• La décennie révolutionnaire fut le théâtre d'un conflit politico-religieux passionné dont l'histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, d'églises vandalisées et d'un catholicisme malmené et banni. S'il n'a pas lieu de le nier, la question religieuse pendant la Révolution est néanmoins trop ambiguë pour amalgamer antireligion et anticléricalisme. Un gouffre opposa en réalité le fanatisme de quelques-uns de ceux qui dénonçaient les conséquences néfastes de l'intrusion du clergé aussi bien dans le domaine public que privé. Reste qu'en s'attaquant de front à l'Église catholique de France pour la mettre au pas, les révolutionnaires ont froissé une partie de la société en ne prenant pas le poids de l'attachement populaire à l'institution et à ses hommes. Leur volonté de contrer l'influence et la puissance cléricales déboucha sur une crise d'une ampleur rare dont Christine Le Bozec livre, en historienne, les tenants et les aboutissants.  

  • « Le ciel était dégagé après les violentes pluies et la lune était pleine le soir où je posai Nelio sur le matelas sale. Là où à l'aube, neuf jours plus tard, il allait mourir. »Une nuit, dans un port d'Afrique, un homme est assis sur le toit d'un théâtre et contemple la ville à ses pieds. Il se remémore l'histoire que Nelio, l'enfant des rues, lui a confiée au cours des neuf nuits qui lui restaient à vivre.Qui est cet enfant âgé de dix ans qui détient déjà toute la sagesse d'un vieil homme ? Pourquoi a-t-on voulu le tuer ?La guerre civile fait rage. Nelio est le seul rescapé de la mise à sac de son village. Après une période d'errance, il finit par gagner la grande ville et il rejoint un groupe d'enfants des rues avec lesquels il affronte la misère, la faim, l'intolérance. Mais face à la barbarie, Nelio oppose la poésie et la générosité et se laisse guider par l'imaginaire.À travers ce conte humaniste, à la fis cruel et tendre, Henning Mankell décrit à l'intention de ses lecteurs - les jeunes comme les moins jeunes - la terrible réalité des enfants orphelins d'Afrique, mais aussi leur force et leur capacité de survie.

  • Il n'y a pas si longtemps, Européens et Américains s'enorgueillissaient de leur attitude éclairée, faite de tolérance et de compréhension, à l'égard des religions. Aujourd'hui, il semble que les choses aient changé, singulièrement à propos de l'islam. De nombreux pays d'Europe ont éprouvé le besoin de légiférer le port du foulard islamique. En France, depuis 2004, les filles n'ont pas le droit de porter le foulard à l'école. Au Kosovo, où la popu¬lation musulmane est importante, la même interdiction prévaut. Dans certaines régions d'Allemagne, de Hollande, d'Espagne et de Belgique, les enseignantes dans l'exercice de leur fonction ne sont pas autorisées à porter le voile, alors que les religieuses et les prêtres ont la permission d'enseigner en habit.
    Cinq arguments sont au coeur de tous les débats sur l'interdiction de la burqa. Tous reposent sur des contradictions qui favorisent, tacitement, les pratiques majoritaires et sont discriminatoires à l'égard des minorités. Au terme d'une analyse exemplaire de clarté et de rigueur, ce livre nous invite à dépasser la peur des religions et à interroger nos propres préjugés - même lorsqu'ils empruntent les habits flatteurs de l'exception française.

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