ils montrent que leur souffrance psychique n'est pas une fatalité, qu'un acharnement thérapeutique, dans le sens de ne pas lâcher cette position pour ne pas les lâcher dans leurs invivables détresses corporelles et mentales, est tenable. » Philippe Chavaroche

  • Ces textes rassemblés pour la première fois montrent l'oeuvre pionnière et trop peu connue de Myriam David (1917-2004), « grande dame » de la pédopsychiatrie française. Son apport constitue le socle de nombreuses pratiques professionnelles dans le champ de l'enfance, du travail social et de la recherche clinique. Ce recueil de textes frappe par le caractère novateur des contributions de Myriam David lorsqu'elles furent publiées et plus encore par leur étonnante actualité aujourd'hui, ce que soulignent, dans chaque domaine exploré, des spécialistes, amis et élèves. à l'heure où beaucoup de pratiques dans le champ du social, de l'enfance et de la petite enfance sont ébranlées, ce regard porté du côté de leurs fondations est salutaire.

  • Il s'agit de moments de vie quotidienne à lire comme on feuillette un album d'instantanés photographiques rassemblés par un amateur, sans projet de démontrer quoi que ce soit. Le lecteur se trouve ainsi introduit dans un endroit étonnant où chacun est pris en compte dans sa singularité avec ses bizarreries, ses éclairs de génie, sa souffrance, ses colères, ses émotions... Une vie collective qui donne sens à l'utopie de la psychothérapie institutionnelle. Anne-Marie Norgeu est infirmière en psychiatrie.

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