• À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l'entrepôt des femmes. Parmi celles qu'ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d'errance sur les routes du continent. Depuis qu'elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l'avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée. Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance, se sont installées dans des minibus climatisés. Quatre semaines déjà que Dima, son mari et leurs deux fillettes attendaient d'appareiller pour Lampedusa. Ce 16 juillet 2014, c'est le grand départ. Ces femmes aux trajectoires si différentes - Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale - ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier unies dans le même espoir d'une nouvelle vie en Europe. Dans son village de la communauté juive ibo, Chochana se rêvait avocate avant que la sécheresse ne la contraigne à l'exode ; enrôlée, comme tous les jeunes Érythréens, pour un service national dont la durée dépend du bon vouloir du dictateur, Semhar a déserté ; quant à Dima, terrée dans les caves de sa ville d'Alep en guerre, elle a vite compris que la douceur et l'aisance de son existence passée étaient perdues à jamais. Sur le rafiot de fortune, l'énergie et le tempérament des trois protagonistes - que l'écrivain campe avec humour et une manifeste empathie - leur seront un indispensable viatique au cours d'une navigation apocalyptique. S'inspirant de la tragédie d'un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l'été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l'humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l'exil.

  • Arsène Lupin contre Herlock Sholmès ! L'homme qui défie toutes les polices françaises contre l'as des détectives anglais.
    « C'est justement quand je ne comprends plus que je soupçonne Arsène Lupin », avoue le célèbre limier anglais. Quand deux hommes aussi intelligents s'affrontent, leur duel est un grand spectacle.
    Qui a volé le petit secrétaire d'acajou contenant un billet de loterie gagnant ? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France ? Qui joue les passe-murailles en plein Paris ? Arsène Lupin, toujours lui, l'éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l'Anglais par d'autres ruses plus étonnantes encore.   

  • " Le journal de la Anne Frank polonaise enfin publié " Le FigaroPologne, 1939. Renia Spiegel a 15 ans et commence à tenir un journal. Elle couche sur le papier ses préoccupations d'adolescente : l'école, ses meilleures amies, ses rêves d'avenir. Apprentie poète, elle parsème son journal de ses oeuvres.
    Au fil des pages et des mois qui passent, les sujets se font plus graves. Pour Renia, qui est juive, et sa famille, les conditions de vie se détériorent. Jusqu'à ce que peu à peu, l'angoisse s'immisce entre les tranches de vie quotidienne. Autour de l'adolescente, l'étau se resserre et le danger se rapproche. L'horreur finira par la rattraper en juillet 1942 lorsque, cachée par la famille de son petit ami, elle sera dénoncée par un voisin. Renia meurt à l'âge de 18 ans, tuée par la Gestapo, laissant derrière elle un témoignage poignant.
    Traduit pour la première fois en français, Le Journal de Renia est un document aussi nécessaire que bouleversant. Conservé par le petit ami de Renia puis transmis à sa mère qui n'aura pas le courage de le lire, il sera longtemps laissé de côté. Près de quatre-vingts ans plus tard, il est enfin publié.
    Sélectionné pour le Prix Clarens du Journal Intime.

  • Dans la lignée de Un goût de canelle et d'espoir, un premier roman doux-amer qui entremêle les destins d'une vieille dame et d'une jeune fille. Délicieusement subtil et poétique.
    Elisabetta Shapiro, 80 ans, vit seule dans sa maison familiale au coeur de Vienne. De son enfance, elle a conservé des dizaines de pots de confiture d'abricot. Tous sont soigneusement étiquetés et indiquent l'année de leur fabrication. Véritable madeleine de Proust, la confiture fait immanquablement jaillir les souvenirs : les jours tranquilles rythmés par les chants de sa mère, Franz, le voisin dont elle était follement amoureuse, ses grandes soeurs qu'elle jalousait secrètement. Et puis la montée du nazisme dans les années 1930, l'arrestation de toute sa famille par les SS, la solitude et la perte des repères.
    Quand Pola, une jeune danseuse, emménage chez la vieille dame, ses habitudes sont chamboulées. D'autant plus que Pola lutte elle aussi contre ses propres démons.
    Malgré leurs différences, les deux femmes vont peu à peu se rapprocher et nouer des liens plus forts qu'elles ne l'auraient imaginé.

  • Le judaïsme est la plus ancienne des religions monothéistes. De fait, elle constitue l'origine de notre civilisation. Comprendre le judaïsme, c'est donc renouer avec le passé et éclairer le monde moderne. En s'appuyant sur des "mots-clés", des mots connus mais des réalités mal comprises, ce livre propose une première approche qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, mais d'aller à l'essentiel pour inciter à la lecture des textes fondateurs.

  • Johannes, le narrateur, naît à Vienne en 1927. LHistoire a tôt fait de venir se mêler de sa vie ordinaire, et de celle de sa famille. Johannes devient un partisan enfiévré dAdolf Hitler : parce quil est soumis, à lécole, à un lavage de cerveau permanent, mais aussi, sans doute la suite le laisse supposer , parce quil est instinctivement porté vers le Mal. Il revient très vite du combat, défiguré et manchot à 17 ans.

    Cest alors quil découvre que ses parents, antinazis, cachent au grenier une jeune Juive, Elsa. Lui, lantisémite farouche, est dabord séduit par lidée de contrôler le destin dun de ces êtres quil a appris à haïr. Puis il se laisse toucher par le regard de la jeune fille, qui nexprime aucun dégoût pour son infirmité. Commence alors une passion dévorante, et une cohabitation qui durera toute une vie : la mort frappe la famille de Johannes, jusquà ce quil se retrouve seul avec sa proie. À la fin de la guerre, il lui fait croire que les Nazis ont gagné, et quelle ne peut sortir de la maison sans courir à sa perte...

    Tout Le ciel en cage est dans cette relation étrange, dune ambiguïté vertigineuse entre les deux héros. Qui trompe lautre ? Johannes qui, par amour mêlé de haine, retient la jeune femme prisonnière ? Ou Elsa que lon devine forcément complice de ce jeu de masques, manipulatrice suprême sous ses airs de victime ? Le monologue de Johannes, la description de la vie à Vienne durant ces années noires, la narration dun huis clos de cauchemar mènent le lecteur au bord du précipice. Car le dégoût et la fascination se mêlent, irrésistibles, signe dun livre dune puissance très rare.

  • Le récit de l'enfance d'une petite Juive née à Vienne, déportée à onze ans, miraculeusement échappée d'Auschwitz, et qui s'exila à seize ans aux États-Unis. Dans « Perdu en chemin », devenue adulte, Ruth Klüger se confronte au quotidien complexe des années 50. Elle sera de ces femmes qui se battront sans répit pour obtenir ce qui leur paraît le minimum : la dignité, le respect, le droit à l'étude, la simple reconnaissance de soi.
    Prosaïques à dessein, certaines pages fascinent par l'exactitude impitoyable des sentiments qu'elles expriment ; compte rendu et accusation s'interpénètrent. Le lecteur est submergé par l'intransigeance et la sincérité de cette femme à l'intelligence généreuse et souveraine.

  • « Tu sors sans étoile ? me demanda l'oncle Léo, indigné.
    - Oui, je suis venue vous dire au revoir. J'irai ensuite voir Recha, répliquai-je.
    - Tu peux t'en dispenser. Ils l'ont emmenée, dit-il sèchement. Tu nous déranges. Nous n'avons pas le temps. Mes soeurs sont occupées à préparer notre déportation. Elle est imminente.
    - Excuse-moi. Je ne vais pas vous retenir longtemps. Je voulais seulement vous dire au revoir.
    - Qu'est-ce que tu t'imagines en ne répondant pas aux convocations ?
    - Je veux survivre. »

  • Olga Silberschmitt, jeune Juive allemande, a 15 ans lorsqu'elle tombe amoureuse de Kristian, fils d'un membre du parti nazi. Elle ne se doute pas que cette amourette va la pousser à fuir sur les routes de France et de Belgique.

  • Maudite soit-elle

    Vincent Desombre

    Marseille, vendredi 20 juin 1986. Nathalie alluma la télévision. Les informations commençaient. Torturé et brûlé vif pour lui dérober ses économies. Maurice Picon, un paisible retraité, a été assassiné sauvagement dans sa maison de Cassis, dans les Bouches-du-Rhône. A ce moment, le visage de la victime apparut à l'écran. Une simple photo d'identité qui montrait un homme âgé, aux traits fins et au regard félin. Nathalie porta ses mains à sa bouche. Oh, mon Dieu ! Elle aurait voulu crier, mais aucun son ne sortit. Ses yeux étaient rivés sur la télévision. Ce visage, même trente ans plus tard, elle ne pouvait l'oublier. Cet homme avait marqué sa vie de façon irréversible. Un fantôme du passé resurgissait devant elle ! Trente ans plus tôt presque jour pour jour, Maurice Picon a été la dernière personne à parler à la mère de Nathalie. Deux heures plus tard, celle-ci se suicidait. Pour comprendre et renouer avec ses souvenirs enfouis, Nathalie va retourner sur les traces de son enfance en Touraine. Une enquête haletante, une histoire émouvante inspirée de deux faits réels qui ont défrayé la chronique de l'après-guerre. Le cahier documentaire en fin d'ouvrage revient sur ces dossiers, l'affaire Finaly et l'affaire Lecoz.

  • Le dialogue entre Juifs et Chrétiens est au coeur de la vie de l'Église depuis le concile Vatican II. Il est d'une nature unique et nourrit par la Parole de Dieu. La France en est un lieu essentiel. Voici donc enfin rassemblés, présentés et restitués dans leur contexte, tous les textes de référence de l'Église catholique relatifs aux relations avec le judaïsme. On y trouvera les textes du magistère romain et ceux élaborés par l'Église de France sous l'égide du SNRJ (Service National pour les relations avec le Judaïsme) ou directement par les évêques. Cet ensemble est élargi aux éléments importants qui ont précédé Vatican II, les dix points de Seelisberg et leur préparation avec les dix-huit points de Jules Isaac, et aux différentes réponses de la communauté juive à travers le monde. Une somme interreligieuse qui se lit comme un guide pour construire la fraternité.Préfaces du Grand Rabbin de France Haïm Korsia, et du cardinal André Vingt-Trois, archevêque émérite de Paris.

  • Du concile Vatican II à Assise et la réunion planétaire des chefs religieux sous l'égide du pape Jean Paul II en 1986, et à Abu Dhabi avec la signature du document sur la Fraternité par le grand imam d'Al-Azhar et le pape François en 2019, le Vatican a amplifié le dialogue avec le monde musulman à l'échelle mondiale.L'Église de France n'a pas été en reste. Ce dialogue est d'autant plus crucial que ces trois dernières décennies ont été marquées par l'essor d'un fanatisme politique et terroriste qui instrumentalise le fait religieux et menace le vivre-ensemble des communautés de foi.Pour la première fois, voici réunis les discours, textes, déclarations, chartes et communiqués, tant catholiques que musulmans, produits depuis Vatican II. Un document exceptionnel qui permet de remonter aux sources mêmes du dialogue islamo-chrétien et de faire entendre comment les deux voix s'interpellent et se répondent. Une contribution décisive au coeur des questionnements de la société française face aux identitarismes de tous bords.Un vibrant appel à l'estime mutuelle.Préface de Mgr Jean-Marc AvelinePostface de M. Mohammed Moussaoui

empty