• « J'aimerais prendre un nouveau cap, oublier ce que signifient couper au bistouri, mesurer, peser et recoudre. » Équateur, Quito, 2 850 mètres d'altitude. Arturo Fernandez, médecin légiste, subtil et mélancolique observateur, raconte l'histoire de María del Carmen. Seule rescapée d'un accident de voiture, elle a promis à l'inspecteur Heriberto Gonzaga de l'épouser s'il retrouvait les chauffards. Mais peu de temps après, la jeune fille se suicide.
    Arturo parle aussi de Paulina et de tous ces anonymes d'une cité ceinturée de montagnes et de volcans, fragilement bâtie sur des collines sillonnées de ravins. L'enquête de l'inspecteur avance pourtant et tous ces récits peu à peu s'entrecroisent, tissant le tableau d'une ville violente, indifférente, passive devant l'injustice sociale, le destin et l'acharnement de la nature. Un lieu où la mort est quotidienne et sans autres conséquences qu'intimes et tragiques pour ceux qu'elle frappe.

  • Dans une région du Sahel, abandonnée de tous, une femme est contrainte de préparer son enfant à une mort inévitable. Scène après scène, la mère s´acharne à arracher à son enfant toute illusion d´avenir. L´enfant lui tiendra tête, s´accrochant de toute la fibre de son être à la vie, à l´espoir d´une rédemption prochaine. Pourtant, tout autant que le Sahel face au désert, ils seront avalés par une impitoyable indifférence. / Dans « Sahel », « le verbe est ciselé en une compacte sculpture théâtrale où le silence joue pleinement son contrepoids. Texte minimaliste et réduit jusqu'à sa moelle, l´émotion y est comprimée comme dans un étau. Une fois libérée, l´émotion est brute et dense comme un coup de poing. » / (André Perrier, Théâtre du Nouvel-Ontario.)

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