• Avant-propos C'est ici que ça va se passer ; chapitre 1 Éthiopie - Turbulent paradis de la bière ; chapitre 2 L'histoire - La conquête de l'Afrique ; chapitre 3 Nigeria - Intégration à tous égards ; chapitre 4 Vente et marketing - Guerres de la bière ; chapitre 5 Sierra Leone - Le mystérieux ange gardien ; chapitre 6 Impact - Créativité comptable ; chapitre 7 Afrique du Sud - Bataille pour les townships ; chapitre 8 Commerce socialement responsable - Alcool et philanthropie ; chapitre 9 Burundi - Les dictateurs vont et viennent, Heineken reste ; chapitre 10 Travailler chez Heineken - On violait ces femmes ; chapitre 11 Congo - C'est ici qu'on apprend les ficelles du métier ; chapitre 12 Zones de conflit - Éthique en temps de guerre et de dictature ; chapitre 13 Rwanda - Brasser de la bière pour des génocidaires ; chapitre 14 Et Heineken ? - Réactions et stratégie ; chapitre 15 Mozambique - Avantages fiscaux en échange de propagande ; Conclusion Une île de perfection dans un océan de misère ; Épilogue de la version française le patron et la promotrice

  • Peut-on parler de « totalitarisme » quand il s'agit de nommer le pouvoir des multinationales tel qu'il s'est construit et imposé depuis le début du xxe siècle ? Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d'une collect ivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renversement pervers . Ce sont les multinationales, aujourd'hui, qui soumettent la délibération des assemblées politiques à d'autres « lois », leurs lois, qu'elles s'assurent de rendre efficaces : la « loi » du marché, la « loi » de la concurrence, la « loi » universelle de l'offre et de la demande. L'entreprise Total est un cas d'école en la matière. Ce livre étudie la façon dont cette pétrolière s'est constituée telle une autorité souveraine de nature privée, imitée en cela par d'autres multinationales. Se présenter comme la « huitième des Sept Soeurs », en référence aux majors du pétrole, et se dire « total » pour bien marquer cette prétention, c'était, au milieu du xxe siècle, chercher à s'imposer à son tour dans un ordre où les sociétés multinationales se développaient indépendamment des États qui les avaient créées, à la manière d'un Frankenstein.

  • Derrière cette globalisation «incontournable», aujourd'hui financiarisée et virtualisée, se cache toute la question du rapport entre l'économique et le politique. Pourquoi cette suprématie de l'économie? Comment, à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l'aveuglement néolibéral?

    Associant les perspectives herméneutiques de l'histoire, de l'économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d'oikonomia - une économie centrée le cadre privé - en l'opposant à celui de chrématistique, «l'art» individualiste de faire de l'argent par l'accumulation de richesses. Dans cette lente évolution, la chrématistique généralisée a fini par supplanter l'oikonomia traditionnelle.

    "L'impasse de la globalisation" nous propose une réflexion critique sur les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Il s'agit de se ressaisir de notre capacité politique et de s'en servir : revenir à une autonomisation du politique qui s'inscrirait dans un véritable ordre oikonomique mondial; retrouver l'âme de l'humanité en accordant une place de choix aux civilisations.

  • Parus en 1978, onze ans après les Essais de philosophie, de science politique et d'économie, ces Nouveaux Essais rassemblent des articles et conférences de la période 1966-1976 et préfigurent les thèses que Hayek expose de manière quasi simultanée dans les trois volumes de son opus majeur, Law, Legislation and Liberty (1973-1979). Si le plus célèbre de ces textes est sans doute celui du discours prononcé en décembre 1974 à Stockholm pour la réception du Prix Nobel de sciences économiques marquant la prédilection du premier des théoriciens « néo-libéraux » pour la philosophie cognitive, les autres attestent à nouveau de la variété de ses intérêts intellectuels. Ils concernent aussi bien les problèmes de la démocratie et de la définition rigoureuse du libéralisme que ceux du chômage, de l'inflation et de la justice sociale. Sans oublier l'histoire des idées, où l'on découvre en particulier l'importance que l'auteur accordait à Keynes - l'homme autant que les idées, soumises à une réfutation en règle.

  • Des agents qui décident indépendamment les uns des autres peuvent-ils coordonner leurs activités économiques ? Depuis le xviiie siècle, la pensée économique répond à l'aide d'une intuition : une coordination est possible grâce au mécanisme des prix. La théorie de l'équilibre général explore cette intuition. Elle établit les conditions dans lesquelles des prix existent tels que les décisions individuelles sont compatibles entre elles. Elle constitue ainsi la théorie d'une société qui conçoit sa cohérence à partir des choix des individus qui la composent.Toutefois, la théorie de l'équilibre général a produit sa propre critique. L'examen du processus concurrentiel, tout comme l'ambition de déduire un choix social à partir des préférences individuelles, réduisent la portée de ses résultats positifs : l'équilibre social ne peut résulter des seuls choix individuels souverains. L'étude de la théorie économique soulève dès lors une question de philosophie politique : une société se conçoit-elle seulement à partir d'individus ?

  • Napoléon Bonaparte, depuis son exil de Sainte-Hélène, pouvait dire : « Ma vraie gloire n'est pas d'avoir gagné quarante batailles ; Waterloo effacera le souvenir de tant de victoires ; ce que rien n'effacera, ce qui vivra éternellement, c'est mon Code civil. » (...) Le succès de la recodification civile en France démontre si besoin était que la codification n'est pas une forme de législation aujourd'hui dépassée. La vitalité et la pérennité des codes passent simplement par une nouvelle conception de la codification, non pas repliée sur elle-même, mais ouverte sur les influences extérieures...

  • Le désordre urbain et les défis environnementaux que nous connaissons ne sont pas perçus ni vécus pareillement au Sud et au Nord, par les femmes et les hommes, par les puissants et les exclus. Les femmes sont particulièrement affectées par la dégradation de l'environnement et de l'habitat urbain. Dans l'urgence, des femmes interviennent activement dans les mouvements de base pour réclamer, résister, proposer des solutions.

  • Ce cahier traite de l'"ingérence économique" des acteurs internationaux, définie ici comme l'intervention autoritaire des gestionnaires de l'économie mondiale dans la gestion des économies nationales. Ce phénomène est à la fois salué et violemment critiqué. Ce dossier contradictoire n'a d'autre ambition que d'intensifier une réflexion critique plus que jamais nécessaire, à la fois sur la nature de la mondialisation de l'économie et sur les mécanismes de soumission qui en résultent.

  • "Il faut à tout prix protéger l'environnement." Voilà une expression consensuelle, qui, loin de remettre en question la vision technocratique de notre monde, souligne implicitement la nécessité de l'instauration d'un ordre écologique, au double sens de contrainte et d'idéal, de la gestion de la planète. Et si cette perspective à la fois autoritaire et gestionnaire négligeait en grande partie les héritages culturels, entraînant le mépris pour les nombreuses institutions sociales et politiques que les humains ont créées au cours des siècles ?

  • La profonde crise du modèle économique ont fortement remis en question le rôle de l'Etat dans la croissance économique et dans la régulation de la société. Il est devenu banal de constater la subordination de l'Etat à un marché devenu à la fois instrument d'allocation des ressources et étalon de mesure des politiques publiques. La « révolution conservatrice » a entraîné au Nord comme au Sud une attaque en règle contre l'Etat-providence et les administrations publiques et une reorganisation autour d'un concept caméléon appelé « nouvelle gestion publique ». Qu'exprime cette réorganisation générale de l'Etat ? Quels en sont les enjeux ? Pourquoi est-elle controversée ?

  • Sida, vache folle, fièvre aphteuse, tabac, amiante, mais aussi effets de la pauvreté et de la précarité sur la santé ou encore décryptage du génome... Jamais les grands enjeux de la santé publique n'ont autant fait irruption dans notre vie quotidienne qu'au cours de ces dernières années. Au même moment, à l'autre bout du monde la diarrhée, le paludisme ou la tuberculose continuent chaque jour à tuer silencieusement des milliers de personnes. Il est remarquable de constater à quel point la mondialisation du commerce, des investissements et de la communication amplifie ces enjeux et leur donne, par le biais de leur valeur économique et sociale, un relief particulièrement menaçant. Des spécialistes de disciplines diverses (santé publique, économistes, sociologues, anthropologues, acteurs de terrain) nous font partager leurs interrogations quant au lien entre problèmes de santé publiques et les approches néolibérales de l'économie.

  • La fin du xxe siècle a été marquée par un phénomène nouveau dans l'histoire - une succession de transformations d'Etats à économie planifiée en Etats à économie de marché. Les études de ces processus de transition peuvent-elles avoir quelque rapport avec celles qui concernent le processus de développement ? Les textes rassemblés dans ce Cahier sont riches, mais aussi hétérogènes. Ils mettent en lumière un processus très complexe qui est celui de la « transition » des économies socialistes à des economies dominées par le marché. Ce processus est loin d'être terminé, il est lui-même hétérogène et diversifié et encore très mal connu. L'avenir de ces pays demeure affecté de multiples incertitudes.

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