• C'est officiel : le vieux Sportcoat a pété les plombs comme ça, en plein jour et devant tout le monde. Personne ne sait pourquoi ce diacre râleur, adepte du "King Kong", le tord-boyau local, a tenté de descendre sans sommation le pire dealer du quartier. Mais il faut dire que la fin des années 1960 est une époque d'effervescence à New York, et que le développement du trafic de stupéfiants n'est pas la moindre des causes d'agitation. Afro-américains, latinos, mafieux locaux, paroissiens de l'église des Five Ends, flics du secteur : tout le quartier est affecté par ce nouveau fléau aux conséquences imprévisibles.

  • 'Avec l'arrivée de Neal a commencé cette partie de ma vie qu'on pourrait appeler ma vie sur la route. [...] Neal, c'est le type idéal, pour la route, parce que lui, il y est né, sur la route...
    Neal Cassady, chauffard génial, prophète gigolo à la bisexualité triomphale, pique-assiette inspiré et vagabond mystique, est assurément la plus grande rencontre de Jack Kerouac, avec Allen Ginsberg et William Burroughs, autres compagnons d'équipées qui apparaissent ici sous leurs vrais noms.
    La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier, analogue à celui de la route, sur lequel l'auteur a crépité son texte sans s'arrêter, page unique, paragraphe unique.
    Aujourd'hui, voici qu'on peut lire ces chants de l'innocence et de l'expérience à la fois, dans leurs accents libertaires et leur lyrisme vibrant ; aujourd'hui on peut entendre dans ses pulsations d'origine, le verbe de Kerouac, avec ses syncopes et ses envolées, long comme une phrase de sax ténor dans le noir.
    Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine, célébration de l'éphémère.

    Quand tout le monde sera mort, a écrit Ginsberg, le roman sera publié dans toute sa folie.
    Dont acte.' Josée Kamoun

  • Née en 1917 dans le sud des États-Unis, orpheline arpentant les rues de Harlem, hantée par ses secrets d'enfance, Ella Fitzgerald a sacrifié sa vie au public et à la musique jusqu'à se fondre en elle. En témoignent ses scats endiablés, ses interprétations lumineuses et son art de l'improvisation. Elle est tout à la fois le swing des big bands, le bebop des clubs embrumés et les comédies musicales de Broadway. Elle a chanté en égale avec Louis Armstrong et Frank Sinatra, a donné leurs lettres de noblesse à des compositeurs comme Gershwin, Duke Ellington et même à la pop des Beatles. Dans une Amérique dévorée par le racisme, elle a fait entrer le jazz et les artistes noirs dans les lieux qui leur étaient interdits. L'importance de son oeuvre est à la fois musicale, patrimoniale et culturelle.

    Steven Jezo-Vannier, né en 1984, est un spécialiste de la contre-culture et de l'univers rock. Il a écrit plus d'une dizaine de livres publiés aux éditions Le mot et le reste, dont des essais (Respect, le rock au féminin, Contre-Culture(s)) et les biographies de Frank Sinatra, Grateful Dead, The Byrds ou Creedence Clearwater Revival.

  • Terres promises

    Milena Agus

    La terre promise, tout le monde la cherche. Pour Raffaele, de retour en Sardaigne juste après la guerre, elle se situe sur le Continent. Mais une fois là-bas, Ester, sa jeune épouse, a le mal du pays, elle qui était pourtant si pressée d'en partir... Alors la famille y retourne. Leur fille, Felicita, s'adapte aux humeurs locales et s'initie avec la même conviction au communisme et au sexe. De ses amours naîtra un drôle de petit bonhomme, Gregorio. Au fil des ans et des rencontres, ils avanceront dans leurs vies imparfaites, croisant la route d'autres êtres en quête de bonheur. Pour tous, Felicita est l'indispensable pivot. Car à ses yeux les gentils ne sont pas des perdants et la terre promise est au coin de la rue. Une saga familiale décalée.

  • Un soir au club

    Christian Gailly

    « L'histoire est classique du buveur désintoxiqué qui, après des années d'absolue sobriété, s'autorise soudain un petit verre. Juste un petit verre. Et replonge. À fond. Mais l'on ne se soûle pas que d'alcool. Parfois on ne retombe que pour mieux ressusciter. Retourner à son vice, à son démon - à son art - ouvre de somptueux vertiges, interdits aux repentis. Voyez Simon Nardis, le nouveau personnage de Christian Gailly. Il a suffi d'un soir au club, un petit club de province, pour qu'il se remette à la vodka... et au jazz.
    Dix ans plus tôt, pianiste renommé, il avait abandonné pour "raisons de santé". Il était devenu bon mari, bon père, bon spécialiste du chauffage industriel, n'écoutant plus que de la musique classique : "À défaut de swing il se gavait de beauté." Ayant une heure à tuer avant de rentrer chez lui par le train, il accompagne dans le club un ingénieur dont il vient de dépanner l'usine. Et, d'entrée, il est secoué. Dans l'excellente façon de jouer des trois jeunes musiciens américains, il reconnaît... son style. Un "style qui avait pas mal chamboulé la pratique du piano en jazz".
    Pendant la pause du trio il se met au clavier. La patronne du club le "reconnaît" à son jeu. Bientôt elle le rejoint sur l'estrade, se penche vers lui, reprend la mélodie au vol. Et c'est le bonheur qui revient. Fulgurant. La nuit qui suit et le lendemain, entre cet homme "près de la retraite" et cette femme "qui avait bien l'âge qu'elle ne faisait pas" va s'amplifier et se concrétiser ce bonheur. Jusqu'à se vouloir éternel. Et la femme de Simon dans tout ça ? Elle arrive. En voiture. N'en disons surtout pas plus. Il serait criminel de dévoiler ne serait-ce qu'un soupçon de la suite de l'intrigue, elle-même criminelle. À sa façon. » (Jean-Pierre Tison, Lire) Un soir au club a reçu le prix du Livre Inter en 2002.

  • Blanche est l'histoire d'une femme qui découvre un jour qu'elle est blanche dans le regard des autres. Comme elle sait très bien qu'on ne saurait réduire un être humain à la couleur de sa peau, elle s'interroge. Que signifie être Blanche dans le monde tel qu'il va? Elle arpente l'univers des penseurs et artistes du monde noir. Elle écrit, hésitante et fragile, son chemin d'humanité.

    Point de vue de l'auteure
    Blanche est dédié à « toutes celles qui se reconnaitront ». Je crois que ce livre s'adresse d'abord aux femmes blanches, celles qui ont fait la même expérience que moi et ne savent pas que faire de cette chose qui leur est arrivée. J'aimerais que Blanche les aide à sortir de la culpabilité ou de l'empathie tapageuse où cette prise de conscience a pu les enfermer. Blanche s'adresse aussi à toutes celles et ceux (et ils.elles sont nombreux.ses) qui ne sont jamais posé la question de leur blancheur. J'aimerais les surprendre, leur faire découvrir un pan de l'expérience humaine dont ils ignorent tout (ce que ça fait de ne pas être blanc, ce que ça fait de vivre avec les autres quand on sait qu'on est blanc) et les inciter à s'interroger avec moi sur leur place dans le monde. Par extension, Blanche s'adresse à toutes celles et tous ceux que la question raciale intéresse, mais aussi à toutes celles et ceux qu'elle hérisse, puisque le livre aborde le sujet d'un point de vue blanc, mais sans intention défensive, et qu'il tente honnêtement, par le récit et par le dialogue, de contribuer au débat sur la possibilité d'un universel humain.

    L'auteure
    Catherine Blondeau vit à Nantes où elle dirige le théâtre Le Grand T. En 2019, elle a publié chez Mémoire d'encrier son premier roman Débutants.

  • En 1967, Aretha Franklin reprend « Respect » d'Otis Redding en inversant le sens des paroles pour dénoncer le règne de la misogynie. Elle n'est pas seule dans ce combat. Dans la société comme en musique, les femmes doivent gagner leur place. C'est une histoire méconnue du rock au féminin qui se dessine ici, mettant en avant les voix de la rébellion, à travers une galerie de portraits, d'attitudes et de paroles, des pionnières du blues comme Bessie Smith ou Ma Rainey, aux plus récentes et dissemblables Beyoncé et Beth Ditto de Gossip, sans oublier la résistance de Wanda Jackson, l'insoumission de Nina Simone, les transgressions de Janis Joplin, l'irrévérence de Donna Summer, la radicalité du Riot Grrrl et l'ambiguïté du Girl power, ou l'engagement de Françaises comme Colette Magny ou Brigitte Fontaine.

    Steven Jezo-Vannier, né en 1984, est un spécialiste de la contre-culture et de l'univers rock. Il a écrit plus d'une dizaine de livres publiés aux éditions Le mot et le reste, dont des essais (Respect, le rock au féminin, Contre-Culture(s)) et les biographies de Frank Sinatra, Ella Fitzgerald, Grateful Dead, The Byrds ou Creedence Clearwater Revival.

  • Cent sonnets

    Boris Vian

    Cent infâmes sonnets. C'est ainsi que devait s'appeler ce recueil à l'origine. Il comporte en réalité cent douze sonnets, rédigés au début des années 1940 par le jeune Boris Vian.
    Infâmes, ces poèmes ne le sont pas vraiment... sauf à considérer que les pieds de nez à la poésie, les alexandrins à treize syllabes et les calembours relèvent du sacrilège ! La poésie joyeuse de Boris Vian s'empare de toutes les thématiques chères à l'auteur - le cinéma, le jazz, les surprises-parties, l'anticléricalisme... - avec la même fantaisie langagière, le même humour où point parfois un brin de mélancolie. On y retrouve, en germe, le parolier de génie que deviendra Boris Vian.
    Dans le manuscrit autographe des Cent Sonnets conservé à la BnF figurent des illustrations réalisées à l'époque par Peter Gna, le beau-frère de Boris Vian. Cette édition présente pour la première fois au public le texte avec ces dessins burlesques qui l'ont toujours accompagné dans le plus grand des secrets.

  • Un disque de 3 minutes 33 secondes, c'est tout ce qu'il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d'enregistrer un morceau. Sid, Chip et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d'un enregistrement frondeur. Avant, c'est à Berlin qu'ils jouaient, quand l'Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n'interdise cette «musique nègre» et qu'eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu'un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n'arrivent pas...

  • Be-bop

    Christian Gailly

    Début août, dans un site montagneux, près d'un lac, deux hommes, un jeune et un vieux, s'ignorent. L'un cherche du travail. L'autre a trouvé une maison pour les vacances, il emménage. Ils ne peuvent donc pas se rencontrer. Sauf si le jeune trouve du travail, c'est la première condition. La seconde, ce serait que le vieux ait besoin des services du jeune. En vacances, normalement, non. C'est pourtant ce qui va se passer. Comme si c'était écrit. Ça l'est, mais ce n'est pas aussi simple. Il y a des femmes dans cette histoire.

    « On a envie de claquer des doigts en le lisant et de se joindre à sa jam tendre et hilarante. Gailly sait faire swinguer la langue. C'est devenu si rare. » (Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur) « Éblouissant ! Be-Bop refermé, on sourit encore, ravi. La maestria de certains écrivains vous en met plein la vue et vous largue. Pas de danger que Christian Gailly vous traite de cette façon. Par exemple, là, dans ce roman dont le titre annonce la couleur et où il est beaucoup question de Charlie Parker, de Coltrane, de Gerry Mulligan, le profane que nous sommes en matière de jazz, loin d'éprouver une frustration, se sent complice. » (Jean-Pierre Tison, Lire) « On pourrait dire que Gailly écrit comme il pense, mais il est certainement plus exact de préciser qu'il pense comme il écrit : c'est qu'il a compris, comme peu d'autres, que l'écriture n'est sans doute pas ce point d'impact, ce but à atteindre un peu paralysant, mais bien l'origine même de ce qu'on est, ou de ce qu'on veut être. » (Gilles Tordjman, Les Inrockuptibles) Be-Bop est paru en 1995.

  • All that jazz...
    A la radio à France-Inter, ainsi qu'à la télé, avec les émissions 'Pop 2', et 'Les Enfants du Rock', Patrice Blanc-Francard en a éveillé plus d'un à la musique, au carrefour des années 80. Aujourd'hui, il ouvre les portes de son jardin secret, le Jazz :
    " Déambuler avec passion dans le Jazz, ce paradis privé, est l'un de mes grands bonheurs. Mais la musique est assurément un art mystérieux. Et les codes de certaines formes de Jazz peuvent parfois sembler incompréhensibles, si l'on ne s'arme pas d'une certaine forme de curiosité, qui est je crois le meilleur défaut du monde. C'est pourquoi, avec cette soixantaine de récits de vies de musiciens (et musiciennes !), de lieux, d'évènements, de disques cultes, j'ai voulu aborder autrement cette musique, le Jazz, passion de toute ma vie, et faire de ce Dictionnaire amoureux une collection d'aventures, de destins, pour ne pas dire de légendes, qui font la très riche histoire de cette musique."

  • Vera est morte assassinée. Br"ulée vive.
    Mister, le pianiste, laimait, comme elle aimait sa musique. Il veut comprendre : qui la tuée ? Pourquoi ? Avec son ami Bob, chauffeur de taxi philosophe et polyglotte, il cherche, tâtonne, interroge et remonte peu ´r peu le fil de la jeune vie de Vera, jusquaux rives lointaines du Danube, jusquaux charniers des Balkans... Rythmée par les grands standards du jazz, lenquete des deux hommes fera ressurgir les notes cachées de ces crimes dont personne ne veut parler.
    Plus quun roman, cest une ballade qui se joue ici. Un long blues nostalgique et envo"utant en meme temps quun poignant chant damour et de rage.
    Prix Mystcre de la Critique 2012

  • Avant de devenir l'ambassadeur mondial du jazz, Louis Armstrong fait ses classes dans le quartier rouge de La Nouvelle-Orléans. Il arpente les rue de Storyville, au milieu des rixes, des prostituées, au son de ce qui deviendra bientôt le jazz. Chez ces laissés-pour-compte, la musique est le moteur de chaque événement et il en faut peu - de bonnes rencontres et un passage par la fanfare du pénitencier pour mineurs - à Little Louis pour s'y plonger: les bases sont posées et la suite de l'histoire est connue. Dans ce roman à la première personne sur la jeunesse du célèbre trompetiste, Claire Julliard parvient à saisir toute la ferveur d'une époque et d'un lieu. Elle livre le portrait sensible d'un petit garçon noir qui s'élèvera de toutes ses forces malgré la misère et la ségrégation.

    Journaliste littéraire née à Paris, Claire Julliard a longtemps été nègre dans l'édition. Elle est l'auteure d'une biographie de Boris Vian (folio-biographie), de romans pour la jeunesse parus à l'École des loisirs, de L'Oie sur un lac gelé chez Leo Scheer et des Hors-Venus chez Belfond

  • Entre décembre 2017 et juin 2018, Jean-Louis Tallon s'est longuement entretenu avec Gavin Bryars : près de douze heures d'entretiens pour revenir sur le parcours biographique et les pièces principales qui ont jalonné la trajectoire d'envergure, de 1969 à nos jours, du compositeur britannique. Ce premier ouvrage consacré au "mystère Bryars" reprend le fil de ces échanges dans leur intégralité, donnant ainsi à (re)découvrir et à saisir, en une vision panoramique, au fil de la parole, tout l'étendu d'un parcours aux mille facettes. Contrebassiste de jazz avant-gardiste, post-minimaliste, collaborateur de Tom Waits ou Merce Cunningham, Gavin Bryars n'a cessé de se métamorphoser pour proposer une oeuvre touffue, rendue accessible à tous par la forme orale de l'ouvrage.

    Né en 1973 à Lyon, Jean-Louis Tallon est l'auteur d'un récit intitulé Composition de l'atmosphère (Le Grand Souffle, 2007). Il a réalisé depuis plus de vingt ans de très nombreux entretiens d'écrivains et d'artistes. Il est également responsable culturel de l'Université d'Orléans.

  • John Coltrane est l'un des premiers noms qui nous vient à l'esprit lorsqu'on parle de jazz mais il n'est pas simple d'appréhender l'ensemble de son oeuvre. Constamment à la recherche de nouvelles sonorités et de techniques novatrices, désireux de faire évoluer son jeu, il a fait évoluer le jazz. Après avoir joué avec les plus grands (Dizzy Gillespie, Miles Davis, Thelenious Monk) auprès desquels il développe son style unique, il crée la sensation avec un album enregistré en même temps qu'il travaille avec Miles davis sur Kind Of Blue et qui sera un des monuments du be-bop : Giant Steps. Après ce coup d'éclat, il emprunte une voie qui n'appartient qu'à lui et dont l'apogée sera atteinte avec A Love Supreme, avant d'embrasser les terres nippones et d'explorer fièvreusement le free jazz.

    Originaire de Bretagne, Nicolas Fily a travaillé deux ans au festival des Trans Musicales avant de devenir disquaire à Rennes puis à Bruxelles, où il vit toujours. Depuis 2015 il chronique, principalement le jazz, pour le Webzine Goûte Mes Disques. Grand collectionneur de vinyles et DJ occasionnel, John Coltrane, The Wise One est son premier livre.

  • En allant piller les musiques qui les entouraient, les producteurs hip-hop ont donné naissance à l'un des courants musicaux les plus importants de notre époque et redéfini le principe de composition musicale, quitte à provoquer de retentissants procès. Se pencher sur les samples marquants du hip-hop, c'est explorer de nombreuses portes d'entrée vers cette musique, révéler les secrets de fabrication de hits tels que « California Love » de 2pac ou « Hard Knock Life » de Jay-Z. C'est parcourir les ponts dressés entre hip-hop et la soul, le jazz, le funk, le rock, le classique, la chanson française, le musique tibétaine etc. C'est découvrir l'histoire des technologies qui ont permis ce travail, celle de labels mythiques, de producteurs talentueux. C'est embrasser toute la richesse du hip-hop.

    Brice Miclet est journaliste musical pour plusieurs médias (Slate, Trax, Les Inrocks, Jack, Ouest France, Guitar Part, Bikini).

  • C'est un roman âpre et poignant sur la relation tumultueuse entre le mythique saxophoniste de free jazz Abe Kaoru et l'écrivaine sulfureuse Suzuki Izumi.Ils ont vingt-quatre ans, s'aiment d'un amour d'écorchés vifs, ils se droguent pour endormir le malaise de vivre et rêvent d'une musique absolue, libre, qui pourrait d'un seul son détruire l'ordre du monde. De 1973 à 1978, jusqu'à ce que dans un dernier excès Abe Kaoru meure d'une overdose, ils vivent un amour-haine qui défie les codes et se mesure à la violence. Ce sont les années de la pop culture, qui traverse tout le livre, dans son versant sombre.Inspiré d'une histoire vraie.

    INABA Mayumi (1950-2014) écrit depuis l'adolescence. Elle a publié de la poésie, des nouvelles
    et des romans couronnés par de prestigieux prix littéraires : le prix Kawabata en 2008, le MEXT Award for the Arts
    l'année suivante, et surtout le grand prix Tanizaki pour La Péninsule aux 24 Saisons en 2011.
    Elle est connue pour son amour des chats et y a d'ailleurs consacré un livre de mémoires : 20 ans avec mon chat, Picquier 2014.

  • En 1967 James Brown sort «Cold Sweat», un titre que la plupart des historiens de la musique noire reconnaissent comme l'acte de naissance du funk. Il révolutionne la soul en basant sa musique sur le rythme, et son groove sur le premier temps de la mesure, inaugurant un nouveau style plus dansant. Au-delà de la soul, le funk puise dans tous les styles dominants et influencera ceux à venir (hip-hop, house). Nombreux seront les musiciens qui participeront à son essor (Sly Stone, Funkadelic, Kool & The Gang), à son anoblissement (Miles Davis, Herbie Hancock), à sa complexification (George Clinton) et à sa domination des charts (Michael Jackson, Prince). Cette anthologie explore l'univers complexe du funk et dessine une histoire qui s'écrit encore (Bruno Mars, Justin Timberlake, Daft Punk).

    Belkacem Meziane est musicien professionnel, enseignant, conférencier et chroniqueur pour Soul Bag et New Morning Radio. Il a grandi en écoutant du funk et de la soul : James Brown, Barry White, Prince ou Kool & The Gang, et a développé sa passion pour les musiques noires américaines en lisant des ouvrages et en passant du temps dans les magasins de disques.

  • L'histoire de Francis Paudras et Bud Powell semble exceptionnelle, romancée. Et pourtant ce récit qui nous plonge dans le milieu du jazz à la fin des années cinquante à Paris est bien réel. Comment ne pas être séduit par ce jeune illustrateur passionné de jazz qui, découvrant petit à petit l'enfer que vit Bud Powell, son maître, décide de le sauver. S'en suit le récit de longues années, où la générosité côtoie le génie, pour le meilleur et pour le pire, à la rencontre de grandes figures du jazz et des clubs et bars qu'ils ont hantés des années durant.

    Tantôt solaire, tantôt cru dans la réalité qu'il dépeint, ce récit et également l'occasion de revenir, articles et témoignages à l'appui, sur l'évolution d'une musique qui était, à cette époque, à un tournant essentiel de son histoire.

    Né en 1935 et mort en 1997, Francis Paudras étudia le piano classique dès l'âge de cinq ans et joua lui-même en amateur. Après des études d'arts graphiques, il crée un studio et réussit une carrière d'illustrateur à Paris.
    Il a collaboré à des revues de jazz, des émissions radio et télé, dans un seul souci : faire entendre et connaître cette musique.

  • « Sound of surprise », c'est ainsi que le chef d'orchestre américain Leonard Bernstein a défini une des inventions culturelles marquantes du début du XXe siècle : le jazz. Cette anthologie se présente non seulement comme un guide d'écoute, une discothèque idéale du jazz mais aussi une sélection de cent disques qui ont profondément marqué l'histoire de la musique afro-américaine. Album après album, se dessine le portrait du musicien choisi, le récit de l'histoire du jazz, dans ses phases multiples, ses (r)évolutions successives. Louis Armstrong, Wayne Shorter, Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Miles Davis, Billie Holliday, John Coltrane, Dave Brubeck, Charlie Parker, Sun Ra, Cecil Taylor, Joni Mitchell, autant de figures essentielles dans un ouvrage qui l'est tout autant.

    Franck Médioni est journaliste et écrivain. Il est l'auteur de plusieurs livres d'entretien et de nombreux ouvrages sur l'univers du jazz. Aux éditions Le mot et le reste il est l'auteur de Albert Ayler.

  • Connaître ses accords sur le bout des doigts ! Vous souhaitez pouvoir déchiffrer les grilles et jouer les bons accords ? Vous aimeriez avoir accès à un grand nombre d'accords en un clin d'oeil ? Vous désirez travailler des sonorités plus complexes et enrichir vos accords de nouvelles couleurs ? Conçu comme une véritable bible des accords de guitare, ce guide pratique présente une trentaine de types d'accords dans chacune des douze tonalités. Alors maintenant, débutant ou guitariste confirmé, à vous de jouer !

  • Réflexion passionnante sur la force de la création, la générosité du musicien et la puissance de l'imagination, De la musique est une oeuvre lumineuse qui nous dévoile deux artistes hors du commun et nous offre au passage un nouvel éclairage sur l'oeuvre murakamienne.
    Haruki Murakami n'est pas seulement l'auteur internationalement reconnu plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, c'est aussi un fou de musique.
    Ancien chef d'orchestre du Boston Symphony Orchestra, Seiji Ozawa est une sommité de la musique classique.
    Pendant deux ans, les deux amis ont échangé sur leur passion commune pour nous livrer six entretiens captivants.
    De Brahms à Beethoven, de Leonard Bernstein à Glenn Gould, de Bartók à Mahler, Murakami et Ozawa dialoguent tour à tour sur les plus grands compositeurs et les plus brillants interprètes, écoutent des enregistrements, les comparent, les dissèquent, s'interrogent sur les musiques de film ou encore les salles de concerts... et nous émerveillent.

  • Était-ce sa beauté, son allure, son mystère ? Eugene McCown entrait dans une pièce et les bouches s'ouvraient toujours rondes. Arrivé à Paris en 1921, le jeune Américain fut successivement pianiste au légendaire cabaret du Boeuf sur le Toit, peintre à succès, journaliste et romancier. Redouté et admiré pour son esprit mordant, aimé et jalousé pour son charme magnétique, proche de Jean Cocteau, de Nancy Cunard, d'André Gide et du groupe de Bloomsbury, il s'offrit corps et âme au tourbillon de jazz, d'alcool et de drogues de cette décennie frénétique. Au risque de se laisser enfermer dans une image de phénomène mondain et de perdre de vue ses ambitions artistiques. Comme si tous, dans son entourage, avaient trop eu besoin de sa formidable énergie et l'avaient laissé la dilapider jusqu'à l'épuisement. Ainsi l'écrivain surréaliste René Crevel, son ancien amant, écrivait-il à son propos : « [Eugene] a une âme, malgré lui, malgré l'Amérique et, avouons-le, malgré nous qui aimions trop sa voix, ses mains, etc., pour ne pas l'avoir limité à cet amour trop terrestre. »

    Né en 1975, Jérôme Kagan signe avec Eugene McCown, démon des Années folles, fruit d'une enquête de plus de dix ans menée en France et aux États-Unis, son premier ouvrage.

    Né en 1975, Jérôme Kagan vit et travaille à Paris. Après plus de dix ans d'une enquête minutieuse, il publie ici son premier ouvrage.

  • Jack Kerouac meurt en 1969 laissant une oeuvre littéraire qui fait de lui un des auteurs américains les plus importants du XXe siècle. Cependant, jusqu'à l'âge de six ans sa langue maternelle fut le français et son père lui répétait «Ti-Jean n'oublie jamais que tu es breton». Fort de cette tradition familiale, l'écrivain a tenté d'identifier son ancêtre mais la mission était difficile tant il avait semé son parcours de fausses pistes. Désireux d'aller au bout de cette quête, Patricia Dagier a traqué le moindre indice dans les archives en France et au Québec tandis qu'Hervé Quéméner a suivi la quête bretonne de l'écrivain à travers sa vie et son oeuvre. Si Kerouac s'est approché au plus près de la solution, il aura fallu le travail solide de ces deux passionnés pour en trouver la clef.

    Patricia Dagier est généalogiste. En 1999, après trois années de recherches intensives, elle a démasqué l'ancêtre breton de Jack Kerouac. Soucieuse de vérité historique, elle poursuit depuis dix ans ses investigations dans les archives bretonnes, françaises et canadiennes.

    Hervé Quéméner est journaliste. Rédacteur au quotidien Le Télégramme depuis 1972 puis rédacteur en chef de Bretagne Magazine de 1998 à 2006, il se consacre aujourd'hui à l'écriture.

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