• Après les interrogations produites par les mouvements LGBTI, les personnes qui se pensaient « normales » se sont découvertes « hétérosexuelles » dans les années 1990. Aujourd'hui, de nombreux et nombreuses hétéros interrogent tout à la fois les identités sexuelles (les bisexualités, l'asexualité, le libertinage, le triolisme, le candaulisme, le bdsm...), les identités de genre (cisgenre, bigenre, non-genre, genre fluide, travesti, hétéroqueer...) et les dispositions sexuelles comme le polyamour qui tendent à dépasser la prison du couple homme/femme traditionnel.       
    Ce livre fait le point sur ces termes qui sont tout à la fois des notions, des concepts et/ou des identités socio-sexuelles. Qu'elles concernent le genre et/ou les sexualités, elles ont en commun d'essayer de se distinguer de l'hétéronorme qui devient aujourd'hui un corset trop étroit pour de nombreuses personnes.

  • La remise en cause de l'évidence naturelle jusque-là accordée à la différence des sexes occupe la scène des débats publics et se retrouve théorisée par l'émergence du concept de « genre » dans sa distinction d'avec le sexe. La différenciation entre sexe et genre émerge d'une fracture avec l'idée que le sexe biologique déterminerait l'identité sexuée et sexuelle. Dans cette nouvelle terminologie, le sexe ne renvoie plus alors qu'à la dimension anatomique et biologique tandis que le genre réfère à la construction psychologique et sociale du sexe. Malgré la pluralité des théories auxquelles le genre a donné naissance, l'émergence de cette notion prend en compte que sexe anatomique, sexuation psychique et sexualité peuvent trouver des nouages autres que ceux promus par des normes confondues avec l'ordre naturel - nouage, souligne la psychanalyse, radicalement singulier pour chacun.

    Cet ouvrage propose une introduction à toute la complexité de ces questions. Il axe son propos sur les controverses entre les théories psychanalytiques et les études sur le genre, et ouvre le dialogue à la littérature, à la philosophie et au cinéma. Cette perspective pluridisciplinaire reflète ainsi l'hétérogénéité des différents abords et usages du genre.

  • « La question du genre et de la parentalité a bouleversé notre société en profondeur. Le carcan de plusieurs millénaires de patriarcat monothéiste a cédé - non seulement dans les lois, mais dans les manières de vivre et de respirer enfin. Les positions de `père' et de `mère' ne sont pas liées au sexe anatomique, mais à des fonctions. Une mère console de son propre ravage. Un père est ce personnage douteux qui punit, que l'on voue aux gémonies, mais que l'on en aime pas moins à mort. Le seul critère de ces fonctions est l'amour, qu'un homme ou une femme veulent donner, et les familles patriarcales normopathes en sont souvent bien dépourvues, ultra pathogènes qu'elles sont.

    Quant à la question du genre, elle aurait dû être limpide depuis longtemps, au moins depuis les thèses de Freud sur la bisexualité, dont il ne s'est jamais départi. Nous sommes divisés par plusieurs genres, et nous en choisissons un, selon notre histoire, non sans une certaine variabilité selon les âges de la vie, ou même les heures de la journée.

    Sur ces questions essentielles, une majorité de psychanalystes a fermé les yeux : il est temps de les ouvrir. Le désir inconscient poursuit sa route. Les psychanalystes qui ne porteraient pas `un regard neuf' sur ces réalités feraient de leur pratique la norme d'un temps révolu. » Gérard Pommier

  • Entre le père et la mère, faut-il choisir ? Que l'on soit enfant, adolescent, adulte ou personne vieillissante, faut-il toujours privilégier l'un plutôt que l'autre, abandonner l'un au bénéfice de l'autre ?

    La bisexualité, cette immense construction freudienne, est toujours aussi vivace. Elle ne signifie pas la confusion des sexes, elle signale l'existence des deux, masculin/féminin et leurs configurations à la fois singulières et plurielles. Sans préjuger des choix de la vie amoureuse, elle souligne la double référence, au masculin et au féminin, au père et à la mère, au sein de la psyché. À partir d'expériences cliniques originales et de réflexions théoriques fécondes, les auteurs affrontent l'éternelle question « Dis-moi qui tu préfères, ton père ou ta mère ? Qui aimes-tu le plus, elle ou lui ? ».

  • Si les positions sexuées sont liées à la structure de la parole et du langage, leurs assises sont éminemment précaires, ce que révèle la clinique contemporaine des enfants, des adolescents et des adultes. L'auteur s'attache à analyser les enjeux des positions sexuées et de leurs intrications. En s'appuyant sur le schéma de la sexuation de Lacan, il tente de décoder les manifestations symptomatiques du monde actuel qui relèvent des difficultés à faire valoir les différences sexuées et à reconnaître l'altérité comme fondement de la subjectivité de chacun : l'altérité entre les êtres qui, quand elle est bafouée, resurgit dans des débordements racistes, et l'altérité à l'égard de soi-même quand l'enjeu de nos actes, corrélé au refoulement originaire qui fait de nous des êtres de parole, nous échappe.

  • Ce livre porte sur la question du genre dans l'éducation des tout-petits. Inscrit dans une perspective internationale, il offre un ensemble de ressources théoriques et pratiques actualisées destinées à soutenir la réflexion et l'action pour davantage d'égalité fille-garçon. Un nombre de plus en plus important de travaux montre que les enfants, filles et garçons, construisent leur identité à partir de modèles inégalitaires les amenant à intérioriser des limitations et des places assignées injustement, en dépit de leurs droits énoncés dans la convention internationale des droits de l'enfant, et des principes et valeurs affichées par notre République. Comment transformer cette situation, où les filles mais aussi les garçons y perdent beaucoup ? Les auteurs contribuent à nourrir la réflexion et l'action du côté de la petite enfance, pensée comme levier incontournable pour favoriser l'égalité des sexes.

  • La fonction parentale est devenue un enjeu de politique sociale. À ce titre, se sont multipliées diverses initiatives de soutien, publiques, associatives ou privées. Ces initiatives de la société civile ont été d'abord pensées pour dénoncer le discours sur les parents démissionnaires et construire des modèles d'intervention coopératifs. Cependant leur institutionnalisation  en dispositifs a produit certains  glissements vers des conceptions normatives de bon parent sans lien avec la réalité des pratiques familiales.

    Les intervenants du soutien à la parentalité éprouvent un malaise lié aux injonctions paradoxales dont sont porteurs les dispositifs d'accompagnement, peu enclins à prendre en compte la diversité des familles et de leurs conceptions éducatives. Comment peuvent-ils tenir une posture éthique qui reconnaisse aux parents leur place de citoyens et d'interlocuteurs, leur dignité et leur pouvoir d'être auteurs de leur vie et de leur parentalité ?

    Dans un dialogue pluridisciplinaire, les auteurs posent la question fondamentale du sens du soutien à la parentalité.

  • Le genre pourrait-il représenter un outil précieux de compréhension des expériences du cancer ? C'est l'hypothèse de cet ouvrage qui, dans un esprit interdisciplinaire, prend appui sur des travaux internationaux pour explorer les liens que les masculinités et les féminités entretiennent avec le cancer, à travers des axes thématiques parfois inédits, à l'image de l'éthique en oncologie ou encore de la place de minorités de sexe dans la lutte contre le cancer.

    Les hommes et les femmes n'expérimentent pas le même rapport au corps malade et par conséquent le même rapport à la santé, à la médecine, au soin. Les rapports sociaux de genre et les enjeux identitaires soulevés par le cancer sont ici interrogés aux niveaux individuel et collectif, à l'aune de la trajectoire de la maladie et des relations de soin.

    Révélant la prégnance de la sexualisation des corps malades, les recherches présentées montrent que le genre, conçu comme un élément structurant les expériences humaines, et a fortiori des expériences cancéreuses, demeure le facteur explicatif le plus central des inégalités sociales de santé observées sur le terrain.

  • Le handicap est interrogé par la culture, tout comme il interroge la culture de manière spécifique. Comment la culture influence-t-elle les pratiques de soin, d'accompagnement et de traitement des situations de handicap, pour le sujet et le groupe familial ? Le traumatisme que génère le handicap affecte les liens aux autres, et plus particulièrement les liens entre enfants de la famille et entre les enfants et chacun des parents. Dans ces situations, la culture offre au sujet une manière de penser, de rêver, de fantasmer à propos des multiples expressions de la vulnérabilité humaine que représente le handicap. Elle propose ou impose un cadre pour affronter la réalité des pathologies et ses conséquences. Elle peut favoriser l'inclusion comme l'exclusion de la famille et du groupe social, favoriser ou entraver le travail de pensée de chacun des membres de la famille individuellement et collectivement. Ce livre propose des clefs pour comprendre les processus qui donnent à la culture tantôt des fonctions protectrices, tantôt aliénantes et traumatiques face au handicap d'un membre de la famille.

  • « Vincent Bourseul apporte une perspective nouvelle et originale au champ des études de genre et de la psychanalyse. Il propose une définition psychanalytique du sexe, du genre et de l'identité sexuelle qui refuse la simple opposition entre le sexe (les corps) et le genre (les rôles sociaux qui se réfèrent à ces corps).

    Le sexe, la différence sexuelle, la sexualité constituent des énigmes qui procèdent aussi bien d'une réflexion consciente que de processus inconscients, lesquels n'opèrent jamais à l'unisson mais toujours en tension - l'inconscient rebelle sapant tout essai de conclusion raisonnable.

    Placer l'énigme du sexe au centre de notre façon de penser signifie que nous devons interpréter le genre tel qu'il s'observe en action, tel qu'il est énoncé comme apportant une réponse à l'énigme, et non pas en tant que donnée connue et figée. C'est ici que la conception du genre que donne Bourseul ouvre et revient à la pratique de la psychanalyse par des approches interprétatives qui insistent sur la nécessité d'écouter ce que le ou la patiente a à dire, plutôt que de lui imposer des idées préformatées concernant l'identité, la pathologie ou la perversion. » Joan W. Scott

  • Comment le petit d'homme nait-il à lui-même et aux autres à partir des réseaux langagiers, familiaux et sociaux qui structurent son monde ? Devant les métamorphoses et les ruptures de l'ordre social qu'attestent la plupart des observateurs, on peut entendre la souffrance des sujets rencontrés dans le cadre d'un travail en santé mentale comme étroitement liée aux questions touchant la filiation, la sexuation, et enfin, l'identité. Cet ouvrage rassemble les exposés de penseurs et de cliniciens autour de ces questions. Le parti pris est celui de la pluridisciplinarité. Les angles philosophique, historique, anthropologique, psychanalytique et systémique éclairent une même réalité, celle d'un sujet aux prises avec ces questions qui le travaillent à son insu.

    Karl-Leo Schwering, psychanalyste, docteur en psychologie, codirecteur du service de santé mentale Centre Chapelle-aux-Champs de l'université catholique de Louvain, maitre de Conférences à l'université Paris VII Denis Diderot

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     « Être père est une énigme, et cependant, cela arrive tous les jours. Un homme est père comme il peut. La paternité est une polyphonie. Il y a tant de notes à jouer, tellement de partitions à déchiffrer, tant d'airs à chanter. L'art d'être père conjugue les verbes aimer et parler dans une singulière grammaire des places. À la prégnance d'un modèle, je préfère le parcours d'une figure, les infinies versions du père. Et mon voeu le plus cher, c'est qu'à un désir d'homme se mêlent une tendresse de père et des manières de papa, dans des paroles et des gestes effectifs.» Joël Clerget

    Devenir père n'est pas qu'un processus psychologique. C'est un acte symbolique engageant un sujet dans sa chair. Discutant certains acquis concernant l'abord du père, Joël Clerget décrit le parcours d'un petit garçon devenant un papa, et les mécanismes proprement masculins de ce cheminement. Il distingue, en les articulant, la fonction et la place d'un papa, celles d'un père et la référence paternelle en tant qu'instance symbolique. Il réfléchit aux conditions actuelles de la parentalité. Cette élaboration s'intéresse à ce qui du corps d'un garçon organise son entrée dans la paternité et notamment son sexe sur le plan du réel, de l'imaginaire et des paroles.

    Mise en vente le 12 février 2015.

  • La prégnance du corps comme objet de recherche mais également sa place grandissante dans le discours contemporain - jamais traitement du corps n'a connu un tel engouement - ainsi que la fréquence et la diversité des événements et phénomènes de corps nécessitent un examen minutieux. Cet ouvrage pluridisciplinaire (philosophie, sociologie, psychopathologie, psychanalyse) concentre études et réflexions sur les pratiques et usages du corps dans notre modernité considérés comme des traces de la subjectivité de notre époque et du lien social contemporain.

  • Envisager le corps dans son aspect purement physique demeure réducteur et conduit à l'occultation de l'âge. Le corps pour soi (la manière dont la personne se perçoit) et le corps pour les autres (livré aux regards des autres et image renvoyée par autrui) sont ici convoqués pour tenter de comprendre les mécanismes de (re)construction identitaire au cours du vieillissement. L'auteur envisage la place des activités physiques et sportives dans ce processus. En effet, relevant autant de l'idéologie dominante, associant le sport et la santé, que de mises en scène et d'expériences individuelles du corps, elles peuvent être considérées comme des analyseurs pertinents pour étudier l'écart entre les images culturelles et l'expérience intime du vieillir. Raymonde Feillet est docteur en sciences de l'éducation, maître de conférences à l'université de Rennes 2, membre du laboratoire VIP'S (Violences, Intégration, Politiques et Sports).

  • Cet ouvrage arrive à point nommé alors que vient d'être promulguée la loi sur le mariage pour tous, sujet de nombreuses polémiques. Il interroge la question des normes familiales définissant les fonctions maternelle et paternelle, et la façon dont elles influencent la pratique des professionnels impliqués auprès de parents. À une époque où beaucoup d'acteurs sociaux se trouvent déchirés entre des modèles de famille antagonistes, l'ouvrage se veut un outil pour aborder la question des normes familiales, dans une société appelée à interroger la notion de « complémentarité » entre homme et femme. À côté des enjeux théoriques, pour les différents professionnels qui rencontrent aujourd'hui les familles, l'enjeu est bien de clarifier le rapport qu'ils entretiennent avec l'ensemble de ces normes, afin de ne pas imposer des modèles mais de permettre aux familles de rester actrices de leur démarche.

  • Il s'agit d'un ouvrage avant tout clinique, qui explore les moments de traversée et d'invention des thérapeutes et des soignants confrontés à la clinique des psychoses et des " situations limites ". Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste, anime le centre Antonin Artaud et l'association La Criée à Reims.

  • Les troubles des conduites alimentaires constituent un motif fréquent de consultation, essentiellement chez l'adolescent mais aussi chez l'enfant. Par leur aspect parfois extrême, par les risques évolutifs qu'ils présentent, ils mobilisent les soignants et nécessitent souvent des interventions en urgence.

    Qu'ils se présentent sous la forme de l'anorexie ou de la boulimie, voire de leur alternance, les symptômes n'ouvrent pas sur la compréhension du fonctionnement psychique qui les sous-tend.

    Le bilan psychologique, éclairé par la référence à la théorie psychanalytique, contribue à la connaissance, non pas du trouble, mais du sujet qui le présente. Il offre à ce titre une aide à la prise en charge pour l'équipe soignante et une ouverture à la compréhension pour la famille.
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    Ouvrage publié avec le CLINAP.

  • Sestrales fait le portrait d'une parole isolée, celle d'une femme vivant dans une forêt. La narratrice tente là de se soustraire aux violences qui la menacent en rétablissant, par le langage, la relation à soi, aux êtres et aux choses. L'adresse à sa soeur montre d'abord en quoi la rencontre échoue: le poème devient le témoin et la trace d'une fragilité en lien avec l'isolement (physique, intime, géographique) qui pose entre elles la question de la limite des corps, des sensibilités et des identités sexuées. Ce renoncement l'amène à s'extraire des conventions de rôles sexués et genrés, non sans qu'elle s'impose à son tour une forme de violence. Mais le lien entre les deux femmes (cette sestralité évoquée par le titre) reste garant d'une promesse de création.

  • D.W. Winnicott est, aujourd'hui, davantage connu pour ses travaux sur le bébé que pour ceux sur l'adolescent, pourtant inséparables les uns des autres. Dans la perspective des travaux précédents qui ont exploré certaines convergences entre le fonctionnement psychique des bébés et celui des adolescents, les auteurs se proposent ici d'étudier, de parcourir et de « jouer avec Winnicott ». Ils s'attachent à approfondir et à éclairer l'oeuvre de ce grand amoureux de la nature humaine et de la clinique de l'âme, à partir de leur expérience clinique, de leur subjectivité et de leurs réflexions personnelles.

  • Laurent Puyuelo est médecin, chirurgien spécialisé depuis presque vingt ans en chirurgie cancérologique mammaire et gynécologique. Cela fait de lui un acteur incontournable dans le traitement du cancer. Un jour, l'histoire d'une de ses patientes atteinte d'un cancer de l'ovaire l'a obligé à se retourner sur sa vie de médecin annonceur. Rien ne l'avait préparé à annoncer tous ces cancers à tous ces patients. Il pense qu'immanquablement, un jour ou l'autre, il va être confronté à un effet miroir : demain ce sera lui le malade. Le médecin doit-il se protéger de son patient ? Va-t-il se perdre, s'égarer en se rapprochant de son patient ? Peut-il en ressortir indemne ? Le médecin est aussi un être humain qui peut souffrir de son métier. Dans le récit personnel et polémique de sa vie d'annonceur de mauvaises nouvelles, au rythme des consultations, il s'insurge contre le formatage de l'annonce imposé par le dispositif standardisé mis en place récemment qui déshumanise la relation médecin-malade. Avec sensibilité et humour, il plaide pour qu'on reconnaisse au médecin annonceur un rôle au sein de l'équipe de soin, que ses éventuelles difficultés soient prise en compte, qu'on lui donne les moyens de réaliser une bonne annonce , même si celle-ci n'existe pas.

  • Traduit du catalan par Antoine Viader
    Tosquelles a toujours affirmé que la folie était un phénomène lié à la condition humaine elle-même. Dans cet ouvrage, il met l'accent sur la fonction de la parole et du langage en tant qu'elle est constitutive du sujet. Il insiste surtout sur la fonction poétique du langage, présente dans tout discours humain, même le plus rationnel ou le plus scientifique. Il développe l'hypothèse selon laquelle le discours d'un patient en psychothérapie ou en psychanalyse suit le même cours que celui d'un poète s'efforçant d'exprimer la réalité du monde ou sa propre vérité dans une oeuvre accomplie. Dans les deux cas, même si la valeur esthétique n'est pas la même, il s'agit pour le sujet de travailler à la recherche de son identité et de sa singularité.

  • Bénéficier des dispositifs de soins exige de supporter une passivité suffisante pour accepter d'être influencé par l'autre. Les situations traitées dans cet ouvrage concernent des sujets qui ne peuvent pas bénéficier des dispositifs de soins sans se sentir menacés : situations sociales et psychologiques d'extrême détresse, situations de traumatisme collectif et de violence sociale, différences et troubles qui cherchent leur sens, leur inscription psychique et sociale. Les auteurs ont fait le choix d'aborder ici l'actualité des situations de détresse comme autant d'appels à la créativité dans les relations aux patients comme dans les relations entre professionnels.
    Régine Scelles, psychologue clinicienne, est professeur de psychopathologie à l'université de Rouen ; Annie Aubert, psychanalyste, psychologue clinicienne, université Tours.

  • Le cinéma est un langage, structuré par les représentations, les intentions et la créativité de tous ceux qui élaborent ensemble une oeuvre cinématographique.

    Dans le cadre du soin alcoologique, le cinéma peut constituer un médiateur toujours renouvelé de la relation et de la réflexion dans des temps d'élaboration collective - lors d'ateliers ou de séances de groupe de parole - ou à l'occasion d'entretiens individuels. Il contribue à peupler l'imaginaire de la personne en démarche de soin et à étoffer la relation d'aide en favorisant le partage de références culturelles et symboliques, tout en décentrant progressivement l'attention sur ce qui n'est pas le comportement alcoolique.

    Henri Gomez et l'équipe des cinéphiles de l'AREA présentent leur travail autour de fiches d'analyse de films récents ou classiques, regroupées dans des thématiques. A destination des soignants et les personnes en quête de repères et de rêves, cet ouvrage est une incitation indirecte à éprouver et à penser par soi-même, en suspendant le cours des aliénations ordinaires.

    « Ce livre est un outil puissant et attrayant - et ce n'est pas le moindre de ses mérites -  pour aider les équipes soignantes et les psychothérapeutes à changer de regard sur les alcooliques, et aussi sur quelques autres chemins où l'esprit peut s'égarer. C'est en effet la condition pour qu'ils puissent aider leurs patients à changer à leur tour. Le cinéma n'est pas seulement un formidable instrument d'information et de divertissement, il est aussi un support d'échanges, de déculpabilisation et de réaffiliation. » Serge Tisseron

  • Éprouver le corps. Au croisement des conformations sociales, des injonctions biopolitiques et des constructions biographiques individuelles, l'objet de cet ouvrage est de saisir les expériences dont le corps est le lieu, au sens d'abord le plus physique et sensible du terme. Cet éprouvé du corps est envisagé sous l'angle de « l'apprendre », d'un apprendre généralisé entendu comme la somme des processus de formation et des apprentissages de toutes natures dont le corps est à la fois l'objet et le sujet.

    À travers la polysémie d'un « éprouver » renvoyant aussi bien au ressenti, à la connaissance par l'expérience qu'à la mise à l'épreuve d'un moi-corps, les auteurs invitent à une approche sensible des corps. Corps angoissé des enseignants, corps contraint des élèves, corps extrême des conduites à risque, corps transformé ou assigné dans un sexe ou un genre, corps maternant, désirant, handicapé, corps de l'artiste ou du politique : le corps est appréhendé dans son espace propre et dans les espaces qu'il déploie à partir de lui.

    Ouvrage publié avec le soutien scientifique du Centre interuniversitaire de recherche EXPERICE (Paris 13- Paris 8).

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